Eolis de Farran

Amphorina farrani | (Alder & Hancock, 1844)

N° 1413

Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Eolidien de 20 mm de long maximum
Rhinophores lisses
Cérates renflés arrangés en lignes imprécises
Un anneau jaune ou orange subterminal est assez souvent observable
Taches orange sur le dos pour les formes sombres

Noms

Autres noms communs français

Amphorine d'Albert (description originale de Quatrefages en 1844)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Amphorina alberti Quatrefages, 1844
Eolis farrani Alder & Hancock, 1844
Eubranchus farrani (Alder & Hancock, 1844)
Galvina farrani (Alder & Hancock, 1844)
Aeolis adelaidae Thompson, 1860
Eolis andreapolis M'Intosh, 1865
Eolis robertianae M'Intosh, 1865
Galvina flava Trinchese, 1879

Le dernier changement de genre en date, Eubranchus farrani (Alder & Hancock, 1844) devenant Amphorina farrani (Alder & Hancock, 1844), résulte de la publication de Korshunova &al. en 2020.

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Cet éolidien fréquente les eaux de l'Atlantique Nord-Est, de la Norvège au Portugal, en incluant tout le tour des îles Britanniques et le golfe de Gascogne.
Il est présent en Méditerranée.

Biotope

On trouve l'éolis de Farran sur les rochers, dans la zone des marées et sublittorale* jusque vers 15 m.
Il apprécie les eaux agitées de houle et de courants.

Description

Nudibranche éolidien de 20 mm de long maximum, de coloration générale blanche à appendices jaunes, mais avec de nombreuses variations de couleur.
Les rhinophores* lisses sont un peu plus longs que les tentacules labiaux.
Le dos porte des cérates* renflés de taille variable, les plus gros au centre, les petits en périphérie. Ils sont arrangés en dix lignes imprécises, de cinq cérates maximum par ligne. La pointe du pied* les dépasse en arrière.
Les couleurs sont très variées et l'on distingue quatre grands types avec des intermédiaires.
Le plus courant est blanc translucide avec des taches jaunes ou orange sur le dos. Les rhinophores et tentacules labiaux sont jaunes ou orange sur leur moitié distale*, avec un apex* blanc opaque. Les cérates translucides laissent voir la glande digestive et se terminent par un anneau jaune avec parfois une pointe translucide.
La couleur du corps peut être brun-chocolat ou orange ou uniformément jaune. Les cérates ont alors une pointe blanc translucide et des taches et anneaux orange inconstants. Ces formes sombres présentent des taches orange sur le dos qui sont caractéristiques de Amphorina farrani.
Une forme uniformément blanche voit les pigments jaunes remplacés par du blanc opaque, les rhinophores et tentacules labiaux gardent du pigment orange ou jaune.
Enfin existe une forme blanc translucide sans aucune pigmentation ; les lobes de la glande digestive sont alors visibles par transparence.
Ces colorations évoluent selon l'âge : les juvéniles sont blanc translucide et se colorent progressivement.

Espèces ressemblantes

  • Amphorina andra Korshunova & coll. 2020 ressemble beaucoup à A. farrani mais elle en diffère par l'absence de coloration jaune orangé dans les formes tachetées ainsi que la présence de formes avec une pigmentation superficielle noirâtre sur le corps et sur les cérates. Elle est présente en Méditerranée et sur toutes les côtes atlantiques européennes jusqu'au nord de la Norvège.
  • Amphorina linensis (Garcia-Gomez, Cervera & Garcia, 1990) : elle a été décrite de Tarifa, à la pointe de l'Espagne mais est connue depuis les Pays-Bas jusqu'au Portugal ainsi qu'en Méditerranée. Elle est translucide à bleue et porte parfois des marques rouge assez vif sur le dos (mais elles peuvent être absentes). L'apex des cérates est blanc opaque..
  • Eubranchus tricolor Forbes, 1838 est plus grande. Elle présente des cérates plus aplatis, plus nombreux, avec une pointe blanche opaque. Parfois un anneau jaune subterminal* inconstant. Certains spécimens semblent bleutés.

Alimentation

Comme bien des Eolidiens, Amphorina farrani se nourrit d'hydraires du genre Obelia, particulièrement Obelia genicula, et d'Aglaophenia pluma. Mme H. Gantès a noté leur préférence pour Sertularia cupressina, lors d'un élevage en aquarium.
Ils râpent leur nourriture avec leur radula* chitineuse*.

Reproduction - Multiplication

Comme tous les nudibranches, l'éolis de Farran est hermaphrodite*.
Ses orifices génitaux, mâle et femelle, sont très rapprochés, à l'avant droit du pied, sous les premiers et seconds groupes de cérates. L'éolis de Farran adopte donc une position tête-bêche avec un partenaire, pour une fécondation réciproque avec échanges de gamètes mâles.
La ponte consiste en un ruban blanc enroulé en spirale sur environ deux tours.

Divers biologie

La radula* est un élément essentiel pour la détermination des différentes espèces de nudibranches, selon le nombre, l'arrangement et la forme des dents.
La formule de celle d'Amphorina farrani est 42 x (1.1.1), soit une radula trisériée, comportant quarante-deux rangées de trois dents.

La région cardiaque se trouve sur le dos, entre les second groupe costaux de cérates.

Dans sa description de l'individu type* du genre Amphorina (sous le nom d'Amphorina alberti, devenue depuis Amphorina farrani), en 1844, Armand de Quatrefages décrit l'anatomie du seul exemplaire qu'il a en sa possession. Il y décrit notamment et précisément le cerveau ainsi que la "langue mobile" (radula) et le système digestif. A son sujet, ne trouvant pas d'ouverture postérieur correspondant à un anus, il se dit "très porté à croire que l'Amphorine manque d'anus, et que les résidus de la digestion sont rejetés par la bouche". Et d'expliquer le fonctionnement musculaire permettant cette "espèce de vomissement".
En fait, l'ouverture anale est située dans une petite papille, localisée un peu en arrière et à droite de la région cardiaque, et juste au-dessus de la zone génitale.

Informations complémentaires


Origine des noms

Origine du nom français

Eolis de Farran : ce nom est une simple francisation d'un ancien nom scientifique de cette espèce : Eolis farrani.
Il rappelle en outre sont appartenance au groupe des nudibranches éolidiens.

Origine du nom scientifique

Amphorina : genre décrit par Quatrefages en 1844. Le nom évoque probablement de petites amphores (peut-être les cérates en peu renflés ?) mais l'auteur n'a pas donné dans sa description d'explications précises à ce choix, comme c'était fréquemment le cas à cette époque.
Amphorina farrani est l'espèce-type* (sous le nom d'Amphorina alberti) du genre.

farrani : de Farran. Le Dr Charles Farran était, au XIXe siècle, un gentleman irlandais collectionneur de coquillages. Alder & Hancock lui dédicacèrent en 1844 ce nouveau nudibranche, découvert en draguant à proximité de ses propriétés.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Heterobranchia Hétérobranches
Super ordre Nudipleura Nudipleures
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Cladobranchia Cladobranches
Famille Eubranchidae Eubranchidés Eolidiens aux cérates renflés de formes variables, en rangées simples ou ramifiées. Rhinophores lisses et tentacules labiaux. Absence de tentacules pédieux. Se nourrissent d'Hydraires.
Genre Amphorina
Espèce farrani

Nos partenaires