Palourde-poulette

Venerupis corrugata | (Gmelin, 1791)

N° 3026

Manche, Atlantique Est, Manche, Méditerranée

Clé d'identification

Taille comprise entre 4 et 5 cm
Coquilles ovales plus pointues antérieurement
Fines stries concentriques et rayonnantes
Charnière à trois dents cardinales sur chaque valve
Ligament externe fin, long et bien visible
Coloration extérieure blanc crème, fauve clair ou gris clair
Dessins brun jaunâtre, fins et symétriques sur partie postérieure de la coquille
Byssus présent

Noms

Autres noms communs français

Palourde géographique, palourde bleue

Noms communs internationaux

Corrugated venus, pullet carpet shell (GB), Almeja babosa (E), Teppichmuschel (D), Teppeskjel (Norvège), Gewone tapijtschelp, Tapijtschelp (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Venus corrugata Gmelin, 1791
Venus geographica Gmelin, 1791
Venus punctulata Gmelin, 1791
Venerupis senegalensis (Gmelin, 1791)
Venus senegalensis Gmelin, 1791
Venerupis saxatilis (Fleuriau de Bellevue, 1802)
Venus saxatilis Fleuriau de Bellevue, 1802
Tapes pullastra (Montagu, 1803)
Venerupis pullastra (Montagu, 1803)
Venus perforans Montagu, 1803
Venus pullastra Montagu, 1803
Venus obsoleta Dillwyn, 1817
Venerupis nucleus Lamarck, 1819
Pullastra vulgaris G. B. Sowerby I, 1826
Petricola rugosa Menke, 1829
Venus tenorii O. G. Costa, 1829
Venus plagia Jeffreys, 1847
Tapes dactyloides G. B. Sowerby II, 1852
Tapes disrupta G. B. Sowerby II, 1852
Venerupis corrugata Deshayes, 1853
Venus saxicola Danilo & Sandri, 1856

Distribution géographique

Manche, Atlantique Est, Manche, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette espèce est présente en Atlantique des côtes de Norvège à l'Afrique du Sud, en Manche et en Méditerranée.

Biotope

C'est une espèce fouisseuse qui peut s'enfoncer dans le sédiment jusqu'à 5 cm de profondeur et que l'on trouve jusqu'à 35 m de profondeur, sur des fonds de sable fin ou sablo-vaseux. On trouvera ce coquillage dans les endroits très abrités comme les baies, les golfes ou les estuaires. C'est à mi-hauteur de l'estran* que ce coquillage est le plus abondant.

Description

C'est un mollusque bivalve fouisseur, qui vit dans le sédiment. Ses coquilles forment un ovale allongé avec l'extrémité antérieure légèrement pointue et la postérieure un peu plus droite, la dimension de ce coquillage varie entre 4 et 5 cm. Les 2 coquilles sont symétriques et ornées de fines stries concentriques et rayonnantes, ces dernières étant plus marquées vers l'arrière. La couleur extérieure de ce coquillage est généralement blanc crème, fauve clair ou gris clair, l'intérieur est blanc nacré tacheté, avec le bord postérieur violacé clair plus ou moins important. Chaque coquille extérieure est ornée sur la partie postérieure de dessins particulièrement fins et relativement symétriques brun jaunâtre et rarement identiques d'une palourde à l'autre. La coquille est plutôt mince sans être pour autant fragile, le sinus* palléal est large et profond, la bordure inférieure est fusionnée avec le reste de l'impression palléale* (limite d'adhérence du manteau sur la coquille).
La charnière présente sur chaque valve* trois dents cardinales (principales) dont 2 bifides* (qui se terminent par une fourche), elles servent de gonds pour l'articulation des 2 valves, et ne permettent qu'un mouvement restreint, dans un seul sens. Le ligament externe est fin, assez long et bien visible.
L'animal possède un pied* triangulaire blanc crème légèrement translucide et 2 siphons d'égale longueur accolés dont seules les extrémités sont séparées. Ce bivalve est muni d'un byssus* (ensemble de fins filaments cornés permettant la fixation d'un coquillage sur le substrat*) qui lui permet de s'ancrer sur un caillou ou une coquille vide enfouie dans le sédiment.

Espèces ressemblantes

Venerupis decussata (Linnaeus, 1758) : la palourde grise japonaise, est plus grande, jusqu'à 75 mm de longueur, et se rencontre de la mer du Nord jusqu'à la Méditerranée.

Polititapes virgineus (Linnaeus, 1767) : la palourde rose est plus grande 60 mm et plus rosée. On la trouve de la Norvège au nord-ouest de l'Afrique et en Méditerranée.

Venerupis aurea
(Gmelin, 1791) : la palourde dorée est plus petite 1,5 à 2 cm, et ne vit qu'en Méditerranée.

Alimentation

C'est un animal suspensivore* (qui se nourrit de particules en suspension dans l'eau), à l'aide de ses siphons, il établit un courant d'eau et filtre les particules de plancton* (terme générique incluant toutes les particules animales ou végétales en suspension dans l'eau) pour en extraire les matières organiques ou végétales comme les algues unicellulaires dont il se nourrit.

Reproduction - Multiplication

C'est une espèce gonochorique* (les sexes sont séparés) dont la maturité sexuelle intervient à l'âge de 1 an. Cependant, il arrive que certains individus soient hermaphrodites*. Les gamètes* mâles et femelles sont expulsés dans le milieu, la fécondation est donc externe. Au bout de 48 heures, les œufs vont donner des larves* véligères* qui vont mener une vie planctonique entre une semaine et demie et un mois. Après métamorphose*, elles se déposent sur le fond et mesurent alors 0,5 mm de longueur. La période de reproduction est très variable, en général une fois par an entre mai et septembre, mais dans certaines conditions climatiques, entre 2 à 4 périodes de frai ont été enregistrées en une seule année.

Vie associée

Les principaux prédateurs naturels de ces coquillages demeurent les oiseaux de rivage comme l'huîtrier pie ou le goéland argenté, les étoiles de mer et les crabes.

La palourde-poulette peut être infectée par des bactéries, virus, planaires et trématodes.

Divers biologie

La palourde-poulette s'enfouit dans le sédiment. Seuls ses siphons affleurent la surface de celui-ci. L'eau apportant la nourriture mais également l'oxygène est aspirée par un siphon et rejetée par un autre.

"Les siphons en extension peuvent atteindre la largeur de la coquille (voire plus), ils sont soudés sur à peu près la moitié de leur longueur puis divergent, l'exhalant est courbé vers l'arrière et l'inhalant vers l'avant. Les orifices des siphons sont teintés de brun, rouge, orange ou des flocons blancs et bordés de fins tentacules ciliés, ceux du siphon exhalant étant simples, et ceux du siphon inhalant disposés en une double rangée." (description originale de Jeffreys, 1863).

La durée de vie de ce bivalve est comprise entre 5 et 10 ans. Au delà de 8 ans, la mortalité devient importante et certainement liée à la sénilité.

Informations complémentaires

Dans certaines régions, ces coquillages sont ramassés par les pêcheurs à pied.

L'aquaculture de Venerupis corrugata (on parle de vénériculture) existe en France, Espagne, Portugal et Italie. Il faut entre 12 et 28 mois pour atteindre la taille commerciale. Des études ont été réalisées pour élever ces coquillages en aquaculture, dans les effluents issus de l'aquaculture des poissons.

Réglementation

La pêche de Venerupis corrugata est réglementée au niveau de l'Union Européenne par l'article 1 règlement 1298/2000 modifiant le règlement 850/94. La taille minimale de récolte est de 38 mm.

Pour la Méditerranée, le Règlement (CE) No 1967/2006 du Conseil du 21 décembre 2006 concernant des mesures de gestion pour l'exploitation durable des ressources halieutiques en Méditerranée et modifiant le règlement (CEE) no 2847/93 et abrogeant le règlement (CE) no 1626/94, limite les prises à une taille minimale de 25 mm pour toutes les espèces du genre Venerupis.

Origine des noms

Origine du nom français

Le mot palourde est apparu dans la langue française au XVIème siècle, il vient du latin "peloris" qui désigne un gros coquillage.

Poulette est la francisation du nom anglais de ce coquillage "pullers ou pullets" qui désigne une petite poule.

Origine du nom scientifique

Venerupis : nom de genre créé par Lamarck en 1818 avec la racine [vene] dérivée de "Venus", déesse grecque de la beauté, et du latin [rupes] = sol rocailleux, rocher.

corrugata : du latin [corrugata] = ridé.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Ordre Veneroida Vénéroïdes Coquille mince, allongée, dure et costulée, bâillante à une ou aux deux extrémités. Ligament à la fois interne et externe.
Famille Veneridae Vénéridés Coquille équivalve pour la plupart des espèces. De forme ronde, ovale ou encore oblongue. Ecusson distinct, présence de stries concentriques et parfois d’éléments rayonnants
Genre Venerupis
Espèce corrugata

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