Cyanée de Lamarck

Cyanea lamarckii | Péron & Lesueur, 1810

N° 413

Atlantique, mer du Nord, Manche

Clé d'identification

Ombrelle de 15 à 30 cm de diamètre environ, de couleur bleue bien marquée
4 bras oraux longs et très ondulés, mais souvent cachés par les tentacules
Bord de l'ombrelle divisé en 8 lobes (eux-mêmes divisés en deux parties), dans leurs échancrures se trouvent les rhopalies
Tentacules très nombreux et fins, évoquant une chevelure, disposés sur le bord de l'ombrelle et pouvant mesurer jusqu'à 25 fois son diamètre

Noms

Autres noms communs français

Méduse chevelue, cyanée bleue

Noms communs internationaux

Blue hair jellyfish (GB), Medusa orticante azul (E), Blaue Nesselqualle (D), Blauwe haarkwal (NL), Blå brennmanet (N)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cyanea lamarcki Péron & Lesueur, 1810

Distribution géographique

Atlantique, mer du Nord, Manche

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Océan Atlantique, depuis l'Islande et la Norvège jusqu'au Portugal.
Les méduses apparaissent de mai à septembre-octobre sur les côtes de l'Europe du Nord et ne sont pas signalées en Méditerranée.
Elle est présente également en mer Rouge, ce qui lui donne une aire de répartition particulièrement discontinue.

Biotope

Cette méduse vit en pleine mer, mais elle peut être portée à la côte par les courants. Elle risque alors d'accrocher le fond et de périr ainsi immobilisée puis déchiquetée.

Description

Cyanea lamarckii est une méduse de taille modeste qui possède une ombrelle de 15 à 30 cm de diamètre environ. Elle est assez transparente, notamment sur les bords de son ombrelle, et de teinte bleue bien marquée en général.



Cyanea lamarckii est caracterisée par la possession de 4 bras oraux longs et très ondulés, mais souvent cachés par les tentacules, entourant une bouche centrale située sous l'ombrelle. Ces bras sont normalement aussi longs que le diamètre de l'ombrelle.
L'ombrelle est bombée, quelques amas de cnidocytes* sont concentrés au sommet, formant de petites verrues. Sa masse gélatineuse est très épaisse au centre.
Le bord de l'ombrelle est divisé en 8 lobes (chacun d'eux est lui-même formé de deux petits lobes), et dans les échancrures qui les séparent se trouvent les organes des sens : œil, fossette olfactive et statocystes reliés à quelques neurones, le tout constituant la rhopalie*. Il y a donc 8 rhopalies.
Les tentacules sont très nombreux et fins, évoquant une chevelure, et naissent entre les rhopalies, sur plusieurs rangées dans la partie marginale de la sous-ombrelle, formant 8 touffes. Ils peuvent mesurer jusqu'à 25 fois le diamètre de l'ombrelle et atteindre le nombre de 800. Ils portent trois sortes de cnidocytes (cellules urticantes).

Espèces ressemblantes

Cyanea lamarckii est considérée par certains auteurs comme étant la forme européenne de Cyanea capillata (Linnaeus, 1758), qui est plus grande (jusqu'à près de deux mètres de diamètre !) et de couleur marron à jaunâtre.
D'autres auteurs estiment qu'il s'agirait de deux espèces distinctes.

Alimentation

Les proies : poissons et crustacés principalement, sont récupérées par les tentacules. Ceux-ci, après contraction, les amènent aux bras oraux qui à leur tour les conduisent à la bouche. Parfois la méduse pose sa face orale sur le fond pendant plusieurs heures, en étalant ses bras oraux. On n'a toutefois pas identifié la nature de ce type de nutrition.

Reproduction - Multiplication

Le muscle sous-ombrellaire marginal est scindé en 16 zones musculaires bien visibles. Entre eux et les bras oraux se développent les gonades dans 4 poches génitales (qui ne servent cependant pas à l'évacuation des gamètes).
A leur maturité les gonades font saillie à la base des bras oraux.
Les œufs sont conservés dans le tractus génital puis expulsés par la bouche et persistent jusqu'au stade larvaire planule* dans les plis des bras oraux. Ils sont toutefois sans protection particulière, ils ne sont pas dans des poches incubatrices comme c'est le cas pour Aurelia aurita. Les planules ciliées nagent ensuite puis tombent sur le fond et se transforment en scyphistomes*.
La strobilation est polydisque*, c'est-à-dire qu'il y a production de nombreux disques par un scyphistome*, chaque disque libéré se transforme en petite méduse ou éphyrule*.

Vie associée

Des jeunes poissons (morues, maquereaux, ...) accompagnent cette méduse et sont ainsi amenés à quitter leurs zones de nurseries pour rejoindre le grand large. Auprès d'elle, ils trouvent protection et nourriture.
Une morue adulte, en revanche, peut être la victime de la cyanée !

Divers biologie

La cyanée, comme tout organisme du plancton, dérive essentiellement avec les courants, mais elle peut aussi réaliser des déplacements verticaux de grande ampleur.



Les tortues marines peuvent se nourrir de cyanées sans être importunées par ses cellules urticantes.

Informations complémentaires

C'est une espèce assez urticante pour l'Homme ; elle a déjà été vue en quantités tellement importantes juste sous la surface dans certains secteurs (estuaire de l'Escaut) que la remontée des plongeurs en était devenue problématique....(Juillet 2007, observations Vincent MARAN et Frédéric ZIEMSKI).



Pour approcher cette méduse qui peut être redoutable, il est plus prudent de le faire par le dessus. Il faut en effet toujours craindre ses tentacules urticants aussi fins et aussi peu visibles que ne le sont des cheveux.



En mer du Nord, où elle est abondante, la cyanée est cause de dégats dans les élevages de saumons : ses tentacules passent à travers les mailles des filets des enclos et au contact de la peau des poissons ils provoquent des nécroses.



Dans une nouvelle de Conan Doyle (l'auteur de Sherlock Holmes) "Adventure of the Lion's Mane" un individu, sur la route d'une plage, vient mourir aux pieds du célèbre détective en criant "la crinière du lion !". Son dos est lacéré de stries rouges comme celles qui auraient pu être causées par les griffes d'un fauve...
En vérité on ne meurt pas du venin de la cyanée, tout au plus pourrait-on succomber à un choc anaphylactique* que celui-ci pourrait provoquer !

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation du nom latin.

Origine du nom scientifique

Cyanea: les cyanées étaient dans la mythologie grecque des roches bleues qui flottaient à la surface comme des méduses ! Aujourd'hui la couleur cyan est une teinte de bleu.
lamarckii: du biologiste français du 18ème siècle : Jean Baptiste Pierre Antoine de Monet (ou parfois de Drouet) de Lamarck, aussi nommé Chevalier de Lamarck, (1744-1828).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Sous-embranchement Medusozoa Médusozoaires Cnidaires présentant une phase méduse acraspède (le plus souvent libre et pélagique) dans leur cycle de reproduction. Scyphoméduses, cuboméduses et stauroméduses.
Classe Scyphozoa Scyphozoaires Méduses vraies (ou acraspèdes). Phase polype réduite à absente. Le plus souvent strobilisation du polype (de petite taille) pour produire des méduses pouvant atteindre une grande taille. Cavité gastrale cloisonnée en quatre.
Sous-classe Discomedusae Discoméduses Scyphoméduses à ombrelle discoïde, non sillonée.
Ordre Semaeostomeae Séméostomes Grandes méduses au manubrium allongé et divisé en quatre bras oraux. L'ombrelle porte des tentacules marginaux et huit rhopalies.
Famille Cyaneidae Cyanéidés
Genre Cyanea
Espèce lamarckii

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