Taille entre 25 et 35 cm
Cinq à sept rayures longitudinales jaunes ou dorées
Tache noire de forme oblongue en dessous de la nageoire dorsale
Bande brune du museau jusqu'à l'œil (continue au-delà chez les jeunes individus)
Rangées d'écailles en diagonale au-dessus de la ligne latérale
Nageoires jaunes
Vivaneau-gibelot, gibelot, vivaneau à tache noire, dorade à tache noire (Nouvelle-Calédonie), carpe, chemise, lutjan à tache unique
Dory snapper, darkspot snapper, long-spot snapper, black-spot snapper, black-spot sea perch, finger-mark bream, moses perch (GB), Hobara, Naisara (Arabie saoudite), Naisarah (Koweït), Amparana, Bobotsy, Fiambato, Fiamasiaka, Varavarana (Madagascar), Bahaba, Bitilla, Darag-darag, Islawan, Matangal, Silay (Philippines), Janja, Kelea, Tembo (Tanzanie)
Sciaena fulviflamma Forsskål, 1775
Lutjanus fulviflammus (Forsskål, 1775)
Lutianus fulviflamma (Forsskål, 1775)
Lutjanus fulviflama (Forsskål, 1775)
Centropomus hober Lacepède, 1802
Lutjanus unimaculatus Quoy & Gaimard, 1824
Mesoprion aurolineatus Cuvier, 1829
Mesoprion terubuan Thiollière, 1856
Mesoprion aureovittatus MacLeay, 1879
Indo-Pacifique, mer Rouge
Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]Ce poisson est présent en mer Rouge et dans l'Indo-Pacifique, de l’Afrique de l’Est à la Polynésie et du sud du Japon (îles Ryukyu) à l'Australie. Dans les eaux françaises, on le trouve à Mayotte, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna. Il n'a pas été observé en Polynésie française à la date de réalisation de cette fiche.
Ce vivaneau fréquente généralement les récifs coralliens, y compris ceux des pentes externes, à des profondeurs comprises entre 3 et 35 m. On peut le rencontrer aussi dans les eaux saumâtres des estuaires, à la limite des eaux douces et dans les mangroves*.
Les juvéniles élisent d'abord domicile dans les herbiers marins, les estuaires et les mangroves, à l'abri au milieu des racines de palétuviers. Au fur et à mesure de leur croissance, ils passent ensuite dans des zones mixtes d'algues et de coraux avant de s'établir définitivement sur les récifs coralliens.
Lutjanus fulviflamma est un poisson de forme élancée, comprimé latéralement. Adulte, il atteint une taille entre 25 et 35 cm.
Son corps est argenté avec le dos brun, les flancs blanchâtres à jaunâtres et le ventre jaune. Ces couleurs se prolongent sur le pédoncule* caudal. Une série de cinq à sept lignes longitudinales jaunes ou dorées traversent les flancs et le ventre. Une tache noire, bien visible, de forme oblongue, apparaît en dessous des premiers rayons mous de la nageoire dorsale. Cette tache s'allonge avec l'âge du poisson. Les rangées d'écailles situées au-dessus de la ligne latérale* et sous la partie molle de la nageoire dorsale sont disposées en diagonale. Elles le sont de façon horizontale sur le reste du corps. Sur tout le corps, les écailles sont grosses et rigides.
Le profil de de la tête est convexe avec un espace interorbital large et plat. Elle est gris argenté avec des reflets bruns à rouge brique. L'œil est plutôt grand. La bouche porte des canines proéminentes.
Les nageoires sont jaunes. La nageoire dorsale est continue. Elle est constituée d’une première moitié épineuse (10 épines) et d'une seconde partie molle (12 à 14 rayons) avec une terminaison arrondie. La nageoire anale est arrondie et comporte 3 épines et 7 à 8 rayons mous. Les nageoires pectorales sont pointues et dotées de 15 à 17 rayons. La nageoire caudale (15 à 16 rayons) est légèrement échancrée.
Au stade juvénile, une bande brune part du museau, traverse l’œil et rejoint une des rayures jaunes au niveau du corps. Elle disparaît au fur et à mesure de la croissance, en s'effaçant progressivement en direction du museau.
Ce poisson peut éventuellement être confondu avec d'autres espèces de lutjans :
- Lutjanus ehrenbergii, le vivaneau encrier, lui est fort ressemblant. Toutefois plusieurs différences permettent de les distinguer. La principale est la disposition des écailles qui sont toutes rangées de façon horizontale au-dessus de la ligne latérale* chez L. ehrenbergii alors qu'elles sont en oblique sous la partie molle de la nageoire dorsale chez L. fulviflamma. Le nombre de bandes jaunes longitudinales est moindre chez L. ehrenbergii (4 à 5 contre 6 à 7) et ne sont situées que sous la ligne latérale*. Elles sont plus fines. La tache noire sur le dos est plus ronde chez L. ehrenbergii et est située, en partie, au-dessous de la partie postérieure de la portion épineuse de la nageoire dorsale alors qu'elle est plutôt sous la partie antérieure de la portion molle de la nageoire dorsale chez L. fulviflamma. Cette tache noire est traversée juste en son milieu par la ligne latérale chez L. ehrenbergii, ce qui n'est pas le cas pour chez L. fulviflamma. Le dos de L. ehrenbergii est moins bombé que celui de L. fulviflamma.
- Lutjanus lutjanus, le vivaneau gros yeux, se différencie par un corps argenté et une large bande jaune qui part de l'œil jusqu'au pédoncule* caudal. Il est dépourvu de tache noire.
- Lutjanus monostigma, le vivaneau eglefin, se distingue par un corps gris rosé sans rayures. S'il possède une tache noire comme L. fulviflamma, aucune bande jaune longitudinale ne traverse son corps.
Ce poisson est un carnivore opportuniste qui se nourrit principalement de petits poissons, crevettes, crabes et autres crustacés et invertébrés. Il chasse principalement la nuit, avec des pics au crépuscule et à l'aube.
Les juvéniles se contentent de petites proies trouvées parmi les crustacés et les invertébrés.
Lutjanus fulviflamma est une espèce gonochorique* (sexes séparés) ovipare*. Elle arrive à maturité sexuelle lorsque sa taille se situe entre 20 et 25 cm. Les femelles matures sont relativement plus grosses que les mâles.
La fécondation est externe. Les mâles et les femelles nagent vers la surface en relâchant leurs gamètes* en pleine eau. Après la fécondation, les œufs éclosent pour donner des larves* qui se disperseront en utilisant les courants océaniques. Il y a peu de données sur le développement et le comportement de ces larves* qui finiront par regagner des eaux moins profondes pour entamer leur croissance, comme l'atteste la présence de juvéniles près des côtes, dans les estuaires et les mangroves.
La période de frai* de Lutjanus fulviflamma se produit normalement pendant les mois les plus chauds et plutôt vers la fin de journée. En Nouvelle-Calédonie et en Afrique de l’Est, il se fait principalement d’août à mars, ce qui correspond au printemps et à l'été sous ces latitudes. Dans certaines régions, les frais coïncident aussi avec la saison des moussons qui sont propices à une plus grande diffusion des larves (et donc des gènes). Ce poisson peut frayer plusieurs fois pendant une période de reproduction.
Il se rencontre en groupes qui peuvent être importants, accompagné parfois d'autres espèces de lutjans (Lutjanus kasmira, Lutjanus lutjanus,...).
Le vivaneau gibelot évolue seul ou en larges bancs de plusieurs dizaines d'individus.
Le nom anglais de "snappers", qui signifie "happeurs" et donné aux lutjans, vient du fait que ceux-ci ont l'habitude de claquer des mâchoires lorsqu'ils sont capturés.
Dans certaines régions, la consommation de la chair de ce poisson est susceptible de provoquer une intoxication alimentaire appelée la ciguatera*, notamment lorsqu'il s'agit d'individus de grande taille. En Nouvelle-Calédonie, suite à de nombreux cas, il est déconseillé de consommer des poissons de cette espèce dont la taille est supérieure à 30 cm.
On pense que, comme d’autres poissons prédateurs, il accumule la toxine responsable (ciguatoxine) en se nourrissant de poissons herbivores qui mangent une algue microscopique de la famille des Dinoflagellées (Gambierdiscus toxicus) proliférant sur les coraux morts ou malades.
Des auteurs rapportent la capture d’un spécimen le long des côtes syriennes en considérant celui-ci comme un migrant lessepsien*.
Depuis 2015, ce poisson est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : En danger, VU : Vulnérable).
Vivaneau : dénomination générique utilisée pour désigner un ensemble d'espèces appartenant à la famille des Lutjanidés. Elle vient du nom de l'espèce Lutjanus vivanus et signifie "vivant, vivace", probablement en rapport avec son activité débordante dans le récif ;
gibelot : pièce de bois courbe utilisée dans la marine pour relier l'étrave au corps du vaisseau (appelée aussi « giblet »). Le rapport avec ce poisson n'est pas aisé à trouver.
Lutjanus : du malais "ikan lutjang" : nom d'un poisson, latinisé par Marcus E. Bloch, ichtyologue allemand (1723-1799) pour la première espèce de ce genre ;
fulviflamma : du latin [fulvus] = jaunâtre, fauve et [flamma] = flamme, feu, couleur éclatante. En choisissant ce nom, Pehr Forsskal (1732-1763) explorateur, orientaliste et naturaliste suédois faisait peut-être référence à la couleur jaune vif de ce poisson.
Numéro d'entrée WoRMS : 218490
Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
---|---|---|---|
Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
Super classe | Actinopteri | ||
Classe | Teleostei | ||
Ordre | Eupercaria (incertae sedis) | ||
Famille | Lutjanidae | Lutjanidés | |
Genre | Lutjanus | ||
Espèce | fulviflamma |
Spécimen représentatif
Les caractéristiques de l'espèce sont bien visibles sur cet individu : série de lignes jaunes sur le corps, tache presque rectangulaire sous la nageoire dorsale, rangées d'écailles disposées en diagonale au-dessus de la ligne latérale.
Passe en S, Mayotte (976), 11 m
04/03/2011
Jeune individu
Cet individu a toujours la bande brune qui traverse l'œil, signe qu'il s'agit d'un jeune.
Ile des pins, Nouvelle-Calédonie, 3 m
30/11/2017
Juvénile
Le temps de leur croissance, les juvéniles vont préférer les eaux peu profondes près des côtes, comme ici dans le lagon de l'Hermitage à la Réunion.
Lagon de l'Hermitage, La Réunion (974), 0,50 m, en PMT
06/12/2017
Espèces ressemblantes
Cette photo présente l'intérêt de pouvoir comparer deux espèces qui sont souvent confondues : Lutjanus fulviflamma (en haut) et Lutjanus ehrenbergii (en bas). C'est essentiellement la disposition des écailles au-dessus de la ligne latérale qui permet de les différencier : en diagonale chez le premier, à l'horizontale chez le second. On peut remarquer aussi que la tache noire n'a pas tout à fait la même forme et qu'elle est traversée en son milieu par la ligne latérale chez Lutjanus ehrenbergii, ce qui n'est pas le cas chez Lutjanus fulviflamma. De plus, le dos de ce dernier est plus bombé. Enfin, les lignes jaunes sont reparties sur l'ensemble du corps chez Lutjanus fulviflamma alors qu'elle ne sont présentes que sous la ligne latérale chez Lutjanus ehrenbergii.
Hurghada, Egypte
13/04:2023
Aux Seychelles
Ce poisson est présent dans de nombreux océans et mers.
Île de Curieuse, Seychelles, 8 m
14/06/2019
En Malaisie
La forme de la tache noire peut varier d'un individu à l'autre.
Perhentian, Terumbu tiga, Malaisie, 15 m
12/08/2018
A Mayotte
Ce poisson est présent à Mayotte.
Baie aux tortues, Mayotte (976), 5 m
25/07/2010
A Madagascar
La disposition des écailles, en diagonale au-dessus de la ligne latérale et horizontale en dessous, est bien visible sur plan rapproché.
Nosy Be, Banc Louis, Madagascar, 15 m
04/05/2011
En Nouvelle-Calédonie
En Nouvelle-Calédonie, ce poisson est nommé dorade à tache noire. Les habitants de cette île évitent de consommer les individus dont la taille est supérieure à 30 cm susceptibles d'être ciguatériques.
Passe Boulari, Nouvelle-Calédonie, 6 m
17/03/2019
En mer Rouge
Le vivaneau gibelot évolue parfois en large banc de plusieurs dizaines d'individus.
Elphinstone Reef, Egypte, 20 m
25/02/2019
Rédacteur principal : Jean-Michel SUTOUR
Vérificateur : Sylvie DIDIERLAURENT
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
Forsskål P., Niebuhr C., 1775, Descriptiones animalium, avium, amphibiorum, piscium, insectorum, vermium, ex officina Mölleri.
Grandcourt E. M., Abdessalaam T.Z.A., Francis, F., 2006, Age, growth, mortality and reproduction of the blackspot snapper, Lutjanus fulviflamma (Forsskål, 1775), in the southern Arabian Gulf, Fisheries Research, Vol. 78. Issues 2-3, 203-210.
Grahn M., DNA Barcoding Species Identification of Lutjanus fulviflamma in East Africa.
Saad A., Khrema L., Alnesser A., Barakat I., Capapé C., 2023, First substantianed record of Dory snapper lutjanus fulviflamma (Lutjanidae) from the eastern mediterranean sea, Thalassia Salentina, V. 44, 103-106.
La page sur Lutjanus fulviflamma sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase
La page de Lutjanus fulviflamma dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN