Crevette nordique

Pandalus borealis | Krøyer, 1838

N° 4587

Atlantique Nord

Clé d'identification

Carapace dure à fortes épines
Rostre très long, relevé et fin doté de petites épines
Petite épine médiodorsale sur le 3e segment abdominal
Couleur rose transparent vif à rose rougeâtre

Noms

Autres noms communs français

Crevette de Matane, crevette de Sept-Iles, crevette boréale, crevette rose

Noms communs internationaux

Northern shrimp, pink shrimp, deepwater prawn, deep-sea prawn, great northern prawn (GB), Gamberetto boreale (I), Camarón norteño (E), Grönlandgarnele, Eismeergarnele (D), Noorse garnaal (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Pandalus borealis borealis Krøyer, 1838
Dymas typus
Krøyer, 1861
Pandalus edenticulatus Retowsky, 1946

Distribution géographique

Atlantique Nord

Zones DORIS : ● Atlantique Nord-Ouest

La crevette nordique est présente dans tout l'Atlantique Nord. On la retrouve en Atlantique Nord-Ouest au Canada, de la baie de Baffin jusqu’au golfe du Maine au sud. On la retrouve également dans le fjord du Saguenay au Québec et dans l'archipel français de Saint-Pierre et Miquelon. Elle est présente également au Groenland, en Islande, dans le nord des îles Britanniques, au Danemark, en mer de Norvège, au Svalbard et au Spitzberg.

Biotope

La crevette nordique vit sur des fonds mous et vaseux à des profondeurs de 18 à 1380 mètres où les températures varient de 1 à 6 degrés Celsius.

Description

La crevette nordique est la principale espèce de crevette dans l’Atlantique Nord froid. Elle présente une carapace dure à fortes épines. La longueur moyenne de la carapace est de 24 mm pour les mâles et de 35 mm pour les femelles. La longueur totale habituelle des mâles se situe entre 70 et 105 mm et celle des femelles entre 90 et 150 mm. Elle peut atteindre exceptionnellement 165 mm. Le poids de la crevette nordique peut varier de 3 g à 15 g. La crevette nordique est rose transparent vif à rose rougeâtre. On peut distinguer par transparence les organes internes.

Elle possède 2 longues antennes* rouges et 5 paires de pattes longues et fines. Le rostre* est long et étroit, légèrement arqué au-dessus des yeux et recourbé vers le haut en son milieu. Il porte de 12 à 16 épines dorsales et de 6 à 9 ventrales. Les yeux pédonculés* sont très grands.

Le telson* porte 3 paires d'épines terminales et de 8 à 11 paires d'épines latérales. Une petite épine médiodorsale est présente sur le 3e segment abdominal. Sur les 10 péréopodes* 6 sont dédiés exclusivement à la locomotion et 4 à l'alimentation.

Espèces ressemblantes

Dans le Pacifique Nord, la crevette rose d'Alaska Pandalus eous est très proche de P. borealis ; cette espèce a été considérée jusqu'en 1992 comme une sous-espèce de P. borealis.

Pandalus montagui la crevette striée est transparente également mais possède des stries de bandes rouges prononcées.

Alimentation

Elle se nourrit de nuit de zooplancton* (copépodes et euphausiacés) qu'elle capture dans la colonne d'eau mais également de foraminifères, de vers, de petits crustacés, de déchets organiques qu'elle trouve sur le substrat*.

Reproduction - Multiplication

La crevette nordique est une espèce hermaphrodite* protandre*, c'est-à-dire qu'elle est de sexe mâle au début de sa vie jusqu'à sa maturité en moyenne vers l'âge de 4 ans, puis elle devient une femelle reproductrice pour le reste de sa vie. Les femelles pondent des œufs en été et les transportent sous leur abdomen au niveau des pléopodes* où ils sont fixés grâce aux soies ovigères*. Les mouvements des pléopodes assurent l'oxygénation des embryons. L'éclosion a lieu au printemps. On dénombre de 800 à 4 300 œufs par ponte ; ce nombre varie principalement en fonction de la taille de la femelle mais aussi en fonction de la localisation géographique. Les larves* après l'éclosion passent trois à quatre mois par les stades zoé*. Ces larves sont planctoniques* jusqu'à ce qu'elles atteignent le premier stade post-larvaire ; elles abandonnent alors leur vie planctonique, deviennent benthiques*, et poursuivent leur développement.

Vie associée

Ses principaux prédateurs sont la morue franche Gadus morhua, le flétan du Groenland Reinhardtius hippoglossoides, le sébaste Sebastes spp, les raies Raja radiata et Raja spinicauda, le loup de mer Anarhichas spp, le crabe des neiges Chionoecetes opilio et le phoque du Groenland Pagophilus groenlandicus.
Le bopyre branchial Bopyroides hippolytes et le bopyre abdominal Hemiarthrus abdominalis sont des crustacés isopodes parasites connus chez la crevette nordique.

Divers biologie

La longévité est estimée aux alentours de 8 ans.
La démarche est lente et gracieuse.

Statuts de conservation et réglementations diverses

La ressource en crevette nordique du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent est exploitée commercialement depuis les années 1960. Toutes les pêches de crevettes nordiques dans l’est du Canada sont assujetties au Règlement de pêche de l’Atlantique sur les eaux territoriales. Elles sont soumises à une gamme de mesures de gestion visant à promouvoir l’exploitation durable des ressources de crevettes. Elles comprennent entre autres un maillage minimal de 40 mm et l’utilisation obligatoire de grilles de tri pour réduire les prises accessoires des espèces non ciblées. Cette espèce est récoltée au moyen de chaluts de fonds. Depuis 2010, les stocks de crevettes nordiques et les quotas des pêcheurs exploitant cette ressource tendent à diminuer. À l’heure des changements globaux, les eaux du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent semblent particulièrement touchées par le phénomène de désoxygénation. Le taux annuel de captures de crevettes nordiques dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent était de 17 999 tonnes en 2020 selon le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), contre 37 016 tonnes en 2009.
Les principaux marchés de la crevette nordique sont l’Europe, l’Asie et les États-Unis. Elle est principalement vendue surgelée.

Origine des noms

Origine du nom français

Crevette nordique : francisation du nom scientifique associée à sa distribution. Nom officiel de la FAO.
Le nom de crevette de Matane vient du fait qu'elles soient transformées à Matane depuis 1965. La crevette mise en marché arrivait de Matane, l’habitude s’est développée et l’expression «crevette de Matane» s’est installée.

Origine du nom scientifique

Pandalus : du latin [pandalus] = pandale. Il s'agit du nom du genre décrit par Leach lors de ses premières découvertes de crustacés sur les côtes d'Angleterre.
borealis : du grec [boreos] = nordique.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 107649

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Sous-embranchement Crustacea Crustacés Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes.
Classe Malacostraca Malacostracés 8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen.
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax.
Super ordre Eucarida Eucarides Présence d'un rostre.
Ordre Decapoda Décapodes La plupart marins et benthiques. Yeux composés pédonculés. Les segments thoraciques sont fusionnés avec la tête pour former le céphalothorax. La première paire de péréiopodes est transformée en pinces.  Cinq paires d'appendices locomoteurs (pinces comprises).
Sous-ordre Caridea Caridés Les Caridés sont caractérisés par des pléopodes natatoires. C'est à ce groupe qu'appartiennent une grande partie des espèces de crevettes.
Famille Pandalidae Pandalidés Pattes 1 et 2 terminées par une minuscule pince ; rostre avec dents et dépassant les yeux ; ces derniers non recouverts par la carapace.
Genre Pandalus
Espèce borealis

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