Olindias

Olindias muelleri | Haeckel, 1879

N° 784

Cosmopolite des mers chaudes et tempérées

Clé d'identification

Ombrelle translucide de 6 cm de diamètre maximum
4 canaux radiaires principaux en croix de couleur rose-rouge ou mauve
Nombreux canaux radiaires secondaires centripètes et aveugles
Jusqu'à 60 tentacules primaires courts, blanchâtres, à extrémité adhésive
Jusqu'à 120 tentacules secondaires longs et transparents

Noms

Autres noms communs français

Hydroméduse nocturne

Noms communs internationaux

Cigar jelly (GB)

Synonymes du nom scientifique actuel

Oceania phosphorica delle Chiaje, 1841
Olindias phosphorica (Delle Chiaje, 1841)
Olindias muelleri Graeffe, 1884

Distribution géographique

Cosmopolite des mers chaudes et tempérées

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ● Caraïbes, ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]

Cette méduse cosmopolite est présente en Méditerranée, dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique. Elle est toutefois absente des hautes latitudes.

Biotope

Olindias muelleri sera observée à faible profondeur, près des côtes, en pleine eau ou, le plus souvent, au dessus du fond parmi les algues et les posidonies. Elle sera plus facilement observable la nuit.
Cette espèce est plus abondante en été et en automne, où elle peut pulluler lors de certaines périodes de réchauffement important.

Description

Olindias muelleri est une petite hydroméduse dont l'ombrelle, hémisphérique, peut atteindre six centimètres de diamètre.
L'exombrelle*, parfois aplatie en disque, est totalement translucide de jour. De nuit, où l'animal sera plus facilement observable, elle présente une bioluminescence qui lui confère une teinte bleu-vert.
La méduse possède quatre canaux radiaires principaux disposés en croix, de couleur rose-rouge ou mauve, et le long desquels s'étendent les gonades, festonnées et de couleur blanche. Ces dernières s'étendent parfois jusqu'aux lèvres du manubrium*, allongé et se terminant par une bouche étroite. Entre deux canaux radiaires, c'est-à-dire sur chaque quadrant de l'ombrelle, l'endoderme est parcouru par onze à dix neuf canaux plus fins, de taille inégale et reliés au canal marginal. Ils sont centripètes, non ramifiés et aveugles (ils se terminent en cul de sac). Le vélum*, caractéristique des hydroméduses, forme un petit anneau périphérique peu visible.

Sur le bord de l'ombrelle s'enracinent de très nombreux tentacules. On peut en observer deux types :
- les tentacules primaires : à chaque canal radiaire fait face un tentacule primaire, qui prend naissance tangentiellement au dessus du bord de l'ombrelle. Courts, d'aspect lisse et blanchâtre, ces tentacules sont épaissis à leur extrémité en un bouton adhésif. A la base de chacun des tentacules primaires, épaissie en un bulbe rouge, est accolée une paire de statocystes* de couleur blanche. Le nombre de tentacules primaires peut atteindre 60.
- les tentacules secondaires : dans de petites dépressions situées sur le bord de l'ombrelle prennent naissance les tentacules secondaires. Bien plus longs (plusieurs fois la diamètre de l'ombrelle en pleine extension) et transparents, ces tentacules sont garnis de très nombreuses batteries de cnidocytes* (cellules urticantes) bien visibles ; leur extrémité est dépourvue de bouton adhésif. Le nombre de tentacules secondaires peut atteindre 120.

La forme polype, qui alterne avec la forme méduse, est minuscule et très peu connue (voir paragraphe reproduction).

Espèces ressemblantes

Il existe de très nombreuses espèces d'hydroméduses, dont certaines ressemblent à Olindias muelleri. Peu observées en plongée, notamment à cause de leur transparence, de leur profondeur et de leur petite taille, elles demeurent peu connues du grand public. Leur identification requiert presque toujours la consultation d'ouvrages spécialisés.

Alimentation

Olindias muelleri est planctonophage*, son régime est carnivore. La méduse étend en pleine eau ses nombreux tentacules (primaires et secondaires) garnis de batteries de cnidocytes* au moyen desquels elle harponne et paralyse les petites proies du plancton (crustacés, larves,...) qui sont ensuite dirigées vers la bouche.

Reproduction - Multiplication

Comme chez la grande majorité des Cnidaires Hydrozoaires, le cycle de reproduction de Olindias muelleri passe par deux phases (sexuée et asexuée).
La méduse est gonochorique* : il existe des individus mâles et des individus femelles. Il y a émission des gamètes et fécondation en pleine eau (phase sexuée). La larve planula* qui en résulte mène une courte vie pélagique pendant laquelle elle nage au sein du plancton grâce à son revêtement ciliaire. Elle finit par tomber sur le substrat où, si les conditions le permettent, elle se fixe et se transforme en un polype minuscule.
Solitaire, ce polype est soutenu au sommet d'une hydrothèque* cylindrique dont la longueur est supérieure à celle du polype lui-même. La bouche, située à son sommet, est cernée de cnidocytes*, le polype étant dépourvu de tentacules. Sur les flancs de ce polype se développent des gonophores*, qui produiront de minuscules méduses (phase asexuée).

Divers biologie

La méduse est à même d'utiliser les structures adhésives situées à l'extrémité de ses tentacules primaires pour se maintenir aux feuilles de posidonie et résister au courant !

Origine des noms

Origine du nom français

Olindias : Il n'existait pas de nom vernaculaire pour cette méduse dans la littérature naturaliste. Olindias, reprise du nom de genre scientifique, est une proposition du site DORIS.

Hydroméduse nocturne, car cette espèce est plus visible la nuit.
Un phare de plongée met joliment en évidence ses pigments luminescents bleu-vert.

Origine du nom scientifique

Olindias : genre décrit par Fritz Müller en 1861 (espèce Olindias sambaquiensis), peut-être en référence à la petite ville littorale d'Olinda (ou Olindia), dans l'état de Pernambouc, au nord-est du Brésil. F. Müller a d'ailleurs vécu longtemps au Brésil, jusqu'à sa mort.

muelleri : de Mueller. L'espèce est probablement dédiée au Baron Sir Dr. Ferdinand Jakob Heinrich von Mueller, (1825-1896), botaniste australien d'origine allemande, Professeur à l'Université de Kiel en 1847. Arrivé en Australie en 1848 pour des raisons de santé, il a été directeur des jardins botaniques de Melbourne entre 1853 et 1873 et naturaliste de l'expédition d'exploration de l'Australie du Nord en 1855-1856. Il a été fait chevalier par la reine Victoria.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Ordre Limnomedusae Limnoméduses Phase méduse prédominante. Polypes en général athèques et peu visibles. Quelques espèces d'eau douce.
Famille Olindiidae Olindiidés
Genre Olindias
Espèce muelleri

Nos partenaires