Goéland marin

Larus marinus | (Linnaeus, 1758)

N° 2728

Atlantique Nord-Est et Nord-Ouest, Manche, mer du Nord

Clé d'identification

Pattes rose chair
Tête, poitrine, ventre et queue blancs
Dos noir
Ailes noires avec un peu de blanc à l'extrémité des grandes plumes
Bec jaune orangé, massif, recourbé vers le bas, tache rouge sur la mandibule

Noms

Autres noms communs français

Goéland à manteau noir

Noms communs internationaux

Great black-backed gull (GB), Mugnaiaccio (I), Gavion atlantico (E), Mantelmöwe (D), Alcatraz-comum (P)

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et Nord-Ouest, Manche, mer du Nord

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Atlantique Nord-Est : côtes nord des Etats-Unis, du Canada et du Groenland ; Atlantique Nord-Ouest : toutes les côtes d'Europe, de l'ouest des côtes de la Scandinavie, Spitzberg jusqu'à la Bretagne et l'embouchure de la Loire, ainsi que toutes les îles de l'Atlantique Nord. En hiver, lors des migrations des populations nordiques, le goéland marin peut descendre jusqu'aux côtes espagnoles.

Biotope

C'est une espèce qui ne s'aventure jamais loin des rivages. Son statut de prédateur dominant lui impose de choisir un lieu de nidification en rapport avec sa condition : un gros rocher ou un promontoire surplombant l'environnement, bien abrité des courants dominants, sur la côte ou sur des rochers peu éloignés de celle-ci. En période nuptiale, le goéland marin fréquente volontiers les décharges, les lacs côtiers ou les bassins.

Description

Ce grand oiseau de la famille des Laridés peut mesurer jusqu'à 75 cm de longueur et son envergure, ailes déployées, peut atteindre 150 à 170 cm. Son poids varie entre 1,15 et 2,15 kg.
Ses caractéristiques, faciles à observer, permettent de le reconnaître sans problème. Les pattes rose chair sont largement palmées. La tête, la poitrine, le ventre et la queue sont blancs, alors que le dos est pratiquement noir ou gris anthracite. Les ailes sont également gris foncé à noires avec un peu de blanc aux extrémités des grandes plumes. Le bec massif, pointu, recourbé vers le bas, est assez dur pour assommer une proie de la taille d'un lapin. Son extrémité est jaune orangé et il présente une tache rouge sur la mandibule. L'œil est jaune avec un cercle oculaire rouge. En général, les mâles sont légèrement plus grands que les femelles. Pour le reste, ils sont similaires.
Les juvéniles ont une coloration particulière : la tête, la poitrine, le ventre et la queue sont gris-blanc, mais parsemés de petites taches brunes. Leur queue porte une bande noire mal définie à son extrémité. Leurs ailes sont de couleur gris-brun, tachetées de points blancs qui disparaîtront à l'âge adulte en même temps que les ailes prendront leur couleur noire définitive.
Il a un vol puissant et relativement lent, lui conférant ainsi une certaine majesté.

Espèces ressemblantes

Le goéland marin se confond principalement avec le goéland brun ; pour les distinguer, il faut observer la couleur des pattes et la couleur du dos et des ailes.
Larus fuscus : le goéland brun est un peu plus petit et moins trapu, maximum 55 cm et partage la même aire de répartition que le goéland marin. Bec moins massif et pattes jaunes, tache rouge sur la mandibule, ailes et dos gris anthracite.
Larus argentatus : le goéland argenté est de la même taille que le goéland brun et partage aussi la même aire de répartition. Bec jaune avec une tache rouge sur la mandibule, pattes rose chair, dos et ailes gris argenté, d'où son nom.
Larus michahellis : le goéland leucophée, un peu plus petit, maximum 60 cm, présent sur toutes les côtes françaises, y compris la Méditerranée. Le goéland leucophée était considéré jusqu'au début des années 1980 comme une sous-espèce du goéland argenté, mais avec des pattes roses.
Larus canus : le goéland cendré est beaucoup plus petit, pas plus de 40 cm, vit plus dans l'intérieur des terres, bec et pattes jaunes.
Larus audouini : le goéland d'Audouin, plus petit, maximum 52 cm, un peu plus pâle que le goéland argenté, bec rouge et pattes gris foncé. Il niche uniquement en Corse.

Alimentation

C'est un prédateur opportuniste et insatiable, qui se nourrit de tout ce qu'il peut trouver : oiseaux (puffins, macareux, océanites), œufs, oisillons, invertébrés marins, crustacés, poissons vivants ou morts, insectes, petits mammifères, charognes. Le goéland marin ne craint pas de s'attaquer à des proies plus grosses que lui, comme à des hérons cendrés ou des canards. Seul le grand cormoran Phalacrocorax carbo, dont le bec est redoutable, peut rivaliser avec lui.
Ses techniques de chasse sont diverses et variées : il tue le puffin au sol, il saisit en plein vol les jeunes macareux, mais aussi d'autres gros oiseaux, comme de jeunes cormorans et goélands argentés et bruns, qu'il finit par noyer. Il ravage les sites de nidification des autres espèces. En dehors de la période de nidification, il compose son ordinaire de cadavres d'animaux qu'il trouve sur les plages. On le rencontre aussi dans les décharges publiques. Il est capable de voler vers le large sur plusieurs dizaines de kilomètres en quête de nourriture. En mer, il suit les bateaux de pêche pour attraper les poissons rejetés par dessus bord. Il peut aussi attraper dans les dunes littorales des petits lapins, rats et souris, si l'occasion se présente.

Reproduction - Multiplication

La période de reproduction se situe entre avril et mai. Il niche en colonie avec les goélands argentés et les goélands bruns, ce qui lui permet de nourrir ses propres poussins à moindre frais avec les poussins des autres espèces. Lorsque vous vous promenez, il est important de ne pas s'approcher des petits, qui dans la panique, peuvent être séparés de leurs parents et devenir ainsi la proie des autres espèces, voire même de leurs propres congénères.
Le goéland marin est monogame. Le couple revient toujours nicher au même endroit que le premier nid. Le nid est construit par le couple et se situe sur le sol, dans une dépression abritée du vent ou sur la corniche d'une falaise. Il est en général très gros et composé en partie d'algues sèches et de divers végétaux, tels que de l'herbe ou des brindilles. En avril, la femelle y dépose ses œufs, dont la longueur peut atteindre 77 mm. Les œufs (souvent 3) sont de couleur vert olive ou brun clair tachetés de brun foncé. Le mâle et la femelle couvent alternativement pendant 27 à 29 jours. Les petits restent au nid sous la protection des parents et ne prennent leur envol qu'au bout de 7 à 8 semaines. La tache rouge sur le bec des adultes sert au poussin à localiser l'endroit où il doit taper, de façon instinctive, avec son bec pour que le parent régurgite la nourriture absorbée. Les juvéniles deviennent matures vers 4 ans puis revêtent leur livrée d'adulte. En dehors de la période de nidification, cet oiseau vit plutôt isolé.
Les petits des goélands argentés, bruns et marins se ressemblent beaucoup. On peut les discerner grâce aux taches foncées plus nettes et une taille plus importante, mais aussi grâce à la présence de l'adulte.

Vie associée

Le goéland marin, moins colonial que ses cousins, vit souvent mélangé parmi d'autres colonies de goélands, mais il ne s'agit pas d'une association.

Divers biologie

Cet oiseau, d'origine nordique, apparaît sur les côtes françaises dans les années 1930. En Bretagne et en Normandie, on a recensé en 1998 environ 4 000 couples de goélands marins, soit la quasi totalité des nicheurs français. Il est donc beaucoup moins commun que le goéland argenté et le goéland brun. Toujours en 1998, on a recensé en Bretagne seule environ 3 000 goélands marins contre 21 000 goélands bruns et 45 000 goélands argentés. La Norvège concentre un bon tiers de la population mondiale, d'environ 180 000 couples.

Entre juillet et novembre, les mouvements migratoires sont très variés. Les populations les plus nordiques migrent jusqu'en Bretagne ou dans l'estuaire de la Loire, voire jusqu'aux côtes espagnoles. Larus marinus est donc observable sur la façade atlantique durant l'hiver. Les populations des côtes françaises, quant à elles, restent pratiquement sur place, notamment dans les îles du Finistère (Ouessant, Molène et Glénan). La migration sud-nord s'effectue en mars avril où les populations regagnent leur zone de nidification originelle. Néanmoins, le goéland marin est relativement sédentaire, car il passe son existence dans un rayon de 100 km autour de son lieu de naissance.

Bien qu'étant protégée, l'espèce ne semble pas être menacée et est même plutôt en augmentation.

Sur l'île de Molène, en 1997, quelques goélands marins sont à l'origine de la destruction d'une colonie de sternes et ont capturé quelques centaines d'océanites-tempête Hydrobates pelagicus durant les années 2000. On observe aussi la disparition des colonies de goélands argentés et bruns sur certains îlots suite au développement des colonies de goélands marins.

C'est un oiseau au comportement grégaire, qui supporte facilement les autres goélands quand l'alimentation est importante, comme dans les estuaires, les ports ou les décharges publiques.

La durée de vie du goéland marin est estimée à 20 ans.

Comme le goéland argenté et le goéland brun, il aime pratiquer le vol sur place en haut d'une faille rocheuse, face au vent. Cette attitude peut être interprétée par une surveillance du nid ou une recherche de nourriture. Mais il sait aussi glisser et chuter jusqu'au ras de l'eau, jouant parfaitement avec les courants.
Son chant "qui pleure", caractéristique des goélands, est plus grave que celui de ses cousins. Il peut être écouté sur le site de référence de DORIS pour les oiseaux : Oiseaux.net

Informations complémentaires

Larus marinus est un redoutable prédateur qui règne en maître. Ceci est dû au fait qu'il est le plus grand représentant des 42 espèces de Laridés, il a une taille imposante. Les autres oiseaux s'écartent sur son passage, il occupe toujours une position dominante, d'où il surveille son territoire, afin de le défendre si nécessaire. Ce prédateur joue un rôle majeur dans l'équilibre écologique du littoral.

Réglementation

Le goéland marin est une espèce protégée qui est sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine (2008).
Nationale :
- Arrêté du 17 avril 1981 fixant les listes des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire : article 1
Communautaire :
- Directive Oiseaux 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages : Annexe II - partie B
Internationale :
- liste rouge UICN : statut LC (Least Concern), signifiant préoccupation mineure.

Origine des noms

Origine du nom français

Goéland : du breton gouélan = pleurer, à cause de son chant caractéristique,
marin : traduction littérale du latin marinus. Vient aussi du fait qu'on l'observe beaucoup plus souvent sur les côtes qu'à l'intérieur des terres.

Origine du nom scientifique

Larus : du grec [larus] = mouette, un oiseau très commun de la même famille, qui porte également ce même nom de genre,
marinus : du latin [mare] = mer : qui provient de la mer, qui vit près de la mer.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Aves Oiseaux Vertébrés à plumes, ovipares. Les membres antérieurs sont transformés en ailes.
Ordre Ciconiiformes Ciconiiformes Grands oiseaux échassiers avec de longues pattes et un long cou, vivant en général dans des lieux humides, d'où ils extraient leur nourriture.
Sous-ordre Charadriiformes Charadriiformes

Oiseaux plus ou moins aquatiques, au bec pointu et aux pattes fines.

Famille Laridae Laridés Mouettes, goélands, et sternes.
Genre Larus
Espèce marinus

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