Baliste des sargasses

Xanthichthys ringens | (Linnaeus, 1758)

N° 1297

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Corps en ovale très allongé
Toute petite bouche haute et courte ouverture branchiale
Première partie de la dorsale très isolée en avant, en forme de triangle pointu
Caudale concave, pâle, bordée d'orange, avec une tache en croissant orange à l'extrémité
Corps gris-brun clair ou bleu clair, avec des rangées de points brun foncé ou bleu foncé sur les flancs
Trois rayures diagonales creusées sur les joues
Tache blanche en croissant autour de l'œil et point blanc devant l'œil

Noms

Noms communs internationaux

Sargassum triggerfish (GB), Cocuyo, puerco, varraco (E), Cangulo rei (P), Sargasso-Drückerfisch (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Balistes ringens Linnaeus, 1758
Balistes curassavicus Gmelin, 1789
Balistes elongatus Hollard, 1854
Balistes nitidus Gronow, 1854
Balistes notatus Gronow, 1854
Balistes cicatricosus Poey, 1860
Balistes heckeli Müller, 1865

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Le baliste des sargasses vit dans l'Atlantique tropical Ouest, depuis la Caroline du Nord et les Bermudes jusqu'aux côtes brésiliennes, y compris la mer des Caraïbes et le sud du golfe du Mexique.

Biotope

Il s'installe le long des pentes externes récifales, à des profondeurs variant de 10 à 80 m. On peut l'observer parfois en bancs en pleine eau, au-dessus des récifs, mais c'est surtout un poisson du large vivant à des profondeurs supérieures à 25 m.
La nuit, il reste abrité dans les caches du récif.
Les juvéniles sont abondants auprès des sargasses flottantes.

Description

Le baliste des sargasses est un petit baliste de 15 à 25 cm de longueur et son corps en ovale très allongé est très comprimé latéralement.
Une armure corporelle et de longues épines dorsales caractérisent les balistes ; des écailles épaisses en plaque recouvrent leur tête et leur corps.
Celui-ci a une toute petite bouche, proportionnellement à sa taille, haute (au-dessus de la ligne médiane du corps du poisson), avec des dents en plaques épaisses. Son profil montre également une courte ouverture branchiale sur le côté de la tête, juste devant la base de la nageoire pectorale.
La première partie de la nageoire dorsale, sombre et érectile, est très isolée en avant du corps. Elle est constituée de 3 rayons très rigides particulièrement développés, formant un triangle pointu. La nageoire dorsale postérieure est symétrique de la nageoire anale. Les rayons épineux, situés en avant des nageoires dorsale et anale, sont plus élevés que ceux situés à l'arrière. D'autre part, les rayons des nageoires dorsale, anale et pectorales sont presque tous bifides*. La nageoire caudale est concave, pâle avec des bordures supérieure et inférieure orange et une tache en croissant de la même couleur à l'extrémité. Les nageoires pelviennes, atrophiées, se présentent sous la forme d’une épine située sous le ventre devant la nageoire anale.
La robe de ce baliste est gris-brun clair ou bleu clair, avec des rangées de points brun foncé ou bleu foncé sur les flancs. La tête est souvent plus foncée que le corps. Les joues sont marquées de trois rainures horizontales, brunes ou bleues, situées sous la bouche, démarrant à l'arrière de la bouche et se prolongeant jusque vers l'opercule*. Sur la tête, une autre rainure commence à l’œil pour finir sous la narine. L’œil est entouré d’une tache blanche ou bleue en forme de croissant, évoquant une grande paupière. Une petite tache blanche devant l’œil termine le « maquillage ».
Une bande noire souligne la base des deux parties de la nageoire dorsale et de la nageoire anale ; enfin, un cercle noir entoure la bouche.

Espèces ressemblantes

Le baliste des sargasses a une robe aux couleurs très particulières. Aussi, il est difficile de le confondre avec un autre baliste.
Citons cependant, dans la même zone géographique, le baliste commun ou baliste cabri, Balistes capriscus, au corps élevé, gris-verdâtre marbré de brun.

Alimentation

Il se nourrit de crustacés et d'oursins qu'il écrase à l'aide de puissantes mâchoires et de dents massives et acérées en forme d'incisives : 8 dents sur le devant, suivies de 6 autres dents et d’une grande plaque pharyngienne*.
Le baliste peut souffler un jet d'eau pour retourner sa proie ou la dégager du sable.

Reproduction - Multiplication

Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce.
La reproduction se fait en profondeur, avec une danse nuptiale en mouvement croisé, en spirale verticale dans la colonne d'eau. Elle a lieu quelques jours avant la pleine lune.
Des milliers d'ovules sont pondus pour être fécondés. Certains d'entre eux se déposent dans un trou dans le sable construit par le mâle. Ils s'attachent à des grains de sable mais d'autres sont dispersés par les mouvements de l'eau. Mâle et femelle gardent ensuite les œufs.
Les larves* pélagiques* sont planctoniques*.

Divers biologie

Le baliste est capable d'une vue différenciée, dans toutes les directions, par œil : par exemple, il est capable de voir un intrus d'un œil et de l'autre, de localiser une crevasse pour aller s'y réfugier. D'autre part, les yeux, éloignés de la bouche sont ainsi à l'abri des longues épines des oursins, sa nourriture de prédilection.

La première épine dorsale peut se verrouiller en position verticale selon le système du cran d'arrêt : la base de la deuxième épine vient bloquer la première. Il est alors impossible de la rabattre, sauf en appuyant sur la troisième épine, la plus petite, ce qui débloque le système. Ce mécanisme lui doit son nom anglais (trigger = gachette).
La nuit, les balistes dorment dans des anfractuosités, couchés sur le flan et s’y bloquent en relevant leur première épine dorsale, ce qui empêche leurs prédateurs de les déloger et leur permet de résister aux courants. Cette stratégie est utilisée durant la journée en cas de danger, notamment par les petits individus. Les balistes redressent également leur première épine dorsale pour impressionner un adversaire et lors de la parade nuptiale. L’épine pelvienne, érectile, participe aux mêmes fonctions.

Pour se propulser, les balistes utilisent leur deuxième nageoire dorsale et la nageoire anale. La caudale sert à produire des accélérations quand cela est nécessaire. Dans ce cas, la nage se fait en s’inclinant sur le côté. Ce type de propulsion est parfaitement adapté au milieu corallien dans la mesure où il permet une maniabilité optimale (surplace, marche arrière, rotation sur son axe,…).

La composition des nageoires est de III épines et 26 à 29 rayons mous pour la dorsale et de 23 à 27 rayons mous pour l'anale.

Informations complémentaires

Ce poisson est difficile à approcher.

Il est commercialisé pour l’aquariophilie.

Réglementation

Depuis 2011, le baliste des sargasses est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure, avec une population générale stable.
Par ailleurs, cette espèce bénéficie des mesures prises pour préserver l’habitat des espèces pélagiques fréquentant les sargasses flottantes.

Origine des noms

Origine du nom français

Baliste : du latin [balista] = baliste (machine de guerre antique projetant des pierres ou des traits), en référence à la première épine dorsale qui se redresse rapidement quand l'animal est menacé.
des sargasses : car cette espèce, en particulier ses juvéniles, est souvent présente autour des sargasses flottantes.

Origine du nom scientifique

Xanthichthys : du grec [xanthos] = jaune et [ichthys] = poisson ;
ringens : du latin [ringor] = grogner en montrant les dents.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Tetraodontiformes Tétraodontiformes Groupe hétérogène mais absence d'écailles imbriquées, ouvertures branchiales réduites, bouche très peu fendue, pelviennes anormales ou absentes.
Sous-ordre Tetraodontoidei Tétraodontoïdes Mâchoires et dents transformées en "bec de perroquet".
Famille Balistidae Balistidés La première épine de la première nageoire dorsale peut se bloquer en position verticale.
Genre Xanthichthys
Espèce ringens

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