Chloë mignonne

Chloeia venusta | Quatrefages, 1866

N° 4447

Méditerranée et rare en Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Ver annelé, orangé atteignant 8 cm
Longues soies blanchâtres de chaque côté
Longue soie noire sur chaque métamère
Bande rouge centrale sur le dos bordée de points blancs
Tête avec 4 petits yeux noirs, 2 palpes, 3 antennes et 1 caroncule

Noms

Autres noms communs français

Ver de feu gracieux

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Chloeia fucata Quatrefages, 1866
Strategis fucata (Quatrefages, 1866)

Distribution géographique

Méditerranée et rare en Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette espère se rencontre en Méditerranée, mer Noire et dans l'Atlantique proche.

Biotope

La chloë mignonne vit sur les fonds meubles sablo-vaseux entre 5 et 30 m de profondeur. La journée, elle reste enfouie et ne sort que la nuit.

Description

Chleia venusta est un annélide polychète errant pouvant atteindre 8 cm de longueur. Il est constitué de 27 segments, les métamères*. Il est aplati, de forme générale ovale.
Ses segments sont dorés à orangés et portent des parapodes* de chaque côté. Du neuropode (partie ventrale du parapode), part une touffe de longues soies blanches à jaunâtres dirigées vers le substrat*, tandis que du notopode (partie dorsale du parapode) part une touffe de soies blanches à translucides dirigées vers le haut et portant une longue soie noire. Ces soies sont rigides et calcaires.
Les branchies sont parfois visibles. Elles sont rosées, en forme de plume (bipennées, ce qui est caractéristique du genre), et portées par la partie dorsale des parapodes sur presque tous les métamères.
La tête porte 4 petits yeux noirs, 2 palpes*, 3 antennes et une caroncule* sensorielle (excroissance de chair) en forme de plume qui s'étend sur les 4 premiers segments.. Une ligne rouge court le long du corps dans sa partie centrale, bordée d'un point blanc de chaque côté au niveau de chaque métamère.

Espèces ressemblantes

Il existe plusieurs autres espèces dans le genre Chloeia. La distribution de ce genre est circumtropicale*, la majorité des espèces connues vivent dans l'Indo-Pacifique. Seule C. venusta est présente en Méditerranée et dans l'Atlantique proche.

Hermodice carunculata (Pallas, 1766), le ver de feu, présent en Méditerranée et dans l'Atlantique tropical, est un ver plus allongé, pouvant atteindre 30 cm. Les segments sont de couleur uniforme, généralement grisâtre, et portent des bouquets de soies courtes et blanches. L'espèce est plutôt présente sur les fonds durs.

Alimentation

C'est un charognard qui sort la nuit et arpente le fond à la recherche de son repas.
Les organes nucaux disposés de part et d’autre de la caroncule* sont des organes chémo-sensoriels (olfaction et gustation) qui participeraient à la recherche de la nourriture. Les mécanismes sont très mal connus.

Reproduction - Multiplication

La reproduction de cette espèce n'est pas documentée. Les vers polychètes sont gonochoriques*, c'est-à-dire qu'il existe des individus mâles et des individus femelles. Ce sont les femelles qui sécrètent des phéromones* induisant la production de gamètes* aussi bien chez les femelles que chez les mâles. La fécondation a lieu en pleine eau et les œufs puis les larves*, de type trochophore*, ont une vie pélagique* avant de retomber sur le fond pour la métamorphose*.

Divers biologie

Les parapodes*, et notamment les neuropodes situés dans la partie inférieure des métamères*, portent des soies et servent à la locomotion.

Informations complémentaires

Les parapodes* sont munies de sois calcaires venimeuses pointues. En cas de danger le ver peut hérisser ces soies pour se défendre. Ces soies blanches, très fines, creuses et fragiles se cassent facilement et restent plantées dans les chairs du prédateur ou de l’agresseur. En se cassant elles libèrent des molécules neurotoxiques (mélange de protéines toxiques)

Les piqûres de vers de feu produisent des réactions localisées avec une variété de symptômes qui incluent une forte inflammation de la peau ou œdème, douleur aiguë et sévère, démangeaisons intenses, partielle paresthésie ou engourdissement de la zone touchée et infections des plaies parfois graves et nécrose locale.

Origine des noms

Origine du nom français

Chloë : francisation du nom de genre scientifique.
Mignonne : nom d’espèce donné par de Quatrefages en 1865, qui correspond aussi au nom latin venusta

Ver de feu car en cas de danger il peut dresser ses soies calcaires venimeuses qui infligent des blessures rappelant des brûlures. Gracieux fait référence à son élégance.

Origine du nom scientifique

Chloeia : Chloé, dans la mythologie grecque, est le nom de la déesse Déméter, protectrice des semences. Ce nom de femme vient de "chlo" : verdure nouvelle, herbe naissante, jeune pousse. Chloë est la première pousse verte de la plante au printemps. Le nom de genre Chloeia a été donné par Lamarck en 1818 mais sans explication. Il a été également donné par Savigny en 1822.

venusta : du latin [venustus] = beau, plein de charme, de grâce, d'élégance, charmant, gracieux

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Annelida Annélides Vers segmentés (annelés) à section cylindrique, à symétrie bilatérale constitués d’anneaux identiques. Le premier segment porte la bouche et le dernier l’anus. Nombreuses formes marines, dulcicoles ou terrestres, libres ou parasites.
Classe Polychaeta Polychètes

Annélides marines. Chez les espèces non tubicoles, chaque anneau, hormis la tête et la queue, porte des excroissances locomotrices (les parapodes) munies de touffes de soies chitineuses rigides. Chez la plupart des espèces, la tête porte plusieurs organes sensoriels, des mâchoires, et souvent un panache branchial coloré. Animaux libres, galéricoles ou tubicoles.

Ordre Amphinomida Amphinomides

Prostomium réduit entouré par ls premiers segments.

Famille Amphinomidae Amphinomidés

Parapodes garnis des soies urticantes disposées en touffes.

Genre Chloeia
Espèce venusta

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