Grand pleurobranche

Pleurobranchus grandis | Pease, 1868

N° 826

Indo-Pacifique

Clé d'identification

Taille adulte voisine de 20 cm
Extension proéminente de forme siphonale à l'arrière fréquemment observée
Grande variabilité de robes : Souvent beige clair avec présence de zones brunes ou tout brun
Motifs polygonaux cerclés de blanc et formés d'un gros tubercule central entouré de petits
Branchie latérale, cachée entre le manteau et le pied
Rhinophores bruns enroulés, émergeant d'une invagination du manteau

Noms

Noms communs internationaux

Pleurobranch (GB), Pleurobranco gigante (I), Sofakissen-Seitenkiemerschnecke (D)

Distribution géographique

Indo-Pacifique

Zones DORIS : Indo-Pacifique

On retrouve cette espèce en mer Rouge ainsi que dans tout l'océan Indien et le Pacifique Ouest. Pleurobranchus grandis est notamment présent à Mayotte, à La Réunion et sa distribution va jusqu'aux Philippines et l'Australie. On le rencontre également en Nouvelle-Calédonie.

Biotope

Ce grand pleurobranche est visible plutôt la nuit sur le sable ou dans le récif à la recherche de proies enfouies. Il arrive néanmoins qu'on le rencontre rampant sur le substrat dans la journée.

Description

C'est un des plus grands pleurobranches puisqu'il peut atteindre 20 cm et plus. Il forme une masse ovale et assez molle (il perdure néanmoins une petite coquille interne, réduite à une sorte de disque de calcaire sur le dos, notamment chez les petits individus).
Les pleurobranches possèdent un manteau* cachant complètement le pied. On peut souvent remarquer chez l'individu qui se déplace que la partie postérieure du manteau est relevée vers le haut en forme de siphon.

L'espèce montre beaucoup de variabilité dans la couleur de la robe puisque l'on peut trouver des animaux entièrement brun foncé et d'autres presque blancs avec des tachesbeige clair. Le plus souvent néanmoins, il s'agit de variantes intermédiaires avec le manteau beige clair maculé de larges zones brunes allongées.
Comme chez tous les pleurobranches la surface du manteau est constituée de tubercules. Si l'on s'approche pour observer ces tubercules, on note un motif polygonal, spécifique à Pleurobranchus grandis :un grand tubercule est entouré de plusieurs autres, plus petits ; l'ensemble est cerclé de lignes réticulées blanches(voir photos).
Les groupes de polygones se trouvant sur les zones très claires du dorsum* sont généralement teintés de beige diffus.

Pleurobranchus grandis possède une branchie* qui ressemble à une grande lame et qui se trouve sur le côté droit du corps entre le manteau et le pied. Il faut donc soulever le manteau pour l'observer.

A l'avant de l'animal, le manteau possède deux lobes (pas toujours aisés à voir selon la couleur) qui viennent se rejoindre et se chevaucher, formant une invagination dans la partie céphalique. Deux rhinophores* bruns, enroulés, sont visibles, émergeant au-dessus de la rencontre des lobes, dans l'espace créé.

Espèces ressemblantes

Pleurobranchus forskalii (Ruppell & Leuckart, 1828) : c’est la principale source de confusion car c’est un pleurobranche de grande taille également (15 à 20 cm) et il lui arrive de montrer l’extension siphonale postérieure. Le corps est brun à lie-de-vin. C'est donc avec des individus de cette couleur que la confusion est possible. Mais les tubercules n’ont pas le motif spécifique de P. grandis. Ils sont disposés un peu plus chaotiquement, en de larges plaques et, selon les individus, certaines de ces plaques sont liserées de blanc sur leur bord extérieur, ce liseré faisant comme des demi-cercles blanc opaque sur le manteau brun.

Pleurobranchus weberi (Bergh, 1905) est aussi un grand pleurobranche (18-20 cm) qui n'est pour l'heure connu que d'Indonésie et des Philippines. Il présente une couleur brune à lie-de-vin et c'est donc dans ces couleurs qu'il constitue une source de doute. De plus, la disposition de ses tubercules présente un motif similaire à P. grandis. Mais cette espèce porte souvent sur le manteau des doubles cercles clairs que n'a jamais P. grandis. De plus, il ne semble pas que P. weberi montre la posture en siphon sur l'arrière de son corps lorsqu'il se déplace.

Pleurobranchus peroni Cuvier, 1804 : plus petite (10-12 cm), cette espèce montre, sur son manteau granuleux, des couleurs diverses (de orange à brun en passant par le rougeâtre plus ou moins profond), dont des coloris proches de ceux portés par P. grandis. Les tubercules dorsaux sont un peu plus sombres que le fond, sont entourés d’un liseré intense et ressemblent à des polygones. Il n’y a donc pas le motif propre à P. grandis.

Pleurobranchus albiguttatus (Bergh, 1905) est également plus petit (8 cm) et il montre une répétition de marques triangulaires blanches sur ses tubercules beiges qui permet de lever l’ambiguïté avec de petits spécimens de P. grandis. Présence d'un voile oral généralement bien visible.

Et plus que les adultes, les juvéniles de toutes ces espèces de pleurobranches sont encore plus proches les uns des autres.

Asteronotus cespitosus (Van Hasselt, 1824) est un grand nudibranche avoisinant la taille de P. grandis. Pour un œil non averti, il y a un risque de confusion entre les variantes lie-de-vin lorsque le nudibranche a rentré son panache branchial normalement bien visible à l’arrière. Chez cette espèce, les tubercules dorsaux forment des crêtes arrondies. En règle générale, les nudibranches ont des rhinophores possédant leur propre gaine, ce qui n'est pas le cas des pleurobranches.

Alimentation

Hormis le fait que les pleurobranches sont carnivores, on ne connait pas avec exactitude le régime de Pleurobranchus grandis. Cette espèce se nourrit probablement de tuniciers coloniaux (et solitaires ?) mais des précisions ont besoin d'être apportées.
En effet, on pense que les Pleurobranchidés, toutes espèces confondues, peuvent se nourrir sur une palette de proies assez large (tuniciers, éponges, anémones mais aussi de restes de poissons et même d'autres opisthobranches). Cependant, les observations manquent, et notamment concernant Pleurobranchus grandis.

Reproduction - Multiplication

Les pleurobranches sont des animaux hermaphrodites*, dont les organes génitaux mâles et femelles sont conjointement fonctionnels. Ceux-ci débouchent sur le côté droit du corps, juste devant la branchie.
Les partenaires vont devoir s'accoupler pour un échange réciproque des gamètes mâles. La fécondation est interne et chaque individu pourra ensuite pondre.
Les modalités spécifiques de la reproduction de P. grandis ne sont pas connues avec certitude. La ponte pourrait être un large ruban, plat, (couleur ?) disposé sur le substrat. Le développement des larves n'est pas connu non plus.

Les juvéniles montrent des petites taches rouges sur le tubercule central des motifs dorsaux.

Vie associée

Cette espèce a été observée en association avec la crevette commensale Periclimenes imperator, espèce connue pour enlever les parasites de certains animaux, opisthobranches et holothuries notamment.

Divers biologie

Le manteau de cette espèce sécrète un mucus avec une substance contenant de l'acide (sulfurique ?) assurant sa défense contre les prédateurs.

La branchie unique est collée au pied, complètement dissimulée sous le manteau, sur le côté droit. Elle est l'organe de la respiration.

Les rhinophores, organes des sens présents chez la plupart des opisthobranches, sont des chémorécepteurs (sensibles aux molécules chimiques présentes dans l'eau) qui permettent au notaspidé d'appréhender son milieu sous cet aspect sensoriel. Ils donnent également des indications sur le courant.

Origine des noms

Origine du nom français

Grand pleurobranche : francisation du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Pleurobranchus : du grec [pleuro] = sur le côté, flanc et [branchus] = branchie. C'est donc un animal ayant une branchie sur le côté.

grandis : du latin [grandis] = grand. Induit l'idée de grande taille.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Notaspidea / Pleurobranchomorpha Notaspides / Pleurobranchomorphes Coquille en coupelle plate, cachée ou absente. Cavité palléale représentée par une gouttière située sur le coté droit avec une branchie pourvue d’une double rangée de lamelles. Pas de lobes pédieux. Rhinophores enroulés. Tous marins.
Famille Pleurobranchidae Pleurobranchidés Manteau recouvrant le pied et la branchie latérale. Rhinophores canaliculés, voile buccal aux extrémités parfois enroulées. Coquille toujours interne.
Genre Pleurobranchus
Espèce grandis

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