Villiersielle atténuée

Villiersiella attenuata | (Montagu, 1803)

N° 6183

Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord ainsi que toute la Méditerranée

Clé d'identification

Coquille fusiforme, mince, sans aspérités et brillante
H
auteur moyenne : 10 à 12 mm, pouvant dépasser 14 mm
Couleur de fond jaunâtre à brune
Protoconque multispirale
Sculpture spiralée peu visible
Pied de l’animal orné de taches blanches ou jaunâtre pâle
Siphon maculé de rougeâtre, blanc et jaune

Noms

Noms communs internationaux

Slank pilsnegl (Danemark), Smal vindeltornsnäcka (Suède)

Synonymes du nom scientifique actuel

Murex attenuatus Montagu, 1803 (nom original)
Cythara attenuata (Montagu, 1803)
Mangelia attenuata (Montagu, 1803)
Pleurotoma attenuatum (Montagu, 1803)
Raphitoma attenuata (Montagu, 1803)
Pleurotoma villiersii Michaud, 1829
Pleurotoma gracile R. A. Philippi, 1836
Pleurotoma gracilis Scacchi, 1836
Pleurotoma vulpina Bivona e Bernardi, 1838
Pleurotoma bivonae Maravigna, 1840

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord ainsi que toute la Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Villiersiella attenuata est présente en Manche, sur les côtes de l’Angleterre (la localité-type* est Falmouth Harbour), en mer du Nord (Norvège, îles Féroé), en Atlantique Nord-Est, aux îles Canaries et dans toute la Méditerranée.

Biotope

On peut rencontrer cette espèce depuis le bas du médiolittoral* au circalittoral* supérieur jusqu’à 50-60 mètres de profondeur, sur fond de sable fin plus ou moins vaseux, parfois mêlé de graviers.

Description

La coquille est fusiforme, mince, brillante, sans aspérités. La hauteur moyenne est de 10 à 12 mm, mais peut dépasser les 14 mm.

La protoconque* (premiers tours initiaux sur la coquille) est multispirale d’environ 2,5 à 3 tours, de couleur brun clair.
La téléoconque* (ensemble composé des autres tours) de 7 à 9 tours comporte 9 à 10 côtes, plus étroites que les intervalles. Les côtes deviennent sinueuses à proximité de la suture*. La sculpture spiralée est peu visible.

L’ouverture est allongée, le sinus* anal, sous la suture, est peu profond, le canal siphonal* est long et ouvert. La columelle* est presque droite. Le bord de la lèvre externe est sans épaississement.
La couleur de fond de la coquille varie du jaune au brun avec des côtes axiales plus claires. Des lignes spirales brun rougeâtre, également distancées, sont parallèles à la suture. Une large bande brune est présente sous la suture, à la périphérie du dernier tour et est visible à l’intérieur de l’ouverture.

L‘animal, translucide, est orné de taches blanches ou jaunâtre pâle sur le pied, la tête et la partie inférieure des tentacules. Le siphon* comporte des taches rougeâtres, mêlées de blanc et jaune.
Les tentacules* oculaires sont courts tronqués et portent les yeux noirs à leur extrémité.

Espèces ressemblantes

Parmi les Mangelidés du genre Villiersiella, la Villiersiella attenuata peut principalement être confondue avec :

  • Villiersiella tenuicosta (Brugnone, 1862). Espèce de profondeur, généralement sur fond vaseux, jusqu’à 500 m de profondeur. Elle possède des côtes axiales plus sinueuses, plus anguleuses et qui s’amincissent vers l’épaule. La couleur de la coquille est plus claire. Il y a peu de différences sur l’animal avec V. attenuata.

Alimentation

Comme tous les membres de la super-famille des Conoidés, les Smithiella et genres affines* sont des espèces prédatrices. Leur radula*, de type toxoglosse*, possède des dents qui se sont transformées en harpons crantés, reliés à une glande à venin. Cette arme redoutable est utilisée pour capturer les proies dont elles se nourrissent.
La radula ressemble à une lame repliée en forme de U, ouverte et tranchante. Le haut est équipé d’un éperon sur un côté. La pointe a la forme d’une aiguille.

Leur régime alimentaire semble être constitué principalement d’Annélides polychètes.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés (espèce gonochorique*). Les œufs sont rassemblés dans des capsules ovigères*, fixées à un support. Les œufs sont répartis uniformément dans les capsules.
Les larves* véligères* ont une vie planctonique* longue. Le mode de vie larvaire planctotrophique*, dont témoigne la protoconque multispirale de cette espèce, permet des déplacements distants et une large dispersion géographique via les courants marins.

Informations complémentaires

Villiersiella attenuata est l’espèce-type* du genre Villiersiella Monterosato, 1890. Ce genre ne comprend actuellement (04/2026) que 2 espèces : V attenuata et V. tenuiscota.

Le type* de Villiersiella attenuata est conservé au Royal Albert Museum d'Exeter, RAMM (Angleterre). Il mesure 10 mm de hauteur et est monochrome, de couleur ivoire, dû à sa décoloration.

Origine des noms

Origine du nom français

Villiersielle atténuée : francisation du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Villiersiella : probablement dédié à une personne nommée Villiers, soit à laquelle le descripteur du genre, Monterosato, a voulu rendre hommage, soit que ce dernier ait simplement repris ce nom d'un genre plus ancien sans connaitre personnellement ce Villiers. Comme souvent, Monterosato ne précise pas à qui ce nom se rapporte. Le suffixe latin, de forme féminine, [-ella] est ajouté au nom. Il est souvent employé en taxonomie pour former un petit genre, diminuer un caractère particulier ou pour signaler une affinité morphologique avec un autre genre.
Villiersiella est un nom de genre nouveau proposé par Tommaso di Maria Allery Monterosato (1841-1927), en remplacement de Villiersia Monterosato, 1884, qui était invalidé car déjà utilisé par d’Orbigny en 1837 pour autre chose (un nudibranche doridien).

attenuata : du latin (adtenuatus participe passé de adtenuo) = atténué, aminci.
Dans la description page 266 de son ouvrage de 1803, le naturaliste anglais George Montagu (1753-1815) décrit l'espèce (sous le nom de Murex attenuatus) ainsi : «M(urex) with an elegant, slender shell, with eight spires, regularly tapering to a very fine point» (« Murex avec une coquille élégante, élancée, avec huit tours qui s'amincissent régulièrement jusqu'à former un apex très pointu »).

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 1437106

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Caenogastropoda Caenogastropodes
Ordre Neogastropoda Néogastéropodes Coquille avec canal siphonal bien développé. Un repli du manteau forme un tube extensible : le siphon. La plupart sont des prédateurs ou nécrophages. Tous marins sauf le genre Clea.
Super-famille Conoidea Conoidés
Famille Mangeliidae Mangelidés

Coquille de taille petite à moyenne, caractérisée en général par une absence d'opercule, la présence d'un sinus anal profond sur la rampe sous-suturale et par un cal épais sur la pente de l'épaule de la lèvre externe

Genre Villiersiella
Espèce attenuata

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