Gobie paganel

Gobius paganellus | Linnaeus, 1758

N° 1181

Méditerrannée, mer Noire, Atlantique, Manche

Clé d'identification

Corps long, trapu, cylindrique, de coloration généralement brunâtre et marbrée
Yeux gros et proéminents, lèvres épaisses
Deux nageoires dorsales. La première est arrondie et à même hauteur que la seconde
Bande jaune à orangée au sommet de la première nageoire dorsale
Nageoires pelviennes soudées en forme de ventouse

Noms

Noms communs internationaux
Rock goby (GB), Paganello, ghiozzo, ghiozzo paganello, buatta, cheggione, cicineje, cuggione mingiarule, cugione, guato, gudo, sassarolo (I), Bobi, gobi de Fang (E), Paganellgrundel, Felsendrundel (D), Caboz-da-rocha (P), Joana (Açores), Alcaboz (Cap Vert), Caboz (Madeires), Mazzun, mazzun tal-port, mazzun zbirr (Malte), Glavoc mrkulj (Croatie), Hortumkayasi baligi (Turquie), Luototokko (Finlande), Mac siobháin carraige (Danemark), Mac siobháin carraige (Irlande)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Bathygobius paganellus (Linnaeus, 1758)
Gobius albosignatus Kessler, 1874
Gobius bicolor Gmelin, 1789
Gobius capito Valenciennes, 1837
Gobius capitonellus Kessler, 1874
Gobius punctipinnis Canestrini, 1862

Distribution géographique

Méditerrannée, mer Noire, Atlantique, Manche

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Gobius paganellus est présent en Méditerranée, en mer Noire, en Atlantique de l'ouest (du Sénégal à l'Ecosse, Irlande, Cap Vert, Canaries, Madère, Açores) ou encore en Manche.

Biotope

Le gobie paganel est une espèce vivant dans des eaux peu profondes (maximum -10 m). Il se rencontre de préférence sous les pierres et dans les touffes d'algues mais aussi sur fonds vaseux. Il est ainsi très fréquent de le trouver dans les flaques au bord de plages ainsi que parmi les rochers herbus, en zones de marées. Il affectionne également les endroits sombres tels que les anfractuosités et les roches. Il arrive qu'il soit rencontré encore dans les ports. Il parvient même à pénétrer temporairement des zones d'eaux saumâtres à douces, supportant donc des écarts de salinité importants.

Description

Le gobie paganel est un poisson à la tête massive, au corps trapu et cylindrique qui peut atteindre douze centimètres de long.
La livrée peut être de couleur très variable, pouvant aller de brun clair à brun très foncé, parfois marbrée, parfois mouchetée, selon l'environnement et l'humeur de l'individu.
Les yeux sont assez gros et proéminents, c'est une particularité générale des gobies. Chez Gobius paganellus, une barre blanche oblique est parfois visible sous l'œil. Les lèvres sont épaisses, orientées vers le bas comme pour la plupart des Gobiidae. La nuque est recouverte d'écailles.
Les nageoires pectorales comportent sur le haut quatre (parfois trois) rayons épineux libres en brins filamenteux.
Gobius paganellus possède deux nageoires dorsales bien distinctes l'une de l'autre. Possédant six rayons durs, la première dorsale est arrondie et à même hauteur que la seconde. L'apex de la première nageoire dorsale est souligné par une bande jaune à orangée de nuances différentes selon le sexe (claire chez la femelle et plus vive chez le mâle) et la robe de l'individu.
Le gobie paganel utilise ses nageoires pelviennes (soudées en un disque ventral jouant le rôle de ventouse) pour se poser sur le fond.
Les juvéniles montrent une tache bleu-noir sur l'arrière de leur première nageoire dorsale.
Les mâles reproducteurs sont pourpres à presque noirs et leurs nageoires sont bordées de clair.

Espèces ressemblantes

Gobius niger (Linnaeus, 1758) (Gobie noir)
Il se différencie principalement par sa taille (15 à 20 cm) et par sa première nageoire dorsale très développée. Coloration marbrée. Le mâle reproducteur est très sombre. G. niger vit principalement en eaux saumâtres et polluées tel qu'en estuaires, ports, chenaux ou lagunes.

Gobius cobitis
Pallas 1811 (Gobie à grosse tête)
Même distribution et mêmes habitats que G. paganellus. Il peut atteindre 25 à 30 cm. Sa première dorsale ne porte pas de bande jaune. Sa robe est plutôt gris-beige, marbrée de brun très sombre à noir ou encore jaunâtre ou caramel selon la zone géographique. Le mâle reproducteur possède une livrée noirâtre.

Gobius ater
Bellotti, 1888 (Gobie de Bellotti)
Espèce de Méditerranée assez peu courante qui montre une fine bordure claire sur la première dorsale ; elle ne dépasse pas 7 cm et fréquente plutôt les lagunes et les herbiers.

Gobius bucchichi Steindachner, 1870 (Gobie moucheté)
C'est un petit poisson, de 10 cm maximum.
Sa livrée est assez claire, beige à gris sur le dos et légèrement jaunâtre en bas des flancs ; l'ensemble du corps est piqueté de noir. Ceci peut le faire confondre avec certaines livrées claires du gobie paganel mais Gobius bucchichi ne possède pas de bande jaune à orange sur la première dorsale. Par contre, des lignes sombres "traversent" chaque œil et se rejoignent sur le museau pour dessiner un "V" caractéristique.

Alimentation

Le gobie paganel, comme la plupart de ses congénères, est carnivore. Très vorace, il se nourrit principalement de proies vivantes.
Selon son âge, petits crustacés benthiques (amphipodes, isopodes, petits crabes...) ou planctoniques (mysides), larves de diptères, pycnogonides, vers polychètes tels que néréis, voire quelques échinodermes comme de petites ophiures ou encore de petits poissons constituent une bonne part de son alimentation courante (cf. Fishbase).

Reproduction - Multiplication

Espèce ovipare.
La période de reproduction de ce poisson s'étend de janvier à juin en Méditerranée, d'avril à juin en Manche. Après la ponte par la femelle (plusieurs milliers d'œufs fusiformes fixés par un de leurs côtés) sous une anfractuosité de roche, dans la coquille d'un bivalve vide, un tube de polychète ou une tunique d'ascidie, le mâle de couleur alors très sombre s'occupe de soigner et d'assurer la survie des œufs jusqu'à éclosion (environ une vingtaine de jours). Les larves (4 à 5 mm) sont planctoniques. Ayant atteint environ un centimètre, les juvéniles reviennent près du substrat jusqu'à ce qu'ils adoptent le comportement des adultes.
La maturité sexuelle de Gobius paganellus advient vers deux-trois ans.

Rappel : Le mâle reproducteur, noirâtre, se distingue également de la femelle par la couleur beaucoup plus vive de la bande jaune située sur la première dorsale.

Il est possible que Gobius paganellus puisse s'hybrider avec Gobius cobitis Pallas, 1811 (FAO).

Divers biologie

Une particularité spécifique aux Gobiidae concerne les nageoires pelviennes. Celles-ci, situées un peu en arrière de la gorge, sont soudées ensemble, en forme de ventouse. Si la puissance de fixation et d'adhérence de cet organe ne permet sans doute au gobie paganel qu'à se poser sur le substrat voire à se maintenir dans une position quelque peu instable, il reste que l'observation de cette "ventouse" et sa forme constituent un critère déterminant pour la discrimination des nombreuses espèces de gobies.

On considère que Gobius paganellus peut vivre dix ans en milieu naturel.

Informations complémentaires

Espèce très commune, le gobie paganel est un poisson inoffensif et peu farouche. Il n'est pas rare de le voir partager son territoire avec d'autres espèces de gobies (Gobius luteus, Gobius auratus...).
Néanmoins, assez territorial, il peut défendre son territoire contre des congénères de même espèce.

Même s'il est d'approche relativement facile, il se réfugie immédiatement dans la plus proche anfractuosité s'il est effrayé.

Il semble que Gobius paganellus ait gagné, via le canal de Suez, le nord de la mer Rouge et le golfe d'Aqaba (Vigot).

Origine des noms

Origine du nom français

Gobie paganel : traduction littérale du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Gobius: Provient du latin [Gobio] = goujon (nom d'un petit poisson) ou du grec [kobios] = goujon.
Linné a créé le genre Gobius en 1758, certainement pour le distinguer du genre Gobio (celui du goujon).
paganellus : Vient de paganello, nom vénitien des Gobius (selon Rémy Perrier, fasc. X).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Gobioidei Gobioïdes
Famille Gobiidae Gobiidés
Genre Gobius
Espèce paganellus

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