Algue rouge à rosâtre formant des touffes molles
Axe polysiphoné (4 cellules péricentrales)
Ramules monosiphonés à ramification alterne dans un plan
Aspect de « pompons » aux apex
Siphoned Japan Weed (GB), Veelvertakt pluimwier (NL)
Heterosiphonia japonica Yendo 1920
Heterosiphonia asymmetrica Hollenberg, 1945
Hémisphère nord
Zones DORIS : ● Atlantique Nord-Ouest, ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française], ● Indo-PacifiqueOriginaire des côtes coréennes et japonaises, la Dasysiphonie du Japon se retrouve maintenant dans de nombreuses autres régions de l’hémisphère nord, telles que l’Atlantique Nord-Est (Grande-Bretagne, Irlande, Espagne et France), la mer du Nord (Grande-Bretagne, Norvège, Suède, Danemark, Belgique et Pays-Bas), la Méditerranée (France, Italie, Adriatique) et l’Atlantique Nord-Ouest (côte est des Etats-Unis et du Canada).
Au Canada, elle est présente en Nouvelle-Écosse et en Baie de Fundy.
En France, elle est observée sur les côtes bretonnes et normandes ainsi que dans le bassin d’Arcachon et l’étang de Thau.
La Dasysiphonie du Japon se retrouve dans l’infralittoral à des profondeurs comprises entre 0 et 22 m même si certains individus ont déjà été retrouvés à une profondeur de 40 m ce qui laisse supposer un faible besoin en lumière. On la retrouve dans des endroits abrités et calmes, en particulier dans les lagunes conchylicoles, sur différents types de substrats durs tels que les coquilles et les rochers mais également sur des fonds meubles et sur d’autres algues.
La Dasysiphonie du Japon est une algue rouge touffue de couleur rouge, rose ou légèrement brunâtre d’une trentaine de centimètres de hauteur. L’algue est molle et s’effondre sur elle-même si on la sort de l’eau. Elle est fixée au substrat par des crampons rhizoïdaux*.
La Dasysiphonie du Japon est composée d’un axe polysiphoné* (une cellule centrale entourée de quatre cellules péricentrales) d’1 mm d’épaisseur qui se ramifie plusieurs fois de manière distique* et alterne et qui porte des ramules* courts monosiphonés* (une seule cellule) ramifiés une ou deux fois de façon alterne et dans un plan. Ces ramules monosiphonés sont recourbés les uns vers les autres comme une pince ce qui donne cette aspect de « pompons » aux apex. Les axes principaux sont cortiqués*.
La courbure des ramules de la Dasysiphonie du Japon pourrait faire penser aux extrémités en tenailles que l’on retrouve chez les espèces du genre Ceramium spp. Cependant, chez la Dasysiphonie du Japon, la ramification n’est pas dichotomique mais irrégulière.
Dasysiphonia sessilis ne présente pas de courbure des axes et peut donc se distinguer par l’absence de pompons terminaux. Une analyse microscopique viendra confirmer cette première impression en vérifiant le nombre de cellules péricentrales qui est de 5 chez Dasysiphonia sessilis.
Dasya pedicellata est généralement plus grande et plus densément couverte de ramifications que la Dasysiphonie du Japon. Au microscope, on notera également que les ramules de la Dasysiphonie du Japon forment un angle plus grand avec l’axe que ceux de Dasya pedicellata.
Heterosiphonia plumosa a un port en forme de plume et un crampon discoïde. Même si l’anatomie au microscope peut ressembler, Heterosiphonia plumosa a neuf cellules péricentrales contre quatre chez la Dasysiphonie du Japon.
Cependant, les analyses génétiques semblent indiquer une nécessité de redéfinir la frontière entre les genres Dasya et Dasysiphonia. La nomenclature de ces genres sera peut-être donc à revoir dans les années à venir.
La Dasysiphonie du Japon est un organisme autotrophe*. Elle produit donc ses propres sucres et autres composés organiques grâce à l’énergie du soleil, à l’eau et au gaz carbonique dissous dans l’eau par un processus appelé la photosynthèse*.
Les Dasysiphonies du Japon que l’on peut apercevoir en plongée sont presque toujours des tétrasporophytes*. Les stichidies* à tétrasporocystes se développent sur les ramules et ont des verticilles* de 6 à 7 tétrasporocystes. Les gamétophytes* sont rares et ce aussi bien en Asie qu’en Europe. Dès lors, le principal mode de multiplication et de dispersion de la Dasysiphonie du Japon est la fragmentation : un ramule monosyphoné se détache et va s’établir un peu plus loin pour former un nouveau tétrasporophyte.
La Dasysiphonie du Japon produit des composés de défense dont la caulerpine, qui peuvent être mortels pour certains poissons et bivalves. Cependant, il est à noter qu’aux Pays-Bas, l’algue était broutée en hiver et au printemps par Elysia viridis.
La Dasysiphonie du Japon est une algue invasive qui peut parfois supplanter les communautés locales d’algues. Cependant, certains chercheurs ont observé une diminution de l’« agressivité » de la Dasysiphonie du Japon après son implantation dans de nouveaux territoires. Cela pourrait s’expliquer par une utilisation plus efficace des composés azotés présents dans l’eau.
La Dasysiphonie du Japon peut croître dans une grande gamme de température et de salinité ce qui lui confère un avantage pour envahir de nouveaux milieux.
La Dasysiphonie du Japon est originaire du Pacifique Ouest. En Europe, elle a été identifiée pour la première fois en France (Bretagne) en 1984, et s’est ensuite répandue dans les pays voisins. En 2009, une nouvelle vague d’invasion a eu lieu sur la côte est de l’Amérique du Nord.
Il y a plusieurs possibilités quant au mode d’introduction et de dissémination de cette espèce sur les côtes européennes. La piste privilégiée est une première introduction via les naissains* d’huîtres en provenance du Pacifique puis une dissémination par transferts de coquillages. Cependant, une dissémination par les bateaux, dans les salissures (fouling) et les eaux de ballast est également possible.
Dasysiphonie du Japon : francisation du nom scientifique en latin.
Dasysiphonia : ce genre d’algues rouges a été créé en 1979 pour désigner des algues ressemblant à la fois au genre Dasya et au genre Heterosiphonia. Le nom Dasysiphonia est donc une contraction des noms de ces deux genres d’algues rouges. « Dasy » vient du grec et veut dire hirsute et « siphonia » fait référence à la structure en siphons de l’axe.
japonica : désignant la région type* (d’où il a été décrit) de cet organisme d’Asie orientale.
Numéro d'entrée WoRMS : 836896
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Rhodobionta / Rhodophyta | Rhodobiontes | Algues rouges, pour la plupart marines. |
| Sous-embranchement | Eurhodophytina | Eurhodophytinés | |
| Classe | Florideophyceae | Floridéophycées | Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames. |
| Sous-classe | Rhodymeniophycidae | Rhodyméniophycidées | |
| Ordre | Ceramiales | Céramiales | Structure toujours uniaxiale. |
| Famille | Delesseriaceae | Délessériacées | |
| Genre | Dasysiphonia | ||
| Espèce | japonica |
Algues rouges (Rhodophycées)
En milieu calme
La Dasysiphonie du Japon préfère les endroits abrités et calmes.
Den Osse, Pays-Bas, 3 m
11/02/2022
Algues rouges (Rhodophycées)
Sur des huîtres
La Dasysiphonie du Japon se développe notamment sur d’autres algues, sur des rochers et sur des coquilles d’huîtres par exemple, comme c’est le cas ici.
Den Osse, Pays-Bas, 2 m
11/02/2022
Ramification dans un même plan
Chaque axe se divise de manière alterne dans un même plan.
Den Osse, Pays-bas, 2 m
11/02/2022
Couleur brune
La coloration peut varier du brun au rose en passant par le rouge.
Zélande, Pays-Bas, 3 m
12/09/2020
Couleur rouge
La Dasysiphonie du Japon arbore sa teinte rouge caractéristique. On peut apercevoir certaines extrémités en « pompons » au milieu de la photo.
Grevelingenmeer, Pays-bas, 3 m
26/12/2015
En herbier
Ce spécimen conservé en herbier donne une vue globale de cette algue rouge.
Au laboratoire, étang de Thau
1998
Détail
Cette vue rapprochée permet de voir l’axe principal qui se ramifie dans un même plan et les ramules qui sont recourbés en « pompons ».
Plérin (22)
30/03/2013
Au microscope
Cette photo illustre l’axe ramifié de manière alterne dans un plan avec les ramules monosiphonés.
Saint-Cast-le-Guildo (22)
02/08/2019
« Pompons » au microscope
Les ramules monosiphonés sont recourbés vers l’intérieur pour former des structures en forme de « pompons ».
Paimpol (22)
26/10/2015
Coupe dans l’axe
Cette observation au microscope d’une coupe transversale dans un axe polysiphoné permet de bien voir la cellule centrale et les quatre cellules péricentrales.
À la loupe binoculaire, étang de Thau
1998
Stichidies
Les stichidies sont des organes présents chez les algues et qui servent à produire les spores.
Saint-Cast-le-Guildo (22)
02/08/2019
Coupe dans une stichidie
Coupe transversale vue au microscope dans une stichidie, un organe reproducteur.
À la loupe binoculaire, étang de Thau
1998
Rédacteur principal : Pierrot VAN DER AA
Correcteur : Marc VERLAQUE
Responsable régional : Jean-Pierre COROLLA
Bjærke, M. R., & Rueness, J., 2004, Effects of temperature and salinity on growth, reproduction and survival in the introduced red alga Heterosiphonia japonica (Ceramiales, Rhodophyta), Botanica marina, 47(5), 373-380.
Husa, V., & Sjøtun, K., 2006, Vegetative reproduction in “Heterosiphonia japonica”(Dasyaceae, Ceramiales, Rhodophyta), an introduced red alga on European coasts, Botanica Marina, 49(3), 191.
Husa, V., Sjøtun, K., & Lein, T. E., 2004, The newly introduced species Heterosiphonia japonica Yendo (Dasyaceae, Rhodophyta): geographical distribution and abundance at the Norwegian southwest coast, Sarsia, 89(3), 211-217.
Kim, H.-S., 2012, Algal flora of Korea. Volume 4, Number 6 Rhodophyta: Florideophyceae: Ceramiales: Ceramiaceae II (Corticated Species), Dasyaceae, pp. [1-4], 1-191, figs 1-132. Incheon: National Institute of Biological Resources.
Lee, I. K., & West, J. A., 1979, Dasysiphonia chejuensis gen. et sp. nov.(Rhodophyta, Dasyaceae) from Korea, Systematic Botany, 115-129.
Lein, T. E., 1999, A newly immigrated red alga (‘Dasysiphonia’, Dasyaceae, Rhodophyta) to the Norwegian coast, Sarsia, 84(1), 85-88.
Low, N. H., Drouin, A., Marks, C. J., & Bracken, M. E., 2015, Invader traits and community context contribute to the recent invasion success of the macroalga Heterosiphonia japonica on New England rocky reefs, Biological Invasions, 17(1), 257-271.
Moore, C. G., & Harries, D. B., 2009, Appearance of Heterosiphonia japonica (Ceramiales: Rhodophyceae) on the west coast of Scotland, with notes on Sargassum muticum (Fucales: Heterokontophyta), Marine Biodiversity Records, 2, e131.
Sagerman, J., Enge, S., Pavia, H., & Wikström, S. A., 2014, Divergent ecological strategies determine different impacts on community production by two successful non-native seaweeds, Oecologia, 175(3), 937-946.
Sjøtun, K., Husa, V., & Peña, V., 2008, Present distribution and possible vectors of introductions of the alga Heterosiphonia japonica (Ceramiales, Rhodophyta) in Europe, Aquatic Invasions, 3(4), 377-394.
Verlaque, M., Auby, I., Plus, M., & Belsher, T., 2008, Etude de la flore introduite dans le bassin d'Arcachon.
La page sur Dasysiphonia japonica sur le site de référence de DORIS pour les algues : AlgaeBase
Les textes et images sont sous licence et ne sont pas libres de droit.
Pour les ayants-droits, connectez-vous.
Pour toute demande d'utilisation (exemple d'un formateur Bio de la FFESSM...) contactez nous ici.