Ligie océanique

Ligia oceanica | (Linnaeus, 1767)

N° 1383

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique Nord, Est et Ouest

Clé d'identification

Isopode du haut de l'estran rocheux humide
Corps ovale, aplati, 3 cm de long maximum
Douze plaques dorsales, sept paires de pattes locomotrices
Deux longues antennes et deux gros yeux noirs à facettes
Longs uropodes terminaux effilés et biramés
Couleur variable : grise, noire, ocre, vert olive

Noms

Autres noms communs français
Ligie, ligie des rivages
Pou de mer, laou-kerreg (Bretagne)
Noms communs internationaux
(Common) Sea slater, sea roach (GB), Cochinilla marina (E), Klippenassel (D), Zeepissebed, havenpissebed (NL), Ligia oceânica (P), Strandbenkebiter (N)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Oniscus oceanicus Linnaeus, 1767
Ligia scopulorum Leach, 1810
Ligia granulata Frey & Leuckart, 1847
Ligia belgica Ritzema-Bos, 1874

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique Nord, Est et Ouest

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

La distribution de Ligia oceanica s'étend sur l'ensemble du littoral atlantique européen, depuis la Scandinavie et l'Islande au nord jusqu'au nord du Maroc au sud. Elle est également présente à l'ouest, sur les côtes canadiennes jusqu'au Maine au sud. Sa présence serait également supposée en Méditerranée occidentale, où elle tend à être remplacée par une autre espèce, Ligia italica.

Biotope

La ligie est un habitant fort commun de l'étage supralittoral et du médiolittoral découvert. Ce cloporte halophile affectionne l'humidité, la fraîcheur et l'ombre que lui procurent crevasses et anfractuosités de l'estran rocheux. Il s'aventure de temps en temps à la surface des rochers ou le long des digues construites par l'Homme, mais c'est surtout la nuit, dès le crépuscule, qu'il sera le plus actif.

Description

Ligia oceanica est un isopode abondant à la limite supérieure de l'estran rocheux. Sa taille moyenne maximale est de 2,5 à 3 cm, sa largeur avoisine le centimètre. L'animal est à peu près deux fois plus long que large. Son corps, ovale et aplati dorso-ventralement, se compose de segments articulés. Sept segments thoraciques portent ventralement une paire de pattes marcheuses (les péréiopodes*, tous identiques) et dorsalement une plaque chitineuse. L'abdomen (ou pléon*) porte quant à lui cinq plaques. Les douze plaques se chevauchent partiellement, comme les tuiles d'un toit. Leur surface est granuleuse.
A l'avant, la tête, porteuse d'une paire de longues antennes tactiles articulées et d'une paire de gros yeux noirs à facettes.
A l'arrière, le telson*, porteur de deux longs uropodes* effilés et biramés caractéristiques.
La couleur de l'animal est variable : ocre, vert olive, grise, noire. Elle n'est pas uniforme, mais ponctuée de petites taches.

Espèces ressemblantes

Ligia italica Fabricius, 1798, la ligie italique, est une espèce proche, mais uniquement méditerranéenne. Elle est un peu plus petite (12 mm max), et son telson triangulaire.

Certains isopodes du genre Tylos, uniquement méditerranéens, ont un corps plus ovale, un telson et des antennes plus courts.

Ne pas confondre les ligies avec les idotées, qui sont presque toujours immergées, parmi la végétation ou sous les cailloux. Elles se distinguent des ligies par un corps plus fin et élancé, des antennes plus courtes et des uropodes non visibles.

Alimentation

Les ligies sont détritivores* et nécrophages*. Leur régime alimentaire, omnivore, se compose aussi bien de débris végétaux que de débris animaux. C'est essentiellement la nuit que les ligies parcourent l'estran à la recherche de nourriture.

Reproduction - Multiplication

Ligia oceanica est une espèce gonochorique* (à sexes séparés), la reproduction est sexuée. Elle ne présente pas de dimorphisme sexuel évident, si ce n'est une taille en général supérieure chez les mâles.
La reproduction a lieu durant la troisième année. Durant la copulation, le mâle transfère à la femelle des spermatophores* au moyen de certains appendices ventraux. La fécondation est interne. La femelle garde les œufs sous son abdomen, dans une poche appelée marsupium. A l'éclosion, les jeunes ligies ne possèdent que six paires de pattes marcheuses imparfaites, et leur région céphalique est proportionnellement plus grosse.
Après plusieurs mues, les jeunes ligies aquièrent leur taille et leur forme adulte.

Vie associée

Les ligies sont les hôtes de Trématodes Digéniens parasites, comme Maritrema linguilla.

Divers biologie

La ligie se déplace très rapidement : elle peut atteindre une vitesse de 1,5 km/h.

La ligie est à même de se fondre dans son environnement, grâce à des cellules dermiques remplies de pigments, les chromatophores*. De nuit, ces cellules sont contractées : la ligie est claire. De jour, ces cellules se relâchent, donnant à l'animal une couleur ocre, verte ou sombre, souvent tachetée : la ligie adopte plus ou moins la couleur du substrat et passe inaperçue.

Si malgré tout elle est repérée par un prédateur, elle adopte une posture de défense, en se roulant en boule.

Cet isopode, imparfaitement adapté à la vie terrestre du fait d'une cuticule perméable, a mis au point une technique efficace de thermorégulation : dans les failles ou sous les pierres, à l'ombre, elle se gorge d'eau. Elle s'expose ensuite en plein soleil, et cette eau s'évapore : l'animal se rafraîchit.

La ligie océanique est un des rares crustacés chez lequel on a étudié la sénescence.

Sa longévité est de trois ans.

Informations complémentaires

Les prédateurs de la ligie sont essentiellement les crabes et les oiseaux.

Lors des grandes marées, le territoire des ligies est immergé : elles sont alors à la merci des poissons, comme le bar par exemple.

Fiche validée MNHN/DORIS.

Origine des noms

Origine du nom français

- Ligie est la traduction directe du nom de genre scientifique Ligia,
- océanique, car c'est une espèce atlantique,
- des rivages, à cause de son biotope habituel.

Origine du nom scientifique

Ligia est le prénom d'une sirène dans la mythologie grecque, fille d’Acheloos et de Terpsichore, Melpomène ou Phorcys. Ligia ressemblait à un grand oiseau à tête de femme. Musicienne hors pair, elle attirait les navigateurs pour s'en repaître. Elle fut changée en pierre.
oceanica : du grec [okeanos] = océan.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Arthropoda Arthropodes Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette.
Sous-embranchement Crustacea Crustacés Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes.
Classe Malacostraca Malacostracés 8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen.
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax.
Super ordre Peracarida Péracarides Les femelles sont dotées d'une cavité d'incubation formée par des expansions lamelleuses des péréiopodes.
Ordre Isopoda Isopodes Corps comprimé dorso-ventralement, première paire d’antennes beaucoup plus petite que la seconde, yeux non pédonculés. 7 paires de pattes de même apparence.
Sous-ordre Oniscidea Oniscides
Famille Ligiidae Ligiidés Famille des ligies.
Genre Ligia
Espèce oceanica

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