Antiopelle

Antiopella cristata | (delle Chiaje, 1841)

N° 335

Méditerranée, mer du Nord, Atlantique

Clé d'identification

Animal plat, allongé, caché par de nombreuses excroissances claviformes dont les extrémités sont bleu pâle plus ou moins vif
Cérates sur la tête, devant les rhinophores
Caroncule entre les rhinophores à la pointe blanche
Coloration blanc laiteux, translucide, ou en partie beige à orange clair
2 bandes blanchâtres parcourent le dos

Noms

Noms communs internationaux

Antiopella (GB, I, E, D), Blauwtipje (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Eolis cristata Delle Chiaje, 1841
Eolidia cristata Delle Chiaje, 1841
Janolus spinolae Vérany, 1846
Antiopa splendida Alder & Hancock, 1848
Janolus cristatus (Delle Chiaje, 1841)

Le dernier changement de nom (anciennement Janolus cristatus) date de l'article de [Pola & al. 2019] révisant les Janolisés.

Distribution géographique

Méditerranée, mer du Nord, Atlantique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'antiopelle se rencontre de la Norvège à la Méditerranée.

Biotope

L'antiopelle évolue sur des substrats durs, de la surface à de plus importantes profondeurs. On peut la voir évoluer à proximité ou sur des colonies de bryozoaires, souvent buissonnantes.

Description

D'une taille maximale pouvant atteindre 8 cm, cet animal plat, allongé mais épais, a une apparence trapue, due à ses nombreuses excroissances claviformes : les cérates*. Ceux-ci entourent et cachent son pied et son manteau, dissimulant par là-même souvent la double ligne blanche qui parcourt longitudinalement le dos.
Ces cérates ont leurs extrémités d'un bleu pâle, plus ou moins vif selon les individus et contiennent les diverticules de la glande intestinale, visibles sous forme de lignes brunes à noires. Cette espèce présente également des cérates sur la tête, devant les rhinophores*.
Ces rhinophores, dont la base commune est de grande taille, sont lamellés. Leur pointe est blanchâtre. On peut distinguer sur la tête une sorte de crête remarquable, une caroncule* caractéristique.
La couleur de ces animaux varie du blanc laiteux au beige, à l'orange clair.

Espèces ressemblantes

  • En Méditerranée et dans l'Atlantique Est vit une espèce du même genre : Janolus hyalinus (Alder & Hancock, 1854), qui diffère de A. cristata par sa taille (1 cm maximum) et l'absence de raies dorsales. Elle ne porte pas les couleurs bleutées que l'on voit souvent sur l'antiopelle.
  • Par contre, l'éolis de verre Eubranchus tricolor Forbes, 1838, montre bien la couleur bleutée de l'antiopelle mais cet éolidien possède des cérates allongés et pointus, pas en forme de massue comme l'antiopelle.

Alimentation

Cette arminacée est carnivore, elle se nourrit de colonies de bryozoaires souvent de forme buissonnante comme Bugula sp.

Reproduction - Multiplication

Animal hermaphrodite*, il n'y en règle générale pas d'autofécondation chez les nudibranches et deux individus sont donc nécessaires pour la reproduction.
La reproduction se fera en position tête-bêche, les organes génitaux émergeant sur la droite du corps, derrière la tête. Chacun des partenaires offrira ses gamètes puis pondra des œufs.
Ces œufs, rassemblés en petits paquets de plusieurs dizaines voire centaines d'œufs, forment un cordon tarabiscoté et relativement régulier, englobés dans un ruban gélatineux, rose pâle à blanchâtre.
Les pontes et les individus de taille adulte s'observent de février à juillet.
Comme souvent, les conditions extérieures (notamment la température de l'eau) seront prédeterminantes pour l'éclosion de la ponte. Certains auteurs citent 23 jours dans une eau à 10-12 °C pour qu'éclosent les œufs.
Il en sortira une larve véligère* qui devra passer une courte vie planctonique avant de se transformer en une minuscule antiopelle et de se poser sur le fond.

Vie associée

On peut parfois observer, accrochés à des antiopelles, de petits copépodes parasites. Il peut s'agir d'espèces du genre Doridicola spp. (tel que D. agilis), Splanchnotrophus spp , Ismaila spp ou autres. On en voit généralement que les sacs ovigères* qui dépassent du corps du nudibranche.

Divers biologie

Contrairement aux éolidiens (flabellines, hervia, cuthona, etc.) qui peuvent esthétiquement ressembler à l'antiopelle par la présence de cérates sur le dos, Antiopella cristata ne possède pas de cnidocystes* urticants au sommet des cérates à des fins de défense. Et pour cause : ces cnidocytes urticants proviennent des hydraires qu'ingèrent les éolidiens et Antiopella cristata n'en mange pas ! Les bryozoaires que mange l'antiopelle n'ont pas de cellules urticantes.

Origine des noms

Origine du nom français

Antiopelle : francisation du nom de genre de l'animal, Antiopella.

Origine du nom scientifique

Antiopella : en référence au nom Antiope.
On trouve de nombreux personnages portant ce nom dans la mythologie grecque. Le fait qu'il s'agisse ici d'un animal marin et notamment d'un nudibranche porte à penser qu'il s'agit d'Antiope, la fille du gardien des vents Éole et d'Enarété, maîtresse de Poséidon.

cristata : du latin [cristatus, a, um] = à aigrette, à crête, en rapport avec la caroncule entre les rhinophores.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Arminina / Arminacea Arminacées Le velum sur la tête est le seul caractère évident commun. Présence ou absence d’appendices dorsaux (cérates). Tête possédant en général seulement des rhinophores qui peuvent s’enrouler sans gaine. Se nourrissent de coraux et de Pennatulaires.
Famille Janolidae Janolidés Aspect d'éolidiens. Tentacules oraux distincts, grands rhinophores non rétractiles, cérates tuberculés (collants et se détachant facilement) sur le dos mais également sur le pourtour antérieur de la tête, anus médio-dorsal, queue effilée.
Genre Antiopella
Espèce cristata

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