Lomentaire japonaise

Yendoa hakodatensis | (Yendo) C.C.Santos, Lyra & J.M.C.Nunes, 2022

N° 3115

Manche, Atlantique Nord Est, Méditerranée, océan Pacifique oriental, Asie, Océanie, îles du Pacifique occidental.

Clé d'identification

Algue rouge brun segmentée par des constrictions visibles surtout sur les rameaux
Diaphragmes (septa) transversaux pluristromatiques au niveau des constrictions
Thalle de consistance ferme
Stolons abondants
Anastomoses fréquentes entre les axes et entre les rameaux
10 cm de longueur environ

Noms

Autres noms communs français

Hakodaté

Noms communs internationaux

Hakodate Sea-Tangle (GB), Japans worstjeswier (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Lomentaria hakodatensis Yendo, 1920
Lomentaria sinensis M.Howe, 1924

Distribution géographique

Manche, Atlantique Nord Est, Méditerranée, océan Pacifique oriental, Asie, Océanie, îles du Pacifique occidental.

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ● Indo-Pacifique

Cette algue est originaire du Japon, de la Corée et de la partie orientale de la mer de Chine. Elle a été observée pour la première fois en 1984 sur les vasières de la presqu’île de Kernéléhen près de Plouezoc’h dans le Trégor finistérien (Finistère Nord). L’algue a été découverte près d’un site ostréicole.
Elle a été trouvée près d’un autre site ostréicole en Bretagne Nord puis dans l’étang de Thau en Méditerranée.
Elle a une très large répartition : en Atlantique Nord-Est de la Bretagne à l’Espagne, dans le Pacifique Nord-Est du golfe de Californie jusqu’en Colombie britannique, en Asie de l’Est (Chine, Japon, Corée, Russie), dans le Sud-Est Asiatique (Philippines, Vietnam), en Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande) ainsi que dans de nombreuses îles du Pacifique occidental (Micronésie, Samoa, Hawaii).

Biotope

Yendoa hakodatensis semble être présente toute l’année. En Atlantique, elle se développe dans l’étage médiolittoral*, de préférence dans les cuvettes, fixée sur les rochers ou des graviers envasés.
A Thau, elle se rencontre dans l’infralittoral, entre 0 et 1 m de profondeur.

Description

L’algue, de couleur rouge-brun à brun-violet, peut atteindre 10 cm de longueur. Le thalle*, de consistance ferme et gélatineuse, est formé de segments ovoïdes ou articles*, cylindriques légèrement aplatis. Le thalle est segmenté par des constrictions surtout visibles sur les rameaux. On note la présence de diaphragmes* (septa) transversaux pluristromatiques* (3-4 couches de cellules*) au niveau des constrictions. Les anastomoses* entre axes et entre rameaux sont fréquentes donnant des amas denses et enchevêtrés.
Les rameaux, d’une épaisseur de 1 mm environ, sont opposés, divariqués*, parfois alternes. Aux extrémités, on observe une ramification pennée*, opposée.
La coupe longitudinale du segment permet d’observer une section creuse ou tube. A la périphérie du tube, le cortex* est pluristratifié. On distingue une couche de cellules corticales externes, riches en plastes*, et 3 à 4 couches de cellules sous-corticales, peu pigmentées (Cabioch et Magne, 1987). La partie centrale du segment est constitué de mucilage* et de filaments axiaux fins portant des cellules sécrétrices (cellules sphériques à contenu réfringent). Au niveau des constrictions, on peut observer les diaphragmes pluristomatiques*.
L’algue est fixée par des stolons* abondants.

Espèces ressemblantes

Chylocladia verticillata (Lightfoot) Bliding, 1928 : de couleur rouge brunâtre à jaune, on observe la présence de verticilles* de rameaux portant des verticilles de ramules*. L’algue se distingue par la présence de diaphragmes* monostromatiques* entre les segments.

Lomentaria articulata (Hudson) Lyngbye, 1819 : algue de couleur rose rouge à brun rouge. Le thalle*, d’une dizaine de centimètres, est formé d’articles* ou segments. La ramification est dichotome*, les ramules de dernier ordre sont plus petits et opposés ou verticillés. Ils ressemblent à des «oreilles de lapin». On note l’absence de diaphragme et la présence d’un disque de fixation.

Alimentation

Végétal autotrophe* photosynthétique*, cette algue élabore ses aliments organiques à partir de minéraux, d’eau, de dioxyde de carbone et de lumière. Des pigments chlorophylliens (pigment vert), caroténoïdes (pigment jaune-brun) et phycobiliprotéines (phycoérythrine pigment rouge majoritaire, phycocyanine pigment bleu minoritaire) vont lui permettre de pratiquer la photosynthèse*.

Reproduction - Multiplication

Cette algue rouge a un cycle trigénétique*. Les gamétophytes* et les tétrasporophytes* sont semblables, le cycle est isomorphe*.
Les gamétophytes femelles matures portent des cystocarpes* en forme d’urnes arrondies. A maturité, il y a libération de carpospores* se développant en tétrasporophyte. Les tétrasporocystes, elliptiques ou circulaires, se forment dans le cortex* des rameaux. Les gamétophytes femelles et les tétrasporophytes fertiles sont généralement observés en octobre en Manche.

Vie associée

Yendoa hakodatensis est souvent associée à d’autres algues introduites comme Sargassum muticum ou Undaria pinnatifida dont elle est épiphyte* sur la base de leur thalle* principal.

Informations complémentaires

Cette algue est considérée comme invasive dans de nombreuses régions du monde. Elle a été introduite sur les côtes européennes avec l’importation d’huîtres du Pacifique. Elle a été diffusée ensuite avec les transferts d’huîtres et aussi dans les salissures marines (fouling*) des coques des bateaux et dans l’eau de leurs ballasts qui ont également été identifiés comme vecteurs.

Des études ont montré que cette algue possédait des propriétés photoprotectrices contre les UV-B (Ultraviolets B), propriétés utilisés en cosmétique.

Origine des noms

Origine du nom français

Lomentaire : francisation de l’ancien nom de genre latin Lomentaria, traduit par : en forme de gousse pourvue de constrictions (phénomène d’étranglement de l’axe principal divisé en segments).

japonaise : pays où l’algue a été décrite.

Origine du nom scientifique

Yendoa : ce nom générique honore l'auteur du basionyme* Lomentaria hakodatensis, le Dr Kichisaburo Yendo (1874–1921), pour ses précieuses contributions à la phycologie.

hakodatensis : originaire de la ville d’Hakodate sur la côte est de l’île d’ Hokkaidō au Japon.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 1647702

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Rhodobionta / Rhodophyta Rhodobiontes Algues rouges, pour la plupart marines.
Sous-embranchement Eurhodophytina Eurhodophytinés
Classe Florideophyceae Floridéophycées

Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames.

Sous-classe Rhodymeniophycidae Rhodyméniophycidées
Ordre Rhodymeniales Rhodyméniales
Famille Lomentariaceae Lomentariacées Algues rouges segmentées par des constrictions non fermées par des diaphragmes.
Genre Yendoa
Espèce hakodatensis

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