Vénus striée

Chamelea striatula | (da Costa, 1778)

N° 6219

Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord

Clé d'identification

Jusqu’à 44 mm de longueur
Coquille équivalve triangulaire et arrondie à l’avant
Couleur crème avec bandes axiales brunes en V
Nombreuses stries concentriques
Présence d’une lunule
Intérieur blanc
Sinus palléal triangulaire
Bord inférieur légèrement dentelé

Noms

Autres noms communs français

Pied de poule

Noms communs internationaux

Striped venus clam, striped venus (GB), Chirla, escupiña listada (E), Venusmuschel, gestreifte Venusmuschel (D), Venusschelp, gewone venusschelp (NL), Almindelig venusmusling (Danois), Finräfflad venusmussla (Suédois)

Synonymes du nom scientifique actuel

Venus rugosa Pennant, 1777
Ortygia rugosa (Pennant, 1777)
Venus striatula (da Costa, 1778)
Pectunculus striatulus da Costa, 1778
Venus (Chamelea) striatula (da Costa, 1778)
Venus gallina striatula da Costa, 1778
Venus lusitanica Gmelin, 1791
Venus laminosa Laskey, 1811
Venus pallida W. Turton, 1822
Ortygia subcordata T. Brown, 1827
Ortygia sulcata T. Brown, 1827
Venus pennantii Forbes, 1838
Venus prideauxiana Couch, 1841
Venus gallina var. gibba Jeffreys, 1864
Venus gallina var. triangularis Jeffreys, 1864

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Chamelea striatula est commune sur la côte atlantique, des îles Lofoten (Norvège) à la péninsule ibérique jusqu’aux Canaries. Dans la zone méditerranéenne occidentale (proche de Gibraltar), son aire de distribution se chevauche avec celle de C. gallina

Biotope

La vénus striée est un organisme fouisseur qui vit sur des fonds sableux ou sablo-vaseux de l’infralittoral* jusqu’à - 55 m de profondeur et exceptionnellement jusqu’à - 110 m.

Description

Chamelea striatula peut atteindre 44 mm de longueur. C’est un bivalve de forme triangulaire, l’umbo* est incliné vers l’avant et concave vers l’arrière. La coquille équivalve* est épaisse et présente une lunule* brun clair et courte, en forme de cœur avec de 14 à 16 fines stries concentriques. On remarque également un écusson* elliptique, avec de fines stries, quasi étendu jusqu’au bord postérieur. Lunule et écusson sont toutefois moins marqués que chez l’espèce méditerranéenne Chamelea gallina. Le ligament* corné de couleur brune est externe.

Sa couleur est blanc cassé, crème ou jaune pâle avec souvent trois bandes axiales brun/rouge de différentes largeurs. Elle présente de nombreuses stries concentriques parfois irrégulières et d’épaisseur variable avec, entre ces stries, des structures radiaires. Le périostracum* est fin.
L’intérieur est blanc. Le sinus palléal* est triangulaire et pointu. Le bord inférieur est légèrement dentelé. Il y a 3 dents cardinales* dans chaque valve* mais pas de dent latérale.

Les siphons*, au contraire de C. gallina, sont plus longs, plus minces et entièrement couverts de taches jaunes et orange. Les tentacules* sont incolores. Il y aurait 10 tentacules (voire plus) courts autour du siphon inhalant* et 10 plus courts autour du siphon exhalant*.

Espèces ressemblantes

Confusion possible avec Chamelea gallina et Venus verrucosa :

Chamelea gallina (Linnaeus, 1758) : ce nom était anciennement utilisé pour désigner une espèce qui présentait des populations à la fois en Méditerranée et dans l'océan Atlantique. Depuis 2004 WoRMS (World Register of Marine Species) a reconnu que ces 2 populations pouvaient être considérées comme deux espèces différentes, Chamelea gallina étant l’espèce méditerranéenne. Cette différence a été démontrée par des analyses génétiques et morphologiques.
La différence morphologique la plus importante des 2 espèces réside dans la taille et la forme des sinus* palléaux*. Le sinus palléal de C. gallina est petit et arrondi, celui de C. striatula est plus large et triangulaire. Rufino & al. (2006) ont développé un index appelé Index Palléal (IP) (soit la longueur du sinus palléal / longueur de la coquille). Cet index permet de séparer ces 2 espèces avec 100% de réussite. Les spécimens avec un IP inférieur à 0,119 sont considérés comme C. gallina, ceux avec un IP supérieur à 0,119 sont considérés comme C. striatula.
Le chevauchement entre les répartitions de C. gallina et de C. striatula est limité à la côte de l'Algarve, dans le golfe de Cadix, le détroit de Gibraltar et la mer d'Alboran (Backeljau & al. 1994).

Venus verrucosa (Linnaeus, 1758) : la coquille est arrondie et plus bombée que celle de Chamelea striatula. Ses côtes se terminent par des tubercules* verruqueux principalement du côté postérieur.

Alimentation

La vénus striée est un bivalve filtreur. Elle capture le phytoplancton* en créant un courant d'eau qui entre par le siphon* inhalant*, puis passe sur les branchies où les particules alimentaires sont regroupées par des mouvements des cils qui tapissent ces branchies et transportées jusqu'à la bouche. L'eau et les particules refusées sont rejetées par le siphon exhalant*.

Reproduction - Multiplication

La reproduction chez Chamelea striatula est gonochorique* (les sexes sont séparés). Les gamètes* mâles et femelles (spermatozoïdes* et ovules*) sont rejetés par le siphon* exhalant* dans l'eau de mer. La fécondation* est externe. Les larves* sont planctoniques*. Elles croissent jusqu’à atteindre une taille de 0,22 à 0,24 mm avant de s'installer sur le fond sableux. Elles se transforment en individus juvéniles identiques en tous points à leurs parents. Elles s'enfouissent et adoptent une vie benthique*.

La maturité sexuelle est atteinte lorsque la vénus atteint une taille d’environ 11 mm de longueur. La reproduction est fortement influencée par la température de l'eau et la disponibilité en nourriture (phytoplancton*).

Vie associée

Grâce à son lent métabolisme, la vénus striée, face à un danger, peut conserver ses deux valves fermées durant de longues heures.
Souvent victime de l’étoile-peigne, carnivore vorace, Astropecten sp., on a constaté que Chamelea striatula pouvait rester jusqu’à 18 jours dans l’estomac de l’équinoderme avant que celui-ci ne la recrache, sans préjudice pour le bivalve.

En Ecosse, Chamelea striatula est consommée, entre autres, par la petite natice Euspira nitida. Celle-ci semble perforer sa proie principalement sur le pourtour de la coquille

Divers biologie

Chamelea striatula vit peu profondément enfouie.

Informations complémentaires

Chamelea striatula est consommée et commercialisée, mais il n'existe pas d'élevage intensif contrairement à Chamelea gallina. L’exploitation de Chamelea striatula repose principalement sur la pêche à la drague qui est soumise à diverses réglementations pour éviter la surpêche. Des tailles minimales et des restrictions saisonnières sont appliquées pour garantir la durabilité de l’espèce.

Des exemplaires fossiles sont également trouvés en mer du Nord, ils datent vraisemblablement du pléistocène (- 2,58 Millions d'années à 11 700 ans) et de l’holocène (- 11 700 ans au présent).

Origine des noms

Origine du nom français

Vénus striée, simple traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Chamelea : du grec [chamái] = le fond et du grec [leós] = personnes. Ces bivalves vivent dans les sédiments du fond. Ce nom de genre a été introduit en 1853 par le malacologue suédois Otto Andreas Lowson Mörch (1828-1878), sans expliquer le nom, il l'a attribué au naturaliste allemand Jacob Theodor Klein (1685-1759) (d’après Repetto & al. 2011).

striatula : du latin [striatus] = strié, cannelé et du suffixe diminutif latin [-ula], donc finement strié. Nom d’espèce donné par le malacologue britannique (d’origine portugaise) Emmanuel Mendes da Costa (1717-1791).

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 141908

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Autobranchia Autobranches
Infra-classe Heteroconchia Hétéroconchie
Subter-classe Euheterodonta Euhétérodonte
Super ordre Imparidentia Imparidenties
Super-famille Veneroidea
Famille Veneridae Vénéridés Coquille équivalve pour la plupart des espèces. De forme ronde, ovale ou encore oblongue. Ecusson distinct, présence de stries concentriques et parfois d’éléments rayonnants
Sous-famille Venerinae
Genre Chamelea
Espèce striatula

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