Diotis blanc

Achillea maritima | (L.) Ehrend. & Y.P.Guo

N° 3959

Méditerranée, Atlantique Nord-Est du Maroc à l’Irlande

Clé d'identification

Plante vivace mesurant 10 à 40 cm recouverte d’un duvet cotonneux blanc
Tiges couchées à leur base
Couleur grise à vert pâle
Feuilles simples de 1 à 2 cm de long pour 0,5 cm de large
Feuilles sessiles, oblongues et crénelées à leur extrémité
Fleurs terminales de couleur jaune

Noms

Autres noms communs français

Diotis cotonneuse, diotis maritime, diotis laineux, othanthe maritime, santoline-cyprès

Noms communs internationaux

Cottonweed (GB), Santolina delle spiagge (I), Schneeweisse Strandfilzblume (D), Algodonosa, carrasca de san Juan (E), Atanásia marítima, athanasia das praias, carrasca de San Xoan (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Filago maritima L., 1753
Athanasia maritima (L.) L., 1763
Santolina maritima (L.) Crantz, 1766
Santolina tomentosa Lam., 1779
Gnaphalium legitimum Gaertn., 1791
Diotis candidissima Desf., 1799
Diotis maritima (L.) Desf., 1804
Neesia maritima Spreng. ex Steud., 1821
Otanthus maritimus (L.) Hoffmanns. & Link, 1824
Diotis maritima (L.) Sm., 1825
Diotis maritima (L.) Coss., 1848
Gnaphalium legitimum Bubani, 1899

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Nord-Est du Maroc à l’Irlande

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Cette espèce est présente dans le bassin méditerranéen et sur la façade atlantique Est, depuis l'Angleterre et l'Irlande à la Gironde.
En France, elle est observable de la Bretagne jusqu'en Aquitaine pour la côte ouest. Dans le sud de la France elle est présente au sud du Languedoc-Roussillon jusqu'en Provence, Côte d'Azur et Corse. A l'intérieur des terres on la trouve en Pays de Loire, Poitou et dans les Alpes.

Biotope

Achillea maritima est présente sur le littoral sableux, en haut de plage, elle participe à l'élaboration de la dune embryonnaire.

Description

Cette plante vivace, souvent en touffes, présente des tiges de 10 à 40 cm de longueur. Les tiges sont couchées à leur base puis dressées, cylindriques, épaisses et revêtues d'un fin duvet cotonneux blanc.

Les feuilles sont nombreuses, rapprochées et alternes. Elles sont sessiles*, épaisses, oblongues* et arrondies à leurs extrémités avec une nervure centrale bien marquée. Elles mesurent 1 à 2 cm de long pour 0,5 cm de large. Certaines feuilles sont crénelées sur leurs bords près de leurs extrémités. Elles sont recouvertes du même duvet, le tomentum* que le haut des tiges sur les deux faces.

La plante a une couleur gris blanc très légèrement verdâtre. Les fleurs de couleur jaune sont terminales et disposées en petits corymbes*. Les capitules* de 8 à 10 mm de diamètre sont légèrement pédonculés. La corolle* jaune contient les fleurons hermaphrodites* à 5 dents à leurs limbes*.

Espèces ressemblantes

Deux sous-espèces très ressemblantes existent, il s'agit de :

  • Achillea maritima subsp. maritima (L.) Ehrend. & Y.P.Guo, 2005. Cette variété est attribuée aux plantes méditerranéennes.
  • Achillea maritima subsp. atlantica (Chrtek & B.Slavík) Ehrend. & Y.P.Guo, 2005. L'aire de répartition est située au nord de la Gironde sur la seule base que le tomentum est plus blanc, mais ce caractère semble inconsistant.

Helichrysum italicum (Roth) G.Don :
L'immortelle d'Italie qui possède des tiges d'une hauteur de 25 à 50 cm beaucoup plus fine que le diotis. Les feuilles sont de couleur verte, étroites et allongées de 2 à 3 cm. Les fleurs sont terminales en corymbe de capitules de couleur jaune. Une forte odeur de curry émane de cette plante.

Medicago marina L. :
La luzerne maritime qui possède de longues tiges rampantes, recouvertes d'un tomentum blanc, des feuilles composées aux folioles avec une nervure centrale bien marquée et des fleurs jaunes en grappes.

Alimentation

C'est un végétal autotrophe* qui élabore sa matière organique par photosynthèse* à partir du gaz carbonique et d'eau, grâce à la chlorophylle* de ses pigments qui captent la lumière solaire. Ses racines lui permettent de capter l'eau et les sels minéraux présents dans le sol.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée* ou végétative*.

Cette espèce est hermaphrodite*. La fécondation peut être assurée par des insectes (entomogamie*) ou s'effectuer au sein d'une même fleur (autogamie*).

Les fruits sont des akènes* de forme ovoïde de 2 mm environ et de couleur marron clair. Les graines tombent directement au pied de la plante (dissémination barochore*).

Vie associée

Cette espèce partage le haut de plage avec les espèces comme : le panicaut de mer Eryngium maritimum, le chiendent à feuilles de jonc Elytrigia juncea, le panais épineux Echinophora spinosa, l'oyat Ammophila arenaria, le cakilier maritime Cakile maritima, le sporobole piquant Sporobolus pungens et aussi les griffes de sorcière Carpobrotus spp. depuis leur importation.

Divers biologie

Le duvet blanc : le tomentum recouvrant la tige et les feuilles limite la transpiration et permet à la plante de mieux résister aux agressions du vent et de la chaleur.

Informations complémentaires

Achillea maritima est menacée par le nettoyage mécanique des plages, il faudra donc être très prudent lors de l'utilisation de ces machines.

La mise en place de ganivelles en haut de plage permet de protéger une multitude de plantes du piétinement dû à la sur-fréquentation des plages induit par le tourisme de masse.

Réglementation

Cette espèce bénéficie de mesures de protection dans différents départements. En règle générale, elle est interdite à l'arrachage, à la cueillette et destruction.

Elle est listée depuis 2019 dans la Liste rouge de la flore vasculaire de France métropolitaine au statut LC (préoccupation mineure), mais au niveau régional son statut est variable :

  • en Bretagne et dans les Pays de la Loire elle est au statut VU (vulnérable),
  • en Provence-Alpes Côte d’Azur elle est au statut EN (En Danger)
  • en Basse-Normandie et en Poitou-Charente, elle est au statut CR (en danger critique d’extinction).

Origine des noms

Origine du nom français

Diotis vient du grec [diotos] = deux oreilles, en raison des deux sépales sous la corolle qui rappellent deux oreilles.

Origine du nom scientifique

Achillea : du grec [Achilléas] = Achille, héros de la mythologie grecque qui aurait appris auprès de Chiron le centaure, les vertus médicinales d'une autre achillée Achillea millefollium l'achillée millefeuille (herbe aux militaires, herbe aux coupures, saigne nez), avec laquelle il soignait les blessures de ses soldats. Il aurait également soigné le roi Télèphe, roi de Myse avec cette plante, celui-ci par gratitude aurait conduit les Achéens à Troie.

maritima : du latin [maritimus] = situé au bord de mer, de mer, sur mer, marin

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 1092666

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Equisetopsida Equisetopsida
Sous-classe Magnoliidae Magnioliales
Ordre Asterales Asterales
Famille Asteraceae Astéracées
Genre Achillea
Espèce maritima

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