Polysiphonie allongée

Polysiphonia elongata | (Hudson) Sprengel

N° 2637

Manche, Atlantique Est, Méditerranée, Atlantique Nord-Ouest

Clé d'identification

Touffes de fins filaments cylindriques
Fixation discoïde
Couleur rouge vif à rouge-brun
Consistance molle et cotonneuse

Noms

Noms communs internationaux

Lobster horns, elongate siphon weed (GB), Langfädriger Röhrentang (D), Stijf buiswier (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Conferva elongata Hudson
Hutchinsia elongata (Hudson) C.Agardh
Boryna elongata (Hudson) Bory de Saint-Vincent
Rhodomela elongata (Hudson) Fries

On notera qu’un grand nombre de variétés et de formes (environ une cinquantaine) ont été attribuées à cette espèce. Elles sont toutes regroupées maintenant sous le nom de Polysiphonia elongata.

Distribution géographique

Manche, Atlantique Est, Méditerranée, Atlantique Nord-Ouest

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Polysiphonia elongata a une large répartition géographique. En Europe, elle est présente de la mer du Nord (Suède) jusqu’aux côtes sud du Portugal ainsi que dans toute la Méditerranée. En Atlantique Nord-Ouest on l’observe du nord des Etats-Unis jusqu’aux Bermudes et en Afrique du Maroc à l’Angola ainsi que dans les archipels de Macaronésie (Canaries, Madère, Açores).

Biotope

Polysiphonia elongata vit dans l’étage médiolittoral* et infralittoral* dans des sites bien éclairés (espèce photophile*) de mode calme jusqu’à une trentaine de mètres de profondeur. Elle vit fixée sur les rochers, les fonds de galets ou de cailloutis ou en épiphyte* sur d’autres algues.

Description


Le thalle* de cette algue rouge forme des touffes de fins filaments cylindriques de 0,7 à 2,4 mm de diamètre et de 20 à 30 cm de hauteur. Sa couleur, rouge vif lorsqu’elle est jeune, devient rouge-brun foncé à l’âge adulte. Sa consistance est molle et cotonneuse.
Elle est fixée au substrat* par un petit disque d’où partent les rameaux. Ces derniers sont dichotomes et disposés de façon alterne.
Cette espèce pérennante varie d’aspect tout au long de l’année. En automne et en hiver seuls persistent les axes principaux sans les fins filaments latéraux. Au printemps de nouveaux rameaux fusiformes apparaissent. L’observation de la coupe transversale du thalle montre un axe entouré de 4 cellules péricentrales très grosses et d’un cortex* caractéristiques de cette espèce. L’épaisseur du cortex augmente avec l’âge du thalle.
Dans la partie apicale* des filaments, on note la présence de poils transparents fins ramifiés, les trichoblastes*.

Espèces ressemblantes

De nombreuses espèces du genre Polysiphonia existent, on en a recensé près de 200. Il s’avère donc indispensable d’étudier les différents individus au microscope afin de les différencier.

On peut cependant citer :
Vertebrata lanosa
: cette espèce vit exclusivement en épiphyte des algues brunes : Acophyllum nodosum et Fucus spp. Elle est également plus petite (8 cm maximum) et de couleur nettement plus foncée.

Rhodomela confervoides
: une simple observation à la loupe à main permettra de vérifier que ses rameaux ne possèdent pas d’articulations comme P. elongata.

Gracilaria gracilis
: sa ramification est irrégulière.

Cystoclonium purpureum : l’axe central est bien visible et on observe la présence de vrilles caractéristiques en « queue de cochon ». En coupe transversale on note la présence d’une moelle cellulaire et l’absence de cellules péricentrales.

Alimentation

Végétal autotrophe*, cette algue synthétise sa matière organique à partir de minéraux, du CO2 et de lumière. La diversité pigmentaire des algues rouges, pigments verts, bruns et rouges lui permet d’effectuer les réactions photosynthètiques*.

Reproduction - Multiplication

Les gamétophytes* et tétrasporophytes* sont semblables. Le cycle de vie est donc isomorphe* avec alternance de générations entre individus haploïdes* et diploïdes*. Cette espèce sexuée dioïque* porte des cystocarpes* ovoïdes. On pourra observer à la loupe binoculaire des manchons d’anthéridies* qui forment, à l’extrémité des rameaux, de petits pompons blanchâtres. Les tétrasporocystes* sont regroupés dans de courts ramules spécialisés.

Informations complémentaires

En cosmétologie, on a développé à partir du cytoplasme* de Polysiphonia elongata des substances qui vont participer au maintien de l’élasticité, de la souplesse et de l’hydratation de la peau.

La difficulté de séparer les différentes espèces du genre Polysiphonia sur des bases exclusivement anatomiques et morphologiques a engendré des recherches sur la signature ADN pour aboutir à un outil, le DNA barcoding, en relation avec la taxinomie moléculaire. Ces études récentes ont permis de mettre en évidence de nouveaux genres : Neosiphonia, Boergesiniella, Vertebrata et ainsi de faire évoluer la systématique de la tribu des Polysiphonieae.

Origine des noms

Origine du nom français

Polysiphonie : traduction littérale de son nom scientifique.
allongée : en référence à la forme des rameaux de l’algue.

Origine du nom scientifique

Polysiphonia : du grec [polu] = beaucoup, plusieurs et [siphôn] = tube creux, siphon.
elongata : du latin [elongare] = allongé, étendu.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Rhodobionta / Rhodophyta Rhodobiontes Algues rouges, pour la plupart marines.
Sous-embranchement Eurhodophytina
Classe Florideophyceae Floridéophycées

Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames.

Sous-classe Rhodymeniophycidae Rhodyméniophycidées
Ordre Ceramiales Céramiales Structure toujours uniaxiale.
Famille Rhodomelaceae Rhodomelacées
Genre Polysiphonia
Espèce elongata

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