Tétrodon à chaîne

Sphoeroides spengleri | (Bloch, 1785)

N° 1728

Atlantique tropical ouest

Clé d'identification

Chaîne de 11 à 14 points noirs du museau à la nageoire caudale
Deux bandes sombres à la base de la caudale et sur le bord extérieur

Noms

Autres noms communs français

Compère collier (FAO), Pelpete, boubou (Guadeloupe), Kiouf Kiouf (Martinique), poisson-globe à collier

Noms communs internationaux

Bandtail puffer (GB), Botete collarete, tamboril collarete, corrotucho mataperros (E), Baiacu-mirin (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Tetrodon spengleri Bloch, 1785

Distribution géographique

Atlantique tropical ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Le tétrodon à chaîne est présent le long des côtes du Massachussets (Etats-Unis) au nord jusqu'au sud de Rio de Janeiro (Brésil).

Biotope

Le tétrodon à chaîne affectionne les fonds sablonneux et les herbiers où il se confond avec son environnement. Il s'aventure parfois au voisinage des récifs coralliens. On le trouve le plus souvent entre 1 et 15 mètres de profondeur.

Description

Le tétrodon à chaîne a une taille qui varie généralement entre 10 et 15 cm. Son corps est de forme plus ou moins rectangulaire. Sa tête est légèrement écrasée et se termine par de fortes mâchoires garnies de deux dents chacune pour former un bec. Les narines sont bien visibles en dessous des yeux proéminents sur le museau court et émoussé.
Le dos est brun à vert, parsemé de taches sombres. Sur les flancs, une chaîne de 11 à 14 points noirs s'étend du museau à la nageoire caudale. Le ventre est blanc.
Les nageoires dorsale et anale sont situées très en arrière près de la nageoire caudale. Cette dernière porte deux bandes sombres à sa base et sur le bord extérieur qui est arrondi. Comme tous les tétrodons, ce poisson ne possède pas de nageoires pelviennes.
L'ouverture branchiale est réduite et est située près de la nageoire pectorale.
Enfin, la peau est dure, flexible, sans écaille et parsemée d'épines.

Espèces ressemblantes

La chaîne de points noirs sur les flancs permet de distinguer aisément Sphoeroides spengleri des autres tétrodons de la zone. Toutefois, il peut être confondu avec le tétrodon annelé (S. nephelus) qui vit aussi dans les baies abritées et dans les herbiers. Ce dernier a de larges points bruns sur le dessus de la tête et du corps ainsi qu'une série de points noirs de la pectorale à la queue.

Alimentation

Sa nourriture variée est composée de crustacés, de mollusques, d'échinodermes et de vers mais aussi d'herbes et d'algues. Ses dents puissantes lui permettent de briser aisément carapaces et coquilles.

Reproduction - Multiplication

Il y a peu d'informations sur la reproduction des tétrodons. En général, leurs œufs démersaux* sont déposés dans un nid ou adhèrent aux algues et aux cailloux. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel.

Vie associée

Le poisson-ange français (Pomacanthus paru), au stade juvénile, est un nettoyeur de ce tétrodon.

Divers biologie

Les tétrodons possèdent un mode de locomotion particulier qui leur confère une maniabilité maximale dans un espace restreint. En effet, leur nage lente est produite par un mouvement alternatif "en godille" des nageoires dorsale et anale qui assurent la propulsion mais aussi la marche arrière ainsi que des rotations complètes sur place. En cas de fuite rapide, c'est alors la nageoire caudale qui est sollicitée.

Informations complémentaires

La toxicité du tétrodon à chaîne est démontrée malgré sa petite taille.
En effet, les tétrodons, comme la plupart des Tetraodontidés, contiennent une toxine (tétrodotoxine), résistante à la cuisson, dans leur peau, leurs viscères et leurs gonades. Les muscles n'en contiennent pas. Cette toxine provient de bactéries ingérées dans leur alimentation et qui s'accumuleraient dans leurs tissus.
La tétrodotoxine agit en bloquant le système nerveux, entraînant progressivement une paralysie, pouvant mener à la mort par défaillance respiratoire.
Les Japonais apprécient beaucoup les poissons de cette famille, sous la dénomination fugu. Il faut être un cuisinier japonais diplômé d'Etat pour savoir en préparer et servir la chair sans danger. Entre 20 et 100 personnes décèderaient suite à la consommation de fugu chaque année. Cette toxine serait également utilisée en Haïti lors de rites vaudous.

En plus de leur toxicité, les tétrodons disposent d'un autre mécanisme de défense, qui consiste à se gonfler d'eau comme un ballon, pour augmenter leur volume. Ils avalent alors du liquide et en remplissent une annexe de leur estomac qui est extensible, de même que leur peau. L'absence de côtes et une colonne vertébrale très souple facilitent aussi cette opération. Une membrane se repliant derrière les dents empêche le reflux. Une fois gonflé, il est très difficile pour un prédateur (Lutjanus analis, Coryphaena hippurus, ...) d'avaler un tétrodon qui, de plus, apparaît beaucoup plus impressionnant. Cependant, pendant cette phase, ce poisson ne peut pratiquement plus nager ni se diriger. Toutefois, le gonflement est si subit que l'agresseur prend en général la fuite. L'alerte passée, l'eau peut être régurgitée de façon quasi instantanée.

Les tétrodons sont également appelés poissons-globes ou poissons-ballons.

Origine des noms

Origine du nom français

Tétrodon : fait référence à son ancien nom de genre qui signifie quatre dents en grec. Ses dents sont en effet soudées en quatre parties,
à chaîne : à cause des points noirs qui forment une chaîne le long de ses flancs.

Origine du nom scientifique

Sphoeroides : du grec [sphaira] = sphère et [-oides] = en forme de, du fait de sa forme notamment quand il est gonflé d'eau ou d'air,
spengleri : du patronyme Spengler. Boch qui a décrit ce poisson lui a donné ce nom en l'honneur du naturaliste Lorenz Spengler (1720-1807) qui lui a envoyé un individu pour étude.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Tetraodontiformes Tétraodontiformes Groupe hétérogène mais absence d'écailles imbriquées, ouvertures branchiales réduites, bouche très peu fendue, pelviennes anormales ou absentes.
Sous-ordre Tetraodontoidei Tétraodontoïdes Mâchoires et dents transformées en "bec de perroquet".
Famille Tetraodontidae Tétraodontidés Environ 120 espèces. Deux sous-familles : les tétraodontinés (Arothron, Tetraodon, Chelonodon,...) et canthigastérinés (un seul genre, Canthicaster)
Genre Sphoeroides
Espèce spengleri

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