Etoile-peigne à piquants plats

Astropecten platyacanthus | (Philippi, 1837)

N° 1882

Méditerranée

Clé d'identification

18 cm d'envergure maximum, couleur blanche à brune
Le long des bras effilés, 5 sillons radiaires sombres
Épines supérieures fortes et érigées vers le haut
Épines inférieures fréquemment rabattues le long des bras
Face latérale des plaques supramarginales hérissée de petits piquants

Noms

Autres noms communs français

Etoile à peignes

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Asterias platyacantha Philippi, 1837
Astropecten flanaticus Lorenz, 1860
Astropecten pedicellifera Doderlein, 1917

Distribution géographique

Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Il s'agit d'une espèce endémique de Méditerranée. Sur les côtes françaises, son observation est assez rare. L'espèce est plus fréquemment observée en mer Adriatique.

Biotope

Cette espèce affectionne les fonds meubles sableux mais aussi les fonds détritiques et coquilliers, depuis la surface jusqu'à une soixantaine de mètres de profondeur. Enfouie le jour, elle s'extirpe du sédiment dès la tombée de la nuit pour chasser.

Description

Avertissement : certains auteurs, comme Koehler (1921), considéraient Astropecten platyacanthus comme une variété de Astropecten bispinosus. La description rapportée ci-dessous est quasi identique à celle de A. bispinosus. Seule une vue rapprochée des plaques supramarginales permet de distinguer ces deux espèces. Des analyses biochimiques récentes confirment qu'il s'agit bien d'espèces différentes.
La différenciation est donc le plus souvent impossible sur une photographie. L'identification des spécimens sur les photos illustrant cette fiche est confirmée par Roberto Pillon.

Astropecten platyacanthus est une étoile-peigne dont la taille ne dépasse pas les dix-huit centimètres. Les bras sont plus effilés que chez les autres étoiles-peigne.

La face dorsale, percée d'une unique plaque madréporique excentrée, est parsemée d'une multitude de petites pièces squelettiques appelées paxilles* dont la couleur varie du blanchâtre au brun foncé. La zone de l'anus, centrale, est marquée d'un disque sombre, d'où irradient cinq sillons bien visibles jusqu'à l'extrémité de chaque bras. La face dorsale est de plus totalement dépourvue de pédicellaires*.

Sur le bord supérieur des bras et sur toute la périphérie de l'étoile, on observe deux rangées de fortes épines, l'une dressée vers le haut et portée par la rangée de plaques supramarginales (situées sur la face supérieure de l'étoile), l'autre, plus latérale, portée par la rangée de plaques inframarginales (situées sur la face inférieure de l'étoile). Ces piquants, qui mesurent jusqu'à un centimètre, sont blancs et leur pointe peut être teintée de brun orangé. Chez Astropecten platyacanthus, ces piquants sont très souvent rabattus le long des bras mais ce n'est pas toujours le cas. Les plaques infra et supramarginales portent (en plus des gros piquants) de nombreuses petites épines fortes. La face ventrale est brun pâle, les pieds ambulacraires sont dépourvus de ventouses.

Il est très rare, enfin, d'observer une étoile-peigne à piquants plats avec un nombre de bras différent de 5.

Espèces ressemblantes

En Méditerranée, il existe 5 autres espèces du genre Astropecten.
Elles diffèrent par la disposition de leurs piquants et par leur taille. Citons :

Astropecten aranciacus (grande étoile-peigne) : comme son nom scientifique l'indique, elle arbore toujours une couleur rouge orangé. Sa taille atteint parfois les 60 centimètres, ce qui en fait la plus grande espèce du genre ;

Astropecten bispinosus (étoile-peigne hérissée) : confusion la plus probable. Il s'agit d'une espèce jumelle. Parfois, mais pas toujours, les piquants de A. platyacanthus sont rabattus le long des bras. Seule l'observation à la loupe des plaques supramarginales permettra de faire la distinction. Celles de A. bispinosus sont nues sur leur face latérale, celles de A. platyacanthus portent plusieurs petites épines (voir schéma et photos) ;

Astropecten irregularis (étoile-peigne commune) : couleur jaune orangé à brune, 20 cm maximum. Une tache oculaire rose violacé à l'extrémité de chaque bras. Absence de piquants sur les plaques supramarginales (pour les individus méditerranéens uniquement) ;

Astropecten jonstoni (étoile-peigne de Johnston) : les cinq bras sont parfaitement triangulaires. Le disque central est large. Couleur grise parfois bleutée, les plaques supramarginales forment un contour bleu-vert net. La base des piquants est annelée d'orange. La taille ne dépasse pas les 8 centimètres ;

Astropecten spinulosus (petite étoile-peigne) : comme son nom vernaculaire l'indique, sa taille dépasse rarement les 8 centimètres. Elle arbore toujours une couleur brun chocolat. C'est en outre la seule espèce du genre à posséder de vrais podia terminés en ventouse.

Alimentation

Prédateur très vorace, l'étoile-peigne à piquants plats a un régime carnivore. Elle se nourrit de gastéropodes, de bivalves, de vers et de petits organismes du sable. Ces derniers sont piégés par les bras de l'étoile puis acheminés vers la bouche par les podia. Quand les proies sont plus volumineuses (bivalves), elle dévagine son estomac afin de déverser des enzymes digestives et elle n'a plus qu'à aspirer le contenu de sa victime, préalablement liquéfié.

Reproduction - Multiplication

La reproduction est sexuée. Elle fait intervenir des gamètes* des deux sexes. Les étoiles se redressent alors sur leurs bras et émettent en pleine eau des nuages de semence.
La fécondation donne une larve dipleurula, qui rejoint la microfaune du plancton. Après quelques semaines, la larve subit une métamorphose. Alors que la grande majorité des larves d'Astérides passent par deux stades larvaires supplémentaires, dits bipinaria puis brachiolaria, les étoiles du genre Astropecten n'ont pas de phase brachiolaria, ce qui est un caractère primitif du groupe. La larve bipinaria tombe sur le fond et se transforme directement en une minuscule étoile-peigne, qui ne tardera pas à s'enfouir.

Les étoiles-peigne ont par ailleurs la capacité de régénérer efficacement tout ou partie d'un membre abîmé ou amputé.

Informations complémentaires

Les étoiles-peigne sont fréquemment vendues séchées dans des boutiques pour touristes !

Après une tempête, on peut en retrouver dans la laisse de mer.

Origine des noms

Origine du nom français

Étoile-peigne est la traduction directe de Astropecten, à piquants plats : traduction de platyacanthus, à cause des épines fréquemment rabattues le long des bras.
Ce nom vernaculaire n'existe pas dans la littérature naturaliste, il s'agit ici d'une proposition du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Astropecten : du grec [aster] = étoile, et du latin [pecten] = peigne, les rangées de forts piquants alignés évoquant des peignes,
platyacanthus : du grec [platy] = plat, et du grec [acanth] = épine, à cause de l'allure aplatie des piquants rabattus.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes.
Classe Asteroidea Astérides Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer.
Ordre Paxillosida Paxillosides Face dorsale recouverte de paxilles*.
Famille Astropectinidae Astropectinidés Ce sont les étoiles peigne, dont les bras sont bordés de piquants rigides.
Genre Astropecten
Espèce platyacanthus

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