Hydraire-sapin

Abietinaria abietina | (Linnaeus, 1758)

N° 2676

Atlantique Nord, Manche, Mer du Nord, Pacifique Nord

Clé d'identification

Colonies érigées, de 5 à 12 cm de haut, rigides, ressemblant à un sapin
Ensemble monosiphonique
Branches orientées à environ 60° de la tige principale
Branches régulièrement alternées gauche/droite et espacées sur la tige principale
Hydrothèques bisériées et alternées

Noms

Autres noms communs français

Abiétinaire, sertulaire sapinette

Noms communs internationaux

Sea sapin, sea fir (GB), Zeedennetje, fijne zeeden (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Sertularia abietina Linnaeus, 1758

Distribution géographique

Atlantique Nord, Manche, Mer du Nord, Pacifique Nord

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Sa répartition s'étend à tout l'océan Atlantique Nord. On la trouve des côtes des États-Unis et du Canada à l'ouest, du Spitzberg et du Groenland au nord et depuis le nord des côtes européennes jusqu'à Madère pour l'est. Elle est présente également en Manche, mer du Nord, mer de Barents, mer Blanche et à l'entrée de la mer Baltique, ainsi que dans l'océan Pacifique, des côtes californiennes jusqu'au Japon.

Biotope

L'espèce Abietinaria abietina vit fixée par un stolon* (ou hydrorhize*) à un support solide, comme des pierres ou des coquillages, dans les zones à substrats relativement meubles comme graviers, cailloutis ou roches. Elle affectionne les zones à courant soutenu juste en dessous de la zone médiolittorale* et jusqu'à plus de 100 m de profondeur.
Elle a pu être récoltée en Islande à 630 m de profondeur.

Description

L'espèce Abietinaria abietina forme des colonies érigées, de 5 à 12 cm de haut, rigides, ressemblant à un sapin stylisé. La forme générale en deux dimensions laisse apparaître une tige principale, l'hydrocaule* et des branches plus minces, les hydroclades*, qui s'en écartent à 60° environ. La couleur de la colonie est plutôt miel avec des spécimens plus orangés ou rougeâtres. L'ensemble hydrocaule et hydroclades est monosiphonique*.
La tige principale est en zigzag et change légèrement de direction au niveau de l'origine de chaque branche.
Les branches sont droites, alternent de chaque côté de l'axe principal et sont espacées les unes des autres d'environ trois hydrothèques* (capsule enveloppant les polypes nourriciers), rarement plus. Quelques branches secondaires peuvent apparaître de-ci de-là, mais plutôt vers le sommet de la colonie.
Les hydrothèques sont orientées à environ 45° vers l'extérieur de leur support, tige principale ou branches. Elles sont disposées régulièrement et de manière alterne et bisériée* c'est-à-dire en décalage le long de deux colonnes parallèles situées d'un côté et de l'autre de l'hydrocaule et des hydroclades.
Elles ont une forme grossière de tube incurvé avec un côté supérieur plus proéminent. Ce côté, ainsi que sa base, fixent l'hydrothèque sur environ la moitié de sa longueur à son support.
Elles possèdent une ouverture ronde se terminant par un col et un opercule* qui s'ouvre du côté adjacent à l'axe de l'hydrocaule ou de la branche.
Les gonothèques* mâles et femelles sont tout à fait semblables et ne mesurent qu'environ 1 à 1,3 mm de long. Elles sont dispersées sur les branches et attachées en dessous des hydrothèques. Leur forme est globalement ovale, légèrement allongée et effilée côté proximal (fixation) tandis que le côté distal (ouverture) est tronqué par une ouverture circulaire terminée par un col court et droit, d'un diamètre d'environ la moitié de celui de la gonothèque.
La paroi est mince et lisse, parfois un peu plissée, surtout chez les vieux spécimens.

Espèces ressemblantes

Sertularella gayi (Lamouroux, 1821). La couleur de la colonie est plus jaune et les gonothèques sont plus petites. Son hydrocaule et les parties proximales des branches sont polysiphoniques* (formées de plusieurs tubes accolés).
Abietinaria filicula (Ellis et Solander, 1786) est différenciée principalement par la taille des hydrothèques nettement plus petites.
Sertularella polyzonias d'aspect plus grêle et à la ramification irrégulière.

Alimentation

Cette espèce (comme tous les hydraires coloniaux) se nourrit de particules en suspension dans l'eau (planctonophage* suspensivore*). Celles-ci sont capturées par les tentacules urticants des polypes* nourriciers (gastrozoïdes*) comportant les cnidocystes* et amenées à la bouche, située au sommet.

Reproduction - Multiplication

Abietinaria abietina, comme beaucoup d'hydraires, présente une reproduction sexuée en libérant des gamètes* par ses gonozoïdes* et une reproduction asexuée par bourgeonnement.
Il n'y a pas de stade méduse chez cette espèce.

Vie associée

La grande taille de la colonie peut représenter un bon support pour d'autres organismes plus petits, y compris d'autres espèces d'hydraires.

On trouve toutes sortes d'espèces représentant plusieurs embranchements : vers, bryozoaires, pontes de mollusques etc. sur la surface des colonies. Du fait qu'elles vivent dans des zones à courant continu, l'oxygénation est favorable pour le développement de ces organismes épibiontes*.

Informations complémentaires

Une remarque concernant le nom anglais et le nom vernaculaire : ces noms sont parfois donnés à d'autres espèces ce qui peut occasionner des confusions.
Il est possible de trouver cette espèce dans les laisses* de mer et dans les cuvettes du médiolittoral. Toutefois, il est nécessaire d'avoir au moins une loupe binoculaire pour l'identifier. La documentation n'est pas très courante mais accessible dans quelques ouvrages spécialisés. Son identification, comme beaucoup d'hydraires, n'est pas facile mais il y a une réelle satisfaction à la découvrir dans ses formes et ses particularités.

Origine des noms

Origine du nom français

Hydraire sapin : en raison de la forme de la colonie d'hydraires.
Abiétinaire : traduction française du nom latin Abietinaria.

Origine du nom scientifique

Abietinaria : du latin [abiet] = sapin, et [tin] = étendre, donc sapin qui étend ses bras.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Sous-classe Hydroidolina Hydroïdes Hydrozoaires dont le cycle de vie présente toujours une phase polype.
Ordre Leptothecata / Leptomedusa Leptothécates / Leptoméduses Hydroïdes coloniaux dont les polypes sont protégés par une enveloppe chitineuse, la thèque. Méduses (quand elles existent) aplaties, parfois de grande taille, portant des statocystes sur le bord de l’ombrelle, et des gonades sur les canaux radiaires.
Famille Sertulariidae Sertulariidés Colonies généralement érigées, les hydranthes peuvent se rétracter complètement dans leurs hydrothèques pourvues d’un opercule à valves.
Genre Abietinaria
Espèce abietina

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