Gorgone rousse

Iciligorgia schrammi | Duchassaing, 1870

N° 2821

Atlantique Ouest tropical

Clé d'identification

Colonies planes, perpendiculaires au courant
Branches luisantes de couleur brun-rouge
Polypes alignés sur les branches en 2 rangées opposées

Noms

Autres noms communs français

Gorgone rousse des tombants, éventail de mer des profondeurs

Noms communs internationaux

Deep-water sea fan, Schramm's Iciligorgia (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Iciligorgia ballini Kükenthal, 1908

Distribution géographique

Atlantique Ouest tropical

Zones DORIS : Caraïbes

Cette espèce est uniquement présente dans les eaux caraïbes, de la Floride au Nord du Brésil (embouchure de l'Amazone) en passant par les Antilles.

Biotope

Cette gorgone se fixe sur les substrats durs, entre la surface (dans ce cas, généralement sur un tombant abrupt) et 300 m de profondeur. Elle préfère les eaux claires et les zones de fort courant, avec une bonne tolérance à la lumière.

Description

La gorgone rousse forme des colonies arborescentes, aplaties, qui peuvent atteindre 1 m d'envergure voire plus.



Les branches principales se ramifient de façon dichotome* dans un seul plan, toujours perpendiculaire au sens du courant. Elles sont légèrement aplaties, luisantes et d'une couleur lie-de-vin, rouge brique à rouge orangé.
L'extrémité des rameaux est parfois très aplatie, et elle est ouverte en tube (fistuleuse*) : on peut voir, du côté "sous le vent" du courant, une fissuration qui disparaît progressivement par soudure.



Les polypes* se situent en deux rangées sur les bords opposés du rameau. Chacun est logé dans un calice* hémisphérique, légèrement en relief. Sur certains échantillons on peut distinguer les 8 lobes sur le calice.
De couleur blanche, les polypes montrent 8 tentacules et des sclérites* (petits éléments durs) visibles par transparence.

Alimentation

Les polypes aux tentacules pennés* se déploient perpendiculairement au courant, en exploitant ainsi le maximum de la tranche d'eau qui les traverse. Toutes les particules capturées par quelques polypes serviront à nourrir toute la colonie.

Reproduction - Multiplication

La reproduction de cette espèce ne semble pas avoir été spécifiquement étudiée.
Chez les gorgones en général, les sexes sont séparés.



Pour les espèces à fécondation externe, les produits sexuels sont rejetés dans le milieu ambiant à maturité.
Chez d'autres espèces, la fécondation s'effectue à l'intérieur de la cavité générale du polype. Dans ce cas, l'œuf évolue jusqu'au stade de la planula* avant d'être libéré dans le milieu extérieur.



Après avoir nagé un certain temps, la larve planula se fixe sur le fond pour former une nouvelle colonie.

Vie associée

La gorgone rousse peut être la proie des monnaies caraïbes (Cyphoma gibbosum), les années où celles-ci prolifèrent, ou plus ordinairement des vers de feu (Hermodice carunculata).

Divers biologie

On constate une certaine variabilité dans la morphologie des colonies en fonction de leur habitat : celles qui se développent dans des zones très agitées (faible profondeur, entrées de grottes avec mouvements de reflux) ont tendance à être plus trapues et plus robustes.



La préférence de cette espèce pour les eaux claires en fait un bon indicateur de la qualité du milieu.

Informations complémentaires

Trois types de sclérites* (petits éléments durs du squelette) sont localisés dans les différents parties de la colonie :



- dans la couche externe ou coenenchyme* on trouve des sclérites fins et allongés, fusiformes et légèrement courbés. Ils sont couverts de petites aspérités ;
- ceux de la medulla (partie centrale de la branche) sont longs et minces comme des aiguilles, peu ou pas rugueux ;
- à la base des anthocodia* où ils forment des motifs en chevrons, les sclérites sont courts, massifs, trapus et couverts de protubérances rugueuses à la surface.

Origine des noms

Origine du nom français

Gorgone rousse, à cause de sa coloration exceptionnelle.



Le nom de "gorgone des profondeurs" a été attribué sans doute à cause de l'origine des premiers spécimens (récoltés par dragage à 100 m de fond), cependant la gorgone rousse se trouve aussi couramment à très faible profondeur, pourvu que l'eau soit assez agitée.

Origine du nom scientifique

Iciligorgia : le suffixe [-gorgia] désigne une gorgone. Pour [icili] : le spécimen de la description originale a été pêché par les hommes de l'équipage du navire italien Icilia. Voici ce qu'en dit Duchassaing en 1870 : «Un navire italien, l'Icilia, vint il y a peu d'années dans la mer des Antilles. Son capitaine, dont je regrette de ne pas connaître le nom, pensait que dans cette mer il trouverait peut-être des bancs de corail (corallium rubrum) (sic). […] Ce précieux Zoophyte ne fut pas trouvé, malgré de nombreuses recherches, mais l'on recueillit un certain nombre de coralliaires. […] Il y en avait […] que nous n'avions jamais vues et qui nous paraissent inédites.»



schrammi : espèce nommée d'après Alphonse Schramm, (18??), naturaliste amateur et collectionneur, qui résidait à la Guadeloupe.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Octocorallia / Alcyonaria Octocoralliaires / Alcyonaires Anthozoaires coloniaux, parfois solitaires. Polypes de petite taille à symétrie radiaire d’ordre 8 (8 tentacules portant 2 rangées de pinnules). Exosquelette calcaire ou spicules calcaires ou fibres organiques.
Ordre Alcyonacea Alcyonacés Octocoralliaires dont les polypes sont enfouis dans un coenosarc épais plus ou moins calcifié. Polypes allongés qui restent accolés les uns aux autres en bouquets. Spicules fusiformes et épineux. Ce groupe renferme les alcyons (ou coraux mous), les gorgones, et les coraux vrais.
Sous-ordre Scleraxonia Scléraxonides / Corallides Colonies ramifiées aux polypes courts sécrétant un squelette axial (de spicules cimentés ou de fibres organiques). Ce sont les coraux vrais.
Famille Anthothelidae Anthothélidés Scléraxonides avec cortex et médulla bien individualisés, séparés par des canaux longitudinaux. Spicules fusiformes et épineux.
Genre Iciligorgia
Espèce schrammi

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