Serran de la Carmabi

Liopropoma carmabi | (Randall, 1963)

N° 5861

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Taille moyenne 6 cm
Corps fin, allongé et aplati latéralement
Dorsale en 2 parties séparées
Livrée rouge corail rayée longitudinalement de lignes bleu-violet, surlignées de part et d'autre de lignes rouge sombre
3 taches noires cerclées de bleu-violet :
- une à chaque angle de la nageoire caudale, reliées par une ligne bleue
-
une au sommet de la nageoire dorsale souple

Noms

Autres noms communs français

Petit garde suisse, serran-bonbon

Noms communs internationaux

Candy basslet (GB), Cabrilla listada (E), Kandis-Höhlenbarsch (D), Carmabi-vis (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Chorististium carmabi Randall, 1963

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : ● Caraïbes

Cette espèce est présente dans la mer des Caraïbes, depuis le sud de la Floride et les Bahamas et incluant l'ensemble des Antilles.

Biotope

Espèce solitaire et cryptique*, ce poisson très discret s'installe dans les anfractuosités des récifs coralliens découpés, entre 15 et 70 m de profondeur.

Description

Le serran de la Carmabi est un petit serran d'une taille moyenne de 6 cm ; son corps est fin et allongé, aplati latéralement. Il est recouvert de petites écailles rugueuses.
Son allure générale est caractérisée par une large tête, une bouche légèrement oblique et une mâchoire inférieure saillante. Les yeux, plutôt globuleux, sont positionnés sur le haut de la tête ; leur pupille est noire. Le bord postérieur du préopercule* est dentelé, alors que l'opercule* est armé de 3 épines plates dirigées vers l'arrière.
Sa nageoire dorsale se dresse nettement en 2 parties séparées, avec 6 ou 7 épines composant la dorsale antérieure, la 3e étant la plus haute. Sa nageoire anale prend naissance en arrière de la dorsale souple. Sa nageoire caudale est arrondie.
De profil, on repère la ligne latérale* continue, arquée vers l'arrière pour rejoindre l'axe du pédoncule* caudal épais.
Sa livrée rouge corail est rayée longitudinalement de lignes bleu-violet (ou bleu lavande, selon certaines descriptions), surlignées de part et d'autre de lignes rouge sombre. Ce dessin est continu depuis le museau jusqu'à l'extrémité de la nageoire caudale. Sa robe est complétée de 3 taches noires cerclées de bleu-violet : une à chaque angle de la nageoire caudale, reliées par une ligne bleue, et une au sommet de la nageoire dorsale souple.

Espèces ressemblantes

Le serran garde suisse, Liopropoma rubre, vit dans la même zone géographique. Sa livrée est également rayée longitudinalement, de lignes rouge sombre et jaune vif sur un fond beige rosé. Elle est complétée de 4 taches noires : 2 jointives à l'extrémité de la nageoire caudale, 1 au sommet de la nageoire dorsale souple et 1 symétrique au sommet de la nageoire anale.

Le serran de grotte, Liopropoma mowbrayi, vit dans la même zone géographique. Sa livrée rose saumon n'est pas rayée. Sa nageoire caudale est bordée d'une bande noire, puis d'une ligne blanche. Le haut de son museau est jaune. Il évolue entre 25 et 60 m.

Le serran-girelle, Liopropoma eukrines, vit plus au nord (de la Caroline du Nord jusqu'à la Floride). Sa livrée comprend une large bande horizontale brun-rouge qui s'étend du museau à l'extrémité de la nageoire caudale. Cette bande est surlignée de lignes jaunes. La nageoire caudale est bordée d'une ligne noire, puis d'une ligne blanche. Il évolue entre 25 et 150 m.

Alimentation

Ce serran est planctonophage* et se nourrit en particulier de larves* de crustacés (mysis*).

Reproduction - Multiplication

Compte tenu de ses habitudes de vie en eaux profondes, aucune donnée spécifique sur la reproduction en milieu naturel n’est disponible. Cependant, des informations ont été réunies concernant des individus en captivité et leurs progénitures. Ainsi, lors de ces observations, des couples se sont formés et ont entamé une parade nuptiale consistant en une nage en parallèle avec les opercules en contact, souvent dans les parties sombres de l’aquarium et généralement en fin de journée sous un éclairage réduit.
Le frai* qui suit ce rituel de cour suggère une fertilisation* externe dans la nature avec libération en pleine eau des gamètes*, comme constaté chez d’autres membres du genre. Les œufs sont vraisemblablement pélagiques* ainsi que les larves* issues de l’éclosion de ces derniers, larves qui sont ensuite dispersées par les courants océaniques.

Les larves élevées en aquarium présentent deux épines dorsales prolongées par un filament avec, tout au long, une série de petits sacs tachetés qui semblent jouer un rôle dans la flottabilité et la stabilisation, et une coloration rouge-orangé, particularités qui les distinguent des autres larves d’Epinephelidés.

La période larvaire en captivité dure de 126 à 143 jours. Par similitude avec des espèces voisines, on peut penser que les pré-juvéniles gagnent ensuite le récif pour entamer une vie benthique* et poursuivre leur croissance.

Par ailleurs, les chercheurs ont pu prouver que cette espèce est hermaphrodite* protogyne*.

Vie associée

Les poissons-lions (Pterois volitans/miles), espèce envahissante dans la zone, sont des prédateurs connus de L. carmabi, des analyses de leur contenu stomacal confirmant sa présence dans leur régime alimentaire.

Divers biologie

Le serran de la Carmabi est une espèce secrète et timide, à densité clairsemée, qui se cache dans les grottes, crevasses et surplombs. Il est plus fréquent de le trouver à des profondeurs au-delà des 50 m. C’est pourquoi les observations sont rares même si cette espèce semble relativement commune. La première description qui a été faite de ce poisson est relativement récente puisqu’elle date de 1963.

Il est souvent rencontré solitaire sur son territoire, bien que des couples ou de petits groupes puissent se former brièvement pendant les périodes de reproduction.

L’espèce est plutôt diurne mais conserve un comportement confiné, émergeant brièvement de sa cachette pour rechercher sa nourriture.

La nageoire dorsale est composée de 6 ou 7 épines et 12 ou 13 rayons mous.

Informations complémentaires

Le genre Liopropoma comprend 37 espèces, dont 8 vivent dans la zone caraïbe (à la date de publication de la fiche : 04/2026).

En raison de sa petite taille et de sa nature timide, il montre une faible vulnérabilité aux pressions de la pêche. De même, la dégradation de l’habitat causée par l’activité humaine ne constitue pas une menace importante compte tenu de sa préférence pour les récifs profonds (15–70 m) moins touchés par la pollution.

Très recherché par les aquariophiles, il peut se vendre dans les 1 000 USD, un phénomène qui peut, en revanche, finir par impacter les populations. Malgré quelques percées réussies dans l’aquaculture pour le reproduire en captivité, parmi lesquelles figurent les travaux de Todd Gardner à l’aquarium de Long Island en 2011, l’élevage de ce poisson de récif est difficile en raison de ses petites larves fragiles, de la durée du stade larvaire et de son régime alimentaire, principalement des copépodes.

Mais le principal danger pour l’espèce reste la prédation par des poissons-lions (Pterois volitans / Pterois miles), qui ont envahi son aire de répartition caribéenne. Des études ciblées sur cette nouvelle prédation sont nécessaires pour une mise à jour éventuelle de la Liste rouge de l’UICN* au-delà de l’évaluation de 2012. Mais les habitudes cryptiques de ce poisson compliquent ce travail et réduisent les données d’observation.

Statuts de conservation et réglementations diverses

Depuis 2012, cette espèce est classée dans la liste rouge de l'UICN* sous le statut LC (Least Concern), soit "préoccupation mineure". A ce jour (04/2026), il n’existe pas de protection spécifique pour le serran de la Carmabi.

Origine des noms

Origine du nom français

Serran : du latin [serra] = scie, du fait que le préopercule* des serranidés est dentelé ;
de la Carmabi : voir ci-dessous.

Origine du nom scientifique

Liopropoma : du grec [leios] = lisse, nivelé, [pro] = devant et [poma] = couverture, opercule, soit "pré-couverture lisse" en référence à la surface du front sans écailles ;

carmabi : en reconnaissance de la Carmabi (Caribbean Research and Management of Biodiversity Foundation) pour son rôle de recherche sur les coraux de l'aire caraïbe.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 275937

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Actinopteri
Classe Teleostei
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Percoidei Percoïdes Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous.
Famille Epinephelidae Epinephelidés
Genre Liopropoma
Espèce carmabi

Nos partenaires

Les textes et images sont sous licence et ne sont pas libres de droit.

Pour les ayants-droits, connectez-vous.

Pour toute demande d'utilisation (exemple d'un formateur Bio de la FFESSM...) contactez nous ici.