Beau grégoire

Stegastes leucostictus | (Müller & Troschel, 1848)

N° 3197

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Couleur gris-brun sombre, à reflets jaunâtres sur certaines écailles
Quelques pointillés bleus sur l'avant du corps
Museau et nageoires jaunissants
Ecailles rugueuses sur tout le corps
Caudale peu fourchue, à lobes arrondis

Noms

Autres noms communs français

Ti-nègre (Antilles)

Noms communs internationaux

Beau gregory, yellow-belly (GB), Chopita de cola amarilla, jaqueta bonita (E), Schöner Gregory (D), Castanheta (P)

Synonymes du nom scientifique actuel

Pomacentrus leucostictus Müller & Troschel, 1848
Eupomacentrus leucostictus
(Müller & Troschel, 1848)
Pomacentrus atrocyaneus
Poey, 1860
Pomacentrus analis
Poey, 1868
Pomacentrus caudalis
Poey, 1868
Eupomacentrus nepenthe Nichols, 1921

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : ● Caraïbes

Le beau grégoire est présent dans l'Atlantique Ouest, depuis le sud de la Floride, les Bermudes et le nord du golfe du Mexique jusqu'au nord de l'Amérique du Sud et même jusqu'aux côtes brésiliennes.

Biotope

On rencontre cette demoiselle entre la surface et 10 m de profondeur, où elle évolue à 50 cm du fond.
Espèce territoriale et diurne, elle occupe une grande variété d'habitats : herbiers marins, récifs coralliens mais surtout rocheux, zones sablonneuses. Elle fréquente aussi les mangroves, les baies et les jetées.
Les juvéniles et jeunes adultes apprécient les gros coquillages vides comme demeure.

Description

La silhouette du beau grégoire, en ovale allongé et comprimée latéralement, est moins trapue que celle des autres demoiselles du genre Stegastes. Ce poisson peut atteindre couramment une longueur de 10 cm. Son museau est pointu. Sa bouche est petite, ouverte vers l'avant, avec une seule rangée de dents incisiformes*, et ses lèvres sont épaisses et pâles. Tout son corps est recouvert d'écailles rugueuses, y compris sur la tête, le museau et la base des nageoires. Sa ligne latérale* est incomplète : elle s'arrête au droit de l'arrière de la dorsale. L'iris est doré.
La robe des adultes est gris-brun assez sombre, avec des taches jaunâtres sur les écailles du haut du dos et quelques pointillés bleus sur l'avant du corps. On repère également une ou deux lignes courtes et bleues sous l'œil. Le museau, le ventre, l'arrière de la dorsale et l'extrémité de la caudale sont jaunissants. Enfin, une tache noire est parfois présente au milieu des dernières épines de la dorsale.
La nageoire caudale est légèrement fourchue, à lobes arrondis. Les nageoires dorsale et anale sont relativement courtes et n'atteignent pas la base de la caudale. Elles s'allongent en arrondi sur leur partie postérieure. La dorsale est continue. Enfin, un trait fin bleu électrique borde parfois dorsale et anale.

Les juvéniles sont bicolores. Le dos est gris foncé violacé, décoré de nombreux points bleu électrique qui forment des lignes partant du museau, et le ventre est jaune vif. Un gros pois noir, cerclé de bleu, est bien visible au centre des rayons souples de la nageoire dorsale. L'œil se situe entre le bleu et le jaune, ainsi que l'arrière de la dorsale. L'anale et la dorsale sont bordées d'une fine ligne bleue.

Espèces ressemblantes

Dans la même aire de répartition, plusieurs demoiselles se ressemblent beaucoup :

  • La demoiselle noire (ou demoiselle à longue nageoire), Stegastes diencaeus, a une robe gris-brun, à reflets jaunes. Ses nageoires dorsale et anale sont très étirées vers l'arrière. Sa dorsale est entièrement sombre.
  • La demoiselle trois points, Stegastes planifrons, a une robe gris-brunâtre à reflets jaunes, avec une tache noire en selle sur le pédoncule* caudal et un point noir à la base de chaque pectorale. Un arc jaune souligne le dessus de ses yeux.
  • La livrée de la demoiselle cacao, Stegastes xanthurus, dont le point noir à la base arrière de la dorsale, juste en avant du pédoncule caudal, permet de la différencier du beau grégoire.
  • La demoiselle brune, Stegastes adustus, a un corps sombre, entièrement brun-olive, sans dessin. Sur les flancs, le bord sombre des écailles forme des rayures verticales.

Concernant les juvéniles, les critères de distinction sont encore plus subtils :

  • Le juvénile de Stegastes diencaeus porte un ocelle* noir à la base de la nageoire dorsale, sur les dernières épines et débordant sur le dos. Le haut du corps et la dorsale sont pointillés de bleu.
  • Le juvénile de Stegastes planifrons est entièrement jaune vif, avec parfois quelques petites taches bleues sur la tête et le haut du corps. Il porte une tache noire en avant de la caudale mais aussi un gros pois noir, bordé de bleu, à la base de la nageoire dorsale, à la jonction entre les rayons durs et mous.
  • Le juvénile de Stegastes xanthurus porte un ocelle* noir à la base de la nageoire dorsale, sur les dernières épines, et une petite tache noire sur le pédoncule caudal. Son dos est bleu et ses flancs sont pointillés de brun.

Alimentation

Le beau grégoire adulte se nourrit d'algues, de polychètes, d'amphipodes et de gastéropodes, alors que le juvénile mange des copépodes, des némertiens et des polychètes.

Reproduction - Multiplication

L'espèce est ovulipare* et des couples se forment pour la période de reproduction. Celle-ci a lieu au printemps et en été dans les régions tempérées, elle est moins saisonnière sous les tropiques. Le frai dure une journée. Les parades nuptiales sont brèves et ne durent que 10 à 20 secondes.
Les œufs, d’un jaune brillant quand ils sont frais, verdissent avec l’avancement de la maturation. Ils sont déposés dans des coquilles vides ou sous des pierres, adhèrent au substrat*. Un nid peut contenir jusqu'à 25 000 œufs car plusieurs femelles peuvent pondre dans le même nid. Le mâle monte ensuite la garde auprès d'eux pour éviter qu'ils ne soient mangés par d'autres poissons. Il ventile le nid en battant des pectorales et le nettoie en enlevant les œufs où l'embryon* est mort.
Les œufs éclosent après 3 à 7 jours. Les larves* sont planctoniques* et rejoindront leur habitat définitif après une vingtaine de jours passés en pleine mer.
Il n'y aucune différence entre mâle et femelle.

Vie associée

Certaines blennies à selles installent leur nid près de celui du beau grégoire afin qu'il profite aussi de la protection du mâle Stegastes leucostictus.

Divers biologie

Cette demoiselle produit des signaux acoustiques en cas d'agression mais aussi lors de la parade nuptiale, le mâle les utilisant alors pour attirer les femelles éloignées.

Le beau grégoire est territorial mais se montre bien moins agressif que les autres demoiselles. Peu farouche, il se laisse observer de près.

La girelle à tête bleue, Thalassoma bifasciatum, est connue pour manger les œufs du beau grégoire.

La composition des nageoires est de XII épines et 13 à 16 rayons mous pour la dorsale et de II épines et 12 à 14 rayons mous pour l'anale.

Réglementation

Depuis 2010, cette demoiselle est classée LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : en danger, VU : Vulnérable).

Origine des noms

Origine du nom français

Grégoire : de nombreuses espèces du genre Stegastes portent ce nom vernaculaire, en français comme en anglais (« gregory »). Les noms vernaculaires étant le plus souvent descriptifs et/ou issus de traditions régionales, il serait hasardeux de leur chercher une origine savante. Cependant, il est frappant de constater que le grec [gregoros], signifie « le vigilant, celui qui veille », ce qui s'applique fort bien à ces poissons du fait de la surveillance continuelle et agressive de leur domaine.

Origine du nom scientifique

Stegastes : du grec [stegastos] = couvert. Le créateur du genre (Leonard Jenyns, 1800-1893) y fait allusion en raison de la couverture d’écailles que présente la majeure partie des nageoires impaires chez les espèces qui composent ce genre.
leucostictus : dans la mythologie grecque, Ino était une reine mortelle de Thèbes. Lorsqu'elle faillit se noyer, Zeus décida d'en faire une divinité marine, et lui donna le nom de Leucothea, la déesse blanche, du grec [leuco] = blanc, et du grec [stictus] = pointillé.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 159291

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Labroidei Labroïdes Une seule dorsale, dents molariformes formant un puissant appareil masticatoire.
Famille Pomacentridae Pomacentridés
Genre Stegastes
Espèce leucostictus

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