Sargasse japonaise

Sargassum muticum | (Yendo) Fensholt

N° 2013

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Thalle pyramidal, dressé et ramifié
Frondes lancéolées
Présence d’aérocystes de petite taille, ovoïdes et pédicellés
Couleur jaune verdâtre à brun rougeâtre

Noms

Autres noms communs français

Filant (Cotentin)

Noms communs internationaux

Japanese sargasso weed, japweed (GB), Sargazo japonés (E), Japanisher Beerentang (D), Japans bessenwier (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Sargassum kiellmanianum f. muticum Yendo

Distribution géographique

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Atlantique Nord-Est, de la Norvège à l’Espagne, Méditerranée nord-occidentale, océan Pacifique (Japon, Corée).

Biotope

La sargasse affectionne les fonds sableux, détritiques et abrités de l’étage médiolittoral à l’étage infralittoral jusqu’à une profondeur de 20 m environ.

Description

Les Sargasses ont des thalles de grande taille pouvant mesurer de 1 à 12 mètres de hauteur. Cette algue brune a un port général pyramidal du fait de la longueur supérieure des rameaux basaux par rapport aux rameaux apicaux*. Le thalle de la sargasse japonaise, de couleur jaune verdâtre à brun rougeâtre, est souple et coriace.
Il est fixé au substrat par un disque basal portant plusieurs axes cylindriques très ramifiés. Les rameaux portent également de nombreux petits flotteurs pédonculés*, les aérocystes ou vésicules aérifères, subsphériques (ovoïdes) et brun jaunâtre. Le diamètre de ces derniers varie de 2 à 6 mm et c’est grâce à eux que l’algue va pouvoir se maintenir érigée dans l’eau.
Les jeunes rameaux portent des pseudofeuilles foliacées ou phylloïdes*, lancéolées* à nervure médiane et aux bords lisses ou dentés. La taille des pseudofeuilles diminue vers le haut du thalle.
Cette algue est pérenne par sa base en forme de disque et c’est à partir de cette base que l’on peut dénombrer les cicatrices des axes précédents.

Espèces ressemblantes

Sargassum vulgare : cette espèce, présente uniquement en Méditerranée, est beaucoup plus petite puisqu’elle ne dépasse pas 1 m de hauteur, ses frondes sont plus longues et ses aérocystes sont de forme ronde.

Sargassum hornschuchii
: espèce endémique de Méditerranée, pseudofeuilles lancéolées plus grandes et gaufrées, vésicules aérifères plus grosses et sphériques, vit plus profondément (plus de 30 m).

Cystoseira baccata
: thalle aplati en zigzag présentant de nombreuses vésicules aérifères latérales. Absence d’iridescence bleutée. Absence de ramules épineux, non rugueux. Le thalle peut atteindre 1 mètre de long.

Cystoseira tamariscifolia
: épineuse au toucher, elle est aussi plus petite (taille maximum 60 cm de haut). Elle présente souvent, seulement lorsqu'elle est immergée, des irisations bleuâtres, absentes chez Sargassum.

Ascophyllum nodosum
: lanières plus épaisses, flotteurs beaucoup plus gros.

Alimentation

Comme toutes les algues, la sargasse japonaise est un organisme autotrophe* photosynthétique*. L'algue tire son énergie de la lumière solaire, et grâce à l'absorption d'eau, de dioxyde de carbone et des sels minéraux dissous dans l’eau, elle fabrique les matières organiques nécessaires à son développement.
La photosynthèse est facilitée par les vésicules aérifères qui permettent à l'algue d'être érigée vers la surface.

Reproduction - Multiplication

La reproduction asexuée ou multiplication végétative par bouturage est très fréquente chez cette algue. Les fragments arrachés ont une étonnante capacité de survie ; entraînés par les courants, ils redonneront un thalle à plusieurs kilomètres de distance.
La reproduction sexuée est également décrite, les organes mâles et femelles sont sur le même thalle.
Elle a lieu de mai à septembre. Les réceptacles sont situés à l’aisselle des expansions foliacées, ils sont latéraux, cylindriques, pédicellés et non ramifiés. Ils atteignent 10 mm de longueur et 1 mm de diamètre. Les conceptacles sont unisexués, mais les réceptacles sont bisexués. Les gamètes sont libérés par des petites ouvertures, les ostioles, puis les œufs ou zygotes donneront de nouveaux thalles. Le cycle de développement est dit monogénétique, c'est-à-dire qu’une seule génération connue assure la réapparition d’un individu identique à celui d'origine.
La croissance maximale, plus de 4 cm par jour, a lieu au printemps. Après l’été, les thalles vont dépérir progressivement ne laissant apparaître, durant la période hivernale, que leur base.

Vie associée

Elle sert de support à de nombreux végétaux (autres algues) et animaux : ascidies, mollusques gastéropodes prosobranches et opisthobranches.
La densité des rameaux fait que cette algue sert également de refuge à de nombreux juvéniles de poissons.

Divers biologie

Espèce envahissante introduite en Europe accidentellement. Originaire du Japon, elle arrive sur les côtes anglaises en 1973 puis françaises en 1975 avec l'importation de naissains d'huîtres (Magallana gigas).
Elle a rapidement colonisé tout le littoral français du fait de sa croissance rapide et des conditions favorables du milieu.
Il est bon de noter que cette phéophycée est particulièrement résistante à la dessiccation, aux variations de température et de salinité, ce qui explique en partie la rapidité de son invasion. Sa densité également peut expliquer la raréfaction, en certains endroits, de la flore autochtone Saccharina latifolia ou Himanthalia elongata.
Cette algue n’est pas consommée par la faune locale en dehors de quelques oursins.
Au Japon et en Corée, où elle est cultivée, elle est réduite en farine et sert à l’alimentation du bétail et de l’homme ; on lui connaît également des propriétés pharmaceutiques.

Informations complémentaires

Sa prolifération rapide et sa densité provoquent d’incontestables nuisances écologiques car elle envahit et étouffe la flore indigène. Elle entrave également les activités humaines en s’emmêlant dans les hélices des bateaux ou les filets des pêcheurs. C’est une gêne incontestable pour la conchyliculture.

Origine des noms

Origine du nom français

Sargasse : traduction littérale du nom latin.
Japonaise : en rapport avec son lieu d’origine.

Origine du nom scientifique

Sargassum : de l’espagnol [sargass] = sorte de varech.
muticum : du latin [mutilus] = sans pointe, émoussé, mutilé, tronqué.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Ochrophyta Ochrophytes ou Hétérokontes, ou Straménopiles: présence d'un stade unicellulaire à 2 flagelles, un lisse et un à poils tubulaires.
Classe Phaeophyceae Phéophycées Algues brunes.
Ordre Fucales Fucales
Famille Sargassaceae Sargassacées
Genre Sargassum
Espèce muticum

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