Tarpon

Megalops atlanticus | Valenciennes, 1847

N° 2393

Atlantique tropical

Clé d'identification

Allure robuste et fusiforme
Corps (tête exceptée) couvert de grosses écailles très réfléchissantes
Profil prognathe et menton proéminent
Dorsale se terminant par un filament vers l'arrière
Grande caudale fourchue et homocerque

Noms

Autres noms communs français

Palika (Guyane), grand'écailles (Martinique, Guadeloupe), roi d'argent

Noms communs internationaux

Tarpon, silver king (GB), Sabalo (E), Tarpone (I), Camarupi, peixe-prata (P), Silberfisch (D), Tarpoen (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Megalops giganteus (Shaw, 1804)
Tarpon atlanticus (Valenciennes, 1847)
Megalops elongatus Girard, 1859

Distribution géographique

Atlantique tropical

Zones DORIS : Caraïbes, Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Le tarpon vit le long des côtes tropicales de l'océan Atlantique. A l'ouest, côté américain, il est présent depuis les côtes de Viriginie jusqu'au sud du Brésil, en incluant la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique. A l'est, côté africain, sa répartition s'étend du Maroc à l'Angola.
De rares observations ont été relevées le long des côtes des Açores, du Portugal et du sud de la France.

Biotope

Le tarpon peut supporter des qualités d'eau très diverses. En effet, il est euryhalin*, c'est-à-dire qu'il accepte très bien de grands écarts de salinité (ou de pH), capacité pouvant aller jusqu'à vivre en eaux douces ou saumâtres. Il peut, dans les eaux épaisses des estuaires tropicaux, très pauvres en oxygène, fermer ses ouïes et respirer l'air atmosphérique par un "poumon" primitif, via sa vessie natatoire. Il peut ainsi remonter les cours d'eau, jusque dans des lagunes ou des mangroves où, particulièrement, les juvéniles se développent à l'abri des prédateurs.
Adulte, il rejoint la mer qui constitue son milieu habituel, où il vit en groupe, à faible profondeur (de la surface à 30 m).
Le facteur principal limitant son implantation semble être la température de l'eau. Le tarpon vit préférentiellement dans des eaux de 22 à 28 °C ; au-dessous de 15 °C, il devient indolent ; les eaux froides lui sont fatales.
Il reste assez passif durant la journée, si possible à l'abri d'un récif, dans une grotte ou une épave, pour remonter chasser à faible profondeur pendant la nuit.

Description

Le tarpon de l'Atlantique est un assez grand poisson (1 à 2,5 m de longueur, pour un poids pouvant atteindre 100 kg), à l'allure à la fois robuste et fusiforme.
Son corps est recouvert de grosses écailles qui ont la particularité d'être très réfléchissantes et donnent au poisson une apparence métallique. Sa mâchoire inférieure est très proéminente, ce qui lui donne l'allure prognathe* d'un fossile du mésozoïque. Sa bouche s'ouvre vers le haut et sa mâchoire supérieure est constituée de grandes plaques osseuses (comme une lèvre plate) dotées de petites dents.
Doté de nageoires de grande taille, le tarpon est un très bon nageur et chasseur. La nageoire caudale, fourchue et homocerque*, est grande et puissante. La nageoire dorsale est particulière puisque le dernier rayon, à l'arrière, se termine en fuseau filamenteux pouvant s'étendre jusqu'à la caudale.

Espèces ressemblantes

La silhouette générale du tarpon est très caractéristique. Aussi, il n'y a pas vraiment d'espèces avec qui il pourrait être confondu.

Alimentation

Adulte, le tarpon est un prédateur carnivore qui se nourrit de petits poissons (sardines, anchois), de mollusques et de petits crustacés (crabes) qu'il peut broyer grâce à sa mandibule osseuse.
Juvénile, il n'avale que des insectes et des petits crustacés ou petits poissons, alors qu'au stade larvaire*, il se nourrit essentiellement de zooplancton*.

Reproduction - Multiplication

La femelle atteint sa maturité sexuelle lorsque sa longueur approche 1 m, soit vers 3 ans. Elle pond plusieurs millions d'ovules ( jusqu'à 10 à 12 millions en une ponte), généralement vers le début de l'été.
La fécondation a lieu en pleine eau.
Une fois éclos, les œufs donnent des larves leptocéphales* (stade 1), transparentes, qui se développent en pleine mer, près de la surface. Au deuxième stade de développement, la larve se rapproche des côtes et peut même remonter des cours d'eau vers des aires protectrices (marécage, mangrove, ...). Au troisième stade, elle retourne à l'océan et entame alors une croissance rapide vers sa taille adulte.
Il peut arriver que certains individus restent en eau douce.

Vie associée

Il n'est pas rare de rencontrer des tarpons accompagnés de rémoras.

Divers biologie

La principale particularité du tarpon vient de sa vessie natatoire reliée à l'œsophage via un conduit vestigial*, la vessie constituant alors une sorte de poumon primitif. Cette particularité permet au tarpon, lorsqu'il se trouve en eaux très chargées et pauvres en oxygène, de monter en surface "gober" de l'air qu'il peut ingérer et faire passer dans sa vessie natatoire, de façon à l'alimenter en air frais. La vessie, parcourue de vaisseaux capillaires, est alors capable d'exploiter l'oxygène absorbé pour alimenter le métabolisme du tarpon.

La composition des nageoires est de 13 à 16 rayons mous pour la dorsale et de 22 à 25 rayons mous pour l'anale.

Les yeux de ce poisson sont dotés de paupières transparentes.

Informations complémentaires

Le tarpon a peu de prédateurs : les seuls animaux marins dont il peut avoir à se méfier sont les requins et, en Floride, les alligators. Il s'en défend en sautant, parfois très haut (jusqu'à 3 m), hors de l'eau.

L'homme constitue un autre de ses prédateurs, le tarpon étant malheureusement très apprécié, dans le cadre de la pêche sportive, du fait de sa combativité. Sa chair est peu appréciée et il est souvent remis à l'eau. Certains pays d'Amérique du Sud, toutefois, le pêchent et le commercialisent.

Dans certaines régions, il est connu comme vecteur de ciguatera*.

La famille ne comprend qu'un genre et deux espèces.

Réglementation

Depuis 2011, le tarpon est classé "VU" dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé "vulnérable" car sa population est en baisse régulière.

Origine des noms

Origine du nom français

Tarpon : ce nom est emprunté à l’anglais "tarpon", qui désigne les poissons du genre Megalops, créé par Lacépède en 1803. L’origine du mot anglais est incertaine, mais on le soupçonne d’avoir été adapté du néerlandais "tarpoen", appliqué aux deux espèces du genre. Le nom néerlandais est lui-même d’origine obscure.

Origine du nom scientifique

Megalops : du grec [mega] = gros, grand et [ops] = apparence ;
atlanticus : relatif à la distribution de cette espèce.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Elopiformes Elopiformes

Groupe archaïque de poissons osseux proche des anguilliformes. Ce sont des poissons côtiers qui peuvent fréquenter les eaux saumâtres et les eaux douces. Ils se nourrissent d’autres poissons. Les larves pélagiques sont en forme de ruban et translucides de type leptocéphales comme celles des anguilles. Les élopiformes sont connus depuis 135 Millions d’années (fin du jurassique). Les fossiles ressemblent aux formes actuelles.

Famille Megalopidae Megalopidés
Genre Megalops
Espèce atlanticus

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