Wakamé

Undaria pinnatifida | (Harvey) Suringar

N° 1616

Océan Pacifique tempéré, océan Indien Sud-Est tempéré, Méditerranée (sauf sud et est), Atlantique Nord et Sud tempéré

Clé d'identification

Grande algue 3 parties identifiables : fronde, stipe, crampons
Fronde foliacée fine, lobée, avec une nervure médiane bien visible
Couleur brun-jaunâtre, translucide
Structures de reproduction (sporophylles) ondulées et plissées à la base du stipe

Noms

Autres noms communs français

Ouessane, fougère de mer (ce nom est aussi donné à l'algue brune Dictyopteris polypodioides)

Noms communs internationaux

Wakame (GB), Abeto marino (E), Japanse kelp, Wakame (D), Wakame (Japon), Miyok (Corée), Qun dai cai (Chine)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Alaria pinnatifida Harvey, 1860
Alaria amplexicaulis Martens, 1866
Ulopteryx pinnatifida (Harvey) Kjellman, 1885

Distribution géographique

Océan Pacifique tempéré, océan Indien Sud-Est tempéré, Méditerranée (sauf sud et est), Atlantique Nord et Sud tempéré

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Undaria pinnatifida est originaire du nord-ouest de l’océan Pacifique (Japon, Corée, N-E Chine, S-E Russie). Cette algue a été introduite accidentellement, avec des naissains* d’huîtres japonaises, Magallana gigas, dans le bassin de Thau au début des années 1970.
En 1983, elle a été introduite de manière volontaire pour des tests de culture en Bretagne : baie de Lampaul (Ouessant), île de Groix, île de Sein et dans l’estuaire de la Rance (St Malo). Des populations spontanées ont ensuite été signalées en Manche, d’Ouessant jusqu’aux Pays-Bas, et sur les côtes anglaises. Des populations se sont également installées sur la façade Atlantique, en France, du Guilvinec à la Rochelle et en Espagne en Asturies et en Galice.
U. pinnatifida a également été introduite accidentellement dans l’hémisphère Sud, d’abord en Nouvelle Zélande puis en Tasmanie et en Australie. Des individus épiphytes* sur les coques des bateaux commerciaux seraient responsables de son introduction.
Elle a également colonisé le continent américain sur sa façade Atlantique, en Argentine en 1992, et plus récemment dans le sud de la Patagonie. Des populations se sont installées sur la façade Pacifique, en Californie depuis 2001 ainsi qu’au Mexique depuis 2003.

Biotope

Undaria pinnatifida se fixe sur des substrats durs variés qu’ils soient naturels (rochers, galets, bois, concrétions, métal, plastique, verre, caoutchouc, organismes vivants variés, etc.) ou artificiels (structures portuaires, poteaux, chaînes d’ancrage, cordages, tables conchylicoles, coques de bateaux, bouées, etc.)
Cette algue se développe en eau tempérée froide, dans un biotope photophile*, en mode abrité, parfois avec du courant. Elle est abondante dans la partie supérieure de l’infralittoral*, près du zéro des cartes marines, mais sa distribution peut aller du bas de l’estran* jusqu’à une profondeur maximale inférieure à 18 m selon la turbidité* de l’eau. Par exemple, dans les eaux claires d’Ouessant, on peut la trouver jusqu’à 18 m alors que dans les eaux turbides de St Malo, elle ne dépasse pas 13 m de profondeur. En Méditerranée, elle se développe généralement à moins de 1,5 m de profondeur de l’automne à la fin du printemps.
Elle cohabite avec Saccorhiza polyschides, Sargassum muticum et Cystoseira sp. et se rencontre en faible abondance dans les champs de laminaires. Cette espèce préfère néanmoins les zones abritées à moyennement exposées comme les ports.
Elle présente une grande tolérance aux pollutions organiques et aux variations de salinité. Les sporophytes présentent un optimum de croissance entre 10 et 15 °C et dégénèrent lorsque la température excède 25 °C.

Description

Undaria pinnatifida est une grande algue brune qui peut mesurer jusqu'à 2 à 3 m (sa longueur moyenne en Méditerranée est comprise entre 0,5 et 1,2 m). Son thalle* est composé de 3 parties : la fronde*, le stipe* et les crampons ou haptères* qui permettent à l’algue de se fixer solidement au substrat*.
La fronde est une lame foliacée*, plus étroite vers son extrémité, avec une nervure médiane bien nette, brun-verdâtre et translucide. Ses bords sont profondément découpés et lobés surtout vers sa base. Au stade juvénile, cette fronde est entière et droite de forme lancéolée sans échancrures. A maturité, elle devient triangulaire et lobée transversalement.
Le stipe, long de 10 à 20 cm, large de 0,5 à 1 cm, est épais et plat avec des bords denticulés. A maturité, se forment, vers sa base, des ailes ondulées et plissées, les sporophylles*, qui contiennent les structures fertiles.
La forme de l’algue évolue dans le temps : le jeune thalle est lancéolé, puis allongé en ruban ; à l’approche de la maturité il devient plus large et lobé. A la fin du cycle, les sporophylles se développent et la partie supérieure de la fronde se dégrade. La forme à l’état adulte peut varier avec une fronde plus ou moins découpée, un stipe long ou trapu, des sporophylles plus ou moins larges.

Espèces ressemblantes

Alaria esculenta : cette algue présente aussi une nervure médiane mais la fronde est moins large avec des bords non lobés. Ses organes reproducteurs (sporophylles) portés par le stipe sont des lames foliacées étroites et non des « falbalas ». Notons que cette espèce est trouvée dans des zones battues, contrairement à Undaria pinnatifida.

Alimentation

C’est un végétal autotrophe* qui élabore sa matière organique par photosynthèse* à partir du gaz carbonique, de l’eau et des sels minéraux, grâce à sa chlorophylle* et à ses autres pigments qui captent la lumière solaire.

Reproduction - Multiplication

Le cycle de vie d’Undaria pinnatifida comporte 2 générations successives très différentes d’aspects :
- une génération bien visible, le sporophyte*, qui est l’algue décrite ci-dessus,
- une génération microscopique le gamétophyte*.
Ce cycle de vie est dit digénétique* avec des générations hétéromorphes*.
A la fin du printemps ou en début d’été, les sporophytes portent des sporophylles qui, à maturité, vont produire et libérer des spores dans l’eau. Ces spores se fixent et en germant donnent, soit des gamétophytes mâles, soit des gamétophytes femelles. Les gamétophytes mâles libèrent des gamètes mâles biflagellés qui nagent jusqu’à un gamétophyte femelle portant des gamètes femelles (oogones*) qu’ils fécondent. Le sporophyte issu de cette fécondation se développe donc sur un gamétophyte femelle. Ce cycle s’étend sur une année. Le sporophyte se développe sur 5 à 6 mois, depuis l’automne jusqu’au début de l’été en Méditerranée et plus tardivement dans l’Atlantique. En Bretagne, on observe deux pics de recrutements : un majeur en mars-avril et l’autre mineur en septembre-octobre.
Une multiplication asexuée (parthénogénèse*) en laboratoire a été décrite, elle est utilisée pour la culture de l’algue.

Vie associée

Le wakamé peut servir d’abri à différents animaux et de support à des algues, hydraires, bryozoaires, tuniciers, larves et œufs de mollusques. Ses sporophytes et ses gamétophytes sont consommés par des poissons, des oursins (Paracentrotus lividus, Echinus esculentus et Psammechinus miliaris), des gastéropodes (ormeaux), crustacés (copépodes...).

Divers biologie

L’algue est annuelle. Sa croissance est dite intercalaire, car la zone de croissance se situe entre le stipe et la fronde.
Cytologie : vers l’extérieur le cortex* est formé de cellules polyédriques avec des cryptes pilifères* et des cellules sécrétrices de mucilage* formant à sa surface des ponctuations blanches et noires. L’intérieur du thalle est occupé par un ensemble de filaments. Les températures optimales pour la formation et la croissance des sporophytes sont comprises entre 3 et 20 °C, alors que le gamétophyte se développe bien lorsque l’eau est plus chaude (10 à 24 °C).

Trois morphotypes* sont décrits chez cette espèce, en fonction de la forme du sporophylle, du thalle et de la longueur du stipe. Ces morphotypes n’ont pas de bases génétiques particulières et ne correspondent pas à des sous-espèces ou à des variétés. Ils correspondent à des variations phénotypiques notamment saisonnières.

Informations complémentaires

Cette espèce est invasive et cultivée.

En Asie, le wakamé est l’une des algues à forte valeur commerciale. Le marché est approvisionné par les récoltes d’algues sauvages et surtout d’aquaculture. Environ deux millions de tonnes sont produites dans le monde, les principaux producteurs étant la Chine, La Corée et le Japon. Des cultures en Bretagne alimentent essentiellement une consommation française.
Elle entre en effet dans la composition de nombreuses soupes et salades. Sa forte teneur en oligoéléments, en protéines et l’absence de graisses assimilables par l’organisme en fait un aliment particulièrement apprécié. Elle est utilisée également pour nourrir les ormeaux en élevage. Cette algue présente également de nombreuses qualités pharmaceutiques (prévention contre le cancer, des maladies cardio-vasculaires, herpès, etc.). Ce sont ces qualités alimentaires et pharmaceutiques qui font d’U. pinnatifida l’une des premières algues cultivées dans le monde. La production asiatique est connue depuis plus de 60 ans et près de 300 000 tonnes sont produites chaque année par la Corée.

Origine des noms

Origine du nom français

Wakamé correspond au nom commercial donné à cette espèce dans son pays d’origine, le Japon.

Origine du nom scientifique

Undaria du latin [unda] = vague, onde,
pinnatifida du latin [pinna] = plume et [fida] = exprimant le partage ; découpé en forme de plume. Pinnatifida correspond au terme botanique Pennatifide s’appliquant à une feuille pennée, à lobes atteignant à peu près le milieu de chaque demi-limbe.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Ochrophyta Ochrophytes ou Hétérokontes, ou Straménopiles: présence d'un stade unicellulaire à 2 flagelles, un lisse et un à poils tubulaires.
Classe Phaeophyceae Phéophycées Algues brunes.
Ordre Laminariales Laminariales Thalle en forme de lame.
Famille Alariaceae Alariacées
Genre Undaria
Espèce pinnatifida

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