Eponge-rognon

Chondrosia reniformis | Nardo, 1847

N° 314

Méditerranée, Atlantique Est

Clé d'identification

Eponge encroûtante mais charnue
Couleur blanc laiteux à brune en fonction de l'intensité lumineuse du site
Surface lisse, quelques gros oscules épars
Consistance caoutchouteuse
Aspect coriace

Noms

Autres noms communs français

Eponge-cuir, éponge rognon

Noms communs internationaux

Kidney sponge (GB), Rognone di mare (I), Rinon de mar (E), Nierenschwamm, Lederschwamm (D), Nierspons (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Gummina ecaudata Schmidt, 1862
Gummina gliricauda Schmidt, 1862

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'éponge-rognon peuple le bassin méditerranéen (bassin occidental, Adriatique, mer Egée,, bassin oriental). On rencontre également l'espèce dans l'Atlantique oriental, au niveau des Açores ou des côtes africaines

Biotope

De la surface à environ 30 m de profondeur, cette espèce est très commune sur les substrats durs. On trouve Chondrosia reniformis essentiellement en zones éclairées ou ombragées sous des surplombs rocheux, dans les crevasses ou à l'entrée de grottes sous marines, très rarement sur fonds sablonneux.

Description

Sessile*, l'éponge-cuir est encroûtante mais néanmoins charnue, pouvant atteindre 4 cm d'épaisseur, assez globuleuse et qui peut recouvrir des surfaces considérables. Les masses charnues en forme de rognon peuvent mesurer entre 10 et 40 cm de large.

Sa coloration varie du blanc laiteux au brun foncé et reste fonction de l'intensité lumineuse. En effet, les individus exposés à la lumière seront en général bruns avec des marbrures claires, ceux dans la pénombre seront de violacés tachetés de blanc à blanc laiteux. Cette éponge arbore une surface lisse avec quelques gros oscules, peu nombreux. Les pores inhalants (ostioles) ne sont pas visibles à l'œil nu.

De formes et de tailles très variables, Chondrosia reniformis est dépourvue de spicules et de fibres de spongine mais présente une masse cornée résistante grâce à des tissus riches en collagène lui donnant ainsi une consistance caoutchouteuse et un aspect coriace.

Espèces ressemblantes

Chondrilla nucula O. Schmidt, 1862 (éponge-cerveau)
Ce spongiaire forme de petits coussinets arrondis, de 1 à 3 cm -et donc bien plus petits que Chondrosia reniformis- reliés les uns aux autres. Marron à rouge ou encore verdâtre, C. nucula montre des oscules disposés de façon régulière.

Alimentation

Chondrosia reniformis est un animal filtreur qui se nourrit de proies microscopiques retenues au niveau des chambres choanocytaires* et phagocytées par filtration de l'eau environnante.

Reproduction - Multiplication

Chondrosia reniformis estovipare possédant deux modes de reproduction :

- Reproduction sexuée : émission des gamètes* dans le milieu. Des larves ciliées nageuses (d'environ 1 mm de long) issues de la fécondation respective d'ovocytes par des spermatozoïdes, vont venir coloniser l'espace proche ou plus lointain, après fixation sur un substrat adéquat et métamorphoses.

- Reproduction asexuée : le bourgeonnement. Ceci se traduit par le développement d'excroissances en forme de gouttes (ou coulures) ou de filaments non fixés. Une agitation assez conséquente de l'eau va déplacer les différents corpuscules formés qui pourront ainsi se détacher. Lorsque l'environnement est propice, ils restent sur le substrat et forment de nouvelles éponges identiques aux premiers individus : des clones de l'éponge-mère. Ils peuvent parfois relier différentes parties de l'éponge sans se détacher.

Divers biologie

Sous l'action de la lumière, Chondrosia reniformis prend une coloration plus intense que celle des individus faiblement exposés.

Concernant le mécanisme de "coulure", lors du phénomène de reproduction asexuée :
La consistance au toucher de Chondrosia reniformis, évoquée par son nom de genre, est assez coriace, ferme sous le doigt, émanant d'un cortex à la consistance de cuir. Quasiment pas de spicules dans le squelette des Chondrosidés mais des fibres compactes de collagène pour un cortex fibreux et dense. L'impression persiste que la structure même de l'éponge est très peu malléable.
Pour autant, il lui va falloir devenir bien plus malléable pour permettre à une partie de son corps de s'étirer, parfois assez longuement, jusqu'à aller déposer un morceau de lui-même (la "propagule") un peu plus bas sur le substrat et engendrer un nouvel individu !
Dès lors, la logique peut amener à penser que ce phénomène de "coulure" va devoir dépendre d'une modification profonde de cette structure fibreuse ferme et très dense...
Et en effet, on pourra observer au microscope que dans cette zone du spongiaire qui va s'étendre, les fibres de collagène vont se désolidariser les unes des autres et s'orienter toutes dans le même sens, celui de la coulure. Les formes cellulaires initiales vont être transformées. L'ensemble de la structure va fluer et s'étirer sous l'influence de la gravité.
Au bout de la coulure, dans la bouture terminale qui deviendra l'éponge-fille, les fibrilles de collagène vont se restructurer en faisceaux et retrouver une consistance coriace propre à l'espèce, les cellules dégénérées seront évacuées, les chambres choanocytaires se reformeront et se rendront rapidement disponibles pour reprendre la filtration vitale au profit de la nouvelle petite éponge.

Origine des noms

Origine du nom français

Eponge-rognon : ce nom vernaculaire est en rapport direct avec la forme de l'éponge, évoquant un rein de mammifère.

Origine du nom scientifique

Chondrosia : du grec [chondros] = cartilage. A cause de la texture au toucher, à la fois caoutchouteuse et coriace évoquant une matière cartilagineuse.

reniformis : en forme de rein.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymella.

Ordre Chondrillida Chondrillides

Démosponges à cortex différencié, à orifices inhalants regroupés en des zones spécialisées, et pouvant avoir comme squelette soit des asters, soit des fibres de spongine, soit aucun élément figuré. Le collagène y est toujours très dense.

Famille Chondrosiidae Chondrosidés Eponges avec un cortex de collagène bien différencié. Pas de mégasclères, des microsclères = asters.
Genre Chondrosia
Espèce reniformis

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