Algue rouge brun segmentée par des constrictions visibles surtout sur les rameaux
Diaphragmes (septa) transversaux pluristromatiques au niveau des constrictions
Thalle de consistance ferme
Stolons abondants
Anastomoses fréquentes entre les axes et entre les rameaux
10 cm de longueur environ
Hakodaté
Hakodate Sea-Tangle (GB), Japans worstjeswier (NL)
Lomentaria hakodatensis Yendo, 1920
Lomentaria sinensis M.Howe, 1924
Manche, Atlantique Nord Est, Méditerranée, océan Pacifique oriental, Asie, Océanie, îles du Pacifique occidental.
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ● Indo-PacifiqueCette algue est originaire du Japon, de la Corée et de la partie orientale de la mer de Chine. Elle a été observée pour la première fois en 1984 sur les vasières de la presqu’île de Kernéléhen près de Plouezoc’h dans le Trégor finistérien (Finistère Nord). L’algue a été découverte près d’un site ostréicole.
Elle a été trouvée près d’un autre site ostréicole en Bretagne Nord puis dans l’étang de Thau en Méditerranée.
Elle a une très large répartition : en Atlantique Nord-Est de la Bretagne à l’Espagne, dans le Pacifique Nord-Est du golfe de Californie jusqu’en Colombie britannique, en Asie de l’Est (Chine, Japon, Corée, Russie), dans le Sud-Est Asiatique (Philippines, Vietnam), en Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande) ainsi que dans de nombreuses îles du Pacifique occidental (Micronésie, Samoa, Hawaii).
Yendoa hakodatensis semble être présente toute l’année. En Atlantique, elle se développe dans l’étage médiolittoral*, de préférence dans les cuvettes, fixée sur les rochers ou des graviers envasés.
A Thau, elle se rencontre dans l’infralittoral, entre 0 et 1 m de profondeur.
L’algue, de couleur rouge-brun à brun-violet, peut atteindre 10 cm de longueur. Le thalle*, de consistance ferme et gélatineuse, est formé de segments ovoïdes ou articles*, cylindriques légèrement aplatis. Le thalle est segmenté par des constrictions surtout visibles sur les rameaux. On note la présence de diaphragmes* (septa) transversaux pluristromatiques* (3-4 couches de cellules*) au niveau des constrictions. Les anastomoses* entre axes et entre rameaux sont fréquentes donnant des amas denses et enchevêtrés.
Les rameaux, d’une épaisseur de 1 mm environ, sont opposés, divariqués*, parfois alternes. Aux extrémités, on observe une ramification pennée*, opposée.
La coupe longitudinale du segment permet d’observer une section creuse ou tube. A la périphérie du tube, le cortex* est pluristratifié. On distingue une couche de cellules corticales externes, riches en plastes*, et 3 à 4 couches de cellules sous-corticales, peu pigmentées (Cabioch et Magne, 1987). La partie centrale du segment est constitué de mucilage* et de filaments axiaux fins portant des cellules sécrétrices (cellules sphériques à contenu réfringent). Au niveau des constrictions, on peut observer les diaphragmes pluristomatiques*.
L’algue est fixée par des stolons* abondants.
Chylocladia verticillata (Lightfoot) Bliding, 1928 : de couleur rouge brunâtre à jaune, on observe la présence de verticilles* de rameaux portant des verticilles de ramules*. L’algue se distingue par la présence de diaphragmes* monostromatiques* entre les segments.
Lomentaria articulata (Hudson) Lyngbye, 1819 : algue de couleur rose rouge à brun rouge. Le thalle*, d’une dizaine de centimètres, est formé d’articles* ou segments. La ramification est dichotome*, les ramules de dernier ordre sont plus petits et opposés ou verticillés. Ils ressemblent à des «oreilles de lapin». On note l’absence de diaphragme et la présence d’un disque de fixation.
Végétal autotrophe* photosynthétique*, cette algue élabore ses aliments organiques à partir de minéraux, d’eau, de dioxyde de carbone et de lumière. Des pigments chlorophylliens (pigment vert), caroténoïdes (pigment jaune-brun) et phycobiliprotéines (phycoérythrine pigment rouge majoritaire, phycocyanine pigment bleu minoritaire) vont lui permettre de pratiquer la photosynthèse*.
Cette algue rouge a un cycle trigénétique*. Les gamétophytes* et les tétrasporophytes* sont semblables, le cycle est isomorphe*.
Les gamétophytes femelles matures portent des cystocarpes* en forme d’urnes arrondies. A maturité, il y a libération de carpospores* se développant en tétrasporophyte. Les tétrasporocystes, elliptiques ou circulaires, se forment dans le cortex* des rameaux. Les gamétophytes femelles et les tétrasporophytes fertiles sont généralement observés en octobre en Manche.
Yendoa hakodatensis est souvent associée à d’autres algues introduites comme Sargassum muticum ou Undaria pinnatifida dont elle est épiphyte* sur la base de leur thalle* principal.
Cette algue est considérée comme invasive dans de nombreuses régions du monde. Elle a été introduite sur les côtes européennes avec l’importation d’huîtres du Pacifique. Elle a été diffusée ensuite avec les transferts d’huîtres et aussi dans les salissures marines (fouling*) des coques des bateaux et dans l’eau de leurs ballasts qui ont également été identifiés comme vecteurs.
Des études ont montré que cette algue possédait des propriétés photoprotectrices contre les UV-B (Ultraviolets B), propriétés utilisés en cosmétique.
Lomentaire : francisation de l’ancien nom de genre latin Lomentaria, traduit par : en forme de gousse pourvue de constrictions (phénomène d’étranglement de l’axe principal divisé en segments).
japonaise : pays où l’algue a été décrite.
Yendoa : ce nom générique honore l'auteur du basionyme* Lomentaria hakodatensis, le Dr Kichisaburo Yendo (1874–1921), pour ses précieuses contributions à la phycologie.
hakodatensis : originaire de la ville d’Hakodate sur la côte est de l’île d’ Hokkaidō au Japon.
Numéro d'entrée WoRMS : 1647702
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Rhodobionta / Rhodophyta | Rhodobiontes | Algues rouges, pour la plupart marines. |
| Sous-embranchement | Eurhodophytina | Eurhodophytinés | |
| Classe | Florideophyceae | Floridéophycées | Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames. |
| Sous-classe | Rhodymeniophycidae | Rhodyméniophycidées | |
| Ordre | Rhodymeniales | Rhodyméniales | |
| Famille | Lomentariaceae | Lomentariacées | Algues rouges segmentées par des constrictions non fermées par des diaphragmes. |
| Genre | Yendoa | ||
| Espèce | hakodatensis |
Algues rouges (Rhodophycées)
Couleur rouge-brun
Cette algue, de couleur rouge-brun, peut atteindre 10 cm de longueur.
Port-en-Bessin (14), médiolittoral inférieur
23/11/2007
Algues rouges (Rhodophycées)
Segments ovoïdes
Le thalle est formé de segments ovoïdes ou articles, légèrement aplatis.
Port-en-Bessin (14), médiolittoral inférieur
23/11/2007
Rameaux enchevêtrés
Yendoa hakodatensis forme parfois des amas denses de rameaux enchevêtrés.
Trédrez-Locquémeau (22), estran
02/04/2013
Fixée dans une cuvette de graviers
Yendoa hakodatensis se développe dans l’étage médiolittoral, de préférence dans les cuvettes, fixée sur les rochers ou des graviers envasés.
Erquy (22), estran
09/04/2016
Rameaux en croix
Les rameaux, d’une épaisseur de 1 mm environ, sont opposés, divariqués, parfois alternes et disposés en croix.
Ploubazlanec (22) estran
20/03/2019
Dans l’étang de Berre
Des observations récentes (2024) de Yendoa hakodatensis ont été localisées dans le nord-est de l’étang de Berre sur une quinzaine de stations.
Port du Jaï, Marignane, étang de Berre (13), 2 m
08/06/2024
Rédacteur principal : Catherine DUPRÉ
Rédacteur : Philippe LE GRANCHÉ
Vérificateur : Philippe LE GRANCHÉ
Correcteur : Marc VERLAQUE
Responsable régional : Philippe LE GRANCHÉ
Baffreau A., Pezy J.P., Rusig A.M., Mussio I., Dauvin J.C., 2018, Les espèces marines animales et végétales introduites en Normandie, Université de Caen, 1-350.
Cabioc’h J., Magne F., 1987, Première observation du Lomentaria hakodatensis (Lomentariaceae, Rhodophyta) sur les côtes françaises de la Manche (Bretagne occidentale), Cryptogamie, Algologie, 8(1), 41-48.
Curiel D., Bellemo G., Scattolin M., Marzocchi M., 2006, First report of Lomentaria hakodatensis (Lomentariaceae, Rhodophyta) from the lagoon of Venice (Adriatic Sea, Mediterranean), Acta Adriatica, 47(1), 65-72.
Gipreb (ouvrage collectif), 2024, Etang de Berre, observatoire du milieu, Gipreb Syndicat Mixte Étang de Berre, 1-101.
Miller K. A., Aguilar-Rosas L.E., Pedroche F.F., 2011, A review of non-native seaweeds from California, USA and Baja California, Mexico, Hidrobiológica, 21(3), 365-379.
Verlaque M., Auby I., Plus M., Belsher T., 2006, Première évaluation de la flore introduite dans le bassin d’Arcachon, PNEC « Lagunes Méditerranéennes », Atelier 2.3, Espèces introduites, Traçabilité des espèces algales introduites en milieu ostréicole, CNRS UMR6540 & IFREMER, 1-35.
Verlaque M., Ruitton S., Mineur F., Boudouresque C.F., 2015, CIESM Atlas of exotic species : Macrophytes, 4, ed. F. Briand, CIESM Publisher, Monaco, 362 pp.
Yendo K., 1920, Novae algae japoniae. Decas I-III, Botanical Magazine, Tokyo, 34, 1-12.
La page sur Yendoa hakodatensis sur le site de référence de DORIS pour les algues : AlgaeBase
La page sur Yendoa hakodatensis sur le site de référence de DORIS pour la taxonomie : WoRMS
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