Myriophylle

Myriophyllum sp. |

N° 373

Presque cosmopolite

Clé d'identification

Plante immergée sans racines
Fixée ou flottante
Feuilles en forme de peigne, douces au toucher et en verticilles de 4 feuilles
Tiges grêles et ramifiées

Noms

Autres noms communs français

Volant à fleurs

Noms communs internationaux

Water-milfoil, watermilfoil, water milfoil (GB), Millefoglio d'acqua comune (I), Milfulles d'aigua, volantí espigat (E), Ähren-Tausendblatt, ähriges Tausendblatt (D), Aarvederkruid (NL)

Distribution géographique

Presque cosmopolite

Zones DORIS : Eau douce d'Europe, Atlantique Nord-Ouest

Presque cosmopolite (elle est absente de l'Amérique du Sud et de l'Australie).
Elle est présente dans toute la France.
Elle est présente localement dans toute la Suisse. Elle semble cependant absente des Grisons.

Biotope

La lumière étant réduite, la photosynthèse est également réduite et Myriophyllum sp. pousse près de la surface là où la lumière est suffisante. Selon la teneur en calcaire de l'eau, l'espèce peut varier : les eaux riches en calcaire et éléments nutritifs favorisent la croissance de M. spicatum, mais c'est l'inverse pour M. verticillatum.
Elle est fréquente et en grandes quantités dans les eaux stagnantes ou à courant lent.

Description

Le genre Myriophyllum comprend de nombreuses espèces qu'il est difficile voire impossible d'identifier exactement en plongée. C'est pourquoi nous avons préféré une description « généraliste » au départ de l'espèce européenne Myriophyllum spicatum.

Myriophyllum sp. fait partie des plantes à fleurs dont les ancêtres terrestres sont retournés à l'eau. Cette espèce est complètement immergée, à l'exception des petites fleurs qui éclosent à la surface de l'eau. Elle peut être fixée ou flottante.
L'eau étant surabondante, les vaisseaux conducteurs sont peu développés et les racines sont absentes. Elles sont remplacées par des rhizoïdes qui apparaissent sur les tiges et qui fixent la plante.
Les feuilles sont profondément divisées jusqu'à la nervure (en forme de peigne) et disposées en verticilles de 4 feuilles. Elles sont douces au toucher. Les tiges sont grêles et ramifiées.
La taille atteint 2 à 3 m.

Espèces ressemblantes

Ceratophyllum demersum : ses feuilles sont également verticillées (insérées sur la tige en un seul point) mais elles ne se divisent qu'une ou deux fois et leur toucher est rude.

Alimentation

Comme tous les végétaux, cette plante est autotrophe grâce à la photosynthèse. Elle fabrique sa propre matière organique grâce à l'eau, au dioxyde de carbone et à l'énergie lumineuse. Les feuilles et les rhizoïdes absorbent l'eau et les minéraux car les racines ont disparu.

Reproduction - Multiplication

Reproduction sexuée
Myriophyllum est une plante monoïque*, c'est-à-dire qui ne possède soit que des fleurs mâles, soit que des fleurs femelles. Les fleurs, qui sortent de l'eau, sont petites et n'attirent pas l'attention. La germination est irrégulière.
Reproduction asexuée
Elle se reproduit majoritairement de manière végétative, par fragmentation et bouturage des tiges. La fragmentation de la plante se déroule pendant une bonne partie de l'année et les rhizoïdes se développent souvent sur un fragment avant que celui-ci ne se détache de la plante mère. Elle produit en outre des hibernacles, bourgeons spécialisés qui permettent d'assurer la survie de la plante en hiver et sa multiplication.

Vie associée

Les herbiers à myriophylles abritent souvent des gastéropodes, des petits crustacés, et des bryozoaires. C'est aussi le refuge de petits poissons. Ces plantes servent aussi d'ancrage à de nombreux micro-organismes.

Divers biologie

Les éléments nutritifs étant dissous dans l'eau, ils ne sont pas absorbés par les racines (absentes) mais par toute la plante et en particulier par les feuilles.
L'oxygène se dissout moins dans l'eau que dans l'air et pour y pallier, la plante stocke de l'air dans les espaces intracellulaires. De ce fait, dans l'eau, cette plante n'a guère besoin de tissus de soutien et les parties ligneuses ont disparu.
La myriophylle peut se fixer sur n'importe quel support grâce à ses rhizoïdes (fausses racines).
Tous ces éléments font de Myriophyllum sp. une plante remarquablement adaptée à la vie en immersion.

Informations complémentaires

La myriophylle est une plante qui se développe très bien en aquarium. Elle est vendue partout et recommandée à cause de son fort pouvoir d'oxygénation (photosynthèse importante) et parce qu'elle absorbe les nitrates et empêche la prolifération des algues par émission de molécules toxiques.
De plus elle sert de protection aux alevins.
En aquarium sa prolifération peut être envahissante si on ne la contrôle pas régulièrement.

Myriophyllum aquaticum (myriophylle aquatique, millefeuille aquatique ou myriophylle du Brésil) est originaire d'Amazonie. Au XXe siècle, elle a été introduite en Europe occidentale, Afrique du Sud, Japon, Nouvelle-Zélande et Australie. Hors de l'Amazonie, on ne trouve que des pieds femelle et elle se reproduit exclusivement de manière assexuée. Son introduction en France serait liée à des essais de naturalisation dans la région bordelaise vers 1880. Elle est signalée dès 1913 comme envahissante. Limitée jusqu'au milieu du XXe siècle aux étangs littoraux aquitains, elle s'est maintenant largement répandue en France et Belgique. Selon les régions, différentes méthodes d'éradication ont été testées : arrachage, dragage, et herbicides.

Myriophyllum spicatum a été introduite en Amérique du Nord entre 1950 et 1980. Dans les lacs et les plans d'eau où les plantes indigènes ne sont pas bien établies, elle tend à les supplanter. En de nombreux endroits, elle est considérée comme une nuisance. On utilise contre elle des moyens de lutte biologique : un lépidoptère Acentria papillon et un charançon Euhrychiopsis lecontei.

Réglementation

En Wallonie (Belgique) :
Myriophyllum alterniflorum DC. : cette espèce est mentionnée dans l'Annexe 6b du décret du 6 décembre 2001 modifiant la Loi du 12 juillet 1973 de la Conservation de la Nature qui indique (Article 3) que cette espèce est partiellement protégée : menacée d'extinction.

Origine des noms

Origine du nom français

Myriophylle: traduction directe du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Myriophyllum est dérivé du mot grec [myrios] = sans nombre, et [phyllon] = feuille, par allusion aux très nombreuses divisions des feuilles.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Magnoliopsida Dicotylédones Embryons à deux cotylédons*.
Sous-classe Rosidae Rosidés
Ordre Haloragales Haloragales
Famille Haloragaceae Haloragacées
Genre Myriophyllum
Espèce sp.

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