Etoile-coussin réticulée

Oreaster reticulatus | (Linnaeus, 1758)

N° 1723

Mer des Caraïbes, golfe du Mexique, Atlantique tropical Ouest, Cap Vert, Afrique de l’Ouest

Clé d'identification

Grande étoile de mer rigide
5 bras trapus et épais en symétrie radiale
Couverte d’épines arrondies
Couleurs variées : orange, rouge, jaune, marron
Les variations de couleur dessinent un motif en réseau

Noms

Autres noms communs français

Etoile de mer des Caraïbes

Noms communs internationaux

Cushioned star, cushion sea star, West Indian sea star (GB), Stella marina cariabica (I), Estrella cojín (E), Genetzte Kissenstern (D), Estrela-do-mar Almofadada, Estrela-almofada-vermelha (P), Kussen zeester, caribische zeester (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Asterias gigas Linnaeus, 1753
Asterias reticulata Linnaeus, 1758
Pentaceros reticulatus Gray, 1840
Oreaster bermudensis H.L. Clark, 1942

Distribution géographique

Mer des Caraïbes, golfe du Mexique, Atlantique tropical Ouest, Cap Vert, Afrique de l’Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

O. reticulatus est largement répartie sur l’ensemble de la bordure ouest de l’océan Atlantique, de la Caroline du Nord au Brésil (zone intertropicale), aux Bahamas, dans les îles du Cap Vert et sur les côtes d’Afrique de l’Ouest.

Biotope

O. reticulatus se trouve généralement sur les fonds de sable grossiers ou dans des herbiers de phanérogames (Thalassia testudinum, Halodule wrightii, Syringodium filiforme) de zones calmes (lagons) de 1 à 40 m de profondeur et dans une eau à température comprise en moyenne entre 22 et 27 °C. On en trouve très peu directement sur les coraux.
Les juvéniles affectionnent les herbiers denses ou la boue des mangroves qui leur procurent des habitats protégés. On les trouve également sur les zones de sable fin.

Description

Oreaster reticulatus est une grande étoile de mer rigide d'un diamètre moyen de 26 cm avec des individus pouvant atteindre 50 cm. Elle présente un disque central entouré de 5 branches ou bras trapus et épais (on en trouve parfois 4, 6 ou plus) en symétrie radiale. Elle est couverte d’épines arrondies, appelées aussi osselets, et ses plaques épidermiques forment des motifs variant d’un individu à l’autre. Sur la face ventrale, chacun des bras présente un sillon profond ou gouttière ambulacraire* qui court de l’extrémité du bras jusqu’au centre du disque, où se trouve la bouche de l’étoile de mer. Cette gouttière est bordée de « dents » qui ne sont rien d’autre que les épines assurant la protection des "pieds" de l’animal. Ces petits pieds ou ambulacraires sont de petites tiges flexibles munies d’une ventouse en leur extrémité sortant de la gouttière.
Sa couleur est variable et couvre diverses nuances d'orange, rouge, jaune, marron, parfois proche du blanc (jaune très clair), du noir (rouge très sombre) ou du vert olive. Un motif en forme de filet est dessiné sur la face dorsale (origine de son nom reticulatus).
Au bout de chaque bras se trouve un ocelle*, organe visuel rudimentaire, ce qui fait que l’animal a constamment l’extrémité de ses bras courbée vers le haut (vers la lumière).

Espèces ressemblantes

Pas d’espèces ressemblantes connues dans la zone.

Pas de confusion possible avec O. clavatus (Müller & Troschel, 1842), appelée communément « étoile de mer à boutons » que l’on trouve dans l’océan Atlantique Est, sur la côte Africaine intertropicale, au Cap Vert, aux Canaries et à Madère et qui présente une surface plus lisse ornée de « boutons » sombres sur les arêtes des bras, jamais de motif en réseau.

Alimentation

O. reticulatus est une espèce globalement omnivore se nourrissant de micro-organismes épiphytes* tels que des algues filamenteuses ou des diatomées*, de petits débris d’oursins, de concombres de mer juvéniles, de larves* de crustacés, de vers polychètes, d'autres étoiles, etc. Dans certaines zones comme le Panama, elle se nourrit presque exclusivement d’éponges (Wulff, 1995) si celles-ci se retrouvent dans l’habitat d'O. reticulatus (après le passage d’une tempête par exemple).

Pour manger elle se place au-dessus de sa proie qui se trouve recouverte par son estomac dévaginé. La digestion est donc extérieure, grâce au suc digestif sécrété par l’estomac et ses caecums gastriques (expansions de l’estomac s’étendant dans les 5 bras de l’étoile). Cette digestion peut durer une dizaine d’heures, tout ce temps avec l’estomac à l’extérieur ! Une fois la digestion terminée, l’estomac est réinvaginé grâce aux muscles rétracteurs reliant la paroi de l’estomac aux plaques ambulacraires.

Reproduction - Multiplication

La reproduction des étoiles-coussins a lieu lors de grands rassemblements d’individus. La fécondation est externe, les mâles libérant des spermatozoïdes* qui vont aller féconder les gamètes* des femelles également lâchés dans la mer. Dans les zones subtropicales, elle a lieu de juillet à octobre (pour l’hémisphère nord) mais peut avoir lieu à tout moment de l’année dans les zones où la température de l’eau reste chaude toute l’année. Une fois fécondés, les œufs sont portés et déposés çà et là au gré du courant. A une température idéale de 23 °C, les larves mangeuses de plancton* finissent leur développement en 23 jours et commencent à se déplacer à la recherche d’un substrat* idéal pour entamer leur métamorphose finale qui leur permettra d’intégrer une colonie d’individus adultes. A noter que les parents ne s’occupent pas des juvéniles.

Il n’y a pas de cas répertorié de reproduction asexuée par scissiparité* (division de l’animal en parties plus ou moins égales ayant la capacité de se compléter ensuite) ou autotomie* (un bras se détache du disque central et reproduit ensuite tout seul l’étoile complète) chez O. reticulatus.

Divers biologie

O. reticulatus adulte n’a qu’un prédateur connu : le triton dentelé Charonia variegata.

Les juvéniles sont de plus vulnérables aux poissons (Balistes, coffres) et aux autres échinodermes, mais la couleur à dominante verte leur assure un bon camouflage.

Les adultes sont actifs surtout au lever et au coucher du soleil, ce qui leur permet d’être en décalage par rapport à la période d’activité de bon nombre de prédateurs.

Informations complémentaires

Un cas particulier de disparition brutale des O. reticulatus a été documenté aux Bocas del Toro au Panama (côté Caraïbes) : en quelques années les milliers d’étoiles de mer qui se trouvaient dans une baie ont disparu, fait directement imputé au développement massif du tourisme dans cette zone.

Réglementation

Bien que non répertoriée comme espèce en danger, les effectifs ont sérieusement diminué dans certaines régions du fait d’une pêche à destination du commerce touristique et aquariophile. Ce type de pêche n’est pas connu dans les Antilles françaises.
En Floride, il est interdit de les récolter.

Origine des noms

Origine du nom français

"Etoile-coussin" fait référence au coussin auquel elle ressemble par son aspect général et son épaisseur.

"Réticulée" , pour la distinguer des autres étoiles-coussins.

Origine du nom scientifique

Oreaster : du grec [aster] = étoile et [oraô] = voir, percevoir ?

reticulatus (latin) = signifie réticulé, décoré d'un motif en réseau.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes.
Classe Asteroidea Astérides Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer.
Ordre Valvatida Valvatides Etoiles de mer à 5 bras arrondis et souples. Papules* respiratoires réparties sur la face dorsale.
Sous-ordre Granulosina Granulosines
Famille Oreasteridae Oréastéridés
Genre Oreaster
Espèce reticulatus

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