Chiton rouge marbré

Tonicella marmorea | (Fabricius O., 1780)

N° 1619

Atlantique Est, Nord et Nord-Ouest

Clé d'identification

Forme ovale, bombée et anguleuse
Longueur 40 mm, largeur 19 mm
Brun roussâtre à marbrures variables rouge sombre
Ceinture d'aspect lisse dépourvue d'écailles

Noms

Noms communs internationaux

Mottled red chiton (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Chiton marmoreus Fabricius, 1780
Tonicella submarmorea (Middendorf, 1847)

Distribution géographique

Atlantique Est, Nord et Nord-Ouest

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

On pourra observer le chiton rouge marbré sur les façades ouest et est-atlantique.
À l'ouest : il est présent au nord de la Grande-Bretagne, au nord de la mer du Nord et au Danemark. Il est présent dans l'estuaire (moyen Nord et Sud, maritime Nord et Sud), dans le golfe du Saint-Laurent, en Haute-Côte-Nord, et du Groenland au Massachusetts. Sur les côtes françaises, on relève sa présence en Bretagne.

Biotope

Le chiton rouge marbré affectionne le domaine intertidal et plus particulièrement les zones battues par le ressac. On peut les trouver en zone infralittorale et jusqu'à 100 mètres de profondeur. Ces animaux vivent collés au substrat rocheux, on peut les retrouver également sur les structures de bois des quais. Leur résistance à la dessication à marée basse est limitée, c'est pour cette raison qu'on les trouvera le plus souvent cachés sous les pierres. Exposés au soleil, les chitons recherchent l'ombre pour se protéger. Immergés, ils se déplacent en rampant lentement sur les rochers à la recherche de nourriture.

Description

Tonicella marmorea est un chiton dont la longueur atteint 40 mm et la largeur 19 mm. Sa forme est ovale, son profil bombé et anguleux. Sa couleur est brun roussâtre avec des marbrures variables rouge sombre. Les plaques dorsales sont granuleuses, d'apparence lisse. Elles sont légèrement crochues vers l'arrière dans leur partie centrale. La ceinture marginale est dépourvue d'écailles et présente un aspect lisse.

A la loupe binoculaire : la plaque antérieure présente de 8 à 10 encoches, la plaque postérieure de 8 à 9, les plaques médianes une seule. L'intérieur des plaques est rosé.

Espèces ressemblantes

Généralités :
Il existe de nombreuses espèces de chitons sur les côtes françaises. Les différencier est souvent affaire de spécialistes. Ces animaux présentent tous la même forme ovale, et la couleur et les motifs ne peuvent, presque toujours, pas être pris en compte comme critères d'identification.
Quelques clés peuvent cependant permettre de cibler :
- La taille du chiton peut parfois permettre d'écarter telle ou telle espèce ;
- Le rapport longueur/largeur est souvent déterminant : certaines espèces sont larges, d'autres sont plus effilées ;
- L'importance de la carène médiane : chez certains chitons, elle est très marquée. Chez d'autres, elle est moins importante, et les plaques peuvent être arrondies ou aplaties ;
- La forme des plaques dorsales et le nombre et la disposition des encoches qu'elles présentent sont les critères les plus fiables. Ces caractères, visualisables en laboratoire sous loupe binoculaire, et nécessitant au minimum l'anesthésie du chiton, ne sont bien évidemment pas appréciables en plongée...
- Enfin les différents ouvrages naturalistes proposent un examen (à la loupe binoculaire) du bord de la ceinture périphérique (manteau) : sa texture peut être plus ou moins granuleuse, hérissée d'épines, de spicules ou de tubercules. La ceinture peut être plus ou moins large, et dans certains cas, recouvrir plus ou moins les plaques.

Dans le cas du chiton rouge marbré :
Le chiton rouge du Nord, Tonicella rubra lui ressemble beaucoup. Il est cependant plus petit : il mesure jusqu'à 20 mm de long. Sa ceinture est pourvue d'épines sur sa marge externe contrairement à celle de Tonicella marmorea qui est lisse.

Alimentation

Le chiton rouge marbré est un animal herbivore. Il est équipé d'une solide radula* avec plusieurs rangées de dents qui lui permettent de brouter la couche d'algues calcaires qui recouvre la roche. Il consomme également des bryozoaires, des éponges et des hydroïdes. Les dents de cette radula sont minéralisées avec une teneur élevée en phosphates et en fer, et donc parfaitement adaptées au décapage de la roche. L'animal se nourrit également d'algues unicellulaires présentes sur le substrat, comme les diatomées. Les chitons sont plus actifs la nuit.

Reproduction - Multiplication

Le chiton rouge marbré est gonochorique*. La reproduction est sexuée, sans accouplement. Les individus mâles émettent des spermatozoïdes qui sont dans un premier temps retenus au sein de leur cavité palléale. Relâchés dans un courant d'eau, ils pénètrent dans la cavité palléale des femelles, où a lieu la fécondation. Celle-ci donne une larve trochophore* qui mène une courte vie pélagique* avant de tomber sur le substrat et de se métamorphoser en un chiton minuscule dont la face dorsale n'est recouverte dans un premier temps que par 6 plaques. Les jeunes chitons gagnent immédiatement la face inférieure des pierres.

Vie associée

Les plaques du chiton rouge marbré peuvent être colonisées par de petits organismes, comme les spirorbes.

Divers biologie

Il est souvent difficile de décoller un chiton de la roche. L'adhérence est permise par une contraction du pied, dont l'effet est comparable à une ventouse très puissante.

Manipulé, le chiton s'enroule en boule à la manière des cloportes ou des gloméris. On peut alors observer que ses plaques dorsales sont indépendantes et s'enracinent latéralement dans la ceinture périphérique.

Le chiton rouge marbré est la proie des canards eiders et de certains mollusques.

Origine des noms

Origine du nom français

Chiton : du grec [chiton] = tunique courte. L'animal est en effet protégé par 8 plaques calcaires articulées qui ne recouvrent pas la ceinture marginale, qui par conséquent "dépasse", comme sous une tunique courte. Il doit son nom français à ses marbrures rouge sombre.

Origine du nom scientifique

Tonicella : diminutif du nom de genre Tonicia Gray, 1847,
marmorea : du latin [marmoreus] = marbré.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Polyplacophora Polyplacophores Mollusques à symétrie bilatérale, de forme ovale, aplatis dorso-ventralement avec tête, pied, et masse viscérale nettement distincts. La partie dorsale du manteau sécrète une coquille constituée de huit plaques calcaires articulées entre elles. Brouteurs. Ce sont les chitons.
Ordre Neoloricata Néoloricates Tous les chitons actuels.
Sous-ordre Ischnochitonina Ischnochitoninés Plaques calcaires toujours denticulées sur leur bord externe. Le manteau ne s'étend pas sur les plaques.
Famille Ischnochitonidae Ischnochitonidés
Genre Tonicella
Espèce marmorea

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