Dasysiphonie du Japon

Dasysiphonia japonica | (Yendo) H.-S.Kim 2012

N° 6279

Hémisphère nord

Clé d'identification

Algue rouge à rosâtre formant des touffes molles
Axe polysiphoné (4 cellules péricentrales)
Ramules monosiphonés à ramification alterne dans un plan
Aspect de « pompons » aux apex

Noms

Noms communs internationaux

Siphoned Japan Weed (GB), Veelvertakt pluimwier (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Heterosiphonia japonica Yendo 1920
Heterosiphonia asymmetrica Hollenberg, 1945

Distribution géographique

Hémisphère nord

Zones DORIS : ● Atlantique Nord-Ouest, ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française], ● Indo-Pacifique

Originaire des côtes coréennes et japonaises, la Dasysiphonie du Japon se retrouve maintenant dans de nombreuses autres régions de l’hémisphère nord, telles que l’Atlantique Nord-Est (Grande-Bretagne, Irlande, Espagne et France), la mer du Nord (Grande-Bretagne, Norvège, Suède, Danemark, Belgique et Pays-Bas), la Méditerranée (France, Italie, Adriatique) et l’Atlantique Nord-Ouest (côte est des Etats-Unis et du Canada).

Au Canada, elle est présente en Nouvelle-Écosse et en Baie de Fundy.

En France, elle est observée sur les côtes bretonnes et normandes ainsi que dans le bassin d’Arcachon et l’étang de Thau.

Biotope

La Dasysiphonie du Japon se retrouve dans l’infralittoral à des profondeurs comprises entre 0 et 22 m même si certains individus ont déjà été retrouvés à une profondeur de 40 m ce qui laisse supposer un faible besoin en lumière. On la retrouve dans des endroits abrités et calmes, en particulier dans les lagunes conchylicoles, sur différents types de substrats durs tels que les coquilles et les rochers mais également sur des fonds meubles et sur d’autres algues.

Description

La Dasysiphonie du Japon est une algue rouge touffue de couleur rouge, rose ou légèrement brunâtre d’une trentaine de centimètres de hauteur. L’algue est molle et s’effondre sur elle-même si on la sort de l’eau. Elle est fixée au substrat par des crampons rhizoïdaux*.

La Dasysiphonie du Japon est composée d’un axe polysiphoné* (une cellule centrale entourée de quatre cellules péricentrales) d’1 mm d’épaisseur qui se ramifie plusieurs fois de manière distique* et alterne et qui porte des ramules* courts monosiphonés* (une seule cellule) ramifiés une ou deux fois de façon alterne et dans un plan. Ces ramules monosiphonés sont recourbés les uns vers les autres comme une pince ce qui donne cette aspect de « pompons » aux apex. Les axes principaux sont cortiqués*.

Espèces ressemblantes

La courbure des ramules de la Dasysiphonie du Japon pourrait faire penser aux extrémités en tenailles que l’on retrouve chez les espèces du genre Ceramium spp. Cependant, chez la Dasysiphonie du Japon, la ramification n’est pas dichotomique mais irrégulière.

Dasysiphonia sessilis ne présente pas de courbure des axes et peut donc se distinguer par l’absence de pompons terminaux. Une analyse microscopique viendra confirmer cette première impression en vérifiant le nombre de cellules péricentrales qui est de 5 chez Dasysiphonia sessilis.

Dasya pedicellata est généralement plus grande et plus densément couverte de ramifications que la Dasysiphonie du Japon. Au microscope, on notera également que les ramules de la Dasysiphonie du Japon forment un angle plus grand avec l’axe que ceux de Dasya pedicellata.

Heterosiphonia plumosa a un port en forme de plume et un crampon discoïde. Même si l’anatomie au microscope peut ressembler, Heterosiphonia plumosa a neuf cellules péricentrales contre quatre chez la Dasysiphonie du Japon.

Cependant, les analyses génétiques semblent indiquer une nécessité de redéfinir la frontière entre les genres Dasya et Dasysiphonia. La nomenclature de ces genres sera peut-être donc à revoir dans les années à venir.

Alimentation

La Dasysiphonie du Japon est un organisme autotrophe*. Elle produit donc ses propres sucres et autres composés organiques grâce à l’énergie du soleil, à l’eau et au gaz carbonique dissous dans l’eau par un processus appelé la photosynthèse*.

Reproduction - Multiplication

Les Dasysiphonies du Japon que l’on peut apercevoir en plongée sont presque toujours des tétrasporophytes*. Les stichidies* à tétrasporocystes se développent sur les ramules et ont des verticilles* de 6 à 7 tétrasporocystes. Les gamétophytes* sont rares et ce aussi bien en Asie qu’en Europe. Dès lors, le principal mode de multiplication et de dispersion de la Dasysiphonie du Japon est la fragmentation : un ramule monosyphoné se détache et va s’établir un peu plus loin pour former un nouveau tétrasporophyte.

Vie associée

La Dasysiphonie du Japon produit des composés de défense dont la caulerpine, qui peuvent être mortels pour certains poissons et bivalves. Cependant, il est à noter qu’aux Pays-Bas, l’algue était broutée en hiver et au printemps par Elysia viridis.

Divers biologie

La Dasysiphonie du Japon est une algue invasive qui peut parfois supplanter les communautés locales d’algues. Cependant, certains chercheurs ont observé une diminution de l’« agressivité » de la Dasysiphonie du Japon après son implantation dans de nouveaux territoires. Cela pourrait s’expliquer par une utilisation plus efficace des composés azotés présents dans l’eau.

La Dasysiphonie du Japon peut croître dans une grande gamme de température et de salinité ce qui lui confère un avantage pour envahir de nouveaux milieux.

Informations complémentaires

La Dasysiphonie du Japon est originaire du Pacifique Ouest. En Europe, elle a été identifiée pour la première fois en France (Bretagne) en 1984, et s’est ensuite répandue dans les pays voisins. En 2009, une nouvelle vague d’invasion a eu lieu sur la côte est de l’Amérique du Nord.

Il y a plusieurs possibilités quant au mode d’introduction et de dissémination de cette espèce sur les côtes européennes. La piste privilégiée est une première introduction via les naissains* d’huîtres en provenance du Pacifique puis une dissémination par transferts de coquillages. Cependant, une dissémination par les bateaux, dans les salissures (fouling) et les eaux de ballast est également possible.

Origine des noms

Origine du nom français

Dasysiphonie du Japon : francisation du nom scientifique en latin.

Origine du nom scientifique

Dasysiphonia : ce genre d’algues rouges a été créé en 1979 pour désigner des algues ressemblant à la fois au genre Dasya et au genre Heterosiphonia. Le nom Dasysiphonia est donc une contraction des noms de ces deux genres d’algues rouges. « Dasy » vient du grec et veut dire hirsute et « siphonia » fait référence à la structure en siphons de l’axe.

japonica : désignant la région type* (d’où il a été décrit) de cet organisme d’Asie orientale.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 836896

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Rhodobionta / Rhodophyta Rhodobiontes Algues rouges, pour la plupart marines.
Sous-embranchement Eurhodophytina Eurhodophytinés
Classe Florideophyceae Floridéophycées

Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames.

Sous-classe Rhodymeniophycidae Rhodyméniophycidées
Ordre Ceramiales Céramiales Structure toujours uniaxiale.
Famille Delesseriaceae Délessériacées
Genre Dasysiphonia
Espèce japonica

Nos partenaires

Les textes et images sont sous licence et ne sont pas libres de droit.

Pour les ayants-droits, connectez-vous.

Pour toute demande d'utilisation (exemple d'un formateur Bio de la FFESSM...) contactez nous ici.