Océanite tempête

Hydrobates pelagicus | Linnaeus, 1758

N° 1489

Méditerranée, Atlantique Nord-Est et aussi au large des côtes ouest de l'Afrique

Clé d'identification

Plus petit oiseau de mer d'Europe
Robe brun sombre au croupion blanc en tache carrée
Ligne claire au milieu des ailes, dessus et dessous
Ailes droites, courtes et arrondies, queue carrée
Pattes palmées, courtes et noires
Bec noir, robuste et crochu, avec des narines en petits tubes
En vol : tête redressée et pattes traînantes

Noms

Autres noms communs français

Pétrel-tempête

Noms communs internationaux

Storm petrel (GB), Uccello delle tempeste (I), Paíño europeo (E), Sturmschwalbe (D), Stormvogeltje (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Certaines classifications présentent deux sous-espèces : Hydrobates pelagicus pelagicus pour les oiseaux du nord de l'Atlantique et Hydrobates pelagicus melitensis pour les oiseaux de Méditerranée.

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Nord-Est et aussi au large des côtes ouest de l'Afrique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'océanite tempête vit loin des côtes, en Méditerranée et au large de la côte est de l'océan Atlantique, depuis la Norvège et l'Islande jusqu'au cap de Bonne Espérance. Elle peut être poussée près du littoral par les tempêtes. Elle est donc très rarement repérée sur les côtes, sauf autour des sites de nidification.
Elle est présente toute l'année en Méditerranée occidentale et elle hiverne presque partout en Méditerranée, à l'exception de la zone orientale. Enfin, elle niche sur les côtes méditerranéennes françaises, espagnoles et algériennes, ainsi que les côtes atlantiques françaises, les îles Britanniques et le sud de l'Islande.
En France, les colonies connues sont installées en Bretagne, dans les Pyrénées-Atlantiques, en Corse-du-Sud et dans les Bouches-du-Rhône.
C'est un migrateur partiel, d'octobre à mars.

Biotope

Elle vit en haute mer sauf pendant la nidification, où son caractère grégaire ressort. Elle choisit alors des zones rocheuses et herbeuses, parfois des falaises.
ElIe vole bas au-dessus de l'eau et s'aide parfois de ses pattes en sautillant sur la surface. Ce vol, aux nombreux changements de direction, est repérable par une silhouette à la tête redressée et aux pattes traînantes.

Description

L'océanite tempête est l'un des plus petits oiseaux de mer d'Europe, avec seulement 14 à 17 cm de longueur et 36 à 39 cm d'envergure, pour un poids moyen de 26 grammes. Elle porte une robe brun sombre, avec le croupion blanc formant une tache carrée sur l'arrière du corps.
Ses ailes sont droites et courtes, arrondies aux extrémités. En vol, on remarque, sur le dessus des ailes, une ligne claire au milieu des grandes couvertures alaires. Elle devient une barre blanchâtre plus épaisse sous les ailes. Sa queue est carrée.
Les pattes palmées sont courtes et noires ; le bec noir est robuste et crochu, formés de plusieurs plaques cornées, et l'on distingue des narines tubulaires.
Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce.

Espèces ressemblantes

L'océanite tempête est la plus petite mais aussi la plus répandue des océanites d'Europe où l'on rencontre aussi l'océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), qui vit en haute mer et se rapproche des côtes de l'Atlantique Sud pour nicher, l'océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), dont les zones de nidification sont limitées au nord de l'Europe, et deux espèces beaucoup plus rares : l'océanite de Castro (Oceanodroma castro) dans les îles atlantiques du large de l'Afrique, et l'océanite frégate (Pelagodroma marina) du Cap Vert.

Alimentation

L'océanite tempête se nourrit de petits poissons, de crustacés et de zooplancton*, attrapés dans une large superficie allant de la côte jusqu'au talus continental.
Elle chasse en papillonnant et en s’approchant brièvement de la surface de la mer. Il est fréquent de l’observer suivant les bateaux de pêche pour attraper quelques déchets.

Reproduction - Multiplication

Ces oiseaux sont fidèles à leur site de reproduction et des colonies de nidification se forment sur les îles du large, dans les rochers ou les zones herbeuses. Le nid non construit est installé dans une cavité naturelle (sous des blocs rocheux, des fissures) ou bien dans un terrier de lapin. Les oiseaux y rentrent chaque nuit, avec quelques cris ressemblant à des grognements.
La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de 4 ou 5 ans.
La ponte a lieu en mai-juin et ne comprend qu'un unique œuf, avec quelques points rouges à sa base (28 mm). L’œuf est assez gros puisqu’il représente environ 25 % du poids de l’oiseau. Il est déposé sur le sol et couvé pendant une quarantaine de jours. Après l'éclosion, le développement du seul jeune, couvert de duvet gris pâle, est lent (9 à 11 semaines) car il ne peut être nourri qu'épisodiquement par des prises marines prédigérées, même si les deux parents s'en chargent, en ne revenant à terre que la nuit pour éviter les prédateurs, comme les goélands et les labbes.
Le jeune oiseau ne prendra donc son envol que tard dans la saison, 65 jours environ après l'éclosion.

Divers biologie

Cet oiseau est silencieux en mer. Sur terre, il est très discret et ses activités sont alors exclusivement nocturnes.
En cas de tempête, ces oiseaux se regroupent à terre en petites troupes.

Informations complémentaires

La longévité de cet oiseau atteint une vingtaine d'années, avec un maximum de 33 ans enregistré sur un oiseau bagué. Dans l’archipel de Molène, le record actuel connu est de 26 ans (source Bretagne Vivante).

Réglementation

L'espèce est protégée par les articles 1 et 5 de l'arrêté modifié du 17 avril 1981. Elle est inscrite à l'Annexe I de la Directive Oiseaux et à l'Annexe II de la Convention de Berne.
Cette espèce est classée dans la liste rouge 2010 UICN sous le statut LC (Least Concern, soit « préoccupation mineure »).
En France, où les couples nicheurs ne représentent qu'une faible proportion de la population européenne, l'espèce a le statut de "vulnérable". D'ailleurs, à partir de la liste rouge régionale, les experts scientifiques ont évalué la responsabilité de la Bretagne pour la préservation de plusieurs espèces ; cette responsabilité est majeure pour cette espèce.
Il faut préciser que la population de cet oiseau est stable sauf en Méditerranée où son déclin est confirmé. On pense en effet qu'il ne vit à terre que sur quelques îlots isolés où, depuis quelques années, des mammifères prédateurs (rat noir et surmulot) ont été introduits accidentellement.

Origine des noms

Origine du nom français

Océanite : c'est le nom d'une roche volcanique basaltique dont la couleur d'ardoise rappelle celle du plumage de cet oiseau ; c'est aussi une allusion aux okeanites grecques, nymphes de la mer, liées aux vagues, filles de Téthys et d'Océan.
tempête : sans doute car elles se regroupent à terre lors des ouragans. Selon de vieilles croyances, elles annoncent la tempête alors qu'en réalité, elles se réfugient par gros temps dans le sillage des bateaux.

Origine du nom scientifique

Hydrobates : du grec [hydro] = eau, mouiller, onde, et du suffixe [bates] = qui marche, car le vol de cet oiseau s'appuie parfois sur l'eau ;
pelagicus : du latin [pelagicus] = de la haute mer car c'est son lieu de vie principal.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Aves Oiseaux Vertébrés à plumes, ovipares. Les membres antérieurs sont transformés en ailes.
Ordre Procellariiformes Procellariiformes Oiseaux marins pourvus de narines tubulaires externes. Les sens olfactifs (odorat et goût) sont très développés. Ils sont équipés de glandes nasales qui excrètent le sel.
Famille Hydrobatidae Hydrobatidés
Genre Hydrobates
Espèce pelagicus

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