Jusqu’à 44 mm de longueur
Coquille équivalve triangulaire et arrondie à l’avant
Couleur crème avec bandes axiales brunes en V
Nombreuses stries concentriques
Présence d’une lunule
Intérieur blanc
Sinus palléal triangulaire
Bord inférieur légèrement dentelé
Pied de poule
Striped venus clam, striped venus (GB), Chirla, escupiña listada (E), Venusmuschel, gestreifte Venusmuschel (D), Venusschelp, gewone venusschelp (NL), Almindelig venusmusling (Danois), Finräfflad venusmussla (Suédois)
Venus rugosa Pennant, 1777
Ortygia rugosa (Pennant, 1777)
Venus striatula (da Costa, 1778)
Pectunculus striatulus da Costa, 1778
Venus (Chamelea) striatula (da Costa, 1778)
Venus gallina striatula da Costa, 1778
Venus lusitanica Gmelin, 1791
Venus laminosa Laskey, 1811
Venus pallida W. Turton, 1822
Ortygia subcordata T. Brown, 1827
Ortygia sulcata T. Brown, 1827
Venus pennantii Forbes, 1838
Venus prideauxiana Couch, 1841
Venus gallina var. gibba Jeffreys, 1864
Venus gallina var. triangularis Jeffreys, 1864
Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]Chamelea striatula est commune sur la côte atlantique, des îles Lofoten (Norvège) à la péninsule ibérique jusqu’aux Canaries. Dans la zone méditerranéenne occidentale (proche de Gibraltar), son aire de distribution se chevauche avec celle de C. gallina
La vénus striée est un organisme fouisseur qui vit sur des fonds sableux ou sablo-vaseux de l’infralittoral* jusqu’à - 55 m de profondeur et
exceptionnellement jusqu’à - 110 m.
Chamelea striatula peut atteindre 44 mm de longueur. C’est un bivalve de forme triangulaire, l’umbo* est incliné vers l’avant et concave vers l’arrière. La coquille équivalve* est épaisse et présente une lunule* brun clair et courte, en forme de cœur avec de 14 à 16 fines stries concentriques. On remarque également un écusson* elliptique, avec de fines stries, quasi étendu jusqu’au bord postérieur. Lunule et écusson sont toutefois moins marqués que chez l’espèce méditerranéenne Chamelea gallina. Le ligament* corné de couleur brune est externe.
Sa couleur est blanc cassé, crème ou jaune pâle avec souvent trois bandes axiales brun/rouge de différentes largeurs. Elle présente de nombreuses stries concentriques parfois irrégulières et d’épaisseur variable avec, entre ces stries, des structures radiaires. Le périostracum* est fin.
L’intérieur est blanc. Le sinus palléal* est triangulaire et pointu. Le bord inférieur est légèrement dentelé. Il y a 3 dents cardinales* dans chaque valve* mais pas de dent latérale.
Les siphons*, au contraire de C. gallina, sont plus longs, plus minces et entièrement couverts de taches jaunes et orange. Les tentacules* sont incolores. Il y aurait 10 tentacules (voire plus) courts autour du siphon inhalant* et 10 plus courts autour du siphon exhalant*.
Confusion possible avec Chamelea gallina et Venus verrucosa :
Chamelea gallina (Linnaeus, 1758) : ce nom était anciennement utilisé pour désigner une espèce qui présentait des populations à la fois en Méditerranée et dans l'océan Atlantique. Depuis 2004 WoRMS (World Register of Marine Species) a reconnu que ces 2 populations pouvaient être considérées comme deux espèces différentes, Chamelea gallina étant l’espèce méditerranéenne. Cette différence a été démontrée par des analyses génétiques et morphologiques.
La différence morphologique la plus importante des 2 espèces réside dans la taille et la forme des sinus* palléaux*. Le sinus palléal de C. gallina est petit et arrondi, celui de C. striatula est plus large et triangulaire. Rufino & al. (2006) ont développé un index appelé Index Palléal (IP) (soit la longueur du sinus palléal / longueur de la coquille). Cet index permet de séparer ces 2 espèces avec 100% de réussite. Les spécimens avec un IP inférieur à 0,119 sont considérés comme C. gallina, ceux avec un IP supérieur à 0,119 sont considérés comme C. striatula.
Le chevauchement entre les répartitions de C. gallina et de C. striatula est limité à la côte de l'Algarve, dans le golfe de Cadix, le détroit de Gibraltar et la mer d'Alboran (Backeljau & al. 1994).
Venus verrucosa (Linnaeus, 1758) : la coquille est arrondie et plus bombée que celle de Chamelea striatula. Ses côtes se terminent par des tubercules* verruqueux principalement du côté postérieur.
La vénus striée est un bivalve filtreur. Elle capture le phytoplancton* en créant un courant d'eau qui entre par le siphon* inhalant*, puis passe sur les branchies où les particules alimentaires sont regroupées par des mouvements des cils qui tapissent ces branchies et transportées jusqu'à la bouche. L'eau et les particules refusées sont rejetées par le siphon exhalant*.
La reproduction chez Chamelea striatula est gonochorique* (les sexes sont séparés). Les gamètes* mâles et femelles (spermatozoïdes* et ovules*) sont rejetés par le siphon* exhalant* dans l'eau de mer. La fécondation* est externe. Les larves* sont planctoniques*. Elles croissent jusqu’à atteindre une taille de 0,22 à 0,24 mm avant de s'installer sur le fond sableux. Elles se transforment en individus juvéniles identiques en tous points à leurs parents. Elles s'enfouissent et adoptent une vie benthique*.
La maturité sexuelle est atteinte lorsque la vénus atteint une taille d’environ 11 mm de longueur. La reproduction est fortement influencée par la température de l'eau et la disponibilité en nourriture (phytoplancton*).
Grâce à son lent métabolisme, la vénus striée, face à un danger, peut conserver ses deux valves fermées durant de longues heures.
Souvent victime de l’étoile-peigne, carnivore vorace, Astropecten sp., on a constaté que Chamelea striatula pouvait rester jusqu’à 18 jours dans l’estomac de l’équinoderme avant que celui-ci ne la recrache, sans préjudice pour le bivalve.
En Ecosse, Chamelea striatula est consommée, entre autres, par la petite natice Euspira nitida. Celle-ci semble perforer sa proie principalement sur le pourtour de la coquille
Chamelea striatula vit peu profondément enfouie.
Chamelea striatula est consommée et commercialisée, mais il n'existe pas d'élevage intensif contrairement à Chamelea gallina. L’exploitation de Chamelea striatula repose principalement sur la pêche à la drague qui est soumise à diverses réglementations pour éviter la surpêche. Des tailles minimales et des restrictions saisonnières sont appliquées pour garantir la durabilité de l’espèce.
Des exemplaires fossiles sont également trouvés en mer du Nord, ils datent vraisemblablement du pléistocène (- 2,58 Millions d'années à 11 700 ans) et de l’holocène (- 11 700 ans au présent).
Vénus striée, simple traduction du nom scientifique.
Chamelea : du grec [chamái] = le fond et du grec [leós] = personnes. Ces bivalves vivent dans les sédiments du fond. Ce nom de genre a été introduit en 1853 par le malacologue suédois Otto Andreas Lowson Mörch (1828-1878), sans expliquer le nom, il l'a attribué au naturaliste allemand Jacob Theodor Klein (1685-1759) (d’après Repetto & al. 2011).
striatula : du latin [striatus] = strié, cannelé et du suffixe diminutif latin [-ula], donc finement strié. Nom d’espèce donné par le malacologue britannique (d’origine portugaise) Emmanuel Mendes da Costa (1717-1791).
Numéro d'entrée WoRMS : 141908
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda | Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes | Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire. |
| Sous-classe | Autobranchia | Autobranches | |
| Infra-classe | Heteroconchia | Hétéroconchie | |
| Subter-classe | Euheterodonta | Euhétérodonte | |
| Super ordre | Imparidentia | Imparidenties | |
| Super-famille | Veneroidea | ||
| Famille | Veneridae | Vénéridés | Coquille équivalve pour la plupart des espèces. De forme ronde, ovale ou encore oblongue. Ecusson distinct, présence de stries concentriques et parfois d’éléments rayonnants |
| Sous-famille | Venerinae | ||
| Genre | Chamelea | ||
| Espèce | striatula |
Bivalves (ou Lamellibranches)
in situ
Le spécimen a été extrait du sable pour la photo.
Les siphons sont en extension.
Sur l'estran, à grande marée basse, Plestin-les-Grèves (22)
20/09/2024
Bivalves (ou Lamellibranches)
Chamelea striatula
à gauche : vue externe de la valve droite ;
à droite : vue interne de la valve gauche.
Estran, Lacanau (33)
22/09/2025
Valve gauche, vue externe
Les stries concentriques sont bien visibles.
Estran, Little havens, South Wales (U.K.)
31/03/2017
Valve gauche vue interne
Les deux empreintes musculaires et le sinus palléal sont bien visibles.
Estran, Little haven, South Wales (U.K.)
31/03/2017
Morphologie externe en vue dorsale
Orientation de la coquille et position de la lunule, de l'umbo, du ligament externe et de l'écusson.
Schéma d'après Poppe & Goto, 1993 p.120
08/04/2026
Comparaison des sinus palléaux
À gauche : Chamelea striatula, valve gauche en vue interne, le sinus palléal (SP) est profond.
À droite : Chamelea gallina, valve gauche en vue interne, le sinus palléal (SP) est peu profond.
C’est le calcul de l’index palléal (IP) = longueur du sinus palléal / longueur de la coquille, qui permet de distinguer Chamelea gallina (IP < 0,119) de Chamelea striatula (IP > 0,119).
Schémas d'après des photos Alf & al 2020
08/04/2026
Comparaison des espèces ressemblantes
À gauche : Chamelea striatula
Au centre : Chamelea gallina
À droite : Venus verrucosa
Chamelea striatula, estran, Camaret, Finistère (29) (15/04/2018)
Chamelea gallina, La Grande-Motte, Hérault (34) (06/01/2024)
Venus verrucosa, estran, Alcudia, Majorque, Espagne (14/10/2024)
25/02/2026
Vue des siphons en extension
Les siphons*, au contraire de Chamelea gallina, sont plus longs, plus minces, et entièrement couverts de taches jaunes et orange. Les tentacules* sont incolores. Il y aurait 10 tentacules (voire plus) courts autour du siphon inhalant* et 10 plus courts autour du siphon exhalant*.
Figure 2 page 212 in Backeljau & al, 1994.
Reproduction de documents anciens
1994
Rédacteur principal : Michel DEVLEESCHOUWER
Rédacteur : Nicole HAMERS
Vérificateur : Philippe LE GRANCHÉ
Responsable régional : Yves MÜLLER
Ansell D.A., 1960, Observations on predation of Venus striatula (da Costa) by Natica alderi (Forbes), Proceedings of the Malacological Society, 34(3), 157-165 123-143.
Da Costa E.M., 1778. Historia naturalis testaceorum Britanniæ, or, the British conchology; containing the descriptions and other particulars of natural history of the shells of Great Britain and Ireland: illustrated with figures. In English and French. - Historia naturalis testaceorum Britanniæ, ou, la conchologie Britannique; contenant les descriptions & autres particularités d'histoire naturelle des coquilles de la Grande Bretagne & de l'Irlande: avec figures en taille douce. En anglois & françois. i-xii, 1-254, i-vii, [1], Pl. I-XVII. London. (Millan, White, Emsley & Robson). , page(s): 1191-192; pl. 12 fig. 2, (sous le nom de Pedunculus striatulus).
Forbes E., Hanley S. 1853. History of British Mollusca and their shells. Volume I. Including the Tunicata, and the families of Lamellibranchiata as far as Cyprinidae. Van Voorst, London : 834 p.
García-Souto D., Qarkaxhija V., Pasantes J.J., 2017, Resolving the Taxonomic Status of Chamelea gallina and C. striatula (Veneridae, Bivalvia): A Combined Molecular Cytogenetic and Phylogenetic Approach. BioMed Research International, ID 7638790, 1-8.
Rufino M.M., Gaspar M.B., Pereira A.M., Vasconcelos P., 2006, Use of shape to distinguish Chamelea gallina and Chamelea striatula (Bivalvia: Veneridae): Linear and geometric morphometric methods, Journal of Morphology, 267(12),1433-1440.
Van Regteren Altena C.O.,1937, Bijdrage tot de kennis der fossiele, subfossiele en recente mollusken, die op de Nederlandsche stranden aanspoelen , en hunner verspreiding, PhD Thesis. D. Van Sijn en Zonen, Amsterdam,184 p.
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