Polycère de Hedgpeth

Polycera hedgpethi | Er. Marcus, 1964

N° 1814

Cosmopolite

Clé d'identification

Corps allongé couvert de petits points serrés gris-noir
4-6 tentacules oraux
2 crêtes claires entre rhinophores et branchies fusionnant en 1 crête claire entre branchies et queue
6 appendices autour des branchies
Tous les appendices avec une bande jaune sommitale

Noms

Autres noms communs français

Noms communs internationaux
Hedgpeth’s dorid, tramp polycera (GB)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Polycera gnupa (Marcus 1967) n'est plus valide.

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes

Décrite pour la première fois de Californie, la polycère de Hedgpeth est aujourd’hui observée dans de nombreuses mers : océan Atlantique (Nord-Ouest, Sud-Est), Méditerranée, océan Pacifique (Est et Ouest), océan Indien (Ouest).
Plus précisément, l'espèce est observée sur les côtes d'Amérique du Nord, d'Afrique de l’Ouest, Afrique du Sud, Nouvelle Zélande, Australie, dans le nord de l’Espagne, au Japon… et, en France dans les étangs de Thau et de Salses-Leucate ou au cap d'Agde (34).

Biotope

La polycère de Hedgpeth est une espèce côtière vivant à faible profondeur (10 m max. en Australie). On la trouve sur les récifs, mais aussi (et surtout) dans ou près des ports : sur les pontons flottants, les pilotis, etc…, généralement près, voire sur, des bryozoaires.

Description

La polycère de Hedgpeth est une petite limace allongée, de 1 à 5 cm de long (1,5 cm en Australie ou dans l’étang de Thau, 5 cm maximum en Californie), mouchetée d’une multitude de toutes petites taches sombres qui donnent à son corps une couleur grise, marron à noire. Les parties visibles entre les taches sont translucides.

Elle possède 4 à 6 tentacules effilés à l’avant du corps (en avant de la bouche et sur ses côtés), parfois semblables à des cornes. La base de ces extensions est blanche, surmontée d’un anneau jaune, l’extrémité est plus ou moins ponctuée de taches gris-noir.
Derrière ces tentacules se trouvent 2 rhinophores* bicolores : base sombre, extrémité jaune. Chacun porte 8 à 12 lamelles. Ils sont montés sur de hauts fourreaux mouchetés.
Sur le dos, en position latérale, on distingue 2 crêtes claires plus ou moins parallèles qui relient les rhinophores aux branchies*. Ces crêtes sont quasiment dépourvues de taches noires d’où leur couleur claire. On y observe parfois des points jaunes.
L’animal possède 7 à 10 branchies non rétractables, disposées en rond, au milieu de son dos et entourées de 6 appendices branchiaux de même couleur que les tentacules (3 de chaque côté de l’animal) qui convergent vers l’arrière du corps.
Les branchies elles-mêmes sont densément couvertes de ponctuations sombres et ont l’extrémité jaune.
Une autre crête claire, souvent discontinue, centrée sur le dos relie les branchies à la queue de l’animal, une queue effilée dont l’extrémité est jaune.
Le corps n’est pas lisse, par endroits on peut distinguer de petits tubercules* clairs (blancs, parfois surmontés d’une tache jaune).

Espèces ressemblantes

Certaines formes de Palio dubia (Sars, 1829) (Atlantique Nord), ont une couleur semblable mais celles-ci n’ont pas les divers appendices (branchiaux et tentacules oraux) de P. hedgpethi.

Polycera melanosticta Miller, 1996 : le corps est translucide assez clair, les mouchetures plus grosses. Les extrémités (queue, branchies, palpes labiaux) sont orange. Il n'y a pas d’appendices branchiaux latéraux (Pacifique Ouest).

Alimentation

La polycère de Hedgpeth se nourrit de bryozoaires du genre Bugula, qu’elle racle avec sa langue chitineuse* (la radula*).

Reproduction - Multiplication

L’espèce, comme tous les nudibranches, est hermaphrodite* synchrone avec des structures mixtes (ovotestis*) : en partie testicule, en partie ovaire. Mais il n’y a pas d’autofécondation, une reproduction sexuée avec un partenaire étant indispensable. Les organes génitaux mâle et femelle sont voisins et situés au bord avant droit du pied* de l'animal, derrière la tête. Pour copuler, les partenaires se mettent donc en position tête-bêche.
Ils stockent les spermatozoïdes* dans une poche (spermathèque*). Ils pondent ensuite un large ruban gélatineux, spiralé, contenant de petits œufs blancs qui ont été fécondés au fur et à mesure.
Généralement, les œufs sont pondus près des proies (ici Bugula sp.).
A l’éclosion, les larves* (véligères*) sont planctoniques*. Elles perdront leur coquille après une métamorphose* qui leur donnera leur forme juvénile puis adulte.

Vie associée

On la trouve généralement proche de bryozoaires arbustifs du genre Bugula dont elle se nourrit.

Divers biologie

La radula chitineuse qui lui sert à râper ses proies permet aux biologistes d'identifier avec certitude les nudibranches et de les classer. La composition et la disposition de cette radula sont en effet propres à chaque espèce. Celle de Polycera hedgpethi a une formule radulaire* généralement admise de 17x(3-4.2.0.2.3-4), ce qui peut se lire comme 17 rangées de dents, chaque rangée étant composée de 3 ou 4 dents, puis 2 autres sur la gauche de la radula, idem sur la droite et aucune au milieu.
Les premières dents latérales présentent un crochet distal* et un petit tubercule à la base. Les deuxièmes dents latérales sont légèrement plus larges, crochues au bout, et avec un tubercule basal également plus large. Les dents marginales sont à peu près rectangulaires.

Informations complémentaires

La distribution près des ports serait accidentelle, liée à la navigation, la polycère de Hedgpeth étant alors transportée par la coque des navires, ou l’eau des ballasts.

Réglementation


Origine des noms

Origine du nom français

Polycère de Hedgpeth : francisation du nom scientifique, Polycera hedgpethi.

Origine du nom scientifique

Polycera : du grec [polus] = beaucoup et [keras] = corne, pointe : donc avec de nombreuses pointes, relativement aux extensions orales et/ou dorsales.

hedgpethi : espèce dédiée au biologiste marin américain Joel Walker Hedgpeth (1911-2006), spécialiste des arthropodes et notamment les pygnogonides. Dans une carrière riche et diversifiée (écologiste, auteur), il mena un combat pour la faune et la flore des côtes californiennes. Il fut professeur à l'université du Texas et directeur de plusieurs laboratoires et stations de recherche sur la côte ouest des Etats-Unis.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Doridina Doridiens Corps aplati. Anus dorsal entouré complètement ou partiellement par des branchies de remplacement ramifiées qui peuvent être rétractées (voire absentes). Mangeurs d’éponges, habituellement armés de spicules calcaires internes.
Famille Polyceridae Polycéridés Doridiens limaciformes aux rhinophores lamellés avec souvent quelques papilles frontales et branchiales. Présence de lobes oraux sur la tête ou de tentacules buccaux développés.
Genre Polycera
Espèce hedgpethi

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