Couleur généralement assez vive pour les sujets jeunes
Robe unie ou à motifs géométriques très variés
Forme souple ou forme plus compacte voire rigide
Taille de quelques microns à plusieurs mètres
Sachet de mer, pochon, sak Lanmè (créole)
Plastic bag (GB), Sacchetto di plastica (I), Bolsa de plástico (E), Plastiktüte (D), Plastic zak (NL)
Parkesine cellulosae Pakes, 1862
Celluloïdae spp. Hyatt, 1870
Macrodetritus plastikus Poubelle, 1883
Saktati rozaiblan de Barbès, 1980
Sakacin centimdeuro Carouf, 2009
mais tous ces noms sont non valides
Cosmopolite
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ● Caraïbes, ● Atlantique Nord-Ouest, ● Eau douce d'Europe, ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]Plastikus spp. se rencontre dans toutes les mers et cours d'eau du monde.
Plastikus spp. colonise tous les milieux aquatiques, du fond des abysses jusqu'à la zone de balancement des marées et sur les plages. On le rencontre également en eaux douces, dans les ruisseaux, rivières, fleuves, lacs, étangs. On trouve cette espèce se cachant parmi les herbiers, les failles rocheuses où elle reste immobile. Elle a la capacité de se fixer sur des organismes comme les gorgones Eunicella cavolinii en Méditerranée ou tout autre organisme arbustif. Présent en pleine eau, Plastikus spp. est visible par le plongeur uniquement sous sa forme macroscopique, les individus microscopiques sont confondus avec le micro-plancton*.
La forme, la couleur, la texture, l'aspect ne sont pas véritablement des critères d'identification, cette espèce revêt une multitude de combinaisons de formes, de couleurs généralement assez vives pour les sujets jeunes. Plastikus spp. présente tantôt une robe unie ou des motifs géométriques très variés rappelant des cercles, des carrés ou rectangles, des rayures, voire même des motifs écossais ou rappelant des symboles d'écritures. Les formes de cette espèce sont très diverses, souples faisant penser à des méduses ou siphonophores, rigides et compactes rappelant l'aspect d'un poisson coffre. Certains spécimens auront une forme plus longiligne, fine de plusieurs mètres de longueur rappelant les chaînes de salpes. L'aspect de la robe revêt de multiples facettes, lisse et douce, en peau d'orange ou craquelée, boursouflée, exsudée*, ridée et même tachée. La taille varie de quelques micromètres à plusieurs mètres.
La morphologie interne de l'animal est très surprenante car on ne distingue aucun système interne, en cas de dissection l'aspect obtenu à l'endroit de la coupure ne permet pas de voir l'intérieur de l'animal, la peau de celui-ci se reforme immédiatement et masque l'intérieur. La durée de vie de ces différentes espèces varie de quelques années à plusieurs centaines d'années.
Plastikus vegetalis de la famille du maïs ou colza est pour l'instant peu présente mais risque à terme d'occuper la niche de Plastikus spp. en raison de son développement rapide. Celui-ci possède une forme souple et a une durée de vie très courte à comparer avec Plastikus spp..
Amphora romana qui est une forme fossile de Plastikus spp., cette espèce est généralement découverte près des épaves, on suppose que l'alimentation d'Amphora romana était liée à la décomposition de ces épaves.
Amphora asiatica qui colonise les fleuves d'Asie, mais dont certains spécimens ont pu être observés en Méditerranée dans les zones proches des ports.
Tous les genres Amphora ont une texture dure et calcifiée.
Aplysilla sulfurea Schulze, 1878 : confusion possible pour cette éponge à l'aspect jaune plastique fixée au substrat*.
Bien qu'il entre dans la composition du menu de très nombreuses espèces, Plastikus spp. n'a jamais été observé en train de se nourrir. Le milieu scientifique s'interroge à ce sujet : comment une espèce telle que celle-ci peut-elle vivre aussi longtemps sans se nourrir ?
Il semblerait que Plastikus spp. se reproduise essentiellement à terre. Les études les plus sérieuses estiment que la population mondiale des Plastikus spp. augmente de 26 milliards de nouveaux individus par an, espèces marines et terrestres confondues. Aucun cycle de reproduction en mer n'a pu être observé. Les scientifiques ont longtemps envisagé que les grands rassemblements dans les vortex créés par les courants des différents océans, comme dans le Pacifique au large d'Hawaï, étaient un lieu de reproduction. On a décrit une phase de reproduction asexuée ; contrairement aux autres espèces, les Plastikus spp. se divisent en plusieurs individus de plus en plus petits qu'on ne voit jamais croître. Bien au contraire, ceux-ci se déposent sur le fond de l'océan, formant ainsi une couche épaisse ressemblant à des bactéries. Tous les individus surpris dans les rivières rejoignaient la mer ; aucune observation de migration de la mer vers les embouchures de fleuve ou de retour à la source n'a été signalée, contrairement aux nombreuses espèces qui retournent sur leurs lieux de naissance afin de s'y reproduire.
Une des espèces de Plastikus spp., Plastikus polaris, espèce microscopique, hermaphrodite*, a besoin de stimuli très forts pour libérer ses gamètes. En effet, sans que l'on sache comment, cette espèce se retrouve sur nos vêtements. Elle profite du passage en machine à laver le linge pour se reproduire. La température de 30 à 60 degrés, le brassage régulier dans de l'eau basique puis acide favorisent la libération de ses gamètes ; on retrouve ainsi les nouveaux individus dans nos rivières puis dans les océans parmi le plancton*.
Plastikus spp. est très souvent recouvert d'algues et d'organismes, dès l'instant où il passe le plus clair de son temps dans l'eau. Plusieurs études sérieuses ont démontré que Plastikus spp. était plus abondant près des zones d'activité humaine. Curieusement, ce sont les sujets jeunes qui semblent le plus côtoyer les humains. Certains témoignages décrivent des sirènes de l'océan Indien, Sirena mirabilis, drapées de saris aux couleurs vives ; ces saris pourraient être confectionnés à partir de Plastikus spp. Cette hypothèse n'a reçu aucune confirmation du monde scientifique.
De nombreux touristes choisissant des destinations tropicales et exotiques ont été vus recouverts de Plastikus spp. pour se protéger de la pluie, ils choisissent un plastique de mer en forme de sac et l'enfilent par la tête après avoir percé trois trous au fond du sac.
Cette espèce est considérée comme invasive et très abondante, au point de gêner les activités de pêche : les filets des pêcheurs remplis de Plastikus spp. restent vides de poissons et risquent de rompre sous le poids (c'est notamment le cas en Méditerranée sur les côtes libanaises). Cependant, cette espèce est largement pêchée par les grands capitaines, ainsi voit-on, dans les ports des côtes sud ou ouest de la France comme Nice, Marseille ou La Rochelle, des bateaux au nom de capitainerie de ..., munis de filets grillagés à l'avant effectuer d'incessantes navettes entre les pontons du port afin de capturer un maximum de prises. Ces prises sont ensuite acheminées dans de drôles de pêcheries au nom bizarre de "déchetterie" afin d'y être conditionnées. De nombreuses communautés de communes, d'associations de défense de l'environnement, ainsi que les commissions environnement et biologie subaquatique de la F.F.E.S.S.M. participent à la capture de Plastikus spp. lors des journées environnement, généralement au mois de juin de chaque année.
Il arrive parfois que Plastikus spp. soit la proie de Plumbum quadrangulatum et de ses terribles crochets ; il lui sera impossible de se décrocher. Seul le pêcheur pourra le libérer de cette morsure, et suivant des critères propres à celui-ci, Plastikus spp. sera remis à l'eau, abandonné à une mort certaine sur le bord ou bien jeté au fond d'un sac généralement de couleur noire pour rejoindre ces fameuses conserveries appelées déchetteries. On estime la biomasse mondiale de cette espèce à plus d'une centaine de milliards de tonnes, et à environ cinq cent millions de tonnes pour la seule Méditerranée. Malgré la quantité impressionnante d'individus de cette espèce, les plongeurs auront plus de chance de l'observer sur les plages après une tempête. Alors que la plupart des espèces qui s'échouent sur une plage meurent, Plastikus spp. entre en léthargie et peut ainsi rester des années sur cette plage, à moins de profiter de la prochaine marée pour regagner le large. Des témoins ont également rapporté avoir vu Plastikus spp. quitter la plage pour regagner la haute mer en volant sous l'action du vent.
La position systématique du Genre Plastikus spp. est très controversée parmi les spécialistes, malgré plusieurs congrès internationaux. Elle n'est donc pas encore mentionnée par ITIS, ni par le MNHN.
En l'absence de consensus international, la classification française est actuellement la suivante :
Embranchement | Détritus | Déchets | Tout objet insoluble dont le rejet en mer n'est pas une solution |
Classe | Canulariida | Canulariidés | Le seul taxon à faire l'unanimité |
Ordre | Celluloidae | ||
Famille | Platikae | ||
Genre | Plastikus | ||
Espèce | spp. |
Plastikus spp. n'est pas l'unique espèce aquatique de la classe des Canulariida. On peut citer parmi ses proches cousins le poisson d'Avril Canularichthus aprilis qui, lui, est composé de cellulose. Ces espèces sont activement recherchées par le plongeur Homo palmus et la sirène Sirena mirabilis.
Plastikus spp. n'est pas comestible pour l'homme, cela pose d'énormes problèmes pour l'alimentation humaine et animale. En effet sous sa forme microscopique, Plastikus spp. est ingéré par une multitude d'organismes, ce qui contamine toute la chaîne trophique. Les autorités françaises ont d'ailleurs dû interdire la capture et la consommation d'espèces contaminées, comme les sardines Sardina pilchardus, dans certaines zones de pêche. C'est sous sa forme macroscopique et lorsque Plastikus spp. ressemble à s'y méprendre aux gélatineux comme les scyphozoaires ou méduses, les salpes et cténaires qu'il devient extrêmement dangereux pour les espèces qui seraient tentées de s'en nourrir, en effet les tortues de mer ou les mammifères marins tels les dauphins ou cachalots qui le consommeraient seraient voués à une mort certaine par indigestion et occlusion intestinale.
De nombreux pays ont instauré des interdictions de
Plastikus spp. C'est le cas d'Haïti en 2012, mais également de la Mauritanie et du Mali depuis le 1er janvier 2013 ou du Bangladesh en 2002.
Le Danemark, l'Irlande, la province de Québec au Canada taxent
Plastikus spp. à usage unique non biodégradable.
La France a interdit la distribution des sacs de caisse à usage unique de moins de 50 microns gratuits ou payants à compter du 1er juillet 2016. Au 1er janvier 2017, l'interdiction sera étendue aux sacs fins en matières plastiques à usage unique de moins de 50 microns, non compostables, notamment les sacs distribués pour l'emballage des marchandises en rayon, ainsi que tous les emballages plastiques non biodégradables et non compostables pour l'envoi de la presse et de la publicité. En 2020, cela sera au tour de la vaisselle jetable en plastique d'être interdite sauf si elle est compostable.
Plastique de mer : est une proposition de DORIS, en correspondance avec la traduction du nom latin.
Pochon : sans rapport avec l'inventeur, ce mot est utilisé en Belgique et dans l'ouest de la France pour désigner un petit sac muni de poignées ressemblant aux tentacules de certaines variétés de plastique de mer et servant de cabas pour les commissions.
Plastikus : du grec [Plastikos] = forme, figure
Plastikus : du latin [Plastus] = imitation, trompeur, simulé : en raison des diverses formes que peut prendre l'espèce.
Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
---|---|---|---|
Classe | Canulariida | Canulariides | Organismes polymorphes et divers surgis de pensées espiègles ou ayant des origines oniriques. |
Genre | Plastikus | ||
Espèce | spp. |
Volupté
Tel un morceau de soie porté par le vent, Plastikus spp. évolue avec volupté dans la colonne d'eau.
Plage de Minelli Bastia (2B), 3 m
09/07/2008
Colonisé
Flottant sous la surface, Plastikus spp. peut facilement être confondu avec d'autres espèces marines. Ce spécimen est particulièrement colonisé par des algues.
Baie de St Florent (2B), 2 m
12/07/2011
Tentacules vers la surface
Ce spécimen à robe transparente marquée de bleu, flotte sous la surface, on peut remarquer que les deux tentacules* en forme d'anneaux dirigés vers le haut sont prêts à capturer les proies. C'est une des variétés les plus courantes, on la trouve partout, dans l'eau, sur la plage, celle ci a d'ailleurs la capacité de voler à l'aide du vent.
Citadelle St Florent (2B), 3 m
23/09/2011
Gélatineux mais lequel ?
Ce cliché montre parfaitement le camouflage de Plastikus spp., il est parfaitement semblable à certains cténaires et on comprend mieux la méprise des mammifères marins ou tortues qui en l'ingérant sont condamnés à une mort certaine.
Banyuls (66)
23/08/2009
Echoués
Echoués sur la plage, on remarquera la diversité de couleurs, de formes, de ces individus de forme allongée et longiligne.
Plage de la Marana Bastia (2B)
2007
Sur la plage
Echoués sur la plage, certains de ces individus montrent des traces d'attaque de prédateurs, ce sont ici des individus benthiques* vivant sur le fond.
Plage de la Marana Bastia (2B)
2007
Retenu prisonnier par le sable de plage
Plastikus spp. peut parfois atteindre des tailles considérables, celui-ci mesure plusieurs mètres de long et a certainement une surface de plus d'une dizaine de m². Cet individu à demi enfoui sous le sable n'a pu rejoindre le large après s'être échoué. Sa belle couleur noire et encore brillante prouve que l'échouage est récent. Un cachalot de 10 mètres pesant 4,5 tonnes a été retrouvé mort sur une plage d'Andalousie après avoir ingéré un plastique de 30 m² et ses cordages, c'est plus de 17 kg de Plastikus spp. que les scientifiques ont trouvé dans l'estomac de l'animal. On recense 4 décès de cachalots au monde suite à ingestion de plastique de mer (source AFP du 7 mars 2013).
Plage de la Marana Bastia (2B)
01/12/2008
Flashy
Dans une flaque, à marée basse, parmi les algues de l'estran* dans lesquelles notre sujet s'est imbriqué.
Peut facilement être confondu avec la ponte jaune de Aplysia fasciata.
Saint Malo (35), 0,5 m
30/10/2011
Piégé par la montée des eaux
Surpris par la montée des eaux, Plastikus spp. est resté accroché aux branches. Ce cliché pris dans une réserve naturelle à quelques mètres d’un parking montre que les activités humaines favorisent les rencontres avec les plastiques de mer.
Etang de Biguglia, (2B)
25/01/2013
En plongée
Dans bon nombre de pays extra européens hélas les plastiques sont devenus une plaie telle que les rencontres en plongée ne sont pas rares.
Egypte, Daedalus Reef, 46 m
27/08/2012
Variété asiatique
Cet individu seul dans l’immensité de l’océan a capté l’attention du photographe, il est beaucoup plus courant de rencontrer des colonies de Plastikus spp. sous ces latitudes. Cet individu est certainement très jeune, sa robe translucide ne présente aucune trace de colonisation ou de prédation.
Thailande, Koh Bon Manta Point, 25 m
21/04/2010
En altitude
Surpris dans une rivière de montagne à plus de 600 m d'altitude et tapi sur le fond de galets, Plastikus spp. est peut être venu se reproduire en eau douce, malgré que cela n'ait jamais été vu et confirmé.
Asco (2B), 3 m
09/07/2012
Flotteurs
Ressemblant à des physalies sans les cellules urticantes, Plastikus spp. n'en reste pas moins dangereux pour les espèces qui le consommeraient.
Djibouti
27/06/2009
Recherche
Des plongeurs de la F.F.E.S.S.M. prospectent en ligne à la recherche de Plastikus spp., une fois capturé celui-ci est enfermé dans les sacs filets jaunes visibles sur la photo, pour qu'il ne puisse pas s'échapper.
Saint Florent (2B), 2 m
05/06/2011
Dernière mode
Malgré une destination ensoleillée pour ses vacances, cette touriste a été surprise par le mauvais temps, elle a utilisé Plastikus spp. en guise d'imperméable en faisant 3 trous au fond du sac. Pour inciter le soleil à revenir, elle a gardé son chapeau.
Ile de Beauté, Tahiti Plage (20)
2012
Fragment parmi les spicules d'éponge
Extraction de spicules d'éponge Haliclona mucosa, directement faite sur la lame de microscope : quelle surprise de trouver entre les trois bulles d'air, un micro fragment de plastique de forme allongée. L'ingestion de Plastikus spp par les animaux est ici confirmée. Combien d'autres organismes ingèrent ces micro-plastiques : difficile à dire !
Laboratoire lors d'un stage Bio à Antibes (06)
10/08/2016
Vortex
Les zones rouges situent les immenses vortex situés en plein océan, Plastikus spp. vient-il y mourir ou s'y reproduire ?
N/A
Reproduction de documents anciens
N/A
Rédacteur principal : Daniel BURON
Vérificateur : Laurent FEY
Responsable régional : Daniel BURON
Sophie Tovagliari, ed www.arthur-et-cie.com, LE PLASTIQUE, C'EST PAS TOUJOURS FANTASTIQUE !
Déchets en mer Christian Marais, ed l'Harmattan, 2005, L'ÂGE DU PLASTIQUE Découvertes et Utilisations, Préface de Pierre-Gilles de Gennes Acteurs de la Science HISTOIRE SCIENCES ET TECHNIQUES
Gérard Bertolini, ed Sang de la Terre, 1991, HOMO PLASTICUS Les plastiques, défi écologique.