Vivaneau sarde grise

Lutjanus griseus | (Linnaeus, 1758)

N° 3108

Noms

Autres noms communs français

Pagre gris (Guadeloupe), sarde grise (Martinique), vivaneau de mangrove, vivaneau gris, parguette, pagre mulâtresse

Noms communs internationaux

Grey snapper, mangrove snapper, grey silk (GB), Caballerote, pargo, pargo de mangel, pargo prieto (E), Caranha, luciano (P), Grijze zeebars (NL), Schnapper, Grauer Schnapper (D),

Synonymes du nom scientifique actuel

Labrus griseus Linnaeus, 1758
Sparus tetracanthus Bloch, 1791
Anthias caballerote Bloch & Schneider, 1801
Lutjanus caballerote (Bloch & Schneider, 1801)
Mesoprion caballeorte (Bloch & Schneider, 1801)
Bodianus vivanetus Lacepède, 1802
Bodianus vivanet
Lacepède, 1802
Lobotes emarginatus
Baird & Girard, 1855
Lutjanus stearnsi
Goode & Bean, 1878
Lutjanus stearnsii
Goode & Bean, 1878

Distribution géographique

Zones DORIS : ● Caraïbes

Le vivaneau sarde grise est présent dans l’ouest de l’océan Atlantique, du Massachusetts aux Bermudes, vers le sud jusqu’au Brésil, dans le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Il est particulièrement abondant autour du littoral de la Floride.

Biotope

Ce poisson vit en larges bancs près des récifs coralliens, dans les mangroves, dans les estuaires, les ports, mais aussi en pleine mer, depuis des zones très peu profondes jusqu’à des profondeurs de 180 m.

Des spécimens rencontrés dans certaines rivières des États-Unis montrent la tolérance de ce poisson à différents niveaux de salinité.

Une fois établis dans une zone, les adultes ont tendance à y rester sur de longues périodes. Des études ont montré, en effet, peu de mouvement pendant des périodes d'environ quatre années.

Les jeunes individus fréquentent les côtes, de préférence dans les zones d'herbiers marins ou sablonneuses et les mangroves*.

Description

Le vivaneau sarde grise est un des plus petits représentants de sa famille. La longueur moyenne pour cette espèce est de 40 cm pour un poids de 5 kg.

Le corps de forme oblongue est élancé, aplati latéralement et assez haut. La tête est allongée et légèrement concave avec un museau pointu pourvu de lèvres épaisses. La grande bouche abrite quatre canines fortes, dont deux d'entre elles sont proéminentes et faciles à voir dans la mâchoire supérieure. Une bande étroite de dents villiformes* garnit les deux mâchoires.

Le préopercule* est saillant. L'iris* de l'œil est jaune.

La livrée est grise à vert plus ou moins clair avec un motif en forme de losanges jaune bronze ou bruns. Des petites taches rougeâtres à orangées sont visibles sur les côtés. Une bande légèrement sombre part de la lèvre supérieure et rejoint le haut de l'opercule* en traversant l'œil. On rencontre parfois ce poisson dans une phase brun rougeâtre. De même, il peut pâlir ou foncer de façon spectaculaire en fonction de son humeur (stress par exemple).

La ligne latérale* est arquée, continue et bien visible. Les rangées d’écailles sur le dos sont parallèles à la partie antérieure de la ligne latérale puis s’élèvent obliquement vers l’arrière, sous la partie molle de la nageoire dorsale.

La nageoire dorsale est continue, l'anale arrondie, la caudale droite. Les nageoires pectorales sont translucides. Le bord de la nageoire caudale est souligné d'un liseré noir.

Les jeunes vivaneaux sardes grises ont une bande foncée particulièrement prononcée qui part du museau et traverse l’œil ainsi qu'une bande bleue sur la joue, sous l’œil. Les nageoires des juvéniles sont orange rougeâtre avec des bords foncés.

Espèces ressemblantes

Au stade juvénile, le vivaneau cubera ou pagre dispo (Lutjanus cyanopterus) peut être facilement confondu avec le vivaneau sarde grise. La distinction entre les deux espèces demande une comparaison minutieuse des dents vomériennes*.

Le sarde dent de chien (Lutjanus jocu) est reconnaissable au triangle blanc disposé juste sous l'œil, en forme de larme.

Le vivaneau sorbe (Lutjanus analis) possède un point noir sur le dos, juste au dessus de la ligne latérale*.

Alimentation

Le vivaneau sarde grise adulte est un prédateur plutôt nocturne et opportuniste qui se nourrit de petits poissons, de crevettes, de crabes, de gastéropodes et de céphalopodes. Les jeunes individus recherchent leurs proies, de jour, dans les herbiers marins, principalement des crustacés et des poissons et, dans une moindre mesure, des vers polychètes et des mollusques. A l'état larvaire*, une fois le sac vitellin* absorbé dans les deux premiers jours, le menu de ce poisson se compose de zooplancton*, notamment de copépodes* et d’amphipodes*.

Reproduction - Multiplication

La maturité sexuelle arrive vers 2 ans à des tailles de 18 à 33 cm. Le frai* a lieu en agrégations, d’avril à novembre, avec un pic pendant les périodes de pleine lune.

Les vivaneaux sardes grises peuvent frayer plusieurs fois au cours de la saison de reproduction. L’espèce pond des œufs démersaux* et environ 20 heures après la fécondation, les larves* commencent à éclore.

Les larves* semblent être planctoniques* et mesurent alors moins de 10 mm. Au stade post larvaire*, ce poisson s’installe habituellement dans des habitats estuariens mais aussi dans les herbiers marins et les mangroves, bien qu’il soit connu dans divers autres habitats.

Les aires de croissance estuariennes assurent une meilleure protection contre les prédateurs et offrent de riches sources de nourriture. Lorsqu'il atteint une taille d’environ 80 mm, le vivaneau sarde grise se déplace ensuite dans les zones rocheuses peu profondes et les récifs côtiers où les adultes sont couramment rencontrés.

Vie associée

Les vivaneaux sardes grises hébergent une variété de vers parasites intestinaux dont l'espèce pour un poisson donné dépend d’un certain nombre de facteurs comme les proies et l'habitat. Le copépode Caligus bonito, trouvé sur la surface du corps et sur la paroi de la cavité branchiale, parasite également ce poisson. Les isopodes du genre Anilocra apprécient aussi sa compagnie.

Divers biologie

Les prédateurs naturels à tous les stades de la vie de ce poisson sont nombreux et comprennent des requins, des barracudas, des mérous, des murènes et d’autres espèces de vivaneaux.

Informations complémentaires

Une fois pêché, ce poisson prend une coloration rose.

Dans certaines régions, il est connu comme pouvant transmettre une intoxication de type ciguatera* lorsqu'on le consomme. Ces cas sont toutefois rares.

Réglementation

Depuis 2015, le vivaneau sarde grise est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : en danger, VU : Vulnérable).

Origine des noms

Origine du nom français

Vivaneau : dénomination générique utilisée pour désigner un ensemble d'espèces appartenant à la famille des Lutjanidés. Il vient du nom de l'espèce Lutjanus vivanus et signifie "vivant, vivace", probablement en rapport avec son activité débordante dans le récif.

sarde : nom donné aux lutjans aux Antilles françaises (notamment en Martinique) et en Guyane.

grise : du fait de la couleur de sa livrée.

Origine du nom scientifique

Lutjanus : du malais [ikan lutjang] : nom d'un poisson, latinisé par Bloch (ichtyologue du 18e siècle) pour la première espèce de ce genre ;
griseus
: dérivé du latin signifiant gris.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 159797

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Percoidei Percoïdes Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous.
Famille Lutjanidae Lutjanidés
Genre Lutjanus
Espèce griseus

Nos partenaires