Holothurie rayée

Pearsonothuria graeffei | (Semper, 1868)

N° 1776

Indo-Pacifique tropical Ouest et central, mer Rouge

Clé d'identification

Adultes
Holothurie quasi-cylindrique de 35 cm de taille moyenne
Couleur crème, taches marron, points et tirets noirs
Papilles coniques avec épine blanche
Tentacules buccaux noirs liserés de blanc sur leur face supérieure, blancs en dessous

Juvéniles
Mimétiques de phyllidies bleues à bandes noires
Papilles jaunes

Noms

Autres noms communs français

Holothurie tiretée, holothurie léopard (attention, une autre holothurie Bohadschia argus est communément désignée sous ce nom).

Noms communs internationaux

Blackspotted sea cucumber, leopard sea cucumber, striated sea cucumber, long stickyfish, flowerfish, orange fish (GB), Gestrichelte Seegurke, Strichel-Seegurke (D), Gestreepte zeekomkommer (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Bohadschia graeffei (Semper, 1868)
Holothuria graeffei Semper, 1868
Holothuria (Bohadschia) graeffei Panning, 1929

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical Ouest et central, mer Rouge

Zones DORIS : Indo-Pacifique

On rencontre cette holothurie dans l'océan Indien (Mayotte, La Réunion) et l'océan Pacifique occidental. Elle est présente en mer Rouge, mais pas dans le golfe Persique. On la trouve de la Chine à la côte est de la Nouvelle-Calédonie, elle est absente de la côte ouest de la Nouvelle-Calédonie. Elle est aussi présente à Wallis et Futuna et en Polynésie française.

Biotope

Cette espèce se rencontre sur les fonds rocheux des récifs coralliens proche de la côte (en particulier, les massifs coralliens présentant également des algues rouges calcaires), entre la sub-surface et 25 m de profondeur.

Description

L'holothurie rayée est une espèce de taille moyenne (environ 35 cm, avec un maximum de 45 cm). Son poids moyen est de 700 g, mais peut atteindre 1,3 kg. Les adultes sont beige clair ou de couleur crème, avec de grosses taches marron et des points noirs. On peut aussi observer des rangées de petits traits noirs, fins et obliques. La partie dorsale est parsemée de fines papilles coniques se terminant par une épine blanche. Le tégument est fin et lisse.

Le corps est quasi-cylindrique, aplati au niveau du ventre qui porte trois rangées longitudinales de podia* brunâtres terminés par une ventouse d'un brun sombre. Le ventre est gris, avec de petits points noirs. La bouche, ventrale, est entourée de 25 grosses taches brun foncé et de nombreux petits points noirs. Elle contient 23 à 28 tentacules buccaux, en forme de couronne, qui sont noirs bordés de blanc sur la face supérieure, et blancs sur leur face inférieure. L'anus est terminal et sans papilles anales.

Les juvéniles présentent un dos gris-bleu avec trois bandes longitudinales noires et des nodules épineux jaunes, ressemblant étrangement à certains nudibranches toxiques (Phyllididés). Puis, la couleur bleue disparaît pour le blanc crème et des points noirs apparaissent au stade subadulte.

Espèces ressemblantes

Les juvéniles peuvent être confondus avec des nudibranches toxiques (Phyllididés), tels que Phyllidia varicosa ou Phyllidia coelestis.

Alimentation

Détritivore* et limnivore* diurne, Pearsonothuria graeffei s'alimente sur des substrats de coraux et d'éponges morts qu'elle semble débarrasser des algues (rouges) et des dépôts sédimentaires. Elle palpe le substrat avec ses tentacules buccaux, à la recherche de nourriture. Les particules comestibles sont ingérées avec leur support inorganique, qui est ensuite restitué dans les fèces.

Reproduction - Multiplication

Comme toutes les holothuries, la reproduction est sexuée et la fécondation est externe. Les individus de la même zone se dressent sur leur partie arrière, balancent lentement la partie antérieure de leur corps, et déversent leurs gamètes dans la colonne d'eau. Après fusion des gamètes mâles et femelles, l'œuf donne une larve qui a une vie pélagique.
Il n'y a pas de dimorphisme sexuel.

Divers biologie

Cette espèce est particulièrement active de jour, mais est visible de jour comme de nuit.

Elle dispose d'un organe de Cuvier formé de nombreux tubules blanchâtres et peut expulser ses tubes de Cuvier pour se défendre. Toutefois, il semble que cette espèce n'utilise ce mode de protection que très rarement.

Son tégument atteint 4 mm d'épaisseur et contient des sclérites* de formes diverses. En effet, le tégument dorsal et ventral de l'adulte présente des sclérites formant des pseudo-tourelles épineuses très caractéristiques (en forme de fusée) et des rosettes simples à très complexes constituant souvent des plaques, alors que les sclérites des tentacules forment des rosettes allongées à extrémités festonnées. Enfin, les sclérites des juvéniles sont exclusivement en forme de rosettes branchues.

Cette holothurie ne connaît pas la « marche arrière ». Elle détecte les obstacles avant de « rentrer dans le mur » et modifie sa trajectoire (observation personnelle de la rédactrice).

Le juvénile mime des nudibranches toxiques (Phyllididés), telles que Phyllidia varicosa ou Phyllidia coelestis. La jeune holothurie change d'aspect dès que sa taille devient trop grande pour que la supercherie trompe encore d'éventuels prédateurs.

La densité de population de cette holothurie est très faible (environ 0,005 individu par mètre carré).

Informations complémentaires

Cette holothurie est comestible. Comme les autres holothuries, elle est vendue séchée sous le nom de bêche-de-mer ou trépang, très apprécié dans les pays asiatiques. Le nom commercial du trépang d'holothurie rayée est « long stickyfish ».

L'holothurie rayée contient de grandes quantités de glucosides triterpéniques qui ont des propriétés anti tumorales. D'autre part, son tégument présente une très grande concentration de molécules semblables à la mycosporine lui conférant une capacité de protection contre les rayonnements ultraviolets (les ultraviolets, dont principalement les UV-B, étant considérés comme cancérigènes).

Cette holothurie a changé de nom de genre en 1984, suite à l'étude de ses caractéristiques chimiques (en particulier à partir de sa composition en glucosides triterpéniques). Le genre Pearsonothuria a été créé pour elle. Elle est encore très fréquemment nommée Bohadschia graeffei dans les guides, la littérature commerciale et même la littérature scientifique.

Origine des noms

Origine du nom français

Holothurie rayée ou tiretée : en référence aux petits traits noirs visibles sur le corps.

Origine du nom scientifique

Pearsonothuria : en l'honneur de Karl Pearson (1857-1936), mathématicien britannique, qui appliqua les statistiques de régression à la biologie (étude de la sélection naturelle)
-thuria: "emprunt" au nom Holothuria en remplaçant le préfixe par Pearson.

graeffei : en l'honneur d'Eduard Heinrich Graeffe (1833-1916), naturaliste autrichien, qui rédigea des ouvrages sur la faune marine de la région de Trieste.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Echinozoa Echinozoaires Echinodermes non étoilés de forme globuleuse ou allongée. Ce groupe renferme les oursins et les concombres de mer.
Classe Holothuroidea Holothuroïdes Echinodermes vermiformes, ouverture buccale à l’extrémité antérieure du corps et entourée d’une couronne de tentacules rétractiles, anus postérieur, une seule gonade : holothuries, concombres de mer.
Endosquelette réduit à de microscopiques ossicules ou plaques, inclus dans la paroi du corps.
Ordre Holothuriida Holothurides

(Anciennement: Aspidochirotida / Aspidochirotes) Symétrie bilatérale, avec une sole de reptation et des podia buccaux en forme d’écusson. Présence de poumons, pas de muscle rétracteur de la bouche.

Famille Holothuriidae Holothuriidés Podia munis d’ampoules. La gonade est placée à gauche du mésentère dorsal.
Genre Pearsonothuria
Espèce graeffei

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