Raie tachetée

Leucoraja ocellata | (Mitchill, 1815)

N° 4856

Atlantique Nord-Ouest

Clé d'identification

Museau arrondi, présence de deux taches de cartilage opaque
Dessus brun pâle clairsemé de taches foncées
1 à 4 ocelles visibles sur la face dorsale
3 rangs irréguliers d’épines sur la queue et la ligne médiane

Noms

Noms communs internationaux

Winter skate, big skate, winter big skate, eyed skate, spotted skate (GB), Razza occhiata (I), Raia inverneira (P), Vinterrokke (D), Winterogg, Spiegelrog (NL), Täplärausku (FIN), Vinterrocka (S)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Raja ocellata Mitchill, 1815

Distribution géographique

Atlantique Nord-Ouest

Zones DORIS : Atlantique Nord-Ouest

L’espèce est endémique de l'Atlantique Nord-Ouest. Son aire de répartition s'étend du Labrador à la Caroline du Nord. Elle est présente en faible concentration au Canada dans le nord du golfe du Saint-Laurent, dans les eaux côtières de la côte sud de Terre-Neuve et dans la portion sud du Grand Banc.
On la retrouve également dans l'Archipel de Saint-Pierre et Miquelon.

Biotope

La raie tachetée est présente sur les fonds de sable, de gravier ou de vase, à faible profondeur entre 1 et 150 m. Elle est exceptionnellement signalée jusqu'à 723 m de profondeur (Ebert et Stehmann, 2013). Elle fréquente les eaux des plateaux de la Nouvelle-Écosse dont les températures sont comprises entre -1 et +19 °C. Elle est souvent partiellement enfouie, en particulier pendant la journée pour se camoufler.

Description

Le museau est très arrondi, il se termine par un angle obtus et porte deux taches de cartilage opaque. Les spiracles* destinés à la respiration sont situées sur le dessus et le côté de la tête, immédiatement derrière les yeux et devant les principaux pores branchiaux. Trois rangées ou plus d’épines sont présentes sur la queue et le milieu du disque dorsal.

La face dorsale se caractérise par la présence de taches arrondies foncées et, le plus souvent d'un ou plusieurs ocelles* localisés dans la région du bord postérieur de chaque pectorale. La queue est légèrement effilée. Les narines sont situées sous la surface ventrale blanchâtre. On y aperçoit à l'avant une bouche transversale, ainsi que les cinq fentes branchiales. La longueur totale maximale de la raie tachetée est de 109 cm pour un poids de 7 kg.

Espèces ressemblantes

La raie hérisson ou petite raie Leucoraja erinacea est de taille plus petite (65 cm maximum).
La raie tachetée mâle possède des épines pelviennes, contrairement à la raie hérisson mâle qui en est dépourvue.
La bouche est plus large et moins arquée chez la raie tachetée que chez la raie hérisson. Elle possède moins de 66 séries de dents, alors que la raie tachetée Leucoraja ocellata en possède 72.

Alimentation

La raie tachetée se nourrit de crustacés tels que le pagure acadien Pagurus acadianus ou le tourteau point-clos Cancer irroratus, d'amphipodes, de bivalves, de calmars et d'annélides. Elle apprécie également les poissons tels que le lançon d'Amérique Ammodytes americanus ou la tanche-tautogue Tautogolabrus adspersus.

Reproduction - Multiplication

La distinction des mâles se fait par la présence, dans la continuité des pelviennes, d'une paire de ptérygopodes*.

La raie tachetée pondrait de 40 à 70 sacs ovigères* annuellement, le nombre exact n'étant pas confirmé. La période de ponte s’échelonne entre l'été et l'automne en fonction de sa zone d'habitat. L'embryon est enfermé dans un sac ovigère dur de couleur brune mesurant de 5,5 à 8,6 cm de longueur et de 3,5 à 5,2 cm de largeur, cornes non comprises. Le sac ovigère est muni de 4 longues cornes. L'incubation pourrait durer jusqu'à 22 mois.

La raie tachetée mesure entre 112 mm et 127 mm à la naissance. Dans l’ouest du golfe du Maine, la maturité sexuelle est atteinte à une longueur totale de 73 cm chez les mâles (11 ans) et à 76 cm chez les femelles (11 à 12 ans). Dans le sud du golfe du Saint-Laurent, la raie tachetée présente une taille maximale plus modeste qui induit une taille de maturité sexuelle réduite (à partir de 42 cm pour les femelles).

Vie associée

Elle vit en sympatrie* avec la raie hérisson Leucoraja erinacea.

La raie tachetée est l’hôte de nombreux parasites parmi lesquels plusieurs taxons dont :

Le monogène : Empruthotrema raiae ;
Les cestodes : Acanthobothrium coronatum, A. cornucopia, A. variabile, Echeneibothrium sobrinum, E. variabile, E. vernetae, Grillotia erinaceus, Grillotia sp., Phyllobothrium loliginis ; Phyllobothrium sp., Pseudanthobothrium purtoni et Pseudanthobothrium sp.
Les trématodes : Otodistomum veliporum et Podocotyle atomon ;
Les nématodes : Anisakis sp.; Porrocaecum sp. et Pseudanisakis rotundata ; P. tricupola ;
L’hirudinée : Oxytonostoma typica.

Divers biologie

La longévité maximum a été estimée à 30 ans.
Les ampoules de Lorenzini* sont situées sur la face ventrale et sont visibles tels de petits pores noirs. Elles lui permettent de détecter les faibles champs électromagnétiques émis par les poissons en détresse.

Informations complémentaires

La raie tachetée est considérée comme inoffensive.
Elle est consommée et utilisée comme poisson ordinaire dans la préparation de farine de poisson et d'aliments pour animaux de compagnie en Nouvelle Angleterre.
De récentes études remettent en cause le caractère endémique* de l’espèce sur certaines zones du plateau continental en révélant sa capacité saisonnière à migrer sur de longues distances (plus de 1000 km) (Frisk et al., 2019).

Réglementation

Il n'y a pas de pêche dirigée (pêche monospécifique) pour la capture de la raie tachetée dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a classifié l'espèce ''en voie de disparition'' en 2015.
La surpêche est en partie responsable du déclin de l'espèce, l'autre étant imputable à son principal prédateur : le phoque gris Halichoerus grypus en surpopulation dans ses zones d'habitat.
La raie tachetée Leucoraja ocellata est également classée “En danger (EN)'' par l'Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN*). La forte disparité des paramètres d’exploitation conduisent à des variations très importantes de l’abondance, accusant localement jusqu’à une diminution de 98 % mais stable par ailleurs.

Origine des noms

Origine du nom français

Raie tachetée en référence aux taches et aux ocelles présents sur le dos.

Origine du nom scientifique

Leucoraja : dans la mythologie grecque, Ino était une reine mortelle de Thèbes. Lorsqu'elle faillit se noyer, Zeus décida d'en faire une divinité marine, et lui donna le nom de Leucothea.
Leucothea est la déesse blanche, du grec [leuco] = blanc.
raja du latin [raia] = raie,
ocellata
du latin [ocellatus] = portant des ocelles, des taches.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Chondrichthyes Chondrichthyens Squelette cartilagineux, deux nageoires dorsales et une anale (primitivement), nageoire caudale hétérocerque*, deux paires de nageoires paires, bouche disposée sur la face ventrale.
Sous-classe Elasmobranchii Elasmobranches Squelette des nageoires pectorales tribasal. Deux nageoires dorsales. 5 ou 6 paires de fentes branchiales et des spiracles.
Super ordre Euselachii Sélaciens Raies et requins.
Ordre Rajiformes Rajiformes Les Rajiformes regroupent l'essentiel des raies. Poissons cartilagineux sans vessie natatoire, très plats mais apparentés aux requins.
Famille Rajidae Rajidés
Genre Leucoraja
Espèce ocellata

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