Raphitome de La Via

Raphitoma laviae | (R. A. Philippi, 1844)

N° 5901

Espèce présente en Méditerranée

Clé d'identification

Coquille fusiforme, trapue, robuste
Protoconque multispirale
Côtes axiales plus épaisses que les cordons
Espaces entre les côtes plus larges que celles-ci
Présence d’une encoche labiale au niveau de la suture
Pas d’opercule
Animal translucide, ponctué de blanc
Siphon noir ourlé de blanc à son extrémité
Taille courante de 6 à 8 mm

Noms

Synonymes du nom scientifique actuel

Pleurotoma laviae R. A. Philippi, 1844
Philbertia laviae (R. A. Philippi, 1844)
Raphitoma (Cyrtoides) rudis intermedia F. Nordsieck, 1968
Raphitoma intermedia F. Nordsieck, 1968

Distribution géographique

Espèce présente en Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]

Raphitoma laviae est présente dans toute la Méditerranée.

Biotope

C'est une espèce des zones infralittorales* rencontrée principalement sous les pierres, sur les algues brunes et les rhizomes* de Posidonia oceanica.

Description

La coquille est fusiforme*, trapue, robuste, c’est la plus petite du genre, d’une hauteur de 6 à 8 mm, dépassant rarement les 9 mm.
La protoconque* (premiers tours initiaux sur la coquille) est multispirale*. Elle est de couleur plus claire que le reste de la coquille.
La téléoconque* (ensemble composé des autres tours) compte de 5 à 6 tours convexes séparés par une suture* évidente.
La sculpture (relief) robuste se compose d’environ 21 à 24 côtes* axiales, traversées par des cordons spiraux plus fins, dont 6 au-dessus de l’ouverture. Leur croisée dessine un maillage carré et leurs points de rencontre forment des nodules réguliers ressemblant à des perles légèrement allongées. Les espaces entre les côtes sont plus larges que les côtes elles-mêmes.
La rampe sous-suturale est très étroite, la suture profonde et inclinée. L’ouverture ovale se termine par un canal très court. L’encoche labiale* est peu profonde et la columelle* peu sinueuse, déviée à gauche. Le bord labial est épaissi et comporte 9 dents fortes.
La fasciole* siphonale compte 5 à 6 cordons noduleux.
Il n'y a pas d'opercule*.

La couleur de la coquille est pourpre à brun foncé avec des lignes ou des taches blanches. Parfois une fine bande blanche supra-suturale cercle le dernier tour. De rares spécimens entièrement blancs sont connus.

Le corps de l'animal est hyalin* et ponctué de blanc.
Le siphon* est noir ourlé de blanc à son extrémité.
Les yeux sont portés sur les tentacules* oculaires environ à mi-hauteur.

Espèces ressemblantes

Parmi toutes les espèces du genre, Raphitoma laviae peut principalement être confondue avec :

On pourra également comparer Raphitoma laviae avec d'autres membres du genre ou de genres proches, les différences observables à l’œil nu pour des non spécialistes étant parfois subtiles sur de si petits animaux. Par exemple : Raphitoma horrida, R. cordieri, R. andrehoaraui, R. antipolitana... Les genres Leufroya et Cyrillia sont proches également (par exemple Leufroyia concinna, Leufroyia leufroyi ou Cyrillia linearis).

Alimentation

Comme tous les membres de la super-famille des Conoïdés, les Raphitoma sont des espèces prédatrices. Leur radula*, de type toxoglosse*, possède des dents qui se sont transformées en harpons crantés, reliés à une glande à venin. Cette arme redoutable est utilisée pour capturer les proies dont les raphitomes se nourrissent.
Leur régime alimentaire semble être constitué principalement d’Annélides Polychètes.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés. Les œufs sont déposés dans des capsules ovigères*.
Les larves* véligères*, ont une vie planctonique* longue. Le mode de vie larvaire est une caractéristique de l’espèce, dont le témoignage se retrouve sur la coquille qui possède une protoconque multispirale (voir § Informations complémentaires).

Informations complémentaires

Les Raphitoma peuvent avoir deux types de protoconque :

  • Une protoconque paucispirale à 2 tours, témoignant d’un développement larvaire dit lécithotrophique*. Ce stade de développement est court. Les larves véligères peuvent passer quelques minutes à quelques jours sans se nourrir, ni grandir et se retrouvent proche de leur lieu d’éclosion.
  • Une protoconque multispirale de 3 à 4 tours, témoignant d’un développement larvaire dit planctotrophique*. Les larves se déplacent au gré des courants marins, se nourrissent du plancton* et peuvent ainsi coloniser des espaces beaucoup plus lointains.
Les Raphitoma stricto sensu* méditerranéennes sont en cours de révision et comptent actuellement 48 espèces, mais certaines restent encore à décrire.

Origine des noms

Origine du nom français

Raphitome de La Via : l’espèce est dédiée à Gregorio Barnaba La Via (1793-1854), naturaliste italien, prieur des Bénédictins et professeur d’agriculture à Catane.

Origine du nom scientifique

Raphitoma : du grec [rhaphé] = couture, suture ; et [tomé] = coupe, coupure, taille. Il s'agit effectivement d'un gastéropode caractérisé par une petite entaille attenante à la suture postérieure.

laviae : latinisation du nom propre La Via, l’espèce lui étant dédiée par Philippi en 1844.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 195913

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Caenogastropoda Caenogastropodes
Ordre Neogastropoda Néogastéropodes Coquille avec canal siphonal bien développé. Un repli du manteau forme un tube extensible : le siphon. La plupart sont des prédateurs ou nécrophages. Tous marins sauf le genre Clea.
Famille Raphitomidae Raphitomidés
Genre Raphitoma
Espèce laviae

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