Aiptasie de Couch

Aiptasia couchii | (Cocks, 1851)

N° 4743

Méditerranée, Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Dans des fissures ou des trous, à faible profondeur
De 48 à 96 tentacules en forme de flamme
Peut former des groupes
Colonne translucide avec une coloration grisâtre-brunâtre vers le haut
En extension, présence de cinclides (pores) en trois rangées à mi-colonne
Aconties éjectées en cas d'agression

Noms

Autres noms communs français

Anémone trompette, anémone de verre, aiptasie bleue.
Cette espèce est très proche de Aiptasia mutabilis et ces deux espèces ont longtemps été confondues. De ce fait, les noms communs sont identiques.

Noms communs internationaux

Trumpet anemone, green aiptasia (GB), Anemone bruno (I), Ortiga blanca, anemona trompeta, aiptasia marrón (E), Couch's Siebanemone, Grüne Aiptasie (D), Groene glasanemoon (NL), Anémona trombeta (P).
Même remarque que pour les noms communs français.

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Anthea couchii Cocks, 1851
Aiptasia amacha Gosse, 1858
Aiptasia couchii Gosse 1860
Aiptasia Couchii Johnson 1861
Aiptasia mutabilis Forme I Schmidt 1972

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : 1 Europe (côtes françaises), 1.2 [Méditerranée française], 1.1 [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Aiptasia couchii est présente sur la côte atlantique orientale de l'Europe, aux îles Canaries et à Madère, ainsi qu'en Méditerranée.

Biotope

Aiptasia couchii est une espèce d'eau peu profonde, abritée, préférant être en dessous de la zone de balancement des marées entre 1 et 5 m de profondeur, même si on peut la rencontrer jusqu'à une quinzaine de mètres. Elle est observée, en milieu rocheux, sous les pierres et les surplombs, les crevasses et les trous. Elle peut aussi s'attacher aux crampons des Laminaires (Laminaria et Sacchorhiza). Elle est peu fréquente mais peut être observée en grand nombre par endroits.

Description

Le corps, ou la colonne, de cette anémone mesure environ 6 cm de haut pour un diamètre de 1 à 2 cm. La colonne, plutôt grêle, translucide à la base, s'élargit vers le disque buccal gris brun. On la voit rarement car elle est souvent dans un trou ou une fissure.
Les cinclides* (pores situés sur la colonne permettant l'éjection des aconties*), sont disposés en trois rangées, assez visibles quand la colonne est en extension. Le disque oral est grisâtre et translucide.
Les tentacules*, au nombre de 48 à 96, ont une forme caractéristique en flamme : élargis à leur base, ils se terminent de façon très pointue. Ils sont translucides et marbrés, souvent brunâtres. Ils ne se contractent que partiellement, par mouvements saccadés. Ils sont répartis en 6 couronnes autour du disque buccal. Les tentacules internes sont plus longs que les tentacules externes.

Espèces ressemblantes

Aiptasia mutabilis (Gravenhorst, 1831) (= forme II Schmidt, 1972).
Cependant, A. couchii et A. mutabilis peuvent être différenciées selon :

  • la taille : A. couchii est plus petite que A. mutabilis ;
  • la couleur : A. couchii est souvent brune et A. mutabilis plutôt verte ou blanchâtre ;
  • le nombre de tentacules : 48-96 pour A. couchii et 96-192 pour A. mutabilis ;
  • l'écologie : A. couchii peut former des groupes alors que A. mutabilis est solitaire ;
  • la répartition géographique : A. couchii vit en Atlantique et en Méditerranée alors qu'A. mutabilis est endémique* de Méditerranée ;
  • la profondeur : A. couchii entre 0 et 5 m de profondeur (parfois jusqu'à 15 m), jusqu'à 30 m pour A. mutabilis ;
  • le type de zooxanthelles symbiotes : Symbiodinium pour A. couchii et Amphidinium pour A. mutabilis ;
  • le mode de reproduction asexuée : fission transversale pour A. couchii et fission longitudinale pour A. mutabilis ;
  • pour les spécialistes, il existe des différences au niveau des mésentères*, du cnidome (la composition de l’ensemble des cellules urticantes) et du gène mitochondrial 16S.

Exaiptasia diaphana est tout à fait semblable bien que beaucoup plus petite (3 cm environ de diamètre total). Elle peut former des tapis dans les eaux peu profondes. Elle s'installe plus particulièrement dans les eaux polluées des ports et des lagunes.

Alimentation

Cette espèce est carnivore et se nourrit en capturant ses proies à l'aide de ses tentacules couverts de cellules urticantes.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés chez les aiptasies.
Leur reproduction se produit selon deux modes :
- reproduction sexuée de mode ovipare*.
- reproduction par division (multiplication végétative par fission transversale).

Elles ont une excellente capacité à se multiplier à partir d'un individu scindé en deux. Elles peuvent former des clones*.

Vie associée

Dans les eaux peu profondes, l'aiptasie héberge souvent des algues symbiotiques*, les zooxanthelles* (ici des Symbiodinium). Les zooxanthelles sont de couleur brun-doré et ce sont elles qui participent à la coloration de l'animal.
Aiptasia couchii est exclusivement associée à différents Symbiodinium, tandis que A. mutabilis héberge également des endosymbiontes* algales mais du genre Amphidinium.

Divers biologie

Cette espèce peut être observée en groupe (tache) du fait de la reproduction clonale.
En cas d'agression, l'aiptasie de Couch expulse des aconties* par ses cinclides*. Ce sont des filaments gluants et urticants, visibles à l'œil nu.
La coloration semble varier au cours des saisons.

Informations complémentaires

Elle peut se déplacer : elle détache son pied du support et rampe par contractions et allongements successifs.
Les aquariophiles la craignent car, grâce à sa croissance rapide, elle colonise rapidement les aquariums.
Les aiptasies, du fait de leur association avec des zooxanthelles, ont été utilisées pour essayer de comprendre le processus responsable du « coral bleaching », le blanchissement des coraux.

Origine des noms

Origine du nom français

Aiptasie : directement issu du nom scientifique,
de Couch : espèce dédiée à R. Q. Couch

Origine du nom scientifique

Aiptasia : signification inconnue (selon la faune de Perrier fasc IA). Selon Cailleux et Komorn (1981), il y a bien une racine grecque [Aipt-] = qui ne peut suivre, mais pourquoi ? Le nom de genre est dû à Gosse en 1858 : en écrivant à propos de ce genre, il fait une allusion au mot trompette.
couchii : William Pennington Cocks (1791-1878), chirurgien britannique et naturaliste, a dédié cette espèce, en 1851, au Dr. Richard Quiller Couch (1816-1863 ), médecin naturaliste (fils de Jonathan Couch, également médecin naturaliste et père de Arthur Quiller Couch, « Q », écrivain critique littéraire) qui vécut en Cornouailles.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Actiniaria Actiniaires Polypes solitaires souvent colorés, en général fixés à un substrat dur par un large disque pédieux. Organismes parfois mobiles.
Sous-ordre Nynantheae Thenaria Nynanthées Thenaria
Famille Aiptasiidae Aiptasiidés Plusieurs couronnes de tentacules, de nombreux aconties*, six paires de mésentères* complets, colonne non segmentée.
Genre Aiptasia
Espèce couchii

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