Pétoncle géant

Placopecten magellanicus | (Gmelin, 1791)

N° 1857

Atlantique Nord-Ouest

Clé d'identification

Face dorsale rougeâtre, jaunâtre, brunâtre, rose à vert-gris
Extérieur coquille formé de cercles de croissance concentriques
Surface avec fines rainures
Petites oreillettes symétriques et égales

Noms

Autres noms communs français

Pecten d'Amérique, peigne hauturier de l'Atlantique

Noms communs internationaux

Atlantic deep sea scallop, North Atlantic sea scallop, sea scallop, deep sea scallop (GB), Viera americana (E)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Pecten grandis Solander, 1797

Distribution géographique

Atlantique Nord-Ouest

Zones DORIS : Atlantique Nord-Ouest

Le pétoncle géant est présent dans le nord-ouest de l'Atlantique, de la côte nord du Saint-Laurent, jusqu'à la Caroline du Nord. Les principales concentrations se situent sur le Banc Georges, dans la baie de Fundy, dans la baie des Chaleurs et autour des Iles de la Madeleine et de l'Archipel de Saint-Pierre et Miquelon.

Biotope

Le pétoncle géant vit en eau froide à des températures allant de 5 à 15 °C. On le trouve à des profondeurs pouvant aller jusqu'à 60 m sur des fonds constitués de graviers, de graviers mélangés à du sable ou encore de sable sur les fonds stables.

Description

Ce mollusque bivalve possède une coquille bien caractéristique à charnière en deux parties. Les deux valves d'un diamètre sensiblement égal (jusqu'à 200 mm) sont en forme d'éventail. La valve du dessus est cependant légèrement plus convexe que l'autre. L'extérieur de la coquille est formé de cercles de croissance concentriques et de rainures. La coquille est évasée de chaque côté de la charnière formant de petites oreillettes symétriques et égales, à l'endroit où les deux valves se rejoignent.
La teinte de la valve supérieure varie du rougeâtre, au brunâtre, jaunâtre, rose ou vert gris. Celle de la valve du dessous est blanche ou crème. À l'intérieur, on trouve une chair de couleur blanche, il s'agit du muscle abducteur qui constitue la partie comestible du pétoncle géant. Son manteau est constitué de couches de tissus. Il forme une espèce de doublure sur la couche interne de sa coquille. Des yeux iridescents* sensibles à la lumière ainsi que des tentacules sensoriels sont présents sur tout le pourtour musculeux de ce manteau.

Espèces ressemblantes

Son cousin le pétoncle d'Islande Chlamys islandica possède des côtes rayonnantes bien marquées, sa couleur est souvent orange vif, et ses oreillettes placées de chaque côté de la charnière sont de taille différente.

Alimentation

Le pétoncle géant filtre l'eau pour se nourrir de plancton, d'algues microscopiques et de certains déchets organiques. Il se nourrit également de petites particules en suspension.

Reproduction - Multiplication

Les pétoncles géants ont des sexes séparés. Ils atteignent leur maturité sexuelle à l'âge de deux ans. Le mâle possède des gonades de couleur blanc crème, celles de la femelle sont rouges. La principale période de reproduction a lieu en automne, elle débute fin août pour s'achever en octobre. Les œufs et le sperme sont libérés en pleine eau. La fécondation est externe. Quelques jours après leur fécondation, les œufs passent au stade larvaire, ils vont se développer dans les colonnes d'eau pendant une période comprise en 30 et 60 jours (en fonction de la température de l'eau et de la nourriture disponible). A l'issue de cette phase larvaire ils se déposeront sur le fond et subiront une série de métamorphoses jusqu'au stade de pétoncles juvéniles.

Vie associée

Des vers plats peuvent parasiter l'espèce à certains stades de son développement. Deux petits poissons, la limace des pétoncles Liparis inquilinus et la merluche rouge juvénile Urophycis chuss s'installent parfois à l'intérieur de la coquille du pétoncle géant sans nuire apparemment à leur hôte.

Divers biologie

L'âge du pétoncle géant peut atteindre 21 ans. On compte parmi ses prédateurs deux crustacés : le tourteau pointclos ou crabe commun du golfe Cancer irroratus et le homard américain Homarus americanus. Les échinodermes de l'Atlantique Nord-Ouest comme l'étoile de mer commune Asteria rubens, le soleil de mer épineux Crossaster papposus, l'étoile sanguinolente Henricia sanguignolata, l'étoile polaire Leptasterias polaris et le soleil de mer pourpre Solaster endeca se nourrissent également du pétoncle géant.

La croissance des pétoncles se détermine d'après la disposition des anneaux annuels sur la coquille. Le taux de croissance est influencé par la quantité de nourriture disponible et la température (donc la saison et la profondeur). Les hydrocarbures ont un effet sur la réduction de la croissance et sur la mortalité de l'espèce.

Le pétoncle géant se déplace en ouvrant et en refermant rapidement ses valves, ceci aussi bien sur le plan horizontal que vertical sur des distances pouvant aller à plus d'un mètre.

Informations complémentaires

Le pétoncle géant est généralement pêché à la drague, cette méthode de pêche consiste à laisser dériver de lourds paniers dentés sur les fonds marins. Cette méthode est reconnue pour endommager sérieusement les habitats de fonds marins et contribuer fortement au déclin des pétoncles sauvages. Cette raréfaction de ressource a conduit à l'émergence de nouvelles méthodes de culture innovatrices au Canada. Le pétoncle géant est l'espèce cultivée dominante en terme de chiffre d'affaire en Nouvelle-Écosse et au Québec. En 2007, la mariculture québécoise a produit 640 tonnes de produit (moules, myes et pétoncles) pour un chiffre d'affaire de 208 0000 dollars canadiens. 54% de ce chiffre d'affaire est assuré par les pétoncles pour seulement 2% du volume, 90% du volume en moules. En 2005 on parlait d'une production totale de 237 tonnes de pétoncle au Canada pour 1079 k$ de chiffre d'affaire.

Deux techniques de culture :
- La première technique repose sur l'utilisation de casiers pyramidaux, de structures appelées lanternes ou encore par une mise en boucle d'oreille qui permettent une croissance rapide des pétoncles (la taille commerciale est atteinte en 3 à 5 ans (en fonction du calibre désiré) au lieu de 6 à 7 en milieu naturel).
- La deuxième méthode consiste à collecter des larves sur des sites réglementés. Lorsque le pétoncle atteint la taille d'environ 1 cm (1 an), on le transporte sur des sites d'ensemencements. Pour maximiser la survie, la plupart des programmes d'ensemencements du pétoncle prévoient un prégrossissement dans des casiers pyramidaux pendant six mois supplémentaires pour atteindre une taille de 3 cm.

L'aquaculture de pétoncle géant est également présente dans l'Archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Des importations de naissains en provenance de Nouvelle-Ecosse ou encore des Iles-de-la-Madeleine destinés à l'élevage et aux ensemencements ont lieu chaque année. Depuis 2006, un programme de repeuplement des fonds de pêche permet l'ensemencement de 6 millions de juvéniles par année.

Réglementation

Le pétoncle géant est pêché depuis les côtes situées au nord du golfe Saint-Laurent et de Terre-Neuve jusqu'aux côtes de la Caroline du Nord aux États-Unis. Il est soumis à des plans de gestion au Canada. L'espèce est sur la liste rouge de Greenpeace Canada.

L'arrêté du 22 mars 1996 modifiant l'arrêté du 20 mars 1987 interdit la pêche des Peignes du Canada (Placopecten magellanicus) et des Pétoncles d'Islande (Chlamys islandica) du 1er janvier au 1er avril (JO 30 mars 1996) dans l'Archipel de Saint-Pierre et Miquelon.

Origine des noms

Origine du nom français

Pétoncle : du latin [pectunculus], que l'on traduit par « petit peigne de mer ».

Origine du nom scientifique

Pecten du latin [pecten] = peigne de mer, c'est-à-dire la coquille Saint-Jacques.
magellanicus de Fernand Magellan (1480 -1521), navigateur et explorateur portugais.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Pteriomorphia Ptériomorphes Muscle adducteur postérieur développé, antérieur réduit.
Ordre Ostreoida Ostréoïdes Adultes sans pied. Pas de byssus chez les adultes (il se résorbe à l'âge de un an et demi à deux ans). Souvent fixés au substrat par la valve gauche par un ciment calcaire. Charnière sans dent. Cartilage ligamentaire dans une fossette triangulaire.
Famille Pectinidae Pectinidés

Coquille plate, arrondie, avec des côtes ou des plis radiaux. De part et d'autre du crochet, des "oreilles". Le bord du manteau porte de nombreux tentacules sensoriels et des yeux. Un seul grand muscle adducteur.

Genre Placopecten
Espèce magellanicus

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