Blennie rouge

Parablennius ruber | (Valenciennes, 1836)

N° 3556

Atlantique Est et Nord-Est

Clé d'identification

Taille entre 6 et 9 cm
Tentacules oculaires disposés dans un plan
Barre rouge ou brune sous l'œil, entourée de deux zones claires
Taches orangées à rouges sur la tête

Noms

Noms communs internationaux

Portuguese blenny (GB), Caboz Português (P), Portugisisk slimfisk (DK)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Blennius ruber Valenciennes, 1836

Distribution géographique

Atlantique Est et Nord-Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Parablennius ruber fréquente les eaux de l'Atlantique Est. Jusqu'aux années 2000, on la pensait présente sur les seules côtes des eaux portugaises, jusqu'aux côtes espagnoles, des Açores et de Madère, bien que cette espèce ait été décrite en 1836 à partir d'un spécimen d'Ouessant. C'est en 1982 que la validité de cette espèce, très proche de Parablennius gattorugine, a été reconnue. Récemment, elle a été identifiée sur les côtes ouest britanniques ainsi que sur les côtes d'Irlande et les côtes bretonnes. Il est possible que sa distribution soit plus large. L'augmentation de la pratique de l'exploration sous-marine et l'engouement croissant pour la photographie et la biologie subaquatique participeront peut-être à une meilleure connaissance de sa répartition

Biotope

La blennie rouge vit généralement entre 3 et 10 m de profondeur, quelques individus ont été observés jusqu'à 30 m. On la rencontre sur les fonds rocheux, recouverts d'algues. Elle vit solitaire, mais des groupes de juvéniles de 5 à 15 individus ont été observés.

Description

La blennie rouge est une petite blennie mesurant 6 à 9 cm, 14 cm au maximum. Elle est de couleur rouge ou rosée, parfois beige ou brune.
Sept à huit barres verticales marron, orange ou rouges, plus ou moins visibles, strient le haut du corps. Des taches orangées recouvrent la tête. Le corps est allongé, comprimé latéralement et plutôt massif.
Le front est busqué, les orbites proéminentes, la lèvre supérieure est épaisse. Une barre verticale marron ou rouge descend sous l'œil ; elle est bordée de deux zones claires "étoilées".
Les tentacules* oculaires sont constitués d'une courte tige d'où partent plusieurs branches dans un même plan. Les branches émergent approximativement au même niveau de chaque côté de la tige.
Les mâles ont une grosse tache bleue au début de la nageoire dorsale, et les tentacules oculaires sont plus longs. Lors de la reproduction, les mâles peuvent se colorer en rouge vif .

Espèces ressemblantes

P. ruber est une espèce très proche de P. gattorugine. La principale différence morphologique entre les deux espèces réside dans la forme des tentacules oculaires. Ceux de P. gattorugine sont touffus et en forme de bouquet. Les branches partant de la tige sont fines et émergent à des niveaux différents, de tous côtés. Cependant, la forme des tentacules oculaires est très variable chez P. gattorugine. Par ailleurs, les barres verticales sombres qui strient le corps de P. gattorugine se prolongent sur la nageoire dorsale, et sa coloration est souvent brunâtre.

On peut confondre P. ruber avec les deux petites blennies suivantes :

  • P. tentacularis, la blennie cornue qui fréquente les eaux méditerranéennes, et les côtes de la péninsule ibérique et de l'Afrique du Nord-Ouest, du Maroc jusqu'en Guinée. Ses tentacules oculaires sont courbés vers l'avant et ramifiés uniquement vers l'arrière.
  • P. pilicornis dont la distribution est similaire à celle de P. tentacularis. Elle possède quatre tentacules oculaires en forme de "fourche de moissonneur". Un réseau de lignes claires en nid-d'abeilles décore les joues.

Alimentation

La blennie rouge se nourrit essentiellement d'algues rouges, d'algues filamenteuses, d'éponges, de petits crustacés (amphipodes et isopodes), et éventuellement de petits gastéropodes.

Reproduction - Multiplication

Il s'agit d'une espèce ovipare*. Les femelles sont sexuellement matures à une taille de 6 cm, taille qui peut être atteinte en une année (pour des spécimens observés aux Açores).
Lors de la période de reproduction (en hiver avec un pic en février et mars), les mâles s'installent dans des cavités, qui peuvent se trouver proche de la surface, où les femelles viennent pondre. La cavité sera gardée par le mâle jusqu'à l'éclosion des œufs. La description des œufs et des larves* de cette espèce a été publiée récemment, en 2009. Les œufs sont attachés au substrat* par un filament adhésif. Sphériques, d'un diamètre d'1 mm environ, ils sont déposés en une seule couche de 20 à 40 cm² de surface. Le nid contient des œufs à différents stades de développement, ce qui prouve que plusieurs pontes d'une ou plusieurs femelles sont effectuées dans le même nid. Un tel comportement est courant chez les Blenniidés. Les œufs récemment pondus sont orange, et deviennent grisâtres en se développant.

Les stades larvaires de la blennie rouge sont identiques à ceux des autres espèces de blennies vivant dans la même région géographique. Les larves sont planctoniques* et on les retrouve en général dans des eaux côtières et peu profondes. Dès l'éclosion, elles disposent de petites nageoires pectorales, qui leur permettent de se déplacer pendant de courtes périodes.

Divers biologie

Plusieurs hypothèses sont évoquées pour expliquer la contradiction entre l'observation de cette espèce sur les côtes Atlantique Nord en 1836, et sa rareté, voire son absence des suivis des poissons sur ces mêmes côtes. L'absence d'échantillonnage ou la confusion avec P. gattorugine, ne sont pas des réponses satisfaisantes. Aussi, il est permis d'envisager que l'espèce est présente depuis longtemps sur ces côtes, mais peu abondante. Une des hypothèses pour expliquer cette faible abondance, serait l'incapacité de l'espèce à installer une population viable sur ces côtes. L'espèce serait "réapprovisionnée" par des larves transportées depuis les Açores (par l'intermédiaire d'algues par exemple). La théorie développée par les scientifiques suggère que des blennies originaires de l'Atlantique Nord-Est, auraient colonisé les îles macaronésiennes où elles auraient survécu aux périodes glaciaires et évolué vers de nouvelles espèces. Ces nouvelles espèces seraient retournées sur les côtes nord de l'Europe, transportées par le courant, et la température devenant plus favorable, auraient pu s'y installer. Ainsi P. ruber est probablement issu d'un ancêtre commun à P. gattorugine, qui aurait colonisé les Açores. La croissance des signalements de P. ruber sur les côtes britanniques peut s'expliquer par l'augmentation de la température de l'eau. A contrario, l'apparente décroissance de cette espèce à Madère, peut être reliée à une température qui deviendrait trop élevée pour cette espèce.

Informations complémentaires

C'est un poisson curieux mais qui peut se cacher dans un trou s'il est inquiet.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom français est la traduction du nom latin.

Jusqu'à récemment, Parablennius ruber était décrite comme une espèce abondante aux Açores et à Madère, mais rare ailleurs. C'est certainement la raison de son nom vernaculaire anglais : Portuguese blenny.

Origine du nom scientifique

Parablennius se décompose en :
- [Para] préfixe grec signifiant à côté de ou qui ressemble à.
- blennius du grec [blennos] = morveux, relatif au mucus qui recouvre l'animal

ruber : du latin [ruber] qui signifie rouge.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Blennioidei Blennioïdes
Famille Blenniidae Blenniidés Nageoire dorsale unique.
Genre Parablennius
Espèce ruber

Nos partenaires