Taille d'environ 20 cm (maximum 35 cm)
Corps
ovale, fortement comprimé latéralement
Nageoire caudale profondément fourchue
Tête
petite, museau saillant, lèvres épaisses
Corps
jaune vif ou orangé, entièrement couvert d'une multitude de petites
taches bleues
Tache noire diffuse sur l'œil
Sigan corail, picot corail, poisson-lapin corail, picot gris (Nouvelle-Calédonie), Picot tacheté (Polynésie), Cordonnier soule femme (Seychelles)
Blue-spotted spinefoot, coral rabbitfish, coral spinefoot, orange spinefoot, ocellated orange spinefoot, ocellated spinefoot, spotted spinefoot, spotted rabbitfish (GB)
Amphacanthus corallinus Valenciennes, 1835
Teuthis corallina (Valenciennes, 1835)
Teuthis corallinus (Valenciennes, 1835)
Amphacanthus
tetrazona Bleeker, 1855
Teuthis tetrazona (Bleeker, 1855)
Siganus tetrazona (Bleeker, 1855)
Siganus tetrazonus (Bleeker, 1855)
Teuthis
studeri Peters, 1877
Teuthis
teuthopsis De Vis, 1884
Océan Indien et océan Pacifique tropical Ouest
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueSiganus corallinus possède une très vaste zone de répartition dans l'Indo-Pacifique.
Dans l'océan Indien, il est présent aux Seychelles, à Aldabra, aux Maldives, aux Laquedives, dans les îles Andaman, sur les côtes indiennes et thaïlandaises.
Dans l'océan Pacifique, on le trouve depuis le sud du Japon (archipels des Ryükyü) dans tout l'archipel Indo-Australien (Malaisie, Philippines, Indonésie, Mélanésie). En Australie, il est signalé au nord de l'Australie-Occidentale (Rowley Shoals et Scott Reef) et du nord de la Grande Barrière de Corail jusqu'au Queensland. Il est également connu des îles Mariannes, des îles Fidji, de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie Française et des îles Pitcairn (signalement le plus au sud).
Les adultes s'observent généralement en couples dans les eaux peu profondes de 3 à 25 mètres, riches en coraux, principalement du genre Acropora. Les juvéniles, regroupés en petits bancs, fréquentent souvent les herbiers marins et les coraux branchus des récifs peu profonds.
Siganus corallinus a une taille d'environ 20 cm (maximum 35 cm). Le corps est un ovale long, fortement comprimé latéralement, (hauteur contenue dans 1,7 à 2,4 fois la longueur standard*) fortement comprimé. La tête est petite, plutôt pointue, avec un profil concave au-dessus des yeux, un museau saillant. Un petit lambeau cutané est visible sur la narine antérieure. La bouche est terminale, les lèvres épaisses.
Le corps et les nageoires sont totalement jaunes, de jaune vif à jaune orangé. La tête, la poitrine, le corps et le bas du pédoncule* caudal sont entièrement couverts d'une multitude de petites taches en forme d'ocelles* bleu pâle avec une fine marge d'un bleu plus foncé. Ils peuvent parfois être absents sous la nageoire dorsale molle et/ou sur une partie des flancs et s'étendre sur la base des rayons épineux des nageoires dorsale et anale et sur les bases des rayons externes de la nageoire caudale. L'œil est traversé par une tache noire, plus ou moins diffuse, plus ou moins étendue, parfois soulignée d'un trait bleu clair allongé ou interrompu. Une deuxième tache noire est présente chez certains spécimens juste derrière l'opercule*. Les adultes ont parfois une autre tache noire sous le menton.
Les écailles sont minuscules, on en compte plus de 150 sur la ligne latérale*. Les joues sont entièrement recouvertes d'écailles plus grandes.
La nageoire dorsale, à base longue, possède 13 rayons épineux et 10 rayons mous ; la première épine dorsale, de petite taille, couchée, est dirigée vers l'avant. La nageoire anale comprend 7 rayons épineux (caractère unique chez les Acanthoptérygiens) et 9 rayons mous. Les nageoires pectorales comptent 16 ou 17 rayons mous et les nageoires pelviennes* 2 rayons épineux (le premier et le dernier) encadrant 3 rayons mous. La nageoire caudale est profondément fourchue, les lobes pointus.
En robe de nuit, le corps est marbré de grandes taches sombres, les nageoires sont également sombres, les ocelles moins visibles.
Les juvéniles ont un corps moins allongé que les adultes et la caudale est tronquée. Ils sont entièrement jaunes. A partir de 3 ou 4 cm de longueur, des lignes bleues verticales apparaissent sur les flancs pour se fragmenter plus tard en ocelles.
Les poissons-lapins présentent une remarquable homogénéité des caractères quant à la taille et la forme, notamment le nombre de rayons épineux et de rayons mous des nageoires, les écailles de la ligne latérale, le nombre de branchiospines*, la forme et le nombre de dents.
La silhouette et la couleur uniformément jaune de Siganus corallinus ne se retrouvent que chez deux autres espèces de poissons-lapins avec lesquelles il pourrait être confondu :
- Siganus trispilos : les ocelles ne couvrent pas la partie inférieure du corps et il porte trois grandes taches noires sur les flancs supérieurs. Endémique* des côtes de l'Australie-Occidentale et de l'est de l'océan Indien.
- Siganus puelloides : le corps est couvert de petites taches jaunes, absentes sur l'abdomen et au-dessus de la nageoire anale se transformant souvent en lignes ondulées et/ou en réticulations* sur la partie supérieure du corps et sur la tête. Trois à cinq points noirs proéminents sont situés juste au-dessus de l'œil. Une bande transversale noire passe sous le menton. Présent dans l'océan Indien oriental, des Maldives au nord de l'Australie Occidentale.
Siganus corallinus montre une grande variabilité dans son régime alimentaire en fonction de la situation géographique. Il se nourrit sur le récif d'algues benthiques* brunes et rouges (filamenteuses, foliacées ou membranées), assurant ainsi le contrôle des algues dans le récif. Il peut parfois compléter son alimentation par des algues vertes, des hydrozoaires, du zooplancton* et occasionnellement par de petits invertébrés benthiques. Ce n'est donc pas un herbivore strict.
Les juvéniles broutent les algues épiphytes* trouvées sur les herbiers marins.
L'espèce est gonochorique* (sexes séparés), aucun cas de changement de sexe n’est connu chez les Siganidés. La ponte, en eau libre, liée aux cycles lunaires, a lieu au coucher du soleil. Les larves sont planctoniques*. La durée de vie larvaire planctonique, influencée par la température de l'eau et la disponibilité alimentaire est d'environ 17 à 26 jours (données établies sur plusieurs espèces du genre Siganus car apparemment non documentée pour Siganus corallinus). La forme pélagique* est transparente et dépourvue d'écailles. Vient ensuite la difficile métamorphose* (adaptation à la vie près du substrat*, modification de la morphologie) et l'installation* sur le récif.
Comme beaucoup de poissons-lapins, Siganus corallinus peut parfois former de petits groupes, notamment au stade juvénile. Les adultes évoluent seuls ou en couple. Les couples commencent à se former à environ 6 cm de longueur. Vers 15 cm, ils deviennent sédentaires*.
Les juvéniles peuvent former des groupes mixtes avec des scaridés et d’autres espèces de Siganidés.
Siganus corallinus, et tous les poissons-lapins, possèdent aux nageoires de nombreux rayons épineux : 13 à la dorsale, 7 à l'anale et 2 aux pelviennes. Tous ces rayons sont creusés d'une gouttière (caniculés) qui les relie à des glandes à venin situés à leur base. Des études biochimiques (notamment sur Siganus fuscescens et Siganus canaliculatus) ont montré que le venin contient des protéines thermolabiles*, certaines similaires à celles des Scorpaeniformes (dont les poissons-pierres du genre Synancea), mais beaucoup moins puissant. La piqûre provoque une douleur aiguë, immédiate, parfois très intense, rougeur et gonflement. Les complications graves sont rares. Les protéines* thermolabiles sont détruites par la chaleur. Il faut donc plonger la zone concernée dans de l’eau chaude (≈ 45 °C) pendant 30–90 mn et la désinfecter.
Les poissons-lapins ont des mœurs diurnes. Le soir tombé, ils s'endorment couchés sur le côté, adoptant une livrée moins voyante. Certains choisissent une cachette dans le récif, d'autres, confiants en leur couleur camouflage et peut être en leurs épines venimeuses, passent la nuit posés sur le sable, seuls, ou à deux ou trois individus.
Il n'existe aucun élément de la morphologie permettant de différencier mâles et femelles chez les poissons-lapins.
Les poissons-lapins (famille Siganidés) comprennent 32 espèces valides, à la date de réaction de cette fiche (03/2026), toutes du genre Siganus Forsskål, 1775, après la mise en synonymie du genre Lo. Linné a placé les deux premiers Siganidés qu'il a décrit dans le genre Teuthis, genre aujourd'hui considéré invalide. Cependant, le nom de genre Siganus a longtemps été considéré comme ambigu par la plupart des auteurs et les descriptions ont généralement été faites sous le genre Amphacanthus. Siganus a été rétabli comme genre valide par la Commission internationale de nomenclature zoologique (ICZN*) en juin 2013.
En Nouvelle-Calédonie, des cas d'intoxication alimentaire appelée la ciguatera* ont été signalés mais ils restent rares. On pense que, comme d’autres poissons brouteurs, il accumule la toxine responsable (ciguatoxine) en mangeant des algues microscopiques de la famille des Dinoflagellées proliférant sur les coraux morts ou malades.
Depuis 2015, ce poisson est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : En danger, VU : Vulnérable).
Poisson-lapin : allusion à la forme du museau et de la bouche, aux
gros yeux, et au fait qu'il soit herbivore.
De plus, lorsqu'il se nourrit les lèvres de ce poisson sont animées de mouvements comme ceux du museau des léporidés.
En 1835, son descripteur, Achille Valenciennes, l'appelle amphacanthe du corail et cite son nom commun aux Seychelles : cordonnier du corail.
tacheté : allusion aux minuscules ocelles bleus qui couvrent le corps.
Siganus : latinisation de Sidgan ou Sigian, nom arabe de l'espèce Siganus rivulatus donné au Yémen, sa localité-type*, selon Forsskål.
corallinus : dérivé du latin [corallium] = corail, littéralement rouge comme le corail.
Valenciennes fait référence dans sa description au nom local de ce poisson aux Seychelles, "cordonnier de corail", allusion à son habitat dans le milieu corallien (cordonnier est le nom donné aux poissons-lapins dans les anciennes colonies françaises de l'océan Indien).
Numéro d'entrée WoRMS : 219690
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Super classe | Actinopteri | ||
| Classe | Teleostei | ||
| Ordre | Acanthuriformes | Acanthuriformes | |
| Famille | Siganidae | Siganidés | |
| Genre | Siganus | ||
| Espèce | corallinus |
Poissons osseux nageant près du fond
Spécimen représentatif
Le corps et les nageoires sont entièrement jaunes, de jaune vif à jaune orangé. La tête, la poitrine, le corps et le bas du pédoncule caudal sont couverts de très petits ocelles bleu pâle avec une fine marge d'un bleu plus foncé. L'œil est traversé par une tache noire, plus ou moins diffuse, plus ou moins étendue.
Pointe Dumbéa, Nouvelle-Calédonie, océan Pacifique, 11 m
08/05/2018
Poissons osseux nageant près du fond
Museau proéminent
La tête est de taille moyenne, plutôt pointue, avec un profil concave au-dessus des yeux, un museau proéminent. La forme de ce dernier est à l'origine du nom de poisson-lapin.
Anse du riz, Mahe, Seychelles, océan Indien, 8 m
09/06/2019
Tache noire
Chez certains spécimens, une tache noire est présente juste derrière l'opercule*.
Bornéo, océan Pacifique
06/01/2006
Livrée de nuit
En robe de nuit, le corps est marbré de grandes taches sombres, les nageoires sont également sombres, les ocelles moins visibles.
Anse Lazio, Seychelles, océan Indien
24/02/2023
Biotope
Les adultes s'observent dans les eaux peu profondes de 3 à 25 mètres, riches en coraux, principalement du genre Acropora
Mur des loches, Nouvelle-Calédonie, océan Pacifique, 15 m
21/03/2023
Couple
Les adultes sont souvent en couple. L'association commence à environ 6 cm de longueur.
Maldives, océan Indien
04/06/2019
Nourriture
Siganus corallinus se nourrit sur le récif d'algues benthiques brunes et rouges assurant ainsi le contrôle des algues dans le récif. Il peut parfois compléter son alimentation par des algues vertes, des hydrozoaires, du zooplancton et occasionnellement par de petits invertébrés benthiques.
Komodo, Indonésie, océan Pacifique
02:12/2018
Distribution
Siganus corallinus possède une très vaste zone de répartition dans l'Indo-Pacifique. Dans le Pacifique, on le trouve depuis le sud du Japon (archipels des Ryükyü) dans tout l'archipel Indo-Australien (Malaisie, Philippines, Indonésie, Mélanésie).
Palaos, océan Pacifique, 15 m
14/09/2009
En Nouvelle-Calédonie
Siganus corallinus est présent en Nouvelle-Calédonie. Il y est appelé picot gris.
Pointe Dumbéa, Nouvelle-Calédonie, océan Pacifique, 11 m
08/05/2018
Rédacteur principal : Jean-Luc FERNEZ
Rédacteur : Jean-Pierre QUIGNARD
Vérificateur : Jean-Michel SUTOUR
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
Anam R.O., Mwatete C.M., Wambiji N., 2020, Morphological and meristic characters of six rabbitfish species (Family: Siganidae) in Kenya, Western Indian Ocean Journal of Marine Science, 19(2), 89-103.
Cuvier G., Valenciennes A., 1835, Histoire naturelle des poissons. Volume 10, F.G Levrault ed., Paris, 482p. (Description pages 139-140).
Nanami A., 2018, Spatial distributions, feeding ecologies, and behavioral interactions of four rabbitfish species (Siganus unimaculatus, S. virgatus, S. corallinus, and S. puellus), PeerJ, 20, 2-22.
Woodland, D.J., 1990, Revision of the fish family Siganidae with descriptions of two new species and comments on distribution and biology, Indo-Pacific Fishes, 19, 1-136.
Zarco-Perello S., Martin S.B., Hoey A., 2024, Biogeographical diet variation within and between the rabbitfishes Siganus corallinus, Siganus doliatus, Siganus trispilos and Siganus virgatus, Ecology and Evolution, 14(6), 1-9.
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