Anémone des gorgones

Amphianthus dohrnii | (Koch, 1878)

N° 572

Atlantique Nord-Est et Méditerranée occidentale

Clé d'identification

Petite anémone (disque oral de 10 à 15 mm environ)
Couleur blanche, orange, beige, rose ou rouge
Parfois des traînées blanches
Jusqu'à 80 tentacules, mais le plus souvent environ 50
Fixée très fréquemment sur des gorgones

Noms

Noms communs internationaux

Sea-fan anemone (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Amphianthus dohrni (Koch, 1878) ou (Von Koch, 1878)
Amphiantus dohrnii (G. v. Koch, 1878)
Gephyra dohrnii Koch, 1878
Gephyra dohrni (Koch)
Gephyropsis dohrnii (von Koch, 1878)
Sagartia dohrnii v. Koch

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et Méditerranée occidentale

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'anémone des gorgones se rencontre depuis les îles Britanniques jusqu'en Méditerranée occidentale.

Biotope

Cette espèce se rencontre en général à partir de 30 m (parfois 15 m), et elle est trouvée jusqu'à plus de 600 m de profondeur. Elle préfère les zones à faible luminosité et à température basse.
En Atlantique, cette anémone est très souvent fixée sur les gorgones Eunicella verrucosa. Certains auteurs mentionnent qu'elle se fixe aussi sur des gorgones mortes.
Dans les mers nordiques, là où cette espèce de gorgone existe, elle peut aussi vivre en épibiose* sur Swiftia pallida.
Elle peut se fixer également sur Lytocarpia myriophyllum, un hydraire de grande taille (ses colonies atteignent 30 à 40 cm de haut), et sur d'autres organismes semblables (Nemertesia sp. ...).
De manière générale, elle affectionne donc les substrats organiques ayant une allure de fin bâtons.

Description

Cette petite anémone possède un disque oral de 10 à 15 mm environ. Elle peut être de couleur blanche, orange, beige, rose ou rouge, mais toujours avec des teintes "pastel", très claires et souvent tigrées ; parfois elle peut avoir des traînées blanches. Elle possède jusqu'à 80 tentacules environ, mais le plus souvent elle en a une cinquantaine. Ceux-ci sont plutôt courts, blanchâtres ou translucides. Elle dispose d'aconties* blanches. Sa colonne n'est pas divisée et ne possède pas de tubercules.
C'est sa fixation sur des gorgones le plus souvent qui aide à reconnaître les individus de cette espèce.

Espèces ressemblantes

Elle pourrait être confondue avec Parazoanthus axinellae, l'anémone encroûtante jaune, mais celle-ci possède des tentacules plus fins, moins nombreux, et elle se fixe plutôt sur des éponges.

Alimentation

Cette anémone se nourrit de petit zooplancton qu'elle capture grâce aux nombreuses cellules urticantes (cnidocytes*) qui garnissent la surface de ses tentacules.

Reproduction - Multiplication

Chez cette espèce à sexes séparés les gonades sont mûres entre mai et juillet.
Elle est douée surtout de reproduction asexuée, par division du disque basal, ce qui explique les nombreux individus rencontrés parfois sur le même support : ils proviennent d'un individu unique le plus souvent, ils forment donc un clone* !

Vie associée

Elle est étroitement associée, puisqu'elle vit en épibiose*, à certaines espèces comme Eunicella verrucosa, Swiftia pallida et Lytocarpia myriophyllum.

Divers biologie

C'est une espèce peu fréquemment rencontrée mais elle peut former des populations de nombreux individus fixés en épibiose sur la même colonie animale.
Son espérance de vie est comprise entre 20 et 100 ans !



Il semblerait qu'elle endommage la gorgone sur laquelle elle se fixe, ce qui faciliterait la fixation d'autres épibiontes* sur la gorgone.



Des comptages ont été effectués sur les côtes britanniques dans les secteurs où cette espèce est présente : moins de 1 % des gorgones Eunicella verrucosa avaient cette anémone en épibionte.

Informations complémentaires

Les populations de cette espèce, qui n'ont jamais été très étoffées toutefois, semblent en déclin. Plusieurs hypothèses sont émises : changement de la température de l'eau, pollutions ....



Dans le domaine Indo-Pacifique, des espèces semblables ont un mode de vie identique.

Origine des noms

Origine du nom français

Son nom provient simplement du fait qu'elle se trouve essentiellement sur les gorgones.

Origine du nom scientifique

Amphi provient directement du grec et signifie "proche de",
anthus : du grec [anthos] = fleur.
Le nom signifie donc "proche des fleurs", ce qui est du à son allure, évoquant donc une fleur. Le fait que ces anémones soient attachées à des rameaux de gorgones accentue davantage la ressemblance avec les végétaux.



dohrnii :dédié à Anton Dohrn, Directeur de la station zoologique de Naples (ou à Karl August, son père, fondateur de cette station).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Actiniaria Actiniaires Polypes solitaires souvent colorés, en général fixés à un substrat dur par un large disque pédieux. Organismes parfois mobiles.
Sous-ordre Nynantheae Thenaria Nynanthées Thenaria
Famille Hormathiidae Hormathiidés Sphincter fort, mésogléal. Aconties présentes. Septes non divisibles en macro ou microcnèmes, seulement 6-12 paires (de mésentères). Colonne résistante tuberculée. Souvent sur des substrats « détachés », carapaces, coquilles, gorgones… 
Genre Amphianthus
Espèce dohrnii

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