Éponge verruqueuse

Melonanchora elliptica | Carter, 1874

N° 3776

Atlantique Nord-Ouest et Nord-Est, Caraïbes

Clé d'identification

Massive et encroûtante
Verruqueuse
Oscules elliptiques ou circulaires gros et peu nombreux
Coloration blanc ou gris blanchâtre jaunâtre

Noms

Noms communs internationaux

Warty sponge (GB)

Distribution géographique

Atlantique Nord-Ouest et Nord-Est, Caraïbes

Zones DORIS : Atlantique Nord-Ouest

Elle est présente dans le Saint-Laurent et sur les deux côtés de l'Atlantique Nord-Ouest et Nord-Est (côte nord de l'Écosse et des îles Féroé, côtes norvégiennes). En Amérique jusqu'aux Caraïbes. La présence dans les Antilles est enregistrée mais en fait non confirmée.

Biotope

On la trouve sur les substrats* rocheux essentiellement entre 50 et 1300 m de profondeur. Cependant il n'est pas rare de l'observer dans l'espace infralittoral* et notamment sur les parois et les piliers de quais.

Description

L'éponge verruqueuse est une éponge encroûtante massive de couleur blanc ou gris blanchâtre jaunâtre. Sa forme générale est globuleuse, ondulée, parsemée de tubercules courts, tronqués et aplatis sur les deux tiers de sa partie supérieure. Les oscules* elliptiques ou circulaires sont gros et peu nombreux, ils sont disposés au sommet des crêtes. La taille des oscules est comprise entre 2 et 8 cm.

Alimentation

Elle se nourrit en filtrant les minuscules particules de nourriture en suspension dans l'eau grâce au mouvement des cellules ciliées* spécifiques des éponges : les choanocytes*.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.
- Sexuée : par œufs et spermatozoïdes*, aboutissant à la naissance d'une larve* ciliée nageuse qui se fixe rapidement pour donner une nouvelle éponge. Les éponges sont généralement hermaphrodites*, l'émission des gamètes* mâles et femelles est parfois spectaculaire, mais rarement observée.
- Asexuée : par bourgeonnement* ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin. Bien qu'existante, cette reproduction est relativement secondaire. Cette espèce est capable de produire des bourgeons plus ou moins complexes appelés gemmules* qui se forment à l'intérieur des tissus à la fin de l'été.

Les éponges ont une forte capacité de régénération.

Vie associée

Certains échinodermes comme l'étoile sanguignolente Henricia sanguinolenta ou l'ophiure pâquerette Ophiopholis aculeata, de petits crustacés tels les caprelles ou les crevettes striées Pandalus montagui se fixent sur l'éponge verruqueuse afin de profiter des rejets de nourriture. Les petits chaboisseaux pondent leurs œufs dans les replis de l'éponge. Les œufs sont ventilés par la circulation importante d'eau à travers les canaux de l'éponge.
Elle peut être la proie de mollusques de la famille des Littorinidés ou de certains nudibranches.

Divers biologie

Les spicules* de son derme sont des diactines* lisses aux extrémités arrondies (tylotes*) et les mégasclères* du choanosome* sont des styles lisses et courbes à pointe courte. Les microsclères* sont des isochèles de deux tailles (21-28 µm et 47-75 µm) et des sphérancres (melonchelas) de 54 à 58 μm de long.

Informations complémentaires

C'est lors des expéditions menées à bord de l'HMS Porcupine (sur le banc des Aiguilles et l'isthme de Panama) en 1847 que H.J. Carter a décrit la forme des spicules de cette éponge.

Origine des noms

Origine du nom français

Elle doit son nom à son aspect verruqueux.

Origine du nom scientifique

Melonanchora : melon, préfixe du nom des spicules* de type melonchelas et anchora du latin [ancora]=ancre, forme qui rappelle un type de spicule isochèle*.

elliptica : du latin [elliptica] = elliptique par analogie à la forme des spicules.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymula.

Ordre Poecilosclerida Poécilosclérides « Eponges à spicules variés ». Charpente de spicules siliceux (styles ou acanthostyles) renforcée de spongine. Plusieurs types de mégasclères et de microsclères (chèles, sigmas...).
Sous-ordre Myxillina Myxillines
Famille Myxillidae Myxillidés
Genre Melonanchora
Espèce elliptica

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