Axinelle commune

Axinella polypoides | Schmidt, 1862

N° 312

Méditerranée, Atlantique

Clé d'identification

Arbuste jaune à orangé
De petits oscules régulièrement groupés en étoile ou en cercle
Surface légèrement rugueuse
Une forme générale modelée par l'agitation de l'eau, les flux et la force des courants

Noms

Autres noms communs français

Axinelle, éponge corne de cerf

Noms communs internationaux

Yellow antlers sponge (GB), Fingerschwamms (D)

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'axinelle commune s'observe essentiellement en Méditerranée, mais se rencontre également en Atlantique.

Biotope

Sciaphile*, cette éponge se trouve souvent sur des roches plus ou moins envasées et plutôt en profondeur (jusqu'à 100 m), voire sur des surplombs rocheux dès 10 à 15 m.

Description

Cette éponge se rencontre sous forme d'arbuste ou de large éventail pouvant atteindre 60 cm de haut, voire plus (1 m !). Elle est composée d'axes cylindriques divisés, longs et pas forcément très nombreux, sur lesquels se répartissent de très petits oscules* en forme d'ombilic régulièrement répartis en cercle ou en étoile. La surface est légèrement rugueuse et dépourvue de bosses. Sa couleur se décline du jaune pâle à l'orangé soutenu, parfois même presque rouge. La forme générale de cet animal est variable et dépend de l'agitation de l'eau et des courants.
Le squelette interne se compose de spicules* siliceux (grands et petits) et de collagène, dispersés dans le parenchyme* ou structurés en larges fibres de spongine*.

Espèces ressemblantes

Il reste possible de confondre Axinella polypoides avec d'autres espèces du même genre.
Notamment :

- Axellina verrucosa (Esper, 1794) présente une surface veloutée ainsi qu'un plus grand nombre de ramifications. Les oscules ne s'organisent ni en étoile, ni en cercle. Elle se rencontre plutôt en grotte et sur fonds durs.

- Axinella cannabina (Esper, 1794) est plus petite (30 cm), très ramifiée. Ces ramifications portent crêtes et protubérances irrégulières. Cet aspect "accidenté" est typique de cette axinelle. Les oscules se trouvent au sommet des protubérances.
Cette espèce n'est pour l'instant pas répertoriée dans les eaux françaises.

Il est recommandé de consulter les ouvrages spécialisés en cas de doute. Comme souvent chez les spongiaires, l'examen des spicules est plus qu'utile (parfois indispensable) pour la discrimination.

Alimentation

Comme toutes les autres éponges, l'axinelle se nourrit et capte l'oxygène en créant dans ses chambres internes un courant d'eau. Celui-ci est engendré par le battement des cils de certaines cellules spécifiques aux Spongiaires : les choanocytes*.
Sa nourriture se compose de plancton* (en particulier d'organismes dinoflagellés) et de particules organiques détritiques en suspension. L'ensemble pénètre avec le courant d'eau via de tout petits trous, les ostioles* et est capté par les choanocytes.
La digestion est intracellulaire, les déchets non métabolisables sont évacués via des orifices (ou pores) exhalants : les oscules.

Reproduction - Multiplication

Cette axinelle peut se reproduire de manière sexuée et asexuée. Dans le premier cas, hermaphrodite* et ovipare* comme la plupart des éponges, elle émet ses gamètes* dans le milieu. Ceci donne des œufs d'où éclosent des larves* ciliées. Emportées par le courant, ces dernières s'y métamorphosent, pour venir se fixer au final au substrat* marin. Dans le second cas, la reproduction asexuée, elle forme des bourgeons qui germent et donnent de nouveaux individus. Ce type de reproduction permet l'extension des colonies d'éponges mais ne produit que des clones de l'éponge-mère.

Vie associée

Il est fréquent que l'on puisse observer Axinella polypoides, tout comme sa cousine Axinella damicornis, colonisée par des anémones encroûtantes jaunes Parazoanthus axinellae (Schmidt, 1862). Cette association courante des anémones avec les axinelles donne d'ailleurs son nom d'espèce au cnidaire.
Il semble que si les anémones trouvent ici un excellent terrain d'implantation pour des filtreurs, bien exposé aux courants, bien drainé par les flux -y compris par le courant généré par leur hôte-, leur présence n'amène rien à l'éponge. Néanmoins, les parazoanthus ne semblent occasionner aucun préjudice pour l'axinelle. Cette relation est appelée carpose [H. Göthel 1996] et n'est en rien obligatoire : les deux protagonistes, axinelles et parazoanthus, sont tout à fait capables de vivre séparément.

Divers biologie

L'axinelle commune est dotée d'un véritable pouvoir de régénération grâce à des cellules dissociées capables de donner un nouvel individu.

Réglementation

Ce taxon est protégé et soumis à réglementation internationale.
Cette espèce est en effet inscrite :
- en Annexe II de la Convention de Barcelone
- en Annexes I et II de la Convention de Berne.
En France, Axinella polypoides fait partie des espèces protégées par le décret du 7 juillet 1999.

Origine des noms

Origine du nom français

Axinelle : terme directement traduit du nom latin.

Origine du nom scientifique

Axinella : Du latin [axinella] = petite hache.
polypoides : Les oscules s'organisant souvent en forme d'étoile, on reconnait là une forme ressemblante à des polypes.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymella.

Ordre Halichondrida Halichondrides Squelette sans organisation visible.
Famille Axinellidae Axinellidés Squelette axial formé de grands spicules monaxones : oxes, strongyles ou styles.
Genre Axinella
Espèce polypoides

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