Hydraire buisson ardent

Macrorhynchia philippina | Kirchenpauer, 1872

N° 1761

Mers tropicales et subtropicales

Clé d'identification

Colonies ramifiées à aspect buissonnant
Coloration irisée

Noms

Noms communs internationaux

Stinging bush hydroid, white stinger (GB), Hidroidea arbusto urticante (S), Buschige Hydroide (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Aglaophenia philippina (Kirchenpauer, 1872)



Cette même espèce a été rattachée au genre Lytocarpus par plusieurs auteurs.

Distribution géographique

Mers tropicales et subtropicales

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes

On a identifié cette espèce dans l’océan Indien, en mer Rouge, océan Pacifique Est et Ouest, océan Atlantique Est et Ouest, et jusqu'en Méditerranée.

Biotope

Cet hydraire se trouve dans les zones coralliennes, en eau claire, de préférence dans les zones balayées par le courant (il ne tolère pas l’eau stagnante des fonds de baie).
Il semble indifférent à l’éclairement et pousse aussi bien en plein soleil que sous les surplombs et entrées de grottes.

Description

Taille des colonies : de 5 à plus de 20 cm en hauteur et autant en largeur.
Un réseau de stolons* fixe la colonie au substrat*.
Chaque plume est légèrement recourbée et pendante à son extrémité. La tige principale ou hydrocaule*, de couleur brunâtre, porte des ramifications irrégulières qui naissent à angle droit par rapport à l'axe de la plume. Les branches peuvent se ramifier à leur tour, ce qui donne un aspect buissonnant aux colonies.



La tige et chacune de ses ramifications, sauf sur une courte portion basale, supportent sur toute leur longueur deux rangées alternes d'hydroclades* : fins rameaux régulièrement espacés évoquant les barbules d'une plume. Les hydroclades sont de taille sensiblement égale (environ 5 mm) sur toute la longueur de la tige ou des branches.



Les polypes ou hydranthes* alignés sur les hydroclades sont brillants et reflètent la lumière en donnant une coloration irisée, d'un blanc bleuté, très facile à repérer en plongée.

Alimentation

Ces hydraires se nourrissent du plancton capturé dans le courant par les tentacules* des polypes : petits crustacés, larves*, œufs.

Reproduction - Multiplication

Les colonies sont hermaphrodites*.
Les structures reproductrices, appelées gonanges*, sont en forme de lentilles et se trouvent sur des rameaux spéciaux modifiés : les phylactocarpes*. Ces phylactocarpes portent vers leur base un ou plusieurs gonophores*, mâles et femelles, tandis que leur extrémité est occupée par une succession de segments portant des polypes défensifs (nématophores*). L'extrémité "armée" se recourbe en crosse, comme une pousse de fougère, et protège les gonophores.



La libération de médusoïdes* mâles et femelles a été observée sur des spécimens récoltés en août à Madagascar. Ces médusoïdes nagent activement pendant environ 2 heures et disséminent leurs gamètes en se contractant rythmiquement.
Après la fécondation les œufs se développent en 24 heures pour donner une larve planula*. Celle-ci peut nager ou ramper au fond et donnera naissance à une nouvelle colonie si elle trouve un substrat favorable.

Vie associée

Malgré les défenses dont ils sont dotés, il y a presque toujours un prédateur capable de s'attaquer spécifiquement à chaque Hydrozoaire. Macrorhynchia philippina est connue pour être la nourriture favorite d'un nudibranche : Lomanotus vermiformis, très difficile à repérer parmi les rameaux urticants.
Très difficiles à repérer également, une ou plusieurs espèces de caprelles minuscules et transparentes peuvent se cacher parmi les rameaux.

Divers biologie

Certains détails du squelette sont visibles seulement avec une bonne loupe ou au microscope.
Les hydrothèques sont alignées sur une seule rangée, sur la face de l'hydroclade exposée au courant. Elles ne sont pas pédonculées mais s'insèrent directement sur l’hydroclade.
A chaque hydrothèque sont associées deux nématothèques* latérales, et une troisième en position médiane inférieure.

Informations complémentaires

C’est un des hydraires réellement urticants, dont il vaut mieux éviter le contact.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom de buisson ardent décrit à la fois son aspect branchu et son contact urticant.

Origine du nom scientifique

Macrorhynchia : du grec [macro-] = grand ; et [rhyncho-] = groin, bec. Hydraire à bec d'oiseau, donc, à cause des nématothèques* saillantes qui pointent sous chacune des hydrothèques*.



philippina : des Philippines (Manille), d'où l'espèce a été décrite.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Sous-classe Hydroidolina Hydroïdes Hydrozoaires dont le cycle de vie présente toujours une phase polype.
Ordre Leptothecata / Leptomedusa Leptothécates / Leptoméduses Hydroïdes coloniaux dont les polypes sont protégés par une enveloppe chitineuse, la thèque. Méduses (quand elles existent) aplaties, parfois de grande taille, portant des statocystes sur le bord de l’ombrelle, et des gonades sur les canaux radiaires.
Famille Aglaopheniidae Aglaophéniidés
Genre Macrorhynchia
Espèce philippina

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