Baliste commun

Balistes capriscus | Gmelin, 1789

N° 891

Atlantique, Méditerranée

Clé d'identification

Forme ovale du corps
Couleur grisâtre uniforme
Grosse tête, petit œil
Première nageoire dorsale à 3 épines
Deuxième nageoire dorsale élevée
Nageoire caudale effilée en croissant

Noms

Autres noms communs français

Baliste, baliste gris, baliste cabri, baliste perroquet, baliste porc, arbalétrier, cochon de mer

Noms communs internationaux

Peroked (breton), Grey triggerfish, gray triggerfish (GB), Pesce balestra (I), Pejepuerco blanco, cochino gris (E), Grauer Drückerfisch, Atlantischer Drückerfisch (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Balistes carolinensis Gmelin, 1789 : le synonyme le plus fréquent
Balistes forcipatus Gmelin, 1789
Balistes spilotopterygius Walbaum, 1792
Balistes buniva Lacepède, 1803
Balistes caprinus Valenciennes, 1839
Balistes fuliginosus DeKay, 1842
Balistes taeniopterus Poey, 1860
Balistes powellii Cope, 1870

Distribution géographique

Atlantique, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Caraïbes, Atlantique Nord-Ouest

Le baliste commun vit essentiellement dans les mers tempérées à chaudes. Originaire des côtes nord-américaines, il est présent en Méditerranée, en Atlantique Est de l'Irlande jusqu'en Angola, en Atlantique Ouest de la Nouvelle-Ecosse (Canada), des Bermudes en Argentine. Il est possible d'en rencontrer en Manche et en Mer du Nord, mais sa rencontre reste occasionnelle.

Biotope

Durant les périodes les plus chaudes, le baliste commun se rencontre dans les zones rocheuses et parmi les algues, le long des côtes entre 5 et 30 m de profondeur. On le rencontre aussi sur des récifs au large. Durant l'hiver, il gagne les profondeurs, au maximum vers 100 m.

Description

Le baliste commun a un corps haut et aplati latéralement avec une forme ovale. Il peut mesurer jusqu'à 60 cm, sa taille moyenne étant plutôt de 30 à 45 cm. La ligne latérale est peu visible.
La peau rugueuse est couverte de petites plaques losangiques, comme des écailles, bien visibles. Elle est épaisse, ce qui rigidifie le corps et ne lui permet pas de nager avec beaucoup de souplesse.
La tête représente au maximum 1/4 du corps. Elle porte des yeux de taille réduite. Un sillon longitudinal précède les yeux. La bouche est terminale, étroite, petite, bordée de grosses lèvres et garnie de fortes dents, 14 en haut, 8 en bas, qui lui permettent de casser les coquilles de mollusques ou les carapaces de crabes. Les fentes des opercules des ouïes sont petites.
Sa couleur varie du grisâtre au verdâtre avec des dessins bleus entre les plaques et des reflets violets sur le dos. L'ensemble est à peu près uniforme. Le corps peut être aussi marqué par trois bandes marron foncé irrégulières. Les nageoires impaires sont constellées et bandées de bleu.
Il possède une nageoire dorsale à trois épines, dont la plus grande, robuste, est bloquée en position redressée par un cran d'arrêt fonctionnant avec la deuxième, la libération de la première intervient lorsqu'une pression est appliquée sur la deuxième comme un système de gâchette. La deuxième nageoire dorsale et l'anale sont bien développées et ondulent pour nager. La nageoire caudale est longue, haute et effilée dans les parties haute et basse en forme de croissant. Les nageoires pectorales sont petites. Les nageoires caudale et pectorales servent à l'orientation dans la nage.

Espèces ressemblantes

En France et dans l'Atlantique Est, sa couleur, sa forme globale, ainsi que celle de sa deuxième nageoire dorsale, ne permettent pas de le confondre avec un autre poisson.
Il pourrait être éventuellement confondu avec le baliste vieille Balistes vetula, qui vit dans les Caraïbes, Atlantique Sud-Ouest, Afrique centrale et Est, Pacifique Nord-Ouest et Asie du sud. Cependant, il s'en distingue d'emblée par sa ligne latérale complète et l'absence de lignes bleues rayonnantes sur les joues.

Alimentation

Le baliste commun se nourrit de mollusques (moules) et de crustacés (balanes, crabes...) dans les secteurs côtiers.

Reproduction - Multiplication

Le baliste commun peut changer de couleur au moment de la reproduction : la tête blanchit, les bandes sombres sont plus contrastées avec le reste du corps qui éclaircit.
C'est une espèce ovipare. Les sexes sont séparés. La période de reproduction se situe de juin à août. Durant cette phase, la femelle creuse dans le fond sableux un trou dans lequel elle dépose ses œufs et qu'elle ventile. Pendant ce temps, le mâle protège le nid jusqu'à l'éclosion en nageant près du nid et en agressant tout intrus.

Divers biologie

Le baliste commun vit seul, en couple ou en groupe et a une activité diurne. Le rassemblement semble se faire en vue de la reproduction.
Parmi tous les balistes, le baliste commun est celui que l'on trouve le plus au nord. Il ne dispose pas des couleurs attrayantes des balistes tropicaux. Les individus du nord de sa zone de distribution sont plutôt gris uniforme alors que ceux du sud ont des petites marbrures plus iridescentes.
Parce qu'il a peu de prédateurs (thons, requins) et qu'il n'est pas facile à capturer en pêche, il prolifère et rivalise pour la nourriture avec d'autres espèces. Ses effectifs ont beaucoup augmenté en 30 ans. Ceci est sans doute dû aussi au réchauffement des eaux.

Informations complémentaires

Le baliste commun peut se laisser approcher par les plongeurs, mais il reste craintif (bulles ?). Il semblerait qu'il soit moins farouche envers les apnéistes. Mais attention lors de la période de reproduction, il défend le nid en mordant !!
Le baliste a fait son apparition sur la pointe de la Bretagne à la fin des années 60, chaque capture donnant lieu à un article de presse généralement délirant : poisson tropical égaré dans le Gulf Stream, toxique, etc... En fait, il avait déjà été présent sur nos côtes vers 1900, puis avait disparu pendant plus d'un demi-siècle avant d'y faire son retour. Le baliste est à nouveau observé occasionnellement depuis quelques années. D'après les observations de plongeurs bretons et normands, il semble privilégier les épaves.
Ce poisson est comestible. Consommé surtout frais, il peut être fumé et séché avec du sel. La chair est excellente.

Origine des noms

Origine du nom français

Baliste : traduction littérale du latin Balistes.

Origine du nom scientifique

Balistes : du latin [balist] = lancer, machine pour lancer des projectiles ; en référence à la première épine dorsale qui se redresse rapidement quand l'animal est menacé ou quand il chasse.
capriscus : du latin [capr] = chèvre ; d'où le nom français cabri.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Ordre Tetraodontiformes Tétraodontiformes Groupe hétérogène mais absence d'écailles imbriquées, ouvertures branchiales réduites, bouche très peu fendue, pelviennes anormales ou absentes.
Famille Balistidae Balistidés La première épine de la première nageoire dorsale peut se bloquer en position verticale.
Genre Balistes
Espèce capriscus

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