Taille moyenne d'environ 17 cm, maximale observée de 28 cm
Nageoires pectorales foncées, souvent noirâtres sur les bords
Cinq à six bandes traversant verticalement le corps en s’assombrissant progressivement vers l'arrière
Petites taches rouges à brunes parsemant l'ensemble du corps
Deux petites taches sombres sur le bord de la lèvre inférieure
Tache marron proéminente sur le bord postérieur de l’opercule
Vieille coq (FAO), chinois (île Maurice), cuisinier (La Réunion)
Darkfin hind, banded-tail coral-cod, blackfin rockcod, duskyfin rockcod (GB), Cherna alinegra (E)
Serranus nigripinnis Valenciennes, 1828
Epinephelus nigripinnis (Valenciennes, 1828)
Cephalopholis nigripinna (Valenciennes, 1828)
Cephalopolis nigripinnis (Valenciennes, 1828)
Océan Indien tropical centre et Ouest
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueCephalopholis nigripinnis est endémique* de l’océan Indien. Son aire de répartition s’étend de la côte est de l’Afrique jusqu’à l’ouest de l’Indonésie, plus précisément jusqu’à Sumatra.
Elle est plus fréquente autour des îles, telles que les Mascareignes* (y compris l’île Maurice et la Réunion), les Seychelles, l'archipel des Comores (dont Mayotte), les Maldives, le Sri Lanka, l’archipel des Chagos et les îles Andaman et plus rare en bordure du continent africain.
Cette espèce est donc absente de l’océan Pacifique central et oriental, y compris d’Hawaï. Elle y est remplacée par son proche parent Cephalopholis urodeta dont elle est allopatrique* car séparée par des barrières naturelles dans la région des Indes orientales.
Cephalopholis nigripinnis habite principalement les récifs coralliens et rocheux peu profonds avec des structures récifales complexes comme les crevasses, les grottes et les formations coralliennes ramifiées qui offrent à la fois refuge et possibilités d’alimentation.
L’espèce est présente jusqu’à des profondeurs de 60 m, bien qu’elle soit le plus souvent rencontrée de la surface jusqu’à 15 m.
Cephalopholis nigripinnis est un petit mérou dont la taille moyenne est d'environ 17 cm avec une maximale observée de 28 cm. Les femelles ont une taille légèrement inférieure à celle des mâles.
Son corps est de forme oblongue et comprimé latéralement. Il est couvert d’écailles cténoïdes* y compris sur la tête. Le museau est pointu et doté d’une grande bouche supère* aux larges lèvres. L'œil est grand. La zone interorbitale* est convexe. Le préopercule* est arrondi, très finement dentelé.
L’espèce présente une coloration rosâtre dans l’ensemble. Cinq à six bandes irrégulières, plus ou moins visibles, traversent verticalement le corps en s’assombrissant progressivement vers l'arrière, pour passer du rouge au brun. De petites taches rouges à brunes parsèment l'ensemble du corps en étant plus visibles sur les parties claires, notamment la partie inférieure de la tête.
Une tache marron proéminente marque le bord postérieur de l’opercule*. Deux petites taches sombres apparaissent sur le bord de la lèvre inférieure.
Les nageoires pectorales sont foncées, souvent noirâtres sur les bords, tandis que la nageoire caudale est également foncée, souvent presque noire et couverte de petites taches pâles. Les parties molles des nageoires dorsale et anale sont couvertes de petites taches rouge orangé. Les nageoires pelviennes* sont rouge orangé, habituellement avec un bord bleu foncé.
La nageoire dorsale est continue et comprend 9 épines et 14 à 16 rayons mous. La nageoire anale a 3 épines et 8 à 9 rayons mous et les nageoires pectorales 17 à 19 rayons mous. Les nageoires pectorales sont nettement plus longues que les nageoires pelviennes qui n’atteignent généralement pas l’anus. La nageoire caudale est arrondie.
Les juvéniles apparaissent plus pâles dans l’ensemble avec des taches plus prononcées par rapport aux adultes.
Certains spécimens de l'archipel des Comores dont Mayotte fait partie ont une livrée foncée allant du brun au noir.
Une autre espèce de l'océan Indien a les nageoires pectorales foncées. Il s'agit de la vieille ananas, Cephalopholis sonnerati, mais la couleur de sa robe est rouge marquée de taches blanches. Ce mérou est nettement plus trapu et peut mesurer jusqu'à 60 cm. Il n'est pas farouche et se laisse approcher de très près contrairement à la vieille ailes noires.
Dans l'océan Pacifique central et oriental, Cephalopholis urodeta, la loche urodèle qui est parfois appelée vieille ailes noires, lui ressemble aussi. Mais le lieu de vie et les deux lignes blanches sur la nageoire caudale de cette dernière permettent de les distinguer aisément (voir § Informations complémentaires).
Le régime alimentaire de Cephalopholis nigripinnis adulte est dominé majoritairement par les petits poissons (demoiselles, labres,...). Le reste se compose principalement de crustacés tels que les crevettes et les crabes. Occasionnellement, les céphalopodes et d’autres invertébrés sont également consommés, ce qui reflète un comportement alimentaire opportuniste. Les juvéniles ciblent plutôt les petits invertébrés, ajoutant progressivement des poissons à leur menu au fur et à mesure de leur croissance.
Ce poisson chasse en embuscade principalement pendant les périodes crépusculaires (tôt le matin et en fin d'après-midi) attendant ses proies caché parmi les anfractuosités coralliennes ou les structures rocheuses. Il fond sur les imprudents qui passent à proximité, les saisit grâce à ses dents acérées avant de les avaler tout entier avec sa grande bouche.
Le mode de reproduction de Cephalopholis nigripinnis n'est pas documenté à ce jour (07/2026).
Comme beaucoup d'autres mérous du genre Cephalopholis, il est probable que ce soit une espèce ovipare* qui présente un hermaphrodisme* protogyne*, les individus grandissant d’abord en tant que femelles et devenant ensuite des mâles, pour certains d'entre eux.
De même, les informations spécifiques sur la maturité sexuelle, la reproduction et le début du cycle biologique font également défaut.
Les adultes sont solitaires et sédentaires, résidant sur les mêmes récifs pendant des années. Aucune migration de longue distance n'a été observée pendant les périodes de frai*.
Cephalopholis nigripinnis défend âprement son territoire en se montrant agressif vis-à-vis des intrus qu'il cherche à intimider en changeant de couleur et en déployant ses nageoires.
Cephalopholis nigripinnis a longtemps été considérée comme une sous-espèce, de l'océan Indien, de Cephalopholis urodeta, la loche urodèle appelée aussi vieille ailes noires, qui vit uniquement dans l'océan Pacifique central et oriental.
Depuis 2007, sur la base d’études moléculaires, elle est reconnue comme une espèce distincte et le nom scientifique a été validé même si des cas d'hybridation* ont été constatés dans des zones de chevauchement des deux océans dans la région ouest de l’Indonésie, comme l’île Christmas et les îles Cocos.
Ainsi des spécimens de Jakarta et de l’extrémité ouest de Sumatra ont été repérés sans les bandes blanches sur la nageoire caudale et des individus avec une série de taches pâles à la place des bandes caudales blanches ont été rencontrés sur l’île Christmas dans l’est de l’océan Indien.
Depuis 2018, ce poisson est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : En danger, VU : Vulnérable).
Vieille : vieille est un nom vernaculaire ancien utilisé dans de nombreuses régions françaises pour désigner les labridés. Peut-être en raison de leur apparence (certains ont une robe terne) et de leur comportement ? Ce nom est aussi utilisé pour des espèces n'appartenant pas à cette famille ;
ailes noires : en raison de la couleur de ses nageoires pectorales.
Cephalopholis : du grec [kephalê] = tête et [pholis] = écaille, allusion à la tête totalement écailleuse de l'espèce-type* du genre Cephalopholis argus ;
nigripinnis : du latin [niger] = noir et [pinnis] = palmes, en raison de la couleur de ses nageoires pectorales.
L'espèce a été décrite pour la première fois sous le nom de Serranus nigripinnis en 1828 par le zoologiste français Achille Valenciennes (1794-1865) à partir d'un exemplaire séché de la collection du médecin, explorateur et naturaliste français Philibert Commerson (1727-1773). A l'époque, Valenciennes avait donné le nom français de "mérou à nageoires noires" à ce poisson (Cuvier G., Valenciennes A., 1828, Histoire naturelle des poissons).
Les mérous, y compris Cephalopholis sonnerati, ont d'abord été classés dans la sous-famille des épinephélinés au sein de la famille plus large des serranidés par les premiers ichtyologues. Des études moléculaires et morphologiques assez récentes (années 2000), et le développement de la phylogénétique* ont conduit à l’élévation d’épinephélinés au statut de famille soit épinephélidés.
Numéro d'entrée WoRMS : 313075
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Super classe | Actinopteri | ||
| Classe | Teleostei | ||
| Ordre | Perciformes | Perciformes | Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales. |
| Sous-ordre | Percoidei | Percoïdes | Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous. |
| Famille | Epinephelidae | Epinephelidés | |
| Genre | Cephalopholis | ||
| Espèce | nigripinnis |
Poissons osseux nageant près du fond
Aspect général
Le corps de la vieille ailes noires est de forme oblongue, comprimé latéralement. Le museau est pointu et doté d’une grande bouche supère aux larges lèvres. L'œil est grand. La zone interorbitale est convexe. Le préopercule est arrondi, très finement dentelé.
Passe en S, Mayotte (976), océan Indien, 12 m
25/08/2012
Poissons osseux nageant près du fond
Un petit mérou
La vieille ailes noires est un petit mérou (maximum 28 cm). On s'en rend bien compte sur cette photo où il pose à côté d'une holothurie ananas (Thelenota ananas) qui mesure environ 45 cm de longueur.
Passe en S, Mayotte (976), océan Indien, 8 m
09/01/2010
Ailes noires
Prise du dessus, cette photo nous montre les nageoires pectorales foncées qui ont donné son nom à l'espèce.
Île Grande Sœur, Seychelles, océan Indien, 15 m
27/02/2023
Bandes verticales
Cinq à six bandes verticales traversent le corps en s'assombrissant vers l'arrière.
Banc doré, La Réunion (974), océan Indien 10 m
11/03/2026
Tache marron sur l'opercule
Une tache marron de belle taille est souvent visible sur le bord de l'opercule.
Pain de sucre, La Réunion (974), océan Indien, 10 m
28/02/2026
De face
Cette photo, prise de face, permet de remarquer les deux taches noires sur la lèvre inférieure et les dents acérées de ce petit prédateur.
Les Kiosques, La Réunion (974), océan Indien, 17 m
01/04/2026
Couple
Ce poisson territorial est généralement solitaire. On peut parfois l'observer en compagnie d'un congénère comme sur cette photo. Pour quelle raison ? Une approche amoureuse ? Un intrus que l'on expulse de son territoire ?
Passe en S, Mayotte (976), océan Indien, 12 m
25/08/2012
Livrée foncée
Certains spécimens de l'archipel des Comores dont Mayotte fait partie ont une livrée foncée allant du brun au noir.
Passe en S, Mayotte (976), océan Indien, 10 m
30/01/2010
A l'île Maurice
A l'île Maurice, ce poisson est appelé "chinois".
Île Maurice, océan Indien
10/11/2023
Aux Maldives
La vieille ailes noires est plus fréquente autour des îles, comme ici aux Maldives
Maldives, océan Indien, 15 m
11/2019
A La Réunion
Cephalopholis nigripinnis est présent à La Réunion où il est appelé cuisinier.
La Réunion (974), océan Indien, 20 m
05/2022
Rédacteur principal : Jean-Michel SUTOUR
Vérificateur : Sylvie DIDIERLAURENT
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
Craig M.T., Hastings P.A., 2006, A molecular phylogeny of the groupers of the subfamily Epinephelinae (Serranidae) with a revised classification of the Epinephelini, Ichthyol. Res., 54, 1–17.
Hobbs J.P.A., Allen G.R., 2014, Hybridisation among coral reef fishes at Christmas Island and the Cocos (Keeling) Islands, The Raffles Bulletin of Zoology, 30, 220–226.
Howlett S.J., Stafford R., Waller M., Antha S., Mason-Parker C., 2016, Linking Protection with the Distribution of Grouper and Habitat Quality in Seychelles, Journal of Marine Sciences, 10 p.
Payet S.D., Hobbs J.P. A., DiBattista J.D., Newman S.J.,Sinclair-Taylor T., Berumen M.L., McIlwain J.L., 2016, Hybridisation among groupers (genus Cephalopholis) at the eastern Indian Ocean suture zone: taxonomic and evolutionary implications, Coral Reefs, 35(4), 1157-1169.
Rajan P.T., Mishra S.S., Bineesh K.K., 2017, First Records of Two Species of Groupers, Cephalopholis nigripinnis and Epinephelus retouti (Perciformes: Epinephelidae) from India, with a Note on Epinephelids from Andaman and Nicobar Islands. Records of the Zoological Survey of India, 117(3), 289–294.
Skinner C., Mill A.C., Newman S.P. et al., 2020, The importance of oceanic atoll lagoons for coral reef predators, Marine Biologie, 167, 19.
La page sur Cephalopholis nigripinnis sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase
La page de Cephalopholis nigripinnis dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPI
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